Les petites ironies de la vie, Thomas Hardy


Ce recueil contient neuf nouvelles de Thomas Hardy (1840-1928), romancier, poète et novelliste anglais. Certaines d’entre elles ont été publiées dans un recueil intitulé Les petites ironies de la vie et dans un autre nommé Contes du Wessex, à la demande de l’auteur.

Toutes s’attachent, ainsi que l’indique le titre du livre, à pointer l’ironie qui ne manque jamais de surgir au beau milieu des existences anonymes. Elles sont également autant de tableaux de l’Angleterre à la fin du XIXème siècle – ou un peu avant -, avec ses habitudes et ses évènements, comme la Grande Exposition de Londres de 1851 sur laquelle s’ouvre la nouvelle Ollamoor, le ménétrier.

 

Focus sur trois nouvelles qui donnent envie de lire le recueil dans son entier.

 

Le veto du fils, qui pose la passionnante question du devenir de la mère une fois que, sa tâche éducative accomplie, elle se trouve dépassée par son enfant qui en vient à avoir honte d’elle.

Sophy, jeune campagnarde de condition modeste, a épousé le pasteur dont elle était la servante après que celui-ci, veuf, a culpabilisé de ce qu’elle soit devenue infirme en chutant dans ses escaliers. Leur fils Randolph reçoit la meilleure éducation possible ; il rentrera lui aussi dans les ordres. Il devient très vite plus cultivé que sa mère, chacun d’eux étant gêné, pour des raisons différentes, de cet état de fait.

A la mort du pasteur, Sophy voit revenir Sam, un jardinier qu’elle a connu du temps où elle était encore la domestique du pasteur. Il lui propose de devenir sa femme. Sophy sait qu’en l’épousant elle épouserait aussi son mode de vie, plus simple et plus proche de ce qu’elle est vraiment et dont son premier mariage n’est parvenu, en dépit des apparences, à l’éloigner.

Mais le jeune Randolph, à qui elle expose son projet, pose son veto : pas question que sa mère renonce à cette bonne société dans laquelle elle évolue depuis ses premières noces et qui est pour Randolph le seul univers envisageable…

 

La tournée, qui interroge sur les risques qu’il y a à faire le bonheur des autres malgré eux tout en rappelant le pouvoir de la correspondance, aujourd’hui quasiment disparue.

Dans l’attente d’un procès, un avocat londonien plein d’avenir fait une excursion dans un village de campagne où est installée une fête foraine. Il se laisse aller à contempler les fraîches jeunes femmes qui montent les chevaux de bois du manège et offre un tour supplémentaire à l’une d’elles. Les deux jeunes gens font connaissance, approfondissant ce lien nouveau au cours de promenades. Lorsque l’avocat doit s’en aller, il fait promettre à la jeune Anna qu’elle lui écrira.

Mais Anna, servante de son état, est illettrée. Ne pouvant renoncer à donner suite à la correspondance engagée par le jeune homme, elle demande à sa patronne, Edith, une femme dont le cœur n’a pas battu la chamade depuis des lustres, de lui lire les lettres de Charles et d’y répondre. Edith s’exécute avec chaque fois plus d’ardeur que la précédente, bercée des espoirs qu’a fait naître sa fugitive rencontre avec Charles devant le manège où elle venait chercher Anna.

Anna est enceinte et, en dépit de sa condition, Charles consent à l’épouser : c’est qu’il est plus que charmé par ses lettres. Anna fera une formidable femme d’avocat, il est en certain. Tout est arrangé par courrier. Anna, qui s’est exercée à écrire son nom sur les conseils d’Edith, signe l’acte de mariage, au comble du bonheur. Après la cérémonie, alors qu’Edith et elle célèbrent l’évènement dans l’appartement de Charles, celui-ci demande à Anna d’écrire un mot pour sa sœur, qui n’a pu faire le déplacement, en y mettant toute la poésie et la philosophie dont elle a fait montre dans les courriers qu’elle lui a adressés…

 

Complaire à son épouse, qui traite de la jalousie et de l’envie (amoureuses comme matérielles) et de l’aveuglement où elles conduisent.

Deux jeunes amies, Emily et Joanna, assistent au retour d’un marin. Après avoir flirté avec Emily, puis avec Joanna, et avoir demandé cette dernière en mariage, le marin vient trouver Emily à la boutique qu’elle tient : Joanna lui aurait dit qu’elle n’était pas tant que cela attachée à lui. Cachée derrière un rideau, l’ambitieuse Joanna, venue précisément pour dire à Emily qu’elle lui laisserait le marin si elle le voulait, entend tout. Par fierté, elle prend alors la décision de se laisser épouser.

Joanna qui avait rêvé d’un meilleur parti épouse donc le marin dont elle a deux enfants. Ne voulant devenir la demi-veuve que sont toutes les femmes de marins, elle prend avec lui un petit commerce. Les affaires ne vont cependant pas fort.

Dans l’intervalle, Emily a épousé un excellent parti. Elle vit juste en face de la boutique de Joanna.

Rongée par la jalousie, Joanna consent à laisser repartir son mari en mer, seul territoire où il sache faire fortune. Il revient avec un trésor mais Joanna n’en a jamais assez. Elle le laisse repartir avec cette fois leurs deux grands fils et l’espoir d’être riche à leur retour…

 

Gallimard, L’imaginaire, 2001, 248 pages, 8,15 euros



Bref, ils ont besoin d’un orthophoniste ! Gaëlle Pingault


Bref orthophonisteQue savons-nous de l’orthophonie ? A qui s’adresse-t-elle ?

Orthophonie
Du grec orthos : droit et phônê : voix.
Terme désignant la prononciation et l’articulation normale du langage parlé et écrit par opposition aux troubles de la phonation. L’orthophonie est également le traitement des défauts de l’élocution et de la prononciation.
(Source : vulgaris-medical.com)

 

Novelliste remarquée et primée, Gaëlle Pingault est orthophoniste. Dans ce recueil à la construction peu banale, elle s’attaque aux idées reçues sur ce métier mal connu dont les exercices peuvent pourtant être la réponse à des problématiques aussi diverses que variées. Gaëlle Pingault nous en donne à voir ici de nombreuses. La communication est au cœur du sujet, et les difficultés qui en découlent lorsqu’elle est mauvaise se déclinent de mille façons.



Les plus belles rencontres sur Facebook, collectif


L’histoire de cet ouvrage collectif a commencé il y a plus de deux ans par un appel à textes lancé… sur Facebook.

 

Il est aujourd’hui publié par une toute jeune maison d’édition, Trinôme Editions, dont le fondateur est aussi l’instigateur de ce projet collectif.

Des amateurs d’écriture de tous horizons se sont pliés à l’exercice : raconter une ou plusieurs rencontres nées sur le plus célèbre des réseaux sociaux. Car du virtuel au réel, il n’y a qu’un pas !

 

Au menu : du rire et des larmes, de la nostalgie et des actes manqués, des fantasmes et des regrets… et beaucoup d’émotion.



Temps additionnel, collectif


Temps additionnel : temps ajouté à la fin d’un match, pour compenser les arrêts de jeu. Il commence après la dernière seconde du « temps réglementaire », et excède rarement 4 minutes. Les victoires acquises pendant ce bref moment de survie post-mortem accordé par l’arbitre, ont évidemment une saveur de miracle, qui les rend à la fois prestigieuses et suspectes. Et les défaites deviennent des coups du sort à la limite d’être l’œuvre du Malin.

Ce qui donne une résonance angoissante et presque métaphysique à l’une des phrases les plus prisées des commentateurs sportifs : Nous sommes maintenant rentrés dans le temps additionnel…

 

12 nouvelles de Jérôme Lafargue, Murielle Renault, Olivier Martinelli, Sophie Adriansen, Laurent Banitz, Gilda Fiermonte, Gilles Marchand, Jean-Baptiste Desaize, Stéphane Monnot, Olivier Salaün, Jérôme Attal, Malvina Majoux



Vibrato, Marie Dubosq


J’ai découvert ce recueil de par sa présence dans la première sélection du Prix Boccace, organisé par l’association Tu connais la Nouvelle ?, qui récompense un ouvrage regroupant des nouvelles – Jean Boccace [Giovanni Boccaccio, 1313-1375], écrivain italien, était un précurseur de ce genre particulier qu’est la nouvelle.

 

Ce recueil de Marie Dubosq (lauréate du Festival du Premier roman de Chambéry 2012 avec « Les chambres d’Antoine) ne figurait plus en deuxième sélection mais son thème, cher à mon cœur, m’a donné envie de le découvrir.

Les quatorze nouvelles, comme les quatorze lignes principales que compte le réseau parisien, sont autant d’univers distincts (et sur la ligne 2, amusant, c’est le conducteur qui entre en scène !), qui laissent des souvenirs plus ou moins durables.

Comme un trajet en métro, finalement.



L’Amour ne rend pas la monnaie, Christophe Esnault


Christophe Esnault est l’un des agitateurs de la revue Dissonances, et l’auteur d’Isabelle à m’en disloquer. Autant dire que littérairement, l’aspect décalé – sur le fond comme sur la forme – le caractérise.

 

Il reste fidèle à lui-même avec L’Amour ne rend pas la monnaie, paru dernièrement chez StoryLab. Un inclassable recueil de 47 textes pas franchement optimistes quant à l’état (amoureux, mais pas que) du monde, écrits comme d’un jet, dans une prose à la Houellebecq, plume trempée dans l’encrier de la misère sexuelle.



Nouvelles d’ici et d’ailleurs, collectif


Non, ceci n’est pas de la publicité. Il s’agit d’un recueil de nouvelles comme un autre, à ceci près qu’il contient un texte de ma composition.

Le Prix Annie Ernaux est devenu en 2010 le Prix Nouvelles d’ici et d’ailleurs (voir le palmarès complet), remis par une autre grande dame de la littérature contemporaine française, la romancière Pierrette Fleutiaux.

Il s’agit d’un concours de nouvelles, lancé cette année autour du thème « Rendez-vous ». 260 textes ont été adressés aux organisateurs, arrivant de France, de Suisse, de Belgique…

Au total, des représentants de 24 départements français et de 12 pays francophones ont participé.

13 nouvelles