Maus, Art Spiegelman


lintégraleMaus-350x545Présentation de l’éditeur :

Le père de l’auteur, Vladek, juif polonais, rescapé d’Auschwitz, raconte sa vie de 1930 à 1944, date de sa déportation. Ce récit est rapporté sous la forme d’une bande dessinée dont les personnages ont une tête d’animal : les juifs sont des souris, les nazis des chats, les Polonais des porcs et les Américains des chiens.

 

Ce n’est pas la première fois que je l’écris ici : il n’y a pas un livre de trop sur l’holocauste. Ici, le récit de Vladek, emprisonné à Auschwitz, se double du rapport de son fils à son passé paternel : quoiqu’omniprésents, les souvenirs ont besoin d’efforts longs et répétés pour être partagés. Dans une intéressante mise en abyme, Art Spiegelman raconte aussi son rapport à cette histoire devenue livre.

Les hommes y deviennent des animaux, et nul besoin d’aller bien loin pour trouver cela justifié.

 

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Tout en retraçant le parcours individuel de son père, tout en livrant son histoire familiale et personnelle, tout en mettant en scène la transmission, nécessaire mais potentiellement douloureuse, Art Spiegelman interroge la notion de « survivre aux camps » : et si on pouvait ne pas y avoir survécu tout en en ayant réchappé et en étant cliniquement vivant ?

 

unnamed2Cette bande dessinée raconte autant l’histoire que le post-trauma. Qui, comme la mémoire, se transmet de génération en génération.

 

Un album incomparable, aujourd’hui traduit en dix-huit langues, avec lequel Art Spiegelman a remporté le prix Pulitzer en 1992.

 

Traduit par Judith Ertel

Flammarion, novembre 1998, 312 pages, 30 €

 

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Jeanine, Matthias Picard


Une prostituée prénommée Jeanine, qui a eu mille vies, se confie à son voisin écrivain.

Acte héroïque pendant la Guerre d’Algérie, bonnes et mauvaises fortunes, années de prison, amours variées et  autres déconvenues, tours et détours l’ayant menée à la prostitution, défense de la cause des prostituées…

 

Matthias Picard raconte les épisodes de cette existence rocambolesque dans le désordre – en fait, dans l’ordre où celle qui en est l’héroïne les exhume de sa mémoire – et, écrivant le récit du récit, narre également cette relation particulière qui se tisse entre Jeanine et lui, au fil des aventures bien réelles ou parfois un peu fantasmées de cette inconnue qui se fait ainsi un prénom.



Mémoire vive, Vanessa Caffin


Vanessa Caffin, journaliste, a été remarquée lorsqu’est sorti en 2008 son premier roman « J’aime pas l’amour… ou trop, peut-être. ». Je ne l’ai pas lu, je n’avais donc aucun a priori en démarrant la lecture de « Mémoire vive » dont la quatrième de couverture m’avait aguichée.

Et je n’ai pas été tout de suite emballée : j’ai trouvé ce texte trop gentil, trop facile, j’ai même jugé que cela s’essoufflait presque, jusqu’à ce que…

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Jusqu’à ce que tout soit remis en question.

Et là, de façon soudaine, ma vision de tout le roman, depuis ses premières phrases, a été chamboulée.

Je n’étais pourtant pas au bout de mes surprises…