Sigolène Vinson : de la robe à la plume


Vinson (c) Marie OuvrardDans une autre vie, Sigolène Vinson était avocate. Après avoir passé une partie de son enfance dans la corne de l’Afrique, à Djibouti, elle retombe enfin sur ses pieds d’adulte. En décembre 2007, elle a démissionné pour se consacrer à l’écriture. En 2015, elle publie trois nouveaux romans.

 

Comment en es-tu venue à l’écriture ?

J’écris pour moi depuis l’âge de seize ans. Cela a commencé par une correspondance avec un garçon, j’écrivais des histoires, je faisais de chaque lettre une fiction que je lui postais, puis j’ai écrit des textes pour moi quand je suis devenue avocate. J’aime énormément Romain Gary, et je crois qu’au départ j’essayais de le séduire en écrivant. A seize ans, je portais la coupe de cheveux de Jean Seberg, et j’avais donné à mes poissons rouges les prénoms de personnages de Gary… Je n’ai longtemps lu que des auteurs morts, ignorant tout de l’actualité littéraire, je ne pensais absolument pas que ce que j’écrivais pourrait être publié.

 

Comment as-tu osé donner à lire ce que tu écrivais ?

Un jour, j’ai terminé un texte que j’ai jugé abouti. Ça s’appelait Le Fort de Sagallo. J’avais travaillé le style et fait des recherches. J’avais commencé à lire la production récente, et j’ai envoyé mon roman à des maisons d’édition. Le roman a été refusé. Je trouvais ça impossible, qu’on le refuse alors que j’avais tant travaillé… Me vient alors l’idée d’un texte que j’écris à la première personne, me mettant dans la peau de la fille naturelle d’Amélie Nothomb et de Florian Zeller qui poursuit de ses assiduités le comédien Laurent Terzieff. 52 pages que j’écris en deux semaines. Je l’appelle Dorés déments. Je l’imprime au cabinet, je l’agrafe parce qu’il n’est pas assez épais pour être relié et je l’envoie à Grasset. Le directeur, ManueVinson romans (c) Marie Ouvrardl Carcassonne, m’appelle alors que je sors d’un procès en cour d’appel : mon manuscrit a attiré son regard sur la pile, ce bout de machin tout fin ne ressemblant à aucun autre, il l’a lu immédiatement, il me propose qu’on se rencontre. En parallèle, une amie comédienne envoie mon texte à Florian Zeller, je le rencontre aussi et il me conseille de l’adresser à son éditeur, Guillaume Robert chez Flammarion…

 

Lire l’interview complète sur le site d’Encore magazine

 

photos (c) Marie Ouvrard

 

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Ecriture, écritures #1 : Faire d’une nouvelle un roman


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Ecriture, écritures, c’est le titre de l’une des rubriques que je propose désormais sur la plateforme Les Nouveaux Talents.

 

Parce que l’écriture est protéiforme, cette rubrique s’intéresse à tout ce qui la nourrit. De l’image au son en passant par toutes les formes littéraires, les arts interagissent et ici est faite la démonstration que tout est influence.

 

 

 

Le premier roman publié de Sandrine Roudeix était au départ une nouvelle écrite d’un seul jet. Comment transforme-t-on une nouvelle de 20 pages en un roman de 130 ? La romancière nous raconte l’histoire d’un changement de format et de genre qui n’a pas dénaturé le texte d’origine.

 

 

Attendre était une nouvelle. Vingt pages écrites à la terrasse d’un café… 

Roudeix-200x300-c-FlammarionAu départ, Attendre était une nouvelle. L’histoire de Lola, 16 ans, qui attend son père qu’elle ne connaît pas. Vingt pages écrites à la terrasse d’un café un jour où j’attendais un amoureux à qui j’avais donné rendez-vous un an avant. Vingt pages transformées retravaillées quelques mois après sur le thème de la jeune fille pour une revue. Vingt pages finalement jamais publiées. Elles ont dormi pendant deux ans dans un tiroir, cimetière des manuscrits refusés, jusqu’à ce que je croise le chemin de Patrice Hoffmann, éditeur chez Flammarion, au Salon du livre de Paris en 2009. Je venais de lui adresser deux romans que j’avais terminés et attendais avec impatience son retour pour une éventuelle publication. Nous nous sommes entretenus dans un coin du stand. Il m’a donné son sentiment, pas franchement enthousiaste (!), mais m’a encouragée à lui faire lire d’autres textes car il trouvait « qu’il y avait quelque chose d’original et de singulier dans mon écriture ». Il recevait le soir même Lola sur son ordinateur. Et moi, Sandrine, quelques jours après dans son bureau. Cette fois, il était emballé. Il y avait selon lui une voix, une écriture, une promesse, et il était d’accord pour me signer un contrat d’édition, charge à moi de transformer cette nouvelle en roman ou en recueil. Attendre est aujourd’hui un roman à trois voix autour de la naissance non désirée de Lola. Trois voix mais aussi trois attentes, psychologiques et physiques. Celles de Lola, adolescente en quête d’identité, de Marie, fille-mère culpabilisée qui fait ce qu’elle peut, et de Pierre, jeune homme dépassé par les événements. La force du texte est, je crois, … (lire la suite)

 

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Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, Haruki Murakami


Ceci est un double journal : celui d’un écrivain et celui d’un coureur de fond. Deux activités a priori très éloignées, qui sont pourtant les deux principales occupations de l’auteur.

Quelle endurance l’écriture d’un roman demande-t-elle ? Quelle discipline la préparation d’un marathon requiert-elle ? Haruki Murakami analyse l’une à la lumière de l’autre avec une philosophie et une sagesse toutes japonaises.

 

Morceaux choisis :

 

« Aux autres, vous pouvez toujours fournir une explication appropriée. A vous-même, impossible de mentir. En ce sens, écrire un roman ou courir un marathon, voilà deux activités qui se ressemblent. » (page 20)



Le baby-sitter, Jean-Philippe Blondel


Alex, un étudiant de 19 ans, se lance dans le baby-sitting pour boucler ses fins de mois.

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Sujet léger, comédie idéale pour les vacances, (dont le thème de départ ne pouvait pas ne pas me rappeler les aventures d’Emilien, le génial baby-sitter de Marie-Aude Murail, entouré d’enfants tellement attachants -« Baby sitter blues » et romans suivants)…

Voilà ce que je pensais en démarrant la lecture de ce « baby-sitter » presque trop lisse pour être honnête.

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Tout faux.



La fortune de Sila, Fabrice Humbert


La fortune de Sila démarre par un prologue très court, mais ô combien efficace : dans le meilleur restaurant parisien, un jeune serveur se fait frapper par un des clients et, dans la salle, personne ne réagit.

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Cette scène réunit, autour de Sila – le serveur -, tous les protagonistes des 300 pages qui suivent. Il y a là Mark Ruffle, l’Américain violent qui veut faire savoir à tous combien il est fort, accompagné de sa femme et de son jeune fils ; Simon et Matthieu, deux jeunes Français que tout oppose, l’introverti et l’extraverti, le solitaire et celui qui n’est heureux qu’entouré de regards rivés sur lui ; Lev et Elena, un couple de Russes à l’idéalisme en déclin – dont l’idéalisme, plutôt, ne signifie plus la même chose pour chacun d’eux.

Pour tous, cette scène marquera sinon un tournant, une étape. Pour tous, l’argent va jouer un rôle important, faisant au passage d’innombrables dommages collatéraux



Mémoire vive, Vanessa Caffin


Vanessa Caffin, journaliste, a été remarquée lorsqu’est sorti en 2008 son premier roman « J’aime pas l’amour… ou trop, peut-être. ». Je ne l’ai pas lu, je n’avais donc aucun a priori en démarrant la lecture de « Mémoire vive » dont la quatrième de couverture m’avait aguichée.

Et je n’ai pas été tout de suite emballée : j’ai trouvé ce texte trop gentil, trop facile, j’ai même jugé que cela s’essoufflait presque, jusqu’à ce que…

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Jusqu’à ce que tout soit remis en question.

Et là, de façon soudaine, ma vision de tout le roman, depuis ses premières phrases, a été chamboulée.

Je n’étais pourtant pas au bout de mes surprises…



Nation par Barbès, Cécile Wajsbrot


« – A propos, où l’as-tu rencontré, ce jeune homme, à ton travail ?

Léna hésita un peu avant de répondre.

– Dans le métro.

– Dans le métro ? répéta sa mère sur un ton qui signifiait que ce n’était pas un endroit pour rencontrer quelqu’un, quelqu’un de sérieux. » (page 138)

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Présentation de l’éditeur :

Léna et Jason se rencontrent dans le métro. Pendant quelques mois, ils se retrouvent à la station Barbès. Un jour, à cause d’une grève, Jason n’est plus au rendez-vous. Une atmosphère d’incertitude, de violence et de mystère pèse sur leur relation. Pendant ce temps, en Bulgarie, Aniela rêve de venir vivre en France. L’histoire de ces deux femmes est racontée en alternance, jusqu’à la venue d’Aniela à Paris, qui scellera leur destin et celui de Jason.

Lieu de rencontre et de séparation, abîme entre espoir et réalité, le métro joue un rôle primordial… Nation par Barbès mène chacun inéluctablement sur la voie de la perte ou de l’accomplissement.



Zola Jackson, Gilles Leroy


 

Zola Jackson est une institutrice qui vit seule avec son chien, dans la Louisiane des bayous et des maisons de bois.

Zola Jackson a perdu il y a quelques années son fils unique, tellement brillant, dont elle acceptait difficilement l’homosexualité, ou du moins le compagnon.

Et voilà que l’eau monte, autour de sa maison.

et

Nous sommes en août 2005, l’ouragan s’appelle Katrina.

Les secours finiront par arriver, et avec eux les photographes, et Sean Penn



5 questions à Jean-Sébastien Hongre


Hongre

 

Jean-Sébastien Hongre est originaire de la Picardie.

Entrepreneur sur internet, adepte du poker, il signe avec « Un joueur de poker » (Anne Carrière) son premier roman.

Il était hier l’invité de Monique Atlan dans l’émission „Dans quelle étagère“ (voir la vidéo).

 

 

1. Vous et la lecture ?

Je ne me souviens plus la première fois que j’ai cédé à la tentation