Rendez-vous porte de Versailles


LivreLouvre

L’année dernière, Kevin et moi avions lancé l’idée comme une bonne blague : et si on initiait un « café des bloggeurs » pendant le salon du livre de Paris, une rencontre IRL entre nous qui nous suivons virtuellement  de temps à autre ou plus assidument ?

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A notre surprise, notre appel avait rencontré un certain succès ; et c’est ainsi que le samedi après-midi, nous nous logoétions retrouvés à une trentaine de bloggeurs livres porte de Versailles.

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On prend les mêmes et on recommence ?



Tangente vers l’est, Maylis de Kerangal


Présentation de l’éditeur :

«Ceux-là viennent de Moscou et ne savent pas où ils vont. Ils sont nombreux, plus d’une centaine, des gars jeunes, blancs, pâles même, hâves et tondus, les bras veineux le regard qui piétine, le torse encagé dans un marcel kaki, allongés sur les couchettes, laissant pendre leur ennui résigné dans le vide, plus de quarante heures qu’ils sont là, à touche-touche, coincés dans la latence du train, les conscrits.»
Pendant quelques jours, le jeune appelé Aliocha et Hélène, une Française montée en gare de Krasnoïarsk, vont partager en secret le même compartiment, supporter les malentendus de cette promiscuité forcée et déjouer la traque au déserteur qui fait rage d’un bout à l’autre du Transsibérien. Les voilà condamnés à fuir vers l’est, chacun selon sa logique propre et incommunicable.

 

 

Dès les premiers mots, on est embarqués. Cette traversée du continent à bord d’un train mythique, ce sera aussi la nôtre, Maylis de Kerangal en a décidé ainsi. Et l’auteur ne lâchera pas son lecteur avant l’arrivée au point qu’elle aura déterminé comme tel.



La biche ne se montre pas au chasseur, Eloïse Lièvre


Jeune mariée, la narratrice sent naître le désir d’enfant. Avec son époux, ils choisissent une date symbolique pour le concevoir. Dans leurs parcours respectifs, tout a toujours fonctionné, ils ont toujours obtenu ce qu’ils souhaitaient. Mais pour une fois, ça coince. La volonté n’est pas tout.

« Si nous avions réussi dès le premier essai, j’aurais exulté […] Si le miracle avait eu lieu aussitôt, nous prenant de court, déboussolés, nous aurions basculé dans cette peur géante avec une insouciance elle-même effroyable, nous n’aurions pas eu le temps de voir venir, pas le temps des questions obligées des personnes responsables, de nous demander si l’on faisait bien, si c’était le moment, si, finalement, c’était une bonne idée. » (page 17)



RER mon amour, Anne-Louise Sautreuil


Passer « un an sur les rails », voilà la méthode qu’a utilisée Anne-Louise Sautreuil pour écrire ce livre. Pendant quatre saisons, à toutes heures et par tous les temps, elle a parcouru les lignes, changé de voiture, s’est arrêtée dans les gares, est montée dans la cabine du conducteur, a suivi les agents en uniforme, a contacté ceux qui laissent des petites annonces liées aux transports en commun (« Homme à la recherche de femmes désireuses de se faire caresser dans les rames du RER aux heures de pointe »).

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Il en ressort une vaste galerie de portraits de tous ceux qui « font » le RER, des usagers aux musiciens, des contrôleurs aux commerçants des gares, des médiateurs aux SDF – et même une rescapée de l’attentat de Saint-Michel.