Une autre
rentrée
littéraire
2011
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« Génération enragée »: Panoz explique
Avant d’expliquer en 5 questions / réponses en quoi cet essai peut être utile, sachez que vous pouvez gratuitement vous procurer Génération Enragée sur Immatériel et iBookStore. Nous encourageons d’ailleurs les lecteurs à le diffuser et même le traduire s’ils ont l’envie de le faire.
Pourquoi cet essai ?
Pour parasiter les élections de l’année prochaine puisqu’il arrive en pleine période de primaires et donc de préparation aux élections. S’il se diffuse suffisamment et que les gens en parlent, alors nous aurons une chance de faire prendre conscience qu’il y a un réel problème aujourd’hui… et nous ne sommes pas le seul pays dans ce cas, voir l’Espagne, le Portugal, le Japon ou encore le Royaume-Uni. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous encourageons les traductions (avec adaptations culturelles).
Pour créer le débat, surtout. L’auteur doit reprendre du sens dans la société, c’est son rôle. L’important n’est pas tellement mon opinion personnelle mais le livre qui constitue un point de départ pour un débat qui crève l’abcès. Cette vision est certainement naïve mais je pense que les livres peuvent encore faire changer les choses et avoir un impact sur la société.
Le style de Génération Enragée est considéré par vulgaire et un peu trop virulent par certains lecteurs. Que répondre à ça ? Pourquoi ce style sans compromis ?
Parce que la société et les jeunes générations sont vulgaires et même parfois violents. Il n’y a qu’à voir les étudiants anglais qui vont casser des vitrines dans le quartier de la City pour s’en rendre compte, et ils n’ont rien des casseurs et pilleurs aujourd’hui punis par le Cabinet Cameron. Si ça te choque, tant mieux : tu découvres que nous avons des revendications et que la démocratie est en panne sur certains points, d’où les propos vulgaires à l’égard de certains. Des revendications enrobées dans des jolies phrases ne sont que malhonnêteté intellectuelle vu ce qu’il se passe aujourd’hui en France. Débattre paisiblement par des manifestations et articles ne mène plus à rien.
Ce style, qui reflète la réalité violente du monde et ne la crée pas, apporte un impact supplémentaire dans le sens où tu es obligé de prendre parti. Cela te pousse à réagir et partager tes opinions, tes vérités, peu importe que tu aimes déjà me détester ou que tu hais m’adorer. Bref, dans cette volonté de naissance de débat, il crée une fracture pour l’entretenir.
Et puis, les politiques n’hésitent pas à prononcer des propos violents et primaires par leur contenu… il est normal que je ne me censure pas, c’est une forme de représailles.
Pourquoi le publier uniquement en numérique ?
Grâce au numérique, nous pouvons distribuer le livre gratuitement et le propager rapidement. Nous comptons sur les gens pour le « pirater » et l’envoyer à leurs amis ou le distribuer dans leur coin. Ça ne nous pose aucun problème dans le sens où il a été pensé sur un plan social et politique, et que cet essai va bien au-delà de son contenu.
C’est aussi pour ça qu’il est finalement assez court, pour que les gens puissent le lire sur leur smart phone entre deux stations de métro.
Une distribution papier induit des coûts de fabrication assez élevés puisque nous devrions en passer par l’impression à la demande. Or, si l’on y ajoute les frais de port, il nous serait impossible de vendre l’essai à un prix abordable.
J’espère également que ce genre d’initiatives pourra prouver que le numérique est une opportunité et une chance pour les auteurs et les lecteurs, commencer à changer les mentalités.
Pas peur que cet essai passe inaperçu et ne change rien ?
C’est le jeu. Nous nous offrons au moins une chance de changer les choses et de faire naître un débat qui ne peut qu’être salvateur vu la situation actuelle. Ce n’est pas grave si j’en prends plein la gueule, de la polémique naîtra un intérêt social. Certains se reconnaitront, d’autres s’offusqueront mais là n’est pas l’essentiel. L’important, c’est que ces gens en discutent ensemble. Le style permet de sortir certains de leur petit confort car ils ne sont pas concernés, et d’en sortir d’autres de leur léthargie car ils ne croient plus dans notre système de société.
Et puis… j’aime bien être le méchant de l’histoire car il arrive souvent que le méchant a raison sur certains points.
L’idée qui résume le mieux Génération Enragée pour toi ?
Je pense que le Peuple a oublié qu’il était souverain et qu’il pouvait changer la société, je pense également que les politiques oublient parfois qu’ils sont élus par le Peuple et pour le Peuple. Aujourd’hui, la communication est en panne et nous sommes vraiment tous responsables. Nous avons besoin d’électrochocs, nous avons besoin de prises de conscience, nous avons besoin de détruire certaines choses pour reconstruire des bases plus saines.
Génération Enragée est un essai que je pense générationnel, je suis persuadé que d’autres auraient autant à dire, par exemple les personnes de plus de 50 ans qui ont de moins en moins accès au travail. Qu’ils publient avec leurs propres mots, ça sera bénéfique pour tout le monde.
Vous l’aurez compris, c’est le débat qui est le plus important dans cette histoire. C’est pour cette raison que nous invitons les gens à prendre la parole, remettre en cause le contenu du livre, livrer leurs vérités et points de vue. N’ayez donc pas peur d’intervenir dans les commentaires, d’y faire naître le débat et de discuter avant qu’il ne soit trop tard et que nous manquions encore une occasion de faire fonctionner la démocratie.