Qui a tué Jacques Prévert ?, Sandra Reinflet


Qui a tué Jacques PrévertQuatrième de couverture :

Je suis passée devant mon école primaire. De l’extérieur, il m’a semblé que des carreaux étaient cassés J’ai escaladé la grille et l’ai retrouvée éventrée. A l’abandon. Au fil des pas, les souvenirs ont ranimé chaque salle, chaque couloir de l’école Jacques Prévert. Vingt ans plus tard, rien n’a changé, ou presque.

 

 

Depuis 2008, l’école primaire par laquelle est passée Sandra Reinflet est désaffectée. De ce lieu initiatique désormais à l’abandon, l’écrivain-photographe a pris des dizaines de clichés. Salles de classe saccagées, murs tagués, vitres brisés, et souvenirs qui se ramassent à la pelle, avec les feuilles mortes jonchant le sol de la cour. Sous la couverture, l’ouvrage hybride, à mi-chemin entre la balade poétique et l’album d’anecdotes, entre le beau livre et le carnet de correspondance (carnet de vie scolaire dit-on), emballé dans son protège-cahier, des textes courts accompagnent les images – et parfois celles-ci prennent toute la place.

 

sandra_reinflet_3Sandra Reinflet rappelle les souvenirs avec une bienveillance qui éloigne définitivement toute nostalgie paralysante ; le passé est passé. Son regard est tendre, et la contemplation tend à la rêverie.

Qui a tué Jacques Prévert ? est le journal d’une part de soi.

 

Un adulte créatif est un enfant qui a survécu. Ce détour par son école primaire semble avoir fait à Sandra Reinflet l’effet d’un bain de jouvence. Ce livre, c’est la confirmation qu’elle ne se trompe pas. C’est rare, ça fait du bien, ça fait se sentir moins seul et ça donne envie de partager.

 

Comme avec son précédent livre, Sandra réussit, en parlant d’elle, à faire s’interroger celui qui tourne les pages. Elle inciterait presque à aller voir ce qu’est devenue son école primaire – et à vérifier qu’on n’a pas tout à fait trahi celle (celui) qu’on était lorsqu’on y apprenait.

 

La Martinière, janvier 2014, 144 pages, 24 €

 

Jusqu’au 19 février 2014, plusieurs photographies issues de l’ouvrage sont exposées à la Bibliothèque nationale de France (quai François Mauriac, 75013) dans le cadre de la Bourse du talent et de la photographie.

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La bande-annonce du livre :

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Raise magazine


 

Présenté comme un « magazine photo », Raise, que j’ai découvert via son n°11 en kiosque depuis avril, en contient un certain nombre, séries tour à tour étonnantes, fascinantes, dérangeantes ou jubilatoires – mais pas seulement : car le travail des 7 photographes présenté ici est chaque fois précédé d’un texte signé d’un auteur différent.

Parmi eux, on retrouve Hafid Aggoune, Mat Hild ou encore Pierre Noirclerc.

 

S’y ajoutent des interviews (dont celles de Julie Ferrier et du groupe AIR), quelques idées shopping en lien avec les séries photo, (presque) pas de pub et la traduction en anglais de l’ensemble des textes.



L’oiseau qui avait enterré sa mère dans sa tête, N’Fassory Bangoura & Philippe Geslin


Que sont ces carnets ? Un recueil de poèmes ? Un livre d’images ? Un carnet de voyage ? Un témoignage illustré ?

 

Rien de tout cela, ou un peu tout à la fois. « Une ethnographie mise en scène », en réalité. C’est surtout la confrontation de deux regards, celui de N’Fassory Bangoura, paysan soussou