La rentrée littéraire d’Harold Cobert


HaroldCobert

Harold Cobert est l’auteur du Reniement de Patrick Treboc (2007), d’Un hiver avec Baudelaire (2009), de L’Entrevue de Saint-Cloud (prix du Style 2010), de Dieu surfe au Pays basque (2010), du Petit éloge du charme (2012), d’Au nom du père, du fils et du rock’n’roll (2013).

Son dernier livre, Jim (éditions Plon), est paru en septembre 2014.

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Harold Cobert © Bruno Klein 

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.Comment vivez-vous cette rentrée littéraire ? 


En fait je ne fais pas partie de la rentrée littéraire. Je suis sorti un peu en décalé, le 25 septembre, c’est-à-dire hors de la course aux grands prix d’automne – car c’est cela, la rentrée littéraire, les grands prix d’automne.

 

Qu’en attendez-vous ?

Rien de particulier, puisque je ne suis pas dans la course aux prix !

 

Que lisez-vous en ce moment ? 

Rien. Pour la première fois de ma vie, je suis incapable de lire. Cela fait plus d’un mois que ça dure, et j’espère que cette incapacité va bientôt prendre fin ! Mais j’ai très envie de lire Charlotte de David Foenkinos. Je suis persuadé que c’est son meilleur roman.

 

Cobert

Vous intéressez-vous à la rentrée littéraire en tant que lecteur ?

Non. Mon amour de la littérature ne connaît pas les saisons. 

 

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Pourquoi écrivez-vous, Harold Cobert ?

Petit éloge du charme

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Pourquoi écrivez-vous, Harold Cobert ?


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Romancier, Harold Cobert a publié Le reniement de Patrick Treboc (JC Lattès, 2007), puis aux Editions Héloïse d’Ormesson Un hiver avec Baudelaire (2009), L’Entrevue de Saint-Cloud (2010, lauréat du Prix du Style 2010) et Dieu surfe au Pays basque (2012).

Son prochain roman, Au nom du père, du fils et du rock n’ roll, est attendu pour avril 2013.

Essayiste, auteur d’une thèse sur Mirabeau, il a fait à l’automne 2012 l’Eloge du charme (Bourin Editeur).



Petit éloge du charme, Harold Cobert


Présentation de l’éditeur

« Il a du charme » concède-t-on quand on ne peut pas dire de quelqu’un qu’il est beau tout en lui reconnaissant un certain attrait. Mais quand on nous somme de nous expliquer, voilà que l’on bafouille. Qu’est-ce que le charme au juste ? Qu’est-ce qui le distingue de la beauté, de la séduction – notions élevées au rang d’impératifs catégoriques modernes – mais aussi de l’aura ou de son voisin linguistique, le charisme ? Tel est le charme : multiple, fuyant, se soustrayant sans cesse à l’analyse.

Le romancier Harold Cobert a relevé le défi. S’appuyant sur l’étymologie, la philosophie, l’histoire et la littérature, il examine tous les aspects de cette notion volatile dans un style aérien, ludique et bien sûr, charmant.

 

Cerner ce qui ne se peut toucher du doigt, définir ce qui accepte tant d’interprétations… Le pari était osé, le résultat ne déçoit pas. Le charme nous concerne tous, et Harold Cobert s’emploie ici à l’aborder d’une bien jolie façon. Plusieurs, en fait : la beauté, le mystère, la séduction, l’érotisme, la transgression… tout ce qui est charmant, et tout ce qui fait le charme.

« Le charme, comme tout ce qui échappe, est mystérieux. Le mystère, comme tout ce qui intrigue, charme. Tous deux attirent d’une manière irrésistible, non par ce qu’ils dévoilent, mais par ce qu’ils dissimulent. Tous deux sont fils de l’ombre. » (page 49)

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Truffé de références, cet essai n’en est pas moins très accessible, et on y retrouve avec bonheur la plume entraînante du romancier.

Le mot est facile, mais c’est la vérité : voilà une lecture dont on ressort charmé(e).

Lire le premier chapitre sur le site de l’éditeur

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[Et dans le Figaro Madame, Harold Cobert a prouvé qu'il avait en matière de blogs des goûts... charmants !]

voir ci-contre/cliquer sur l’article pour l’agrandir

 

François Bourin Editeur, octobre 2012, 124 pages, 14 euros



Sophie lit… la sélection du Prix du Style 2012


Je connais le Prix du Style depuis 2010.

Cette année-là, il a couronné L’Entrevue de Saint-Cloud d’Harold Cobert.

L’an dernier, c’est Un avenir de Véronique Bizot qui a été récompensé.

Mais ce Prix, fondé sur un manifeste engagé, existe depuis 2005, et il a en quelques années acquis une vraie notoriété.

Ont fait partie de son convoité jury – ou y siègent encore – les écrivains Nicolas d’Estienne d’Orves, Olivia Elkaim, Pierre Vavasseur, Philippe Jaenada, Thomas Clément… sous la houlette d’Antoine Bueno, fondateur du prix.

 

J’ai le privilège d’en être à partir de cette année le partenaire media. Mes prochaines chroniques seront donc consacrées aux neuf titres en lice pour cette édition. Neuf titres qui sont autant de promesses…

 

Voici la sélection complète :

 

Le prix sera remis le 27 novembre prochain au Palais du Luxembourg.

 

http://www.prixdustyle.com/

 

 

 



Salon littérature et cinéma à Coulommiers


Quand l’autofiction se fait romanesque / Entretien avec Harold Cobert


« Le fait de distendre le temps permet au récit de devenir roman. »

 

Sophie Adriansen : Votre dernier roman, « Dieu surfe au Pays basque », aborde le thème de la fausse-couche d’une femme au travers des yeux de son mari. Pourquoi avez-vous eu envie d’écrire sur ce sujet ?

Harold Cobert : L’idée ne m’en est pas venue parce que j’avais moi-même vécu cet évènement douloureux. Mais, parce que j’étais passé par là, j’en ai un peu parlé autour de moi ; et, assez simplement, les langues se sont déliées. La mère d’un des élèves à qui je donne des cours particuliers, par exemple, m’a raconté son expérience, m’expliquant qu’elle-même avait failli mourir. J’ai réalisé que les femmes, elles non plus, ne parlaient pas de cela. J’ai pu mesurer l’écart entre la banalité statistique, puisque deux femmes sur trois font au moins une fausse-couche dans leur vie, et les drames intimes, secrets, qui ont parfois des conséquences catastrophiques.

Depuis mon premier roman, je m’emploie à donner la parole à ceux que l’on ne veut pas entendre : les représentants de la génération X, une génération sacrifiée à laquelle j’appartiens, une sorte de ventre mou entre les soixante-huitards et la génération Y dont on parle beaucoup en ce moment, dans « Le reniement de Patrick Treboc », ceux qui vivent dans la rue dans « Un hiver avec Baudelaire », Mirabeau que l’histoire a plus ou moins bafoué dans « L’Entrevue de Saint-Cloud ». J’aime cette idée de me faire porte-voix.

On ne parle pas de la fausse-couche, et encore moins de la façon dont la vit le père, qui se retrouve dans une espèce d’angle mort. Lui, on ne lui donne jamais la parole.



Dieu surfe au Pays basque, Harold Cobert


C’est l’histoire d’un drame personnel, d’une injustice du quotidien. Un fait capable de ravager un couple, de détruire à jamais, au-delà des rêves d’enfant, les possibilités d’enfant ; un fait, pourtant, banal, statistiquement banal.

Le narrateur et la femme se rencontrent, s’aiment, se marient, veulent devenir trois. Rien de plus normal. Elle a déjà connu une grossesse avec un autre, mais le bébé n’a pas vécu plus de cinq jours à l’air libre. Il faudra composer avec cet antécédent, les menaces qu’il contient, on passera outre. Le test est positif, la chambre programmée, l’échographie des trois mois planifiée. 48h avant celle-ci, elle perd du sang. A l’hôpital, on annonce la fausse-couche. Celle-ci se soldera par un curetage, après des heures d’une « boucherie » aux méthodes « moyenâgeuses » – bien qu’orchestrée dans le cadre hospitalier.