Le plus bel âge, Joanna Smith Rakoff


Présentation de l’éditeur :

Ils sont six amis d’université – quatre filles et deux garçons -, et ont choisi New York, la ville de tous les possibles, pour mener leur vie d’adulte. Mais au rythme des mariages, naissances, échecs professionnels et personnels, leurs rêves et ambitions ne tardent pas à se heurter à l’épreuve de la réalité. En mettant en scène leurs vies entremêlées, les amitiés et les amours qui se nouent et se dénouent, Joanna Smith Rakoff fait la chronique d’une génération perdue, qui, entre espoirs et désillusions, essaie de trouver sa place dans le monde.

Avec en toile de fond les bouleversements économiques et politiques de notre époque – du boom Internet au réveil brutal au lendemain du 11 Septembre -, ce roman d’apprentissage victorien dans l’âme, généreux et parfaitement maîtrisé, révèle une nouvelle voix de la littérature américaine contemporaine.



Féroces, Robert Goolrick


« Quand j’ai rencontré ces gens, j’ai d’abord trouvé qu’ils étaient beaux et brillants, et leur maison, magique. Puis j’ai commencé à les trouver ordinaires puis, pour finir, pitoyables. » (page 92)

C’est ce qu’écrit un ami des Goolrick un jour, dans un album photo, sous un cliché de la maison familiale.

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Qu’avons-nous là ? La quatrième de couverture évoque un roman, le premier de l’Américain Robert Goolrick. Pourtant, tout laisse à penser que l’on tient entre les mains sinon les mémoires de l’auteur, du moins un ouvrage très fortement inspiré de sa propre expérience – sinon, pourquoi avoir gardé jusqu’au patronyme ?

Et puis… ce n’est pas un roman. Plutôt une série de clichés, comme des cartes postales en noir et blanc, floues ou de mauvaise qualité, vieillies en tout cas, qui laissent donc apercevoir une réalité bien différente de la pose. Un constat. Douloureux. Car les Goolrick ne sont pas féroces :



Au nom du sang versé, Pierre Simenon


Antoine Demarsands, à qui on laisse entendre que son défunt père a collaboré avec les nazis, refuse cette idée. Pour laver l’honneur paternel, il se lance dans une quête de vérité qui le mènera des Etats-Unis en Suisse, de la France à la Pologne, et qui s’avèrera bien plus complexe et mortelle qu’il ne l’avait imaginé. Car il en est versé, du sang : les rebondissements, innombrables, laissent bien souvent des cadavres sur le bord de la route…

Pierre Simenon est le fils de Georges. Suisse, il a été analyste financier à Genève avant de traverser l’Atlantique pour devenir avocat de cinéma à Los Angeles. Toute ressemblance entre l’auteur et le héros, qui a fui la Suisse et la banque familiale pour se reconvertir en… avocat de cinéma à Los Angeles n’est donc pas le fruit du hasard.
Première déception : ce roman, et alors que rien ne l’indique à l’extérieur de l’ouvrage, n’a pas été écrit en français mais en anglais, et donc traduit. Mais relu par Pierre Simenon, apprend-on dès les premières pages. La belle affaire !

Deuxième déception : pour son premier roman, Pierre Simenon cherche son style. Et comme il ne parvient pas à choisir, il mélange joyeusement les données industrielles au langage technique, les passages presque littéraires, la vulgarité et les plaisanteries les plus grivoises.

Malgré tout, son texte est efficace. Tellement qu’on en ferait bien un film, et qu’on se demande si ce livre-là tient plus du roman ou du scénario prêt-à-tourner. Pour un blockbuster hollywoodien haletant, aux ficelles un peu grosses, qui prend tellement le lecteur/spectateur par la main que celui-ci n’a pas à réfléchir (mais pour la plage, c’est appréciable). Et pour un résultat dont, malheureusement, il reste surtout une impression de déjà vu…



Les saisons de la solitude, Joseph Boyden


Le titre, l’image de la surcouverture, la quatrième de couverture, les 510 pages… J’avais plusieurs bonnes raisons de ne pas m’enthousiasmer pour Les saisons de la solitude ; de loin, cela semblait bien rimer avec ennui. Une histoire d’Indiens dans le nord du Canada… J’imaginais déjà les descriptions à n’en plus finir des plaines sauvages et autres paysages désertés par l’homme.
Erreur.

Will et Annie sont bien des Indiens, mais des Indiens du XXIème siècle. S’ils ont les cheveux longs, noirs et tressés, s’ils portent des mocassins rebrodés de perles pour avoir chaud dans les cabanes où ils vivent, les clichés s’arrêtent là.
Annie est une jeune femme moderne, quoique rurale, qui enfourche sa motoneige comme d’autres leur Vespa. Sa sœur Suzanne, devenue mannequin, a mystérieusement disparu. Tandis que leur mère la tient pour morte, Annie, qui n’y croit pas, part à sa recherche.
Son périple la mènera à Montréal, Toronto, Manhattan. A sa voix se mêle celle de son oncle Will, dans le coma après un accident. Après la mort de sa femme et de ses deux fils, ses nièces sont ce qu’il a de plus précieux.

Rivalités entre clans, liens du sang, amour, alcool, solitude, trappe, vie dans la nature (cela n’a pas été sans me rappeler le puissant Into the wild), superficialité du milieu du mannequinat… Tous ces thèmes sont abordés dans ce magnifique roman. Si la chronologie s’embrouille parfois, cela ne gâche rien. Et la traduction rend à merveille les subtilités et les nuances apportées par l’auteur. Les personnages d’Annie et de Will sont formidables de justesse, cœurs bruts et purs perdus, chacun à leur manière, dans un monde qui va trop vite… J’ai quitté à regret la famille Bird. J’aurais voulu que les 500 pages, pourtant déjà très denses, en soient 1000 !

Les saisons de la solitude est un très beau moment d’évasion.



Le prince de Central Park, Evan H. Rhodes


En plein New-York, Jay-Jay, un enfant de onze ans lutte pour sa survie. Orphelin, battu par sa mère adoptive alcoolique, il décide de s’enfuir en supprimant toute trace de son existence. Il trouve refuge dans le poumon vert de la ville, Central Park. Il y construit une cabane qui le protège des autres, dans un grand chêne. Chaque jour, il part explorer son nouvel environnement, devenu terrain d’aventures. Celui-ci est loin d’être sans danger : s’il y a des écureuils, on y trouve aussi des hommes qui rappellent que New-York est tout proche. , comme Elmo, le jeune drogué qui a pris Jay-Jay en grippe.

Destiné aux adolescents, ce roman, qui a reçu un accueil enthousiaste à sa parution en 1975, se lit avec plaisir à tout âge. Le jeune héros lutte contre le froid, la faim et les agressions. Il fait preuve de courage et d’imagination.

Les adolescents aimeront la cabane et les animaux, les adultes la capacité de Jay-Jay à s’adapter et sa détermination à détruire les dossiers scolaires ou médicaux qui font de lui un enfant connu de l’administration, persuadé qu’il est que le fait de brûler les papiers suffira pour que le monde extérieur l’oublie.



L’hirondelle avant l’orage, Robert Littell


Le poète et le dictateur, tel est le sous-titre proposé par l’éditeur. Car c’est bien de cela qu’il est question ici. Dans la Russie de Staline, en 1934, la liberté d’expression est une notion toute relative. Staline décrète que la culture doit devenir socialiste. Le poète Ossip Mandelstam, artiste apolitique, refuse l’idée d’une politisation de la culture. Lui-même écrit une épigramme, un texte critique à l’égard du dictateur, qui finit par arriver jusqu’à celui-ci, malgré les précautions de son auteur qui a privilégié l’oral à l’écrit pour ses mots dangereux.

Là commencent ses ennuis.
Une première arrestation, d’abord, pour laquelle Mandelstam bénéficie de l’appui d’alliés, ce qui lui vaut 4 ans d’exil plutôt que l’exécution. Une seconde, ensuite, quand le poète, décidé à se faire bien voir, décide de produire cette fois-ci une ode au dictateur.

Ce roman polyphonique, qui fait parler la femme du poète (qui l’accompagnera en exil pendant 4 ans), ses amis les plus proches, son codétenu, nous donne à réfléchir sur la condition des artistes dans les régimes répressifs. Le poète Mandelstam sera torturé et exilé pour n’avoir pas voulu se plier aux diktats.

L’histoire mélange réalité et fiction, traductions de poèmes et de courriers pour mieux nous plonger dans cette époque ; Littell a lui-même échangé avec la veuve de Mandelstam, qu’il a rencontré à Moscou en 1979.

Robert Littell, ancien journaliste à Newsweek, spécialisé dans les affaires russes et moyen-orientales, désormais passé maitre dans l’art du roman d’espionnage, est le père de Jonathan à qui l’on doit « Les Bienveillantes », prix Goncourt et Grand Prix du roman de l’Académie française en 2006.

Il y a parfois de la poésie dans les mots de Robert Littell, des longueurs aussi. Le premier quart du livre, notamment, n’est pas à la hauteur, ni en termes d’intrigue ni en termes de rythme, de la suite. Mais la fascination mutuelle qui existe entre le poète et le dictateur est… fascinante – et merveilleusement rendue.
L’important est de ne pas oublier que cette réalité n’est pas si éloignée de nous dans l’Histoire.



Quatre blondes, Candace Bushnell


Après une note très sérieuse, un peu de légèreté. Et oui, c’est encore l’auteur de Sex and the City. Dans Quatre blondes, les héroïnes se cachent derrière les apparences, se réfugient derrière une célébrité fugace qui les a effleurées avant de les laisser à l’abandon ; elles vivent comme si elles avaient de l’argent, ont peur de vieillir, cherche l’homme idéal – c’est-à-dire riche et susceptible de relancer leur carrière… Bien sûr, rien ne se passe comme prévu, mais il faut encore et toujours sauver les apparences…

Une histoire entrainante, entre New York et les Hamptons, entre paillettes et amertume, soif de célébrité et recherche désespérée du bonheur.



People or not people, Lauren Weisberger


Lauren Weisberger a acquis sa renommée avec son précédent roman, un certain Le diable s’habille en Prada. L’univers de People or not people est aussi féminin, new-yorkais, survolté et branché. L’héroïne est Beth, qui vient tout juste d’intégrer une boîte d’évènementiel. Elle découvre cet univers particulier, apprend les rudiments du métier et les codes du milieu ; elle côtoie les stars et fréquentes les lieux les plus hype de la ville. Elle découvre surtout les rivalités et les crasses qui accompagne les débuts de réussite ou de love story. La sienne – avec un homme célèbre, d’ailleurs, commence à intéresse sérieusement la presse…
Une plongée jubilatoire dans le monde de la jet-set, avec ses frasques, ses caprices, ses relations éphémères et ses trahisons. En poche, 500 pages que l’on ne lâche pas.



Chroniques de San Francisco, Armistead Maupin




Lipstick jungle, Candace Bushnell


Candace Bushnell, c’est Sex and the City. Dans Lipstick jungle (devenu une série avec Brooke Shields outre-Atlantique), elles ne sont pas quatre mais trois new-yorkaises amies, branchées et débridées. Il y a la prêtresse de la presse féminine qui trompe son parfait mari avec un mannequin de vingt ans son cadet, la styliste renommée à la recherche du grand amour, la patronne d’un grand studio de cinéma dont le mariage avec un homme au foyer est en train d’exploser…
Toutes trois débordent d’ambitions personnelles et professionnelles. Le bouquin regorge de marques prestigieuses et d’adresses in. 540 pages en poche, mais que l’on ne voit pas passer. A mettre entre toutes les mains manucurées.