L’été slovène, Clément Bénech


L'été slovèneEtudiants, le narrateur et Eléna vont passer quelques semaines estivales en Slovénie. Ils sont partis pour tester la solidité de leur amour ou, plus certainement, pour s’assurer que ce qui les lie en est. Tout un tas d’imprévus – de l’accident (sans gravité) de voiture à la traversée d’un lac à la nage faute de bateau en passant par l’intrusion de tiers dans l’intimité du jeune couple et la chute dans l’eau de l’appareil photo – vont venir contrarier ces vacances qui s’annonçaient calmes.

Le narrateur est très attentif à son amoureuse. Il s’émeut de petites choses, cependant qu’il cherche à savoir pourquoi il s’émeut. Mais cette intellectualisation, ce recul auquel la spontanéité des débuts a laissé place, n’est-ce pas la preuve que la fin est annoncée ?

 

Dans ce premier livre, Clément Bénech révèle une sensibilité étonnante. Il distille à chaque page une tendresse pour les bons mots qui concourt à l’aspect désinvolte du tout.



La nuit pacifique, Pierre Stasse


Trentenaire spécialiste de la retouche photo, Hadrien a quitté la France, et ses parents qui ne se sont jamais remis de la mort de sa sœur aînée Cécile, pour la Thaïlande et Bangkok, la ville sans fin.

 

Professionnellement, avec son associé Vichaï, Hadrien fait des miracles dans ce pays où tout est image. Personnellement, il est hanté par le souvenir de sa sœur. C’est que la thèse officielle du suicide lui semble biaisée par la relation qu’entretenait à l’époque Cécile, 16 ans, avec son médecin. Et voilà que le hasard met le médecin en question sur la route d’Hadrien…

 

Pierre Stasse signe avec cette Nuit pacifique un roman envoûtant, écrit d’une plume aussi fine et précise qu’un scalpel. Tout n’est qu’apparence, le héros ne le sait que trop bien, qui en a fait son gagne-pain, mais où commence l’illusion ?



À cause d’un baiser, Brigitte Kernel


Présentation de l’éditeur :

« Elle était si parfaite, comment avais-je pu soudain aimer une autre personne ? Que deux coups de téléphone, un déjeuner, un baiser, un seul baiser et quelques caresses remettent à ce point ma vie, notre vie, en question ? Qu’est-ce qui m’avait pris de dire aussi vite à Léa : J’ai embrassé une autre femme ? La greffe avait pris, en un baiser. Un baiser qui avait duré plus de deux heures et les mains, les doigts de Marie, sous mon pull, sur ma poitrine. Il m’avait semblé que ma vie basculait. Et maintenant comment faire ? Léa, Marie ; Marie, Léa. Peut-on donc l’espace d’un court moment, ou même d’un temps plus long, aimer deux personnes à la fois. »

Après Fais-moi oublier, le nouveau roman d’amour de Brigitte Kernel. Celui d’une femme tiraillée entre Léa, celle qu’elle aime, et l’envoûtante Marie qui, en un baiser, vient tout bouleverser.



L’Amour sans le faire, Serge Joncour


« Ne pas avoir d’enfant, c’était se condamner à rester l’enfant de ses parents. »

 

Franck, fils d’agriculteurs, n’est pas revenu chez ses parents depuis dix ans. Lorsqu’il téléphone pour annoncer son arrivée, c’est un petit garçon qui décroche, et qui dit s’appeler Alexandre, comme le frère de Franck décédé accidentellement. De Paris, Franck prend le train sans bien savoir ce qu’il va trouver à la ferme.

En parallèle, Louise, mère célibataire, s’apprête à retrouver son fils pour une semaine de vacances. En fin d’après-midi, elle prend la route.

 

« A la campagne on le sait, celui qui a goûté à la ville, il est foutu, celui qui a goûté à la ville, il ne reviendra pas. » (page 29)

« A Paris on est apprécié à la mesure de l’intérêt qu’on représente, d’où l’urgence de s’en donner. » (page 30)



Death is a star, Agnès Michaux & Anton Lenoir


Que ce gros ouvrage reprenne le titre d’une chanson de The Clash n’a rien d’un hasard… Et pour cause : « Death is a star » est une anthologie rock.

Mais pas que.

Elle s’ouvre d’ailleurs sur la première phrase de « L’Etranger » de Camus, « Aujourd’hui, maman est morte. » (et se termine par un extrait de « L’Envers et l’Endroit »).

Ce « cadavre exquis autour de la mort » est une somme. Il regroupe au fil des 464 pages quelque 700 articles et évoque plus de 1.000 personnalités en tous genres, de Molière à Prévert en passant par André Agassi, Azraël (l’ange, hein, pas le chat de Gargamel) et Marylin Monroe.



Sophie au Flore, Sylvie Bourgeois


Sophie, quarantenaire chouchou des amatrices de chick-litt, nous avait fait découvrir les coulisses du Festival de Cannes. La voici qui quitte sa province (Annecy) et son homme (Sylvain) pour enfin faire quelque chose de sa vie. C’est forcément à Paris que ça se passe. Sophie débarque à Saint-Germain-des-Prés, pétillante et déterminée.

« Si elle ne connaît pas son poids avec précision, elle n’arrive pas à s’inscrire dans l’espace. […] ‘Tant que je suis mince, la vie vaut la peine d’être vécue !’ » (page 33)

 

De rencontres improbables en projets avortés, d’heureuses surprises en coups de cœur, Sophie se construit en quelques semaines un nouvel univers dont le Café de Flore est l’épicentre.



Et toi, t’es qui ?, Mat Hild


La typographie, le graphisme et le bleu ne laissent aucun doute : c’est de Facebook qu’il s’agit ici.

Mat Hild, 28 ans, dont on a pu lire un texte dans le dernier numéro du magazine Raise, est agrégée de lettres modernes et docteur en langue et littérature françaises.

Elle a un profil sur Facebook depuis le 9 décembre 2007 (moi, je viens de vérifier, depuis le 18 octobre 2007 – tant que ça !).

 

« Chaque profil Facebook était un roman latent.», écrit Ariel Kenig dans Le miracle paru ce début d’année. Et sur Facebook, chacun est sinon un héros, du moins un véritable personnage.

 

L’auteur de ce petit livre bleu « n’a jamais rien inventé. ». On le croit aisément. Car on connaît tous un sous-marin, un ex, un pokeur frénétique, un dragueur, un voisin d’enfance, un intello, un rigolo, un polémiste, un



Le Chapeau de Mitterrand, Antoine Laurain


Présentation de l’éditeur :

Un soir à Paris, Daniel Mercier, comptable, dîne en solitaire dans une brasserie, quand un illustre convive s’installe à la table voisine : François Mitterrand. Son repas achevé, le Président oublie son chapeau, que notre Français moyen décide de s’approprier en souvenir. Il ignore que son existence va en être bouleversée. Tel un talisman, ce célèbre feutre noir ne tarde pas à transformer le destin du petit employé au sein de son entreprise. Daniel aurait-il percé le mystère du pouvoir suprême ? Hélas, il perd à son tour le précieux objet qui poursuit sur d’autres têtes son voyage atypique au sein de la société française des années 1980.

Cette fable pleine d’esprit et de malice possède comme le fameux chapeau un charme mystérieux



Cœur ouvert, Elie Wiesel


Le 16 juin 2011, le Prix Nobel de la Paix 86 et rescapé de la Shoah Elie Wiesel est hospitalisé à New York. L’intervention est aussi soudaine que conséquente.

 

« Un instant avant de mourir, l’homme est encore immortel. » (page 86)

 

Cette opération à cœur ouvert est l’occasion pour Elie Wiesel d’une « introspection à cœur ouvert » (page 87). L’occasion de faire le bilan du chemin parcouru au cours des 82 années qui l’ont mené jusque là, l’occasion aussi de livrer ses doutes et ses espoirs pour un avenir en lequel il continue de croire, même depuis un lit d’hôpital. C’est une déclaration d’amour aux siens, et l’aveu d’une foi puissante – en Dieu, et en l’homme.