Instinct primaire, Pia Petersen


Instinct primairePourquoi la femme serait-elle une moitié d’elle-même lorsqu’elle fait le choix de n’avoir ni conjoint ni enfants ? Pia Petersen donne sa vision, inhabituelle mais salvatrice, de la condition féminine dans Instinct primaire, un livre sur la liberté comme mode de vie et sur la difficulté de son acceptation par une société que rien ne rassure tant que les sentiers bien balisés.

 

J’ai dit sur My Boox tout le bien que je pensais du roman de Pia Petersen paru en octobre dernier (NiL, collection Les Affranchis, 112 pages, 8,50 € – voir aussi la présentation sur le site de l’éditeur).

Ci-dessous, en complément, un florilège de morceaux choisis.

 

 

« Il est grand temps que la femme arrive au stade de l’être humain, au lieu d’être toujours coincée dans ses instincts primaires. » (pages 58-59)

 

« Ce droit de propriété, induit et bétonné par le contrat de mariage où l’on appartient entièrement à quelqu’un, où l’on est dépossédé de soi et de sa liberté élémentaire. » (page 24)

 

« Si cette institution n’est plus sacrée mais dépassée depuis un bout de temps pourquoi continuer à célébrer ce lien, en punissant ceux qui n’y accèdent pas, entre autre par des désavantages fiscaux ? » (page 30)

 

« Notre itinéraire nous change, on vit une métamorphose permanente, on n’est jamais vraiment le même, alors comment peut-on s’établir dans un lien, soutenu par un contrat ? » (page 30)

 

« Depuis mon enfance, on m’a raconté qu’une femme doit désirer se marier, elle doit vouloir des enfants et si ce n’est pas le cas, elle n’est pas normale, une vraie femme cherche l’homme avec qui construire le nid, un homme prêt à s’engager jusqu’au bout, ce bout étant la construction de la famille et accessoirement, elle peut viser une carrière mais toujours accessoirement, l’enfantement étant le but final. » (page 39)

 

« Tu as la conviction de t’y connaître en matière de femmes. Apparemment tu ignorais que je ne suis pas une femme en général. » (page 38)

 

« Etre amoureux est un état généreux. Pourquoi se priver de cela ? » (page 42)

 

« Le mariage, c’est signer un contrat dans lequel il est stipulé qu’il ne faut plus jamais tomber amoureux de quelqu’un d’autre. Est-ce que l’on a si peur de perdre l’autre que l’on soit obligé de lui mettre un contrat autour du cou ? Jamais je ne me suis imaginée t’enchaîner à moi par peur de te perdre. Pourquoi te contraindrais-je à rester avec moi si tu ne le veux pas ? Je ne veux pas d’un homme qui resterait par devoir. » (page 45)

 

« En guise d’excuse j’ai tenté de m’expliquer, j’ai dit que c’était un choix, j’avais décidé de ne jamais avoir d’enfants et pas de mari non plus, que je voulais mener mon existence autrement, j’étais un écrivain et j’aimais ma vie, vraiment, je n’avais jamais regretté ma décision. » (page 52)

 

« Etre épanouie sans être mère, sans avoir d’enfants, réveille presque toujours une agressivité qui ne dit pas franchement son nom. » (page 55)

 

« Je les observais et cherchais leur épanouissement mais je ne le voyais pas, elles avaient toutes les cernes marqués par tout ce qu’elles n’avaient pas pu faire et qu’elles devaient refouler à tout jamais. » (page 58)

 

« Ce qui est terrible, c’est qu’on a beau dire que le regard des autres ne compte pas, on ne peut s’y soustraire, on le sent sur soi et ce regard nous enferme dans une vision du monde si étroite qu’on a du mal à respirer. » (page 59)

 

« On ne décide pas qui on aime, ni quand. On décide seulement d’y aller ou pas et pourquoi se refuser quelque chose d’aussi essentiel que l’amour ? Il est hors de question de vivre avec des regrets rien que pour rassurer des gens qui n’ont pas le culot de vivre. » (pages 62-63)

 

« Ma liberté était une épine dans leur pied, intolérable, elle les forçait à s’observer pour découvrir qu’elles auraient pu faire autrement, choisir leur propre vie en refusant les dogmes que des exigences sociétales leur imposaient et qu’elles avaient acceptées. Je représentais pour ces femmes un autre aperçu de ce que pouvait être la vie et en cela j’étais une agression. » (page 64)

 

« Peut-être que la femme a l’homme qu’elle mérite ? » (page 74)

 

« On se définit par notre capacité à aller au-delà de notre nature première pour nous créer autrement. » (page 76)

 

« En tant qu’homme, tu te définis par tes actes, plus que par ta paternité. Tu trouves cela normal et ça doit l’être. » (page 76)

 

« Toutes les femmes n’ont pas l’instinct maternel mais elles ont toutes une amie qui dit tu vas le regretter un jour. » (page 77)

 

« C’était plus compliqué pour moi que pour toi. Etre enceinte allait changer totalement mon métabolisme, ça me paraissait évident et je ne voulais pas de ce changement-là ni de ce lien qui naîtrait entre moi et l’enfant. Toi, tu le voulais mais ce n’est pas toi qui aurais subi ce bouleversement, ce n’est pas toi qui aurais eu ce lien qui à mon avis est plus fort que tout. C’était facile pour toi de vouloir un enfant. Tu aurais continué à être qui tu étais. Pour moi, ce n’était pas pareil puisque je l’aurais porté dans ma chair. Si je choisissais d’être mère, je choisissais aussi d’abandonner ma vie. » (page 79)

 

« Et tu me dis qu’il faut enfanter ? Avec tout ce qui est à faire, à penser, à découvrir ? » (page 83)

 

« On n’est pas lié qu’à notre famille, ne vivant que pour soi, on est aussi une part de l’universel. » (page 86)

 

« Ressasser les anciens dossiers ne permet pas d’en ouvrir de nouveaux. » (page 89)

 

« Les gens dans leur bon droit sont dangereux. » (page 92)

 

« Je ne supporte plus d’être limitée à la maternité. C’est aussi ma liberté d’écrivain qui est en jeu. » (page 98)

 

« La femme devrait penser plus avec son cerveau qu’avec son utérus. » (page 102)

 

« Tu te souviens de ce que tu m’avais dit à propos de la trace, que sans enfant je ne laisserais pas de trace derrière moi ? D’abord j’en laisse une puisque j’écris des livres et d’ailleurs, qui a dit qu’il fallait impérativement laisser une trace ? » (page 105)



Ecrire, Lionel Duroy


Ecrire DuroyUn livre est-il capable de tuer ?

 

Marc, écrivain de son état, écrit une lettre à Curtis, son éditeur depuis vingt ans, avec qui il dialogue sans cesse, pour de vrai ou intérieurement. Quatrième d’une famille de dix enfants, le narrateur a choisi l’écriture comme arme pour se défendre contre son propre passé (a choisi, ou n’a trouvé que, à moins que l’écriture ne l’ait trouvé). Ainsi a-t-il écrit un roman pour décrire ce qu’a été son enfance, l’expliquer et se l’expliquer, s’en défaire, rendre justice à son père, perdant du duel parental, venger ses frères et sœurs aussi, qui ont comme lui souffert. Croit-il : car à l’annonce de la publication future, ses frères et sœurs les uns après les autres le conjurent d’y renoncer. Ce livre, assurent-ils, tuera leurs parents.

 

Le livre est publié, et la famille en fait payer le prix à son auteur. Celui-ci s’emploie ensuite à écrire un roman sur sa compagne qui l’a quitté, afin de comprendre les raisons de cette rupture autant que par désir de faire renaître un peu d’amour des cendres qui seules subsistent et de rester homme. Besoin viscéral d’écrire pour avancer et ne pas devenir fou. Mais ce qui est de l’ordre de la survie pour certain est plus que de l’impudeur pour d’autres – jamais un livre n’est reçu comme on croit qu’il le sera.

 

Que faire de ce que l’on a à exprimer, lorsque c’est une nécessité, une question de vie ou de mort, s’il existe une possibilité même minime que cela nuise à d’autres ? Dans ce court roman en forme de lettre, Lionel Duroy interroge sur le rôle de la littérature pour éclairer ce que l’on peine à saisir de ce qui se passe autour de soi. Ecrire est aussi une réflexion sur les dommages collatéraux de la publication d’un livre. Lui-même a fait les frais de plusieurs procès, et il est aisé d’identifier les romans (réels) dont il est l’auteur dans la bibliographie du Marc qui s’exprime ici.

 

C’est un livre à mettre entre toutes les mains qui écrivent, à donner à lire en particulier à ceux qui font fiction de la réalité – et plus encore de leur réalité.

 

Mais Ecrire est surtout un chant, la complainte magistrale d’un écrivain qui ne peut rien faire d’autre qu’écrire parce qu’il n’y a qu’ainsi qu’il peut essayer de comprendre et de tenir debout, et qui va au bout de sa démarche en donnant ses livres à la publication, quels que soient les risques, parce qu’il n’y a qu’ainsi qu’il peut espérer sauver sa peau.

 

Editions Julliard, 2005, 144 pages, 17,50 euros

 

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Citations choisies :

 

« Rien ne meurt en nous. » (page 11)

 

« La vie nous donne le désir constant de posséder l’autre, mais elle ne nous en offre pas les moyens techniques, vous l’avez certainement remarqué. A la réflexion, c’est une bonne idée, ainsi jusqu’au bout nous courons après ce rêve impossible. » (page 11)

 

« Le prochain livre, s’il y en a un, devra contenir tout ce que je suis. » (page 14)

 

« J’aimerais parvenir à montrer combien nous sommes faits des autres, ceux qu’on ne choisit pas, au début, puis qu’on décide de garder, ou de quitter ; ceux qu’on choisit, plus tard, et aussi ceux que le hasard place en travers de notre chemin. » (page 15)

 

« Les journalistes consacrent une grande partie de leur temps à cela. Ils s’enflamment, ils parlent haut d’honneur et de déshonneur, de vérité et de mensonge, de devoir, d’honnêteté, de faute professionnelle, et l’on s’étonne parfois qu’ils puissent prendre tout cela tellement au sérieux, comme si leur santé mentale en dépendait. C’est à mon sens parce que ce métier est fondé sur une imposture qui les mine secrètement, mais qu’aucun ne se décide à dénoncer : le fameux principe d’objectivité. Il s’apparente un peu à l’infaillibilité pontificale. On sent bien que si l’on commence à le déboulonner, ce principe, c’est tout l’édifice qui risque de se casser la gueule. Alors il faudra admettre que chacun écrit de sa fenêtre, selon ce qu’il a vécu ou n’a pas vécu, ce qu’il a compris ou n’a pas compris, qu’il n’y a plus de vérités, seulement des regards. » (pages 23-24)

 

« Je me mis à écrire de plus en plus vite, submergé par tout ce qui me tombait dessus, comme un type à qui l’on aurait demandé de décharger seul un wagon de marchandises, puis tout le train, puis les cinquante trains à venir. […] Ce qui me portait, c’était la nécessité absolue de sauver notre mémoire, de parvenir à dire ce qui nous était arrivé. » (page 34)

 

« Durant ces vingt années, nous ne nous étions pas donné de plaisir, ou si peu, parce que au fond elle n’était jamais parvenue à me pardonner, mais il ne fallait pas en déduire qu’elle n’avait pas d’aptitude au bonheur. La preuve ! Elle était aussi capable qu’une autre de donner du plaisir, et d’en recevoir, mais pas avec moi. Moi, j’avais fait d’elle une femme amputée, taciturne. C’était ça, le message. Et, pour me le faire entendre, il fallait bien dévoiler certains détails.

Comment n’ai-je pas compris qu’elle me disait tout simplement sa haine pour ces années à demi vécues ? » (pages 43-44)

 

« Il faut ça, la conscience aiguë qu’à un moment toute votre vie tient à un geste, pour commettre ce geste quoi qu’il vous en coûte. » (page 55)

 

« Le chagrin que me provoqua sa liaison me donna presque simultanément l’envie d’écrire sur elle, sur notre rencontre, sur mon éblouissement. D’une certaine façon, pendant qu’elle défaisait notre histoire dans les bras de l’architecte, je m’efforçais, plus ou moins consciemment, d’en sauver l’essentiel dans les dernières pages de mon roman. » (page 58)

 

« Mon livre était dans les librairies, posé sur les tables. L’incroyable s’était donc produit et il ne se passait rien. » (page 68)

 

« L’écriture n’est pas une arme à feu, elle n’est qu’une arme cérébrale, la manifestation la plus élaborée de notre profondeur, de notre richesse, de sorte qu’elle ne peut tuer que ceux qui veulent bien se laisser tuer. » (page 71)

 

« L’écriture appelle une réponse, le dialogue de deux intelligences, de deux mémoires, et je crois que seuls ceux qui refusent de répondre peuvent en être victimes. » (page 71)

 

« J’étais un presque mort continuant d’errer comme par accident dans l’espace familier de gens (mes frères et sœurs, mes parents, Agnès) pour lesquels j’étais complètement morts. » (page 77)

 

« J’espérais retrouver le fil en marchant, mais je n’étais plus dans mon livre. Petit à petit, l’idée se fit jour que je n’allais pas réussir à m’y remettre, comme si toutes les séparations accumulées ces derniers mois avaient cassé mon dernier ressort. J’avais sauvé mon livre, mais le prix à payer avait été tel qu’il n’y en aurait pas d’autres. Alors pourquoi est-ce que je continuais à vivre ? » (pages 81-82)

 

« Qu’est-ce que je n’accomplis pas, en quoi suis-je infidèle à un engagement quelconque lorsque je n’écris plus ? » (page 87)

 

« Je ne me sentais pas la permission d’user de la vie si je ne la mettais pas au propre dans mes grands cahiers à spirale, voilà, comme si je devais payer en pages d’écriture le droit d’aimer, de parler, de manger, de rire. » (page 88)

 

« Il y a un signe infaillible auquel on reconnaît qu’on aime quelqu’un d’amour, c’est quand son visage vous inspire plus de désir physique qu’aucune autre partie de son corps. » (Michel Tournier, (mal) cité page 97)

 

« J’avais pensé qu’en écrivant mon premier roman je sauvais de l’oubli notre histoire commune, or je ne sauvais que ma propre histoire en laquelle aucun de mes frères et sœurs ne se reconnut. C’est une évidence qu’une ou deux années d’écart, dans l’enfance, peut radicalement changer notre perception d’un événement, mais je n’y avais pas pris garde. » (page 111)

 

« Vous n’aviez jamais cessé d’être mon éditeur et c’est avec vous que j’avais continué de parler silencieusement, du soir au matin, vous prêtant des réponses et des commentaires qui m’avaient constamment aidé à réfléchir. Vous étiez beaucoup plus qu’un ami. » (pages 118-119)

 

« Je n’ai jamais pu en relire aucun. Ils m’excitent et m’enfièvrent quand je les écris, bien qu’ayant le nez dans le guidon j’ai parfois la sensation grisante de pédaler dans les étoiles, mais ensuite ils me font honte. J’en ouvre un au hasard, je lis deux ou trois pages, et je voudrais ne jamais l’avoir écrit. Si bien que je le referme aussitôt et que je dois sortir marcher ou me faire un café pour oublier. » (page 119)

 

« J’entrepris immédiatement un roman qui m’était inspiré par ma rupture avec Agnès, par cette année si particulière où elle avait insensiblement introduit son amant entre nous, tout en me demandant de l’attendre, tout en m’assurant qu’elle tenait énormément à moi, je tiens énormément à toi, Marc. J’avais envie de revivre cette année, non pas seulement pour explorer ma souffrance, mais pour avoir tout le loisir de regarder Agnès aller et venir et, au fond, de l’aimer une dernière fois. » (pages 120-121)

 

« Sans en avoir clairement conscience, je confirmais à travers ce livre que l’écriture était à mes yeux le plus sûr moyen de sauver de l’oubli, du néant, certains héros et moments de notre vie. » (pages 121-122)

 

« Au moment d’écrire j’étais comme une fée devant son chaudron, balançant dedans tout ce qui me traversait, inventé ou emprunté, je n’en avais rien à faire, du moment qu’en bouillonnant le brouet donnait à l’oreille la musique que j’avais en tête. » (page 123)

 

« On n’écrit rien si l’on s’interdit de toucher à ce qui peut heurter l’éthique ou la morale. » (pages 125-126)

 

« On peut bien noter des tas de détails du monde réel, il n’en reste pas moins qu’au moment d’écrire on ne retient que ceux qui ont éveillé un écho particulier en nous. » (page 128)

 

« Je n’avais jamais approché Hélène de si près qu’en la faisant aller et venir dans les pages de mon manuscrit. » (page 130)

 

« Si un livre peut tuer, me disais-je, c’est qu’il peut aussi guérir, sauver. » (pages 130-131)

 

« Oui, moi, j’entendais être lu, et je sais bien pourquoi : parce que dès l’âge de dix-huit ans l’écriture m’est apparue comme le meilleur moyen de faire la guerre, de riposter à tous ces gros salauds, allais-je écrire, retrouvant ma colère et les mots de ce temps-là, tous ces gros salauds qui avaient voulu nous anéantir. » (page 133)

 

« À conserver plus longtemps toute cette fureur en moi je serais certainement mort d’un cancer de la vésicule biliaire. » (pages 133-134)

 

« J’ai fait d’emblée de la littérature une affaire personnelle, une affaire de règlements de comptes. » (page 135)



Ma vie précaire, Elise Fontenaille


 

La narratrice quitte son appartement parisien. Ses enfants, grands, ont volé loin du nid depuis un moment. Elle est livrée à elle-même.

 

Le roman s’ouvre sur la dispersion des bibliothèques de la narratrice, que celle-ci observe à distance avec intérêt. Contre toute attente, voir ces livres, autant d’anciens fétiches, faire le bonheur de tierces personnes la remplit de joie. La fin des besoins matériels et le détachement sont en marche.

 

« J’avais enfin quitté la marchande de sommeil, et trouvé pour quelques jours refuge à Vincennes, non loin de la tour où le marquis de Sade passa quelques années chez un ami d’ami parti en voyage, mais décidément Paris m’était impossible :



Les Morues, Titiou Lecoq


 

Ne pas s’arrêter à la couverture : ce roman dense n’est pas qu’une affaire de jeunes femmes sexy – au contraire.

 

Les Morues, ce sont trois trentenaires, Ema, Gabrielle et Alice, qui ont édicté en « charte » leurs grands principes concernant la vie, l’amour, les hommes, bientôt rejointes par une quatrième personne – Fred, un homme, ami de longue date d’Ema.

 

« J’ai juste envie d’égoïsme. Je ne veux pas m’enfermer et penser pour deux. Je veux d’abord exister pour moi plutôt que d’exister uniquement à travers les yeux de quelqu’un d’autre. » (page 77)