Le mystère Jackie Kennedy, Frank Bertrand


l-homme-aux-actrices-suivi-de-le-mystere-jackie-kennedy-frank-bertrand-boissie-9782296561090Jackie Kennedy se confie à un psy qui n’hésite pas à remettre à sa place cette patiente pas tout à fait comme les autres… Sur une idée de départ aussi simple qu’originale, et en sept tableaux, Frank Bertrand dresse un portrait passionnant de cette femme dont le destin a fasciné et fascine encore.

Les deux seuls personnages de la pièce se donnent la réplique avec à chaque séance moins de retenue qu’à la précédente, tandis que défile l’histoire de la famille Kennedy – et avec elle, une part de celle de l’Amérique.

Un délice de lecture que l’on rêve de voir joué sur scène.

 

Extraits :



Bouleversé(e)


 

Ça s’est passé dans son enfance. Ou peut-être hier. Elle ne sait plus bien, mais elle continue de chercher.

Toutes les semaines à la même heure, Eve s’interroge sur ce qui a bien pu la bouleverser sur le divan d’un salaud de Lacanien qui ne lui répond même pas.

Et dans sa tête, les souvenirs défilent : les scènes se passent tantôt chez ses parents, tantôt chez ses amants, parfois elles n’ont ni queue ni tête, mais c’est normal puisqu’elles sont écrites par neuf auteurs différents : Tania de Montaigne, Valérie Tong Cuong, Aude Walker, Émilie Frèche, Christophe Ferré, Stéphane Héaume, Olivia Elkaim, Nicolas Roux, Nicolas d’Estienne d’Orves.

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Le résultat est une pièce enthousiasmante, mise en scène par Anouche Setbon et Bruno Banon (Atelier Libre jeu) avec les Editions du Moteur



Amphitryon 38, Jean Giraudoux




Ondine, Jean Giraudoux


Pièce en trois actes inspirée en 1939 par le conte Undine de Frédéric de La Motte-Fouqué (1777-1843), Ondine ressemble aussi à la celte Mélusine, à la Petite Sirène des studios Disney (1989) et au conte du même nom de Hans Christian Andersen sur lequel est basé le film d’animation.

Cette Ondine, fille des eaux, est donc éprise d’un humain, le chevalier Hans von Wittenstein zu Wittenstein. Le roi des Ondins lui propose un pacte : elle pourra vivre son amour terrestre, mais si le chevalier la trahit, celui-ci mourra et elle retournera dans son milieu aquatique d’origine sans même se souvenir de son aventure amoureuse.

J’aime le théâtre de Jean Giraudoux : poésie et humour complètent des dialogues riches et vivants, les pièces se lisent comme de bons romans. Dans Ondine, le conte révèle une réflexion plus poussée sur la difficulté – l’impossibilité ? – des rapports entre hommes et femmes.
La tragédie classique est égayée d’une fantaisie très contemporaine, pour un résultat délectable.