Je ne veux pas d’une passion, Diane Brasseur


Présentation de l’éditeur :

 

je ne veux pas dune passion-couvIl est parti, il a enfilé son caban avant de mettre son bonnet.

Pourquoi n’ai-je pas essayé de le retenir ?

Quand il s’est levé, j’ai gardé les mains dans les poches de mon manteau.

J’hésitais à lui proposer d’aller chez moi pour faire l’amour une dernière fois. Un à un, il fermait les boutons de son caban que, d’habitude, il ne ferme pas. Celui du milieu, frappé d’une ancre de bateau, était tombé depuis longtemps.

« Je vais rester un peu. »

J’ai commandé une coupe de champagne.

Elle pensait que c’était le bon, mais il la quitte. Restée seule dans un café, une jeune femme revit les derniers mois de son histoire d’amour, et la relation fusionnelle qu’elle entretient avec son père depuis l’enfance. Deux passions très différentes, qui vivent dans un seul cœur.

 

Ce roman est une alternance de souvenirs égrenés comme des gouttes de pluie qui glisseraient sur une vitre, vitesse, rythme et taille variables. Les souvenirs concernent les deux hommes de la vie de la narratrice, son père, ce héros, et son amoureux, qui vient de la quitter. Elle remonte dans le désordre le fil de ces deux histoires, y trouve des correspondances. Loin de s’apitoyer sur son sort, la narratrice, qui a l’impression d’être « tombée du mauvais côté de l’amour », constate, revit, s’émeut, comme pour mieux se préparer pour la suite.

Mais peut-on avoir dans sa vie deux hommes de sa vie ?

 

Après le dilemme épouse/maîtresse, Diane Brasseur s’attaque dans ce deuxième roman à un autre cliché, les points communs entre son père et l’homme aimé – et à nouveau, s’en sort avec brio, évitant les écueils et la facilité. C’est frais et juste, tout en délicatesse, servi par une écriture légère et sensible, pleine de respirations. C’est aussi un portrait de la fragilité des jeunes femmes modernes lorsqu’elles sont à jamais les filles de leur père.

Une réussite.

 

 

Allary Editions, août 2015, 240 pages, 17,90 euros

 

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Les fidélités

Pourquoi écrivez-vous, Diane Brasseur ?

Toute la rentrée littéraire 2015

 

Fragments :

 

« Il n’y a rien de plus triste que les amours fabriqués. » (page 15)

 

« Il n’y a pas de désir sans un peu d’inconfort. » (page 40)

 

« Les rencontres les plus importantes n’ont rien de spectaculaire. » (page 46)

 

« J’ai l’impression d’être tombée du mauvais côté de l’amour. » (page 70)

 

« Tous les hommes dont je tombe amoureuse portent la barbe pour que mon désir s’y accroche comme à la bande Velcro d’une fermeture à scratch. » (page 88)

 

« A la fin de chacune de mes histoires, j’ai fait un test HIV pour m’en libérer. » (page 100)

 

« La vieillesse des autres ne l’intéresse pas, la sienne est scandaleuse. » (page 105)

 

« Alors je sors de la salle de bains blanche comme je voudrais sortir de l’enfance, en claquant la porte. » (page 131)

 

« Nous attentions nos cafés comme les trois coups au théâtre pour commencer. » (page 133)

 

« Les amoureux ne se méfient pas, ils s’embrassent les yeux fermés. » (page 143)

 

« La nuit, tout est plus grave. » (page 165)

 

« Au cinéma, je change de rang dans la pénombre en pleine séance, mais les décisions importantes je les prends vite et sans regrets. » (page 173)

 

« Trop près on se dispute, trop loin on se manque. » (page 181)

 

« Le risque quand il y a tant d’amour, c’est de se rater. » (page 181)



Le facteur émotif, Denis Thériault


Présentation de l’éditeur :

 

Bilodo a vingt-sept ans, il est facteur et mènle-facteur-emotife une existence tranquille. À l’ère des mails et des téléphones portables, il n’a plus souvent l’occasion d’acheminer une lettre personnelle. Alors, quand il en trouve une dans le flot de courriers administratifs et de publicités, il lui fait faire un petit détour et, le soir venu, ouvre l’enveloppe à la vapeur pour en découvrir le contenu. Sagement, le lendemain, il la remet à son destinataire.

Son petit vice va le conduire à faire la rencontre épistolaire de Ségolène, qui écrit régulièrement de beaux haïkus à un certain Gaston Grandpré. Tandis que son amour pour la belle grandit à l’abri du réel, un étrange coup du sort va lui offrir une opportunité providentielle. Mais le destin ne favorise que les audacieux. Bilodo va devoir devenir poète et abandonner tout espoir de tranquillité, en laissant entrer dans sa vie l’intrigue et le sentiment.

 

 

Bilodo est un facteur indiscret. Déçu par les lettres qu’il s’est adressé à lui-même, il a commencé à lire celles des autres et à vivre par procuration. Découvrant la correspondance entre Grandpré, un de ses voisins de quartier, et Ségolène, qui vit à la Guadeloupe, il se passionne pour le haïku, cette forme poétique qui « vise la juxtaposition de l’immuable et de l’éphémère »qui nourrit leurs échanges.

 

« Etre une grenouille

et respirer par la peau

meilleur des deux mondes » 

 

Grandpré disparu, Bilodo va se glisser dans sa vie, dans son kimono, dans sa peau… Passant du haïku au tanka, il poursuit la correspondance avec Ségolène. Mais se faire passer pour un autre est un jeu dangereux…

 

Si l’écriture est le reflet de l’âme, que dit-elle de ce facteur qui s’est imprégné de la personnalité d’un autre ? Ce court roman captivant est une fable, un conte qui, en écho à la poésie japonaise, mêle le contemporain et l’éternel amoureux, le quotidien et le mythe. Une délicieuse découverte, une friandise truffée d’haïkus, qui met le fantasme né de l’épistolaire à l’épreuve de la réalité.

Et si tout n’était qu’un éternel recommencement ?

 

 

Editions Anne Carrière, avril 2015, 176 pages, 16 euros

 

 

Bribes :

 

« Un simple facteur pouvait-il s’improviser poète ? Attendait-on d’une autruche qu’elle se mette à jouer du banjo ? Un escargot faisait-il de la bicyclette ? » (page 32)

 

« La poésie n’était-elle au fond qu’une affaire d’estomac ? » (page 78)

 

« On ne saurait planer à jamais. » (page 147)

 

« Existe-t-il réellement une possibilité de vie après la mort ou, mieux encore, avant ? » (page 162)



Et je danse, aussi, Anne-Laure Bondoux & Jean-Claude Mourlevat


Et je danse, aussiPrésentation de l’éditeur :

 

La vie nous rattrape souvent au moment ou l’on s’y attend le moins.

Pour Pierre-Marie, romancier à succès (mais qui n’écrit plus), la surprise arrive par la poste, sous la forme d’un mystérieux paquet expédié par une lectrice. Mais pas n’importe quelle lectrice ! Adeline Parmelan, « grande, grosse, brune », pourrait bien être son cauchemar… Au lieu de quoi, ils deviennent peu à peu indispensables l’un à l’autre. Jusqu’au moment ou le paquet révèlera son contenu, et ses secrets…

Ce livre va vous donner envie de chanter, d’écrire des mails à vos amis, de boire du schnaps et des tisanes, de faire le ménage dans votre vie, de pleurer, de rire, de croire aux fantômes, d’écouter le Jeu des Mille Euros, de courir après des poussins perdus, de pédaler en bord de mer ou de refaire votre terrasse.

 

Ce roman met en scène la correspondance de Pierre-Marie Sotto, prix Goncourt en panne d’écriture, à qui écrit Adeline, une lectrice qui en sait sur lui plus que d’autres. Dans cet « espace de liberté totale » qu’est la correspondance entre deux êtres qui ne se sont jamais rencontrés, toutes les confidences trouvent leur place. L’écriture, et l’envoi de courriers électroniques à l’aveugle, permet aussi d’ouvrir des portes insoupçonnées. Bientôt, un lien extrêmement fort se crée. « Je n’écrirai jamais aussi bien qu’à vous, je le sais » écrit Adeline à Pierre-Marie.

 

A leur échange viennent se greffer les interventions de l’éditeur de Sotto, et de quelques-uns de ses amis et proches. Mais les personnages de ce « conte électronique » pourraient bien se trouver dépasser par leur propre imagination… « Ce que tu as enterré dans ton jardin ressortira dans celui de ton fils », dit un proverbe arabe. Ce qui est enterré finit en effet toujours par sortir de terre…

 

Ce roman est né d’un échange épistolaire entre deux écrivains qui n’avaient rien prémédité. N’ayant pas établi de construction pour ce projet qui n’en était pas un, ils ne savaient pas où tout cela allait les mener. Le lecteur non plus ne le sait pas – sauf qu’il ne peut s’empêcher d’avancer et d’avancer encore pour le découvrir. Car un suspens évident apparaît au fil des courriers qui narrent surtout le quotidien des protagonistes.

 

 « Aucun risque que vous puissiez me voir ; je peux donc me montrer. »

 

Et je danse, aussi pose de subtiles questions sur l’écriture, le rapport aux lecteurs, mais surtout la transformation de nos vies rendue possible par la protection de l’écran.

Un roman positif, moins léger qu’il n’en a l’air, entraînant et très habilement mené.

 

Fleuve Editions, mars 2015, 288 pages, 18,90 euros

 

Entre les lignes :

 

« Même si on ne rattrape jamais le temps perdu, on peut décider de ne plus en perdre. » (page 15)

 

« Il existe de par le monde quantité d’écrivains dont le seul tort est de n’avoir jamais rien écrit. » (page 21)

 

« Le lecteur se contrefiche de la réalité, il veut juste que cela l’intéresse. » (page 36)

 

« Aucun risque que vous puissiez me voir ; je peux donc me montrer. » (page 41)

 

« Il n’y a que les fous pour se croire raisonnables. » (page 78)

 

« Les parenthèses nous offrent quelque chose en plus tandis que les points de suspension nous en privent. » (page 85)

 

« Je veux savoir, mais j’ai peur que savoir me tue. » (page 151)

 

« La différence entre l’amour et le meurtre ? Il n’y en a pas. Dans les deux cas, la même question se pose : que faire du corps, après ? » (page 175)

 

« Je suis le jardin où maman a enterré des choses. » (page 193)

 

« Nous ne sommes pas les héros de notre propre histoire. » (page 226)

 

« Les héros ne sont pas raisonnables. » (page 227)

 

« Une douleur se partage-t-elle ? » (page 239)



Chevalier de l’ordre du mérite, Sylvie Testud


Chevalier ordre meriteQuatrième de couverture :

Dès que je passe la porte de notre appartement, je me transforme. Sans plus aucune coquetterie, je retire mes escarpins, je jette mes vêtements dans la panière à linge sale. Je m’attache les cheveux sur le sommet du crâne, remonte mes manches, et c’est parti pour le rodéo de l’ordre et de la propreté. Une chorégraphie d’un genre peu sexy, à laquelle je ne renonce que tombante de sommeil. Pauvre Adrien : il vit avec une mégère. L’image n’est pas folichonne. C’est au bureau qu’ils vivent avec moi. Bien habillée, maquillée, coiffée. Pourquoi je me transforme ? Pourquoi je n’arrive pas à suivre le mode de vie d’Adrien ? Pourquoi ça ne tourne pas plus… plus… plus carré ? S. T.

 

Sybille Mercier est toquée d’ordre, obsédée par l’organisation, control freak. Le premier à en faire les frais est son compagnon. Adrien est heureusement doté d’un redoutable sens de l’humour. « Tu crois qu’on va arriver les premiers ? » demande-t-il en voyant sa douce courir dans les rayons de la supérette avec son chariot.

 

Mais les tâches domestiques sont bientôt la cause de toutes leurs disputes. Sybille a besoin d’une aide ménagère pour sauver son couple. Elle fait passer un casting de femmes de ménage et trouve la perle qu’elle cherchait. Dès lors, elle se sent comme une touriste chez elle. Est-ce la fin des problèmes ? Ou le début de la folie ?

 

C’est frais et drôle. Rythmé et visuel. Son héroïne est attachante autant qu’énervante. Les dialogues sont jubilatoires, Sylvie Testud révélant un véritable talent en la matière.

Alors on passe sur les petits défauts de forme (la ponctuation est catastrophique, l’orthographe du prénom de l’héroïne varie…) et l’absence de style – et on attend d’en voir, un jour, une adaptation cinématographique.

 

Car Chevalier de l’ordre du mérite est un scénario prêt-à-filmer plutôt qu’une œuvre romanesque.

 

Le livre de poche, 2012, 232 pages, 6,60 euros

 

Bribes :

 

« Il pleuvra si j’oublie mon parapluie. » (page 20)

 

« Je ne possède aucun objet de valeur, ils me sont tous précieux. » (page 92)

 

« On peut dire tout et son contraire sur un même fait, une même personne. » (page 134)

 

« Les soucis m’amusaient presque. » (page 205)

 

« On agit sur moi sans que j’agisse sur personne. » (page 227)



La politesse, François Bégaudeau


La-politesse-883732-d256Présentation de l’éditeur :

 

«La Voix du Nord demande si les deux auteurs se sentent particulièrement concernés par le thème de ce soir, Écrire la vie.

Nous nous sentons particulièrement concernés. Nous ne voyons pas ce que nous pourrions écrire d’autre.

En poussant un peu, nous pourrions démontrer qu’écrire la vie est un pléonasme.

– Mais est-ce que ce n’est pas voué à l’échec?

Nous pensons que si. Nous persistons néanmoins dans cette gageure. Nous serons bientôt au Salon du livre.»

 

 

La politesse, c’est la vie d’un écrivain en promotion. Si tant est qu’il accepte d’en jouer le jeu. Le narrateur s’y prête, mais tout n’est que désillusion et médiocrité, de la part des journalistes et organisateurs de manifestations qui le reçoivent comme de celle des lecteurs ou des autres auteurs qu’il croise.

Pourquoi, alors, accepter ce qui procure si peu de plaisir ? Pour, faute de mieux, livrer cette Politesse en forme de portrait méchant et drôle d’un monde qui n’est qu’aigreur, ou presque. Et Bégaudeau n’épargne rien ni personne, ou presque, encore.

 

Qui a quelque connaissance du milieu et de ceux qui le composent s’amusera de reconnaître, derrière ceux dont les noms ont été changés, des individus tout à fait réels.

« A quoi bon noter que les choses sont ce qu’elles sont ? », interroge l’auteur. Il fait de la question une certaine définition de sa littérature*, qu’il viendra volontiers présenter à l’occasion de salons dans lesquels « le meilleur catalyseur d’achat c’est la pitié ». Tour à tour triste et féroce, il interroge aussi la complaisance qui sous-tend le milieu, en déplore les enjeux commerciaux et se tire plus d’une balle dans le pied.

 

« La politesse est la forme acceptable de l’hypocrisie. », écrit l’auteur.

Lui qui identifie si facilement les rebelles en bois ne s’épargne pas non plus, se montrant lâche et amer, et jaloux comme de bien entendu : « Si aucun de ces lecteurs n’existait, je récupérerais leur lectorat. »

Les bleus que Bégaudeau a à l’âme prennent ici toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. A la mise en scène de sa propre personne s’ajoute une mise en abyme de son roman tout juste sorti de l’imprimerie.

 

Dans une dernière partie, l’auteur se perd en prospectives anarchico-coopératives – et il se peut qu’il perde son lecteur aussi.

Peu importe, on aura bien ri.

 

A propos des blogs, François Bégaudeau écrit ceci : « La ruse c’est d’envoyer une partie du service de presse aux bloggeurs littéraires. Ils sont tellement flattés qu’ils font toujours une critique positive. »

Afin d’être parfaitement transparente, je tiens à indiquer ici que j’ai moi-même demandé ce livre à son auteur, qui me l’a fait parvenir. De flatterie point, donc, crois-je. Quant au caractère positif ou non de ma critique, à chacun d’en juger.

 

Editions Verticales, mars 2015, 304 pages, 19,50 euros

 

A ce sujet, une remarque d’Ariane Charton : « Définir la littérature est difficile mais ce n’est assurément pas compter les chaises lors d’une rencontre dans une librairie et détester par principe ceux qui vendent plus que vous… »

 

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

Au début

Entre les murs

Tu seras écrivain, mon fils

 

Politesses :

 

Begaudeau Ozoir« Il y a longtemps que bien vivre a pris le pas sur être aimé. » (page 9)

 

« Le vrai est dans les failles. » (page 28)

 

« Si aucun de ces lecteurs n’existait, je récupérerais leur lectorat. » (page 35)

 

« Vivre de la critique est beaucoup plus difficile que d’en mourir. » (page 41)

 

« Sur un radeau de naufragés la tendance est le cannibalisme » (page 58)                            François Bégaudeau interviewé par François Alquier

 à Ozoir-la-Ferrière en 2012 (source)

« La politesse est la forme acceptable de l’hypocrisie. » (page 69)

 

« L’incapacité à la rudesse voue le sujet civilisé à une existence contrariée. » (page 74)

.

« L’humanisme est souvent rentable. » (page 83)

 

« Qui voudrait ne jamais parler de littérature n’aurait qu’à s’enclore dans le champ littéraire. » (pages 102-103)

 

« On ne comptera que sur soi. On sera le principe de sa joie. » (page 133)

 

« La révolution est le saut du tigre dans le passé. » (page 142)

 

« Son sourire sait quelque chose que je ne sais pas. » (page 149)

 

« Le possible est plus vaste que l’existant. » (page 158)

 

« L’écriture n’est pas le fruit mais le germe de la solitude. » (page 191)

 

« Je n’écris pas pour des lecteurs, j’ai besoin de quelques lecteurs pour faire consister l’écrit. » (page 193)

 

« L’écrit, on le voit comme un espace de recyclage d’intelligence. » (page 232)

 

« Tant qu’on se fait du bien c’est jamais à perte. » (page 234)

 

« Un écrivain n’est pour rien dans l’intérêt porté à ses textes. » (page 239)

 

« Le prix de la meilleure farce est attribué au dindon. » (page 246)

 

« Comme souvent le génie humain ne fut que d’actualiser le génie de la matière. » (page 254)

 

« Y avoir une amie embellit un lieu de travail. » (page 270)

 

« Il faut être con comme un riche pour ne pas se sentir ridicule dans un jacuzzi. » (page 275)

 

« La peur mais la honte surtout tient les femmes en laisse. » (page 278)

 

« Le travail est encore le meilleur moyen de ne pas penser, on dirait même que c’est fait pour. » (page 280)

 

« Que l’écriture soit sans limites n’interdit pas de s’en donner. » (page 290)

 

« Le suicide prend la vie trop au sérieux. » (page 291)



La gaieté, Justine Lévy


La gaietéPrésentation de l’éditeur :

« C’est le paradis, c’est mon paradis, je ne sais plus rien de la politique, des livres qui paraissent, des films, des projets de Pablo, de l’autre vie, la leur, c’est comme un jeûne, une ascèse puéricultrice, c’est comme si j’avais été opérée de ma vie d’avant, je ne sais pas si ça reviendra, je ne sais même pas si je le souhaite, j’adore cette nouvelle vie de mère de famille un peu débile mais résignée, les jours cousus les uns aux autres par l’habitude et la routine, je me voue tout entière à mes enfants, je les tiens fort dans mes bras, je les tiens fort par la main, et bien sûr qu’eux aussi me tiennent et qu’ils m’empêchent de tomber, de vriller, bien sûr qu’eux aussi me rassurent, me comblent, me protègent et me procurent cette joie bizarre, assez proche de la tristesse peut-être, parce que je vois bien que ce n’est plus seulement de l’amour, ça, au fond, c’est de l’anéantissement. »

 

 

« On ne vient pas sur terre vierge et pur et vide, avec tout à apprendre et tout à faire. On n’est pas une page blanche. On porte la mémoire de sa famille, on trimballe ses paquets de problèmes et de névroses. En naissant, bien sûr, on a tout oublié. Mais tout est là, en nous. »

Louise aimerait n’être pas hantée par ses démons, ceux de son enfance en particulier. Depuis qu’elle est mère, deux fois mère, elle ne veut plus de cet état. Pas question d’être une maman malheureuse, puisque « une maman malheureuse vous refile toujours un bout de son malheur ». Louise décide de rompre la chaîne de la tristesse, de bloquer la transmission, d’appeler la gaieté, de s’y réfugier et d’en faire l’environnement de ses enfants.

 

Mais ce n’est pas si simple. Le chagrin ne disparaît pas quand il s’en va. La tristesse est pour Louise comme un point de côté permanent.

 

Avec des mots simples, des images fortes et des phrases longues, produit d’un emballement de l’esprit que le lecteur voudrait ne jamais arrêter tant il est délicieux à lire, Justine Lévy raconte les efforts, la volonté et la détermination, que côtoient la sensation récurrente, sinon constante, d’être à côté de soi-même, et les ombres du passé. Elle raconte les digues qui cèdent et « les éclats de mémoire qui explosent comme des vieilles grenades, soixante-dix ans après, sur les plages de Normandie. »

 

Dans ce roman de la maturité, Justine Lévy démontre fort joliment qu’on a toujours la possibilité de cesser d’exhumer le passé, de cesser de raviver les douleurs, et de choisir la vie.

 

 

Editions Stock, janvier 2015, 216 pages, 18 euros

 

A lire aussi sur Sophielit : 

Le rendez-vous

Mauvaise fille

Rien de grave

 

Eclats de gaieté :

 

« C’est quand je suis tombée enceinte que j’ai décidé d’arrêter d’être triste, définitivement, et par tous les moyens. » (page 7)

 

« La vie est urgente. » (page 11)

 

« Pour aimer être libre il faut du désir, de l’ambition, le goût des actes et du risque. » (page 13)

 

« Avec un enfant on ne peut plus se permettre d’être triste, un point c’est tout. » (page 20)

 

« Papamaman, mamanpapa, voilà comment on rate sa vie, à vouloir toujours ménager papamaman. » (page 30)

 

« Comment voit-on le monde avec des yeux si clairs ? Est-ce que tout est plus beau ? plus bleu ? » (page 38)

 

« La nostalgie est l’arme des faibles. » (page 40)

 

« C’est pour ça qu’on élève des enfants, pour qu’ils puissent un jour se passer de vous. » (page 41)

 

« Il y a des gens qui pensent que ça fait mûrir, d’avoir des enfants, moi je trouve que ça vous met surtout face à votre propre enfance, tiens prends ça dans la gueule. » (page 45)

 

« Je voudrais les couvrir de joie mais je ne sais les couvrir que de jouets. » (page 46)

 

« Il n’y a que les très belles femmes qui peuvent se passer de sourire. » (page 52)

 

« Pablo me dit que je suis forte, je n’ai pas encore bien repéré ce qui lui fait dire ça. » (page 75)

 

« Le chagrin ne disparaît pas quand il s’en va. » (page 82)

 

« On ne vient pas sur terre vierge et pur et vide, avec tout à apprendre et tout à faire. On n’est pas une page blanche. On porte la mémoire de sa famille, on trimballe ses paquets de problèmes et de névroses. En naissant, bien sûr, on a tout oublié. Mais tout est là, en nous. » (page 115)

 

« les éclats de mémoire qui explosent comme des vieilles grenades, soixante-dix ans après, sur les plages de Normandie. » (page 116)

 

« J’ai toujours tout fait pour cadenasser les portes de la tristesse. » (page 119)

 

« Je veux pour eux toutes les joies que je n’ai pas eues. » (page 127)

 

« Le chagrin est patient. » (page 170)

 

« Comment ne transmettre que le bon, pas le mauvais, faire le tri ? » (page 173)

 

« Quand on peut rire de soi on est sauvé. » (page 213)



Le caillou, Sigolène Vinson


Le caillouPrésentation de l’éditeur :

 

C’est l’histoire d’une femme qui voulait devenir un caillou.

« Avant de raccrocher, je lui confie que j’ai dans l’idée de partir quelques jours en Corse. Je l’entends renifler et pleurer. Pour elle, c’est le premier signe de vie que je donne depuis bien longtemps. Le dernier qu’elle a perçu, c’est le cri que j’ai poussé en venant au monde. Elle oublie qu’enfant, je riais tout le temps et embrassais le bonheur commun. Ce n’est que plus tard que j’ai eu des vues nouvelles, d’abord celle d’un désert sous ma fenêtre, et depuis peu, celle du large. »

 .

.

La narratrice, qui ne se sent pas très en accord avec le fait d’exister, passe la majeure partie de son temps à regarder le ciel et à rêver qu’elle prend la mer.

Plutôt que de reprendre forme humaine (à quoi bon ?), elle voudrait faire l’expérience de la minéralité. Devenir caillou pour fuir une vie sans relief. C’est compter sans la rencontre avec son voisin, qui travaille depuis des années à sculpter, en Corse, un rocher qui a les yeux qui vivent en mer.

Mais il y a les choses à peu près, et les choses telles qu’elles sont…

 

Le Caillou est une fantaisie qui oscille entre conte et réalité. Presque un mythe. Un roman plein d’une nostalgie de la part qui fait défaut au présent, plein de ce sentiment d’ « absolu toujours déçu », qui naît de ce qu’ « on comprend que quelque chose nous manque qui ne sera jamais comblé ».

 

Sigolène Vinson évoque avec la même justesse la beauté de la Corse et la solitude qui peuple les existences. Elle raconte la roche séculaire immobile aussi bien que les hommes dont les bras ne suffisent pas à faire oublier les autres, les bras qui comptent.

Sa prose poétique, sa plume unique se fait entendre comme une voix puissante et douce à la fois au-dessus de la mer. Elle n’oublie pas la tristesse, mais le sourire n’est jamais loin – et l’espoir juste derrière. Il y a de la tendresse, de l’humour et beaucoup de sincérité dans les pages de cette fable contemporaine.

 

Rocher sur la mer, est-il meilleur destin ? Mais si l’humanité se fossilise et que la matière prend vie, comment ne pas perdre le Nord ?

Ce livre est un caillou précieux que chériront tous les « rêveurs d’autre chose ». Car tous les rêveurs ont un morceau de rocher sur la mer…

 

Le Tripode, mai 2015, 200 pages, 17 euros

 

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

J’ai déserté le pays de l’enfance

Sigolène Vinson : de la robe à la plume

Toutes les réponses à « Pourquoi écrivez-vous ? »

 

Fragments de roche :

 

« J’aime bien les vieux quand ils se suppriment, parce qu’ils reprennent leur vie en main. » (pages 23-24)

 

« Moi, le désert, je l’ai vu passer sous ma fenêtre. Une fois, j’ai même chopé une conjonctivite. » (page 24)

 

« Quand mon cou disparaîtra dans mon double menton, je serai vieille et j’aurai des histoires à raconter. » (page 27)

 

« Je rêve de recevoir des embruns en pleine figure et quand l’occasion se présente, j’ai le mal de mer. » (page 38)

 

« La distance qui nous sépare est un territoire sans coordonnées. » (page 45)

 

« Tout ce que nous inventons pour nous protéger de la vieillesse nous fait vieillir plus vite, c’est en nous figeant que nous nous craquelons. » (pages 47-48)

 

« C’est comme ça qu’on ne désespère pas, en trouvant quelqu’un qui nous accompagne jusqu’au bout. A condition qu’une fois sur place, il veuille bien nous laisser seuls. » (page 61)

 

« Les tombeaux des Corses sont plus beaux que leurs maisons. » (page 71)

 

« Ce qui m’attend est ailleurs. » (page 76)

 

« Quand j’ai besoin d’un bouc émissaire, je me regarde dans la glace et je le trouve. » (page 84)

 

« Il n’est pas dit qu’un jour je ne finirai pas d’un seul tenant. » (page 94)

 

« Même être humain, ce n’est rien comparé à tout ce qui est plus grand. » (page 115)

 

« Je crois avoir été belle, mais sans jamais le savoir. » (page 125)

 

« Le cimetière des éléphants n’existe pas, il n’y a que des mouroirs. » (page 132)

 

« Recroquevillée dans ma caverne, j’attends l’événement qui m’en fera sortir. » (page 162)

 

« Je n’ai jamais souhaité à personne de vieillir en paix, pourquoi le voudrais-je pour moi ? » (page 175)



Découvrez Mykonos hors saison, Richard Gaitet


MykonosPrésentation de l’éditeur :

 

Attirant chaque année près de 400 000 visiteurs, ce petit port paisible des Cyclades devient de mai à septembre un Eden touristique généreux en plaisirs universels (soleil, danse, fête, feta). Mais en mars? Y-a-t-il seulement un club ouvert après minuit ?

Au hasard d’errances alcoolisées dans des rues blanches et désertes, deux pieds nickelés vont provoquer les dieux sans le savoir…

Entre fantaisie et comédie, cette épopée éthylique endiablée convoque aussi bien l’humour grand-guignolesque d’Hunter S. Thompson que l’art du mystère de la série Lost.

 

 

 

« Échouer à Mykonos sans se diluer dans la nouba, c’était courir Londres sans vomir à Camden Town. C’était échouer. » Le narrateur et son acolyte y échouent et échouent à peu près tout ce qu’ils entreprennent. Ils espèrent trouver sur l’île grecque la dolce vita et les femmes, mais du nectar ils ne goûteront que la lie. Car quand ils ratent quelque chose, ils ne le font pas à moitié.

 

« On ne peut défier les dieux impunément », affirme Richard Gaitet. Les deux pieds nickelés, après avoir « chatouillé les narines célestes avec le poivre de la jeunesse », vont en faire l’apprentissage…

 

Hilarant et plein d’esprit, ce court récit en forme de mauvais rêve éveillé se dévore. Le rythme trépidant de Découvrez Mykonos hors saison n’a d’égal que la qualité de la plume de son auteur. On espère que celui-ci aura à nouveau du nez pour sa prochaine destination de voyage.

Quant à la capacité de ce roman à donner ou non envie de visiter Mykonos hors saison – là n’est pas la question.

 

Editions Intervalles, juin 2014, 80 pages, 9,90 euros

 

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Aurore disparaît, Amina Danton


Aurore disparaitPrésentation de l’éditeur :

Elle se sentait de plus en plus légère depuis qu’elle le connaissait, et plus forte. Elle retrouvait des contours. Quand ils allaient dîner au restaurant, elle se pendait à son bras, elle le respirait, le cri des mouettes et celui des corbeaux se mélangeaient sur les quais de la Seine où les façades de l’île Saint-Louis ressemblaient aux falaises de Normandie, blanches, poreuses et crayeuses, accrochant la lumière. Le ciel était lavé par la pluie. Roland accompagnait le mouvement, très doucement. Il l’encourageait à trouver sa voie.

 

Quand Mme Damian est sauvagement assassinée dans une villa voisine de la sienne, Aurore est obligée de sortir de la solitude qu’elle s’était choisie et qu’elle avait rendue presque parfaite. Retirée au bord de la mer, où elle se consacre à la peinture, elle vit un grand amour, qu’elle continue de porter en elle et de protéger. Une hésitation au téléphone dans la voix de son mari, le souvenir d’une après-midi vieille de quinze ans chez Maud Nancy, les visites insistantes de sa voisine Irène B. viennent déranger le bel édifice de son intimité avec l’espace et l’infini.

 

 

Aurore a bâti des remparts tout autour d’elle afin de rendre la vie moins violente, et s’est réfugiée au Moulinet, sur le bassin d’Arcachon, lieu de villégiature pour la bonne société qui a construit entre les villas des remparts d’autres sortes.

Mais les remparts sont fragiles, la mer, le vent, le temps les rendent poreux, et aucun n’est indestructible.

 

Dans son deuxième roman, Amina Danton dépeint un monde dans lequel le silence est fracassant, la représentation sociale un devoir, l’ennui une activité à temps plein, la rêverie un luxe, les regrets des compagnons de solitude animés de mauvaises intentions, et où la peinture ouvre des fenêtres. « Les secrets étaient bien gardés. Les existences recousues par-dessus. » Avec une justesse implacable, elle met en mots l’absurdité des jeux sociaux, des bavardages, des maquillages, des chemisiers à fleurs, la lumière blanche et la mélancolie – et tant d’autres non-dits.

 

Aurore disparaît est l’histoire d’une femme qui a toujours pensé qu’elle n’avait pas droit à l’existence. L’histoire de ceux qui s’effacent et de ceux qui en profitent – à moins que ce ne soit l’inverse. L’histoire d’enfants qui n’ont pas grandi à l’intérieur des êtres qui pourtant sont devenus adultes. Et l’histoire de ce que peuvent faire les éternelles petites filles pour remonter sur les épaules de leur papa.

L’histoire de rendez-vous avec des fantômes, et de vies qui avancent à reculons.

 

L’écriture d’Amina Danton, superbe d’exigence, donne de la densité à ces vies dont on croit qu’elles en manquent. Sa prose ne contient pas un mot de trop, les digressions même font avancer.

Et la disparition, surtout, qui se révèle au fil des pages, qui n’est pas celle qu’on imaginait, éclate de manière inattendue et fait chavirer le lecteur, achevant d’emporter sa totale adhésion.

 

Mercure de France, avril 2014, 208 pages, 17 euros

 

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Trois phrases :

 

« Les secrets étaient bien gardés. Les existences recousues par-dessus. » (page 98)

 

« Vivre était devenu un exil. » (page 159)

 

« Elle n’aurait jamais su comment le lui dire, comment exprimer ce bizarre sentiment d’avoir été à lui tout en étant sans lui. » (page 190)



Au secours, j’ai 40 ans (depuis 4 ans), Gaëlle Renard


40 ansPrésentation de l’éditeur :

 

On dit que 40 ans, c’est le nouveau 30. Certes, mais c’est quoi avoir 40 ans pour une femme aujourd’hui ? Un livre désopilant sur vous, les jeunes quarantenaires, mais aussi un peu sur vos hommes (l’ancien et le nouveau), votre belle-mère (ou ex.), vos copines qui s’appellent toutes Véronique ou Virginie… Sans oublier vos enfants qui grandissent, votre banquier, votre cher patron, votre panier à provisions, la CPAM, l’URSSAF, votre miroir, votre self-control, votre estime de vous-même, votre crème de jour… Et la question qui taraude l’héroïne : et si je faisais un dernier bébé pour la route ?

Drôle et sensible, un livre qui dresse le portrait d’une génération de femmes, et de toutes les femmes.

 

 

Véronique, « celle qui porte la victoire » en grec, voit soudain venir la quarantaine au moment où elle divorce du père de ses deux garçons. Elle décide de faire contre mauvaise fortune bon cœur et, de psys en dîners avec les copines, de dédramatiser son statut de quadragénaire. La voilà qui part en quête du nouvel homme de sa vie…

 

Dans ce livre qui se situe quelque part entre le roman et le journal intime, l’album photo et le carnet fourre-tout, Gaëlle Renard raconte ce que c’est que d’avoir quarante ans quand cet âge a toujours paru lointain, vaguement inaccessible. Car quand on passe de jeune dynamique à pré-senior, presque has been, ça ne fait pas de bruit, il n’y a pas d’avertissement. On se réveille un matin en en prenant conscience, et le choc est brutal.

 

Au secours, j’ai 40 ans (depuis 4 ans) raconte un quotidien de femme moderne, Parisienne, qui n’échappe pas à certains clichés, avec le spectre effrayant de la ménopause qui rôde et l’enfance qui file, le désir de nouvelle maternité in extremis et l’amour qui n’a pas d’âge… Révélation : Bridget Jones a 40 ans (depuis 4 ans), elle a deux enfants et elle vit à Paris !

 

L’humour est le moyen que la narratrice a choisi pour compenser sa fragilité, qui oscille entre détermination et fatalité. Gaëlle Renard use et abuse des jeux de mots, s’adresse directement à son lecteur (sa lectrice, plus certainement) et atteint l’objectif supposé de son livre : partager sa situation et ses états d’âmes pour les rendre moins lourds à porter.

 

Un roman à offrir à celles qui approchent des quarante ans, celles qui ont passé le cap et ne s’en remettent pas, et à celles qui, tant elles ont cru ne jamais atteindre cette décennie canonique, ne savent toujours pas s’il faut dire quadragénaire ou quarantenaire…

 

Editions Charleston, mai 2015, 224 pages, 17 euros

 

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Sept phrases choisies :

 

40« La thérapie de couple est à l’homme d’aujourd’hui ce que la machine à laver était à l’homme des années soixante : une promesse, un symbole pour tout arranger, une façon de dire : tu vois bien que j’en fais, des efforts ! » (page 17)

 

« C’est comme le sexe quand ça fait du bien et du mal en même temps, j’ai envie que ça continue et que ça s’arrête bientôt. » (page 39)

 

« Ce n’est pas parce que l’autre est jeune que toi, tu deviens vieille. » (page 47)

 

« A quel moment a-t-on donné aux bébés les prénoms de nos pépés et mémés ? » (page 88)

 

« Le jeunisme m’énerve. Surtout depuis que je ne suis plus jeune. » (page 98)

 

« A quel moment ai-je attrapé l’âge des amis de mes parents ? » (page 113)

 

« Dans mon corps de femme adulte, épanouie, y a une petite fille pas très gaie qu’est coincée. » (page 131)



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