La faute à Mick Jagger, Cyril Montana


La faute à Mick JaggerPrésentation de l’éditeur :

L’enfance de Simon se déroule chez les hippies, dans les fermes communautaires. Ne se préoccupant de rien, ses parents dansent, boivent, fument, rient, et peut-être pensent-ils. Mais à quoi ? A l’âge adulte, Simon, personnage tragi-comique, ne réussit pas à choisir entre deux femmes qu’il aime, l’une, douce et aimante, l’autre, nerveuse et hystérique.

Bien que retraçant une trajectoire personnelle qui démarre dès l’enfance de Simon, « La faute à Mick Jagger » aborde avec une pointe d’humour et de détachement une thématique universelle : l’héritage familial.

 

La mère de Simon, séparée de son père, sombre peu à peu dans la folie. Le jeune garçon navigue comme il le peut dans les eaux familiales tourmentées, tiraillé entre les adultes qui décident pour lui – quand ils ne laissent pas la drogue ou les membres de la communauté du Lubéron décider pour tous.

 

A l’âge adulte, Simon, qui est finalement parvenu à grandir sans trop de dégâts, connaît un nouveau tiraillement : il hésite entre deux femmes, Lucile, douce et attentive, calme et raisonnable, et Angelica, enflammée et imprévisible, insatiable et insupportable. Mais une troisième bouscule son équilibre : sa mère l’appelle et lui demande de venir la voir à Niort où elle réside – sa mère qui souffre car la tête de Mick Jagger est entrée dans la sienne et la première est plus grosse que la seconde. Simon rapplique. Il sait bien que Mick Jagger n’est nullement responsable de la situation. Mais il va bien falloir que lui, Simon, y trouve une solution.

 

Le troisième roman de Cyril Montana est un incessant aller-retour entre l’enfance et l’âge adulte. Le grand Simon, à la première personne, raconte ses errances d’homme incapable de se défaire du fardeau familial qui le leste depuis toujours. Il porte un regard très tendre, à la troisième personne, sur le petit Simon qu’il a été, tendresse qui amortit la violence de ce que l’enfant traverse dans un monde où les soixante-huitards s’intéressent à leur présent plus qu’à l’avenir de leurs enfants.

 

La faute à Mick Jagger est une chronique familiale forte et touchante servie par une écriture tour à tour légère, presque gouailleuse, ou plus recherchée – le tout à un rythme saccadé qui fait qu’on ne la lâche pas.

Quant à la part autobiographique de ce roman… Il faudrait poser la question à Cyril, le petit garçon qui pose en couverture.

 

J’ai lu, octobre 2010 (et Le Dilettante, 2007), 160 pages, 4,80 euros

 

Extraits choisis :

 

« C’est fatigant d’être un hypersensible, tout nous touche très fort. » (page 9)

 

« La France profonde. Celle qui a déjà pensé avant d’avoir réfléchi, déjà frappé avant d’avoir parlé, qui sait avant d’avoir appris. La France des lieux communs. » (page 16)

 

« C’était une musique psychédélique, un peu hindoue, post-baba. Fascinant. Ça m’a donné envie de me défoncer pour penser autrement, aller plus loin, oublier un peu et vivre plus fort. » (page 26)

 

« J’ai un problème avec le monde extérieur. Dans le fond, je ne vois pas l’intérêt d’être soigneux, je trouve que c’est une perte de temps. On s’en fout du matériel, un objet, une fringue ça se jette, ça se remplace, c’est fait pour ça. » (page 79)

 

« Les gens auraient les mêmes rapports au feu rouge qu’aux lois. Certains freinent dès qu’ils voient la couleur orange et accordent respectueusement un mètre de distance aux piétons pour qu’ils puissent traverser, d’autres par contre mangent carrément les bandes blanches avec leurs roues avant, et démarrent dès que le feu opposé passe à l’orange, quitte à se tordre le cou pour gagner deux secondes qui seront par ailleurs perdues au feu suivant. » (page 103)

 

« Les autres enfants voyaient bien qu’il n’était pas comme eux, parce qu’un môme de cet âge porte, dans la façon qu’il a de s’habiller, les marques de sa solitude. Il peut garder les mêmes affaires plusieurs jours de suite, et ses vêtements tachés ne l’importunent pas plus que de ne pas se laver plusieurs jours, puisque personne n’est là pour le lui rappeler. » (pages 118-119)

 

« Fuir le malheur de peur qu’il ne nous trouve. » (page 126)

 

« C’était peut-être ça la solution, ne pas penser, ni se poser trop de questions. Se contenter d’être en vie. » (page 151)



L’abandon du mâle en milieu hostile, Erwan Larher


abandon-male-milieu-hostilePrésentation de l’éditeur :

«Je te haïssais. Avec tes cheveux verts, sales, tu représentais tout ce que j’exécrais alors : le désordre, le mauvais goût, l’improductive et vaine révolte juvénile. Tu malmenais ta féminité dans des bardes trouées, des guenilles comme jetées au hasard sur ton corps. Si tu avais été ma sœur, papa t’aurait reniée.

J’aurais voulu te voir traînée par les cheveux hors des salles, sous les injures, et rejetée au loin, loin de mon monde ; j’aurais souhaité te voir lavée à grande eau dans la cour et tes nippes brûlées dans un grand autodafé ; j’aurais aimé… Mais rien. Rien que tolérance démocratique et muette réprobation. J’enrageais.»

La suite ? Explosive. Entre la fille fantasque, rebelle, et le jeune garçon trop sage se noue une histoire d’amour dans laquelle celui-ci se jette à corps perdu, émerveillé.

Dans la France en pleine mutation du début des années 80, où le fric, les paillettes et les faux-semblants remplacent peu à peu les idéaux, le narrateur découvrira – tragiquement – un tout autre visage de sa belle compagne…

 

C’est au lycée, en classe de terminale, que les protagonistes se rencontrent. Ils s’observent de loin avant d’être rapprochés par un devoir à faire à deux. La confrontation entre le narrateur, dévoué fiston, et la jolie punkette qu’il a conquis bien malgré lui est jubilatoire. Leurs différences se font sentir en toutes choses ; et s’ils vont petit à petit s’en accommoder, le plaisir du lecteur, lui, ne diminue nullement à mesure que leur relation évolue et se normalise.

 

Erwan Lahrer dit cet âge où l’on est marqué aux fers de l’éducation, cet âge où le modèle est pour beaucoup d’abord parental, cet âge où tout cependant peut être bouleversé, et, sans crier gare, il nous emporte dans un tourbillon dont on ne sortira pas indemne.

 

A un rythme trépidant, avec pléthore de phrases à relever (voir ci-après) qui jamais ne cèdent à la facilité, il dit aussi la manipulation, l’apprentissage de la liberté, la révolte discrète, l’engagement qui n’attend pas le nombre des années, qui n’est au contraire jamais aussi viscéral que lorsqu’on a la vie devant soi. Et l’amour, surtout l’amour, et l’impuissance face à l’amour-déflagration, si fort qu’il emporte tout sur son passage.

 

Son écriture est nerveuse, fiévreuse, tour à tour drôle, enlevée, passionnée, jamais tiède, toujours sur le fil, comme le mâle du bandeau. Son roman est une bombe à retardement, qui offre une rencontre avec deux personnages inoubliables.

C’est une romance en noir et sang menée tambour battant.

 

A l’arrière-plan, il y a la musique, la musique comme fenêtre sur autre chose, la musique comme guide, les concerts et le monde de ceux qui s’y retrouvent, anarchistes du dimanche ou de tous les jours de la semaine. Dans le lot, certains iront jusqu’au bout de leurs convictions.

 

L’abandon du mâle en milieu hostile est le coup de cœur que j’espérais.

 

Plon, janvier 2013, 240 pages, 19 euros

 

« Tu n’étais pas comme nous, ta place n’était pas parmi nous, ton éruption infectieuse sur le tissu sain de notre terminale me démangeait déjà. » (page 10)

 

« Les plus forts gagnent toujours, et plus le milieu est hostile, plus ils en sortent puissants. » (page 10)

 

« Le chausson est l’ennemi de l’aventure, et la vie ne peut être qu’aventureuse. » (page 58)

 

« Je t’aimais croissant. » (page 68)

 

« Pourquoi le quotidien tuerait-il l’amour puisque précisément l’amour ne se vit qu’au quotidien ? » (page 93)

 

« Quand la concentration d’artistes au mètre carré devenait trop importante, je ne pipais plus mot. Si l’un d’eux, par extraordinaire, s’intéressait à moi, la première question portait invariablement sur mon métier – on n’est pas plus original à Saint-Germain-des-Prés qu’ailleurs. Je répondais « juriste » et aussitôt, le cadavre d’une conversation mort-née se putréfiait entre nous dans un silence sépulcral. » (page 105)

 

« Ecrire. C’est comme vomir un soir de cuite : un acte irrépressible, désagréable, dont en même temps on espère un soulagement. Alors je me souviens que j’existe encore. » (page 122)

 

« L’Histoire désamorce très bien les vies explosives. » (page 126)

 

« On ne cherche que ce que l’on est préparé à trouver, dans tous les domaines. » (page 129)

 

« On ne se fait jamais seul, on se fait souvent contre. » (page 134)

 

« En écrivant, tu défends la civilisation du livre, l’écrit contre la parole et l’image, le durable contre le fugitif. » (page 159)

 

« Pendant toutes ces années, tu as été ma seule véritable interlocutrice. Je n’avais pas besoin de m’ouvrir aux autres, tu étais le monde pour moi. » (page 169)

 

« C’est une crécelle, le malheur. » (page 173)

 

« Donner la vie, est-ce vraiment faire le bien ? » (page 181)

 

« Chaque fois que je dors avec mes chaussures, je me réveille avec mal à la tête. » (page 195)

 

« On plaque parfois ses désirs sur l’exact opposé du véritable objet de son désir. » (page 206)

 

« Faut-il vraiment faire quelque chose de sa vie ? » (page 221)



Magari, Eric Valmir


MagariPrésentation de l’éditeur :

Quand Lorenzo sort de chez lui ce matin-là, flottent sur Rome toutes les promesses de l’été. Nous sommes le 19 juin 2001. Silvio Berlusconi est redevenu quelques jours plus tôt chef du gouvernement. Pour la plus grande joie de ses tifosi, l’AS Roma vient de remporter le troisième scudetto de son histoire. Et Lorenzo est heureux : certainement pas à cause du retour aux affaires du Cavaliere – la politique, il en a soupé. Peut-être même pas grâce à la victoire de son équipe, et Dieu sait pourtant s’il a rêvé de revivre une telle liesse… Non, Lorenzo est heureux parce que Francesca l’aime. Parce que, dans quelques mois, naîtra leur premier enfant, une fille, il en est certain. Parce que, à l’abord de la trentaine, l’ombre du petit garçon naïf et malhabile, celle de l’adolescent irrésolu ballotté par tous les vents contraires, n’est plus si lourde à porter. Aujourd’hui, sa vie a un axe, un socle, une direction. Alors, il traverse la rue sans faire attention. Et ne voit pas la voiture qui surgit au même moment…

Étendu sur le bitume, Lorenzo remonte le fil de sa vie. Celle d’un jeune Romain qui a grandi écartelé entre l’intransigeance d’un père communiste ultra militant, les migraines d’une mère rongée par un drame familial et l’amour d’un grand-père cachant tant bien que mal son passé mussolinien. Un parcours chaotique marqué par ce sentiment d’incertitude, de désirs, de rêves enfouis et aussi de résignation qu’exprime le mot « magari » (« si seulement… »), comme un état d’âme qui se décline à l’infini.

 

Ce roman, le deuxième d’Eric Valmir, commence par une explication du mot « magari », Inch’Allah italien intraduisible en français :

« Magari est une richesse de la langue italienne qui ne peut se traduire par un seul mot.

C’est un sentiment d’incertitude, de désirs, de rêves cachés, mais qui peut aussi porter en lui la négation et la résignation. Le célèbre dictionnaire franco-italien de Raoul Boch en propose plusieurs définitions: si seulement, j’aimerais bien, qu’il plaise à Dieu, quand bien même, ça ne viendra pas mais attendons quand même, sans doute, probablement, peut-être pas…

Magari, c’est un état d’âme qui se décline à l’infini. » (page 11)

 

 

Éric Valmir a été correspondant de Radio France à Rome pendant cinq ans. Ce séjour prolongé lui a fourni la matière de Magari, grande fresque de l’histoire récente de l’Italie portée par la voix de Lorenzo, né au début des années 70, passionné de football que son père, un communiste très militant, tente désespérément d’intéresser à la politique. Lorenzo grandit pendant les années de plomb, s’habituant comme il peut aux fusillades et aux attentats.

Son père et sa mère s’affrontent à propos du passé mussolinien du grand-père : pour le père, c’est une raison pour que Lorenzo n’aille plus chez son papi adoré en Ombrie ; pour la mère, son propre père est avant tout un bon grand-père dont elle ne veut pas priver son fils – et réciproquement.

Tandis que tout est politique, que tout est combat pour les parents de Lorenzo, les rapports de l’enfant à son grand-père sont basés sur des choses simples – les légumes, les oiseaux, la nature.

C’est malgré ce tiraillement que Lorenzo tente de se construire.

 

Magari commence au début des années 2000. Lorenzo vient de se faire renverser par une voiture. Allongé au sol, il déroule le fil de ses souvenirs. Son modèle, son référent, c’est Pinocchio, qui s’en sort toujours. Comme lui ?

 

Avec talent, Eric Valmir raconte l’histoire d’un pays, sur une période donnée – trois décennies environ – par le prisme des souvenirs d’une seule famille. Long de près de 400 pages, son ouvrage est un livre plein d’images et une plongée en profondeur dans la société italienne de la fin du XXème siècle. C’est enfin le roman d’apprentissage d’un héros attachant et inoubliable.

 

Mention spéciale au récit (véridique), impossible à lâcher, des dernières très longues heures d’Alfredo Rampi, ce petit garçon tombé dans un puits près de Rome en 1981, et qui n’a pas été sans m’évoquer l’agonie d’Omayra Sanchez, cette Colombienne de treize ans prisonnière de la boue après l’éruption du volcan Nevado del Ruiz en 1985, et qui est morte elle aussi « en direct » sur les écrans du monde entier.

 

Editions Robert Laffont, août 2012, 384 pages, 20 euros

 

 

Quelques citations :

 

« Les gens sont toujours en train d’imaginer le pire devant un corps étendu au sol. Ce raisonnement ne tient pas debout. A ras de terre, les perspectives ne sont pas aussi mauvaises qu’on le pense. » (page 17)

 

« Toi aussi, tu devrais avoir des pensées fortes auxquelles t’accrocher quand les autres essaient de faire du mal. Un personnage, un poète, un dieu. Tu dois bien avoir quelque chose en tête qui te fasse tenir ?

Bien sûr. Pinocchio, qui s’en sort toujours à la fin. Mais ça, je ne pouvais pas l’avouer à Youness. » (pages 58-59)

 

« Les rivières sont comme les hommes. Elles subissent le temps, ses accidents, ses épreuves et ses erreurs de parcours. » (page 62)

 

« La famille, c’est sacré, paraît-il. En regardant celles qui vivent dans le quartier, à Rome, je me dis que ça doit être vrai. Il y a des cris, des embrassades, des rires, de la musique.

Chez nous, on ne s’embrassait pas, ça gueulait politique et j’étais toujours tenu à l’écart. » (page 71)

 

« Un but de la Roma est toujours une revanche sur le quotidien qui nous écrase. » (page 132)

 

« J’ai demandé à Youness ce qu’était un communiste. Il m’a expliqué que c’étaient les types qui se battaient contre les fascistes. Alors, j’ai pensé que mon père devait effectivement être communiste même si je ne comprenais pas vraiment ce que cela signifiait. » (page 138)



Génération H, Alexandre Grondeau


generation-hPrésentation de l’éditeur :

Sacha, Jo et leurs amis appartiennent à la Génération H. Amateurs de skunk, de double zéro, de pollen, de charasse ou d’aya, ils passent leurs journées à fumer des deux ou trois-feuilles, à tirer des bangs, à se faire tourner des shiloms et des pipes en tout genre. 
Un été au milieu des années 90, la petite bande part sur la route explorer toutes les facettes d’un nouveau style de vie alternatif qui s’offre à elle dans un road trip haschisché et musical. Allant de festivals underground en free parties, de sound systems en soirées improbables pour bons beaufs de base, ils parcourent une France enfumée traversée par un vent de liberté qui balaie tout sur son passage. En stop ou à pied, portés par le son des nouvelles musiques urbaines qui explosent (hip-hop, techno, ragga dancehall…), ils font les quatre cents coups, enchaînent les rencontres inattendues, les expériences mystiques et amoureuses, découvrent les joies de la vie de nomade, surmontent mille et une galères, en usant et abusant des spécialités cannabiques locales. Guidés par leur soif de vivre à cent à l’heure, et grâce à leur amitié indéfectible, ils brûlent leur jeunesse comme un spliff de weed et écrivent l’histoire d’une nouvelle France où la consommation de haschisch et d’herbe se généralise et s’intègre totalement à sa culture.
La Génération H a enfin son roman. Faites tourner.

 

Ce roman n’est pas moralisateur – au contraire. Il fait l’apologie de la défonce (douce) comme mode de vie, il la rend synonyme de liberté. Il prend cependant une allure sociologique en brossant le portrait d’une génération qui a trente ans aujourd’hui et n’a pas nécessairement abandonné la weed – pas nécessairement non plus envie de grandir.

Génération H_dos

 

Alexandre Grondeau, dont c’est le deuxième roman, est maître de conférences en géographie à l’université d’Aix-Marseille. Egalement critique musical, spécialiste des musiques jamaïcaines, il est passionné par les mouvements underground et la contre-culture. Pas besoin de creuser davantage pour comprendre que la génération qu’il dépeint est la sienne…

 

Un road trip à l’écriture soignée qui plaira particulièrement aux adulescents et aux nostalgiques des festivals et autres free parties.

Un très bon point pour la longue (et géniale) playlist qui termine l’ouvrage.

 

D’ailleurs, depuis la sortie du livre, un certain nombre d’artistes ont composé des morceaux en écho au roman, comme ici Yaniss Odua qui met du soleil sur ce blog.

 

Image de prévisualisation YouTube

 

http://www.generation-h.fr/

La Lune sur le toit, février 2013, 320 pages, 18 euros

 

Trois phrases :

 

« La vie peut commencer et finir dans un nuage de fumée haschischée. » (page 9)

 

« Le meilleur moyen de troubler une amitié masculine forte est d’introduire une variable féminine. » (page 31)

 

« Si Rimbaud et Verlaine avaient eu vingt ans en 1995, ils auraient été travellers et deejays, têtes chercheuses d’existence sur les routes de France et d’Europe, aspirants poètes la tête dans les étoiles, le cœur dans les machines et les platines rythmant les nuits et les journées des teknivaliers. »



Le début de la tyrannie, Tristane Banon


le-debut-de-la-tyrannie-tristane-banon-9782260020615Présentation de l’éditeur :

«Il faut faire vite, agir avant que la mort ne nettoie tout sur son passage. La mort, c’est le karcher des vivants. Alors il n’y a qu’un bref instant pour l’honnêteté, un vide entre maintenant et plus tard. C’est le seul moment de vérité entre une mère et sa fille, après commence la légende.»

 

La mère d’Alice est morte. Alice qui a tant souffert de l’intrusion de sa mère dans son quotidien, Alice dont la liste de reproches à sa mère est interminable se retrouve désemparée. Une maison avec un mur en moins. Et ces reproches, elle les exprime à chaud, avant que les bons souvenirs n’aient chassés au loin les mauvais, se remémorant en particulier les derniers temps de sa mère, ce voyage à Cuba qu’Alice avait organisé comme une ultime bulle d’air plutôt que comme une convalescence – le crabe dévore la mère.



L’été slovène, Clément Bénech


L'été slovèneEtudiants, le narrateur et Eléna vont passer quelques semaines estivales en Slovénie. Ils sont partis pour tester la solidité de leur amour ou, plus certainement, pour s’assurer que ce qui les lie en est. Tout un tas d’imprévus – de l’accident (sans gravité) de voiture à la traversée d’un lac à la nage faute de bateau en passant par l’intrusion de tiers dans l’intimité du jeune couple et la chute dans l’eau de l’appareil photo – vont venir contrarier ces vacances qui s’annonçaient calmes.

Le narrateur est très attentif à son amoureuse. Il s’émeut de petites choses, cependant qu’il cherche à savoir pourquoi il s’émeut. Mais cette intellectualisation, ce recul auquel la spontanéité des débuts a laissé place, n’est-ce pas la preuve que la fin est annoncée ?

 

Dans ce premier livre, Clément Bénech révèle une sensibilité étonnante. Il distille à chaque page une tendresse pour les bons mots qui concourt à l’aspect désinvolte du tout.



Un père en colère, Jean-Sébastien Hongre


CVT_Un-pere-en-colere_8153Présentation de l’éditeur :

Et si c’était au tour des parents de se rebeller ?
« Un père en colère » : la révolte d’un homme dépassé par le comportement de ses enfants. Sa lutte pour reconstruire sa famille et renouer avec sa femme. Son cri pour raviver la tendresse dans le cœur de ses deux adolescents en dérive.
Une fiction à l’intrigue implacable, qui ne triche pas avec la réalité et qui creuse au fond de notre époque pour en extraire la voie de l’espérance.

 

Le père en colère, c’est Stéphane. Il a totalement perdu le contrôle de son fils et de sa fille et il se demande dans quelle mesure ce n’est pas leur comportement qui a poussé sa femme à lancer sa voiture à pleine vitesse contre un mur. Sa colère, il va la dire sur la toile, en créant un blog qui, parce qu’il appuie là où ça fait mal, va rencontrer un vif succès… succès qui va engendrer d’autres problèmes…



La disparition du monde réel, Marc Molk


disparition du monde reel.inddPrésentation de l’éditeur :

Dans un grand mas provençal, une bande d’amis passe un nouvel été. Les vacances se terminent, la quarantaine est là, l’amitié tire sur la corde. Malgré l’humour et l’ivresse, le désenchantement gagne. Comment échapper à la tristesse des choses auxquelles on ne croit plus ? L’amertume fait-elle de nous des orphelins ?

Sous la familiarité estivale pointent cauchemars et bad trips : quand les peurs et les fantasmes prennent le dessus, voilent les évidences et font vaciller le simple sentiment de réalité.

 

En séquences très courtes, flashs ou instantanés, Marc Molk esquisse un roman du désenchantement, qui se lit d’une traite. Bien avant la fin des vacances, il flotte cette mélancolie de septembre approchant, quand les jours qui déjà raccourcissent indiquent qu’il est temps de refermer la parenthèse estivale.



L’île des beaux lendemains, Caroline Vermalle


L'ile des beaux lendemainsPrésentation de l’éditeur :

À soixante-treize ans, Jacqueline découvre que son cœur en a dix-sept et abandonne tout, décidée à remonter le temps vers les promesses de sa jeunesse. Marcel, son époux délaissé, affronte la descente de la Loire et toutes les rivières de l’enfer pour partir à sa recherche. Leurs chemins croisent ceux de Paul, ancien prêtre et amateur astronome, fasciné par une étoile morte à l’aube du monde, et de Nane, aristocrate gouailleuse et rebelle, qui panse les plaies des âmes en peine avec les douceurs de l’Île-d’Yeu. C’est auprès d’elle que Jacqueline fera le plus beau des apprentissages : celui de la liberté.

Ils ont trois cents ans à eux quatre, et leur aventure commence tout juste. Tissée de poésie, d’espoir et de lumière, l’histoire de gens ordinaires qui découvrent qu’il n’est jamais trop tard pour devenir soi-même.



Sang d’encre, Stéphanie Hochet


sang-d-encre-stephanie-hochet-9782361660147Présentation de l’éditeur :

« La fascination qu’exercent tatouages et tatoueurs sur le narrateur l’a conduit à dessiner pour l’un d’eux, son ami Dimitri. Mais il a longtemps résisté à offrir sa peau aux poinçons et à l’encre. C’est une phrase latine sur les heures qui passent Vulnerant omnes, ultima necat, (Toutes blessent, la dernière tue), qui le fera changer d’avis et bouleversera son existence. Dès que Dimitri la lui tatoue sur la poitrine, il devient un autre homme dans ses rapports aux femmes, au temps, à l’existence. Mais très vite l’encre des premiers mots pâlit et, étrangement, son sang en fait autant…
Dans une langue dense et puissante, Stéphanie Hochet écrit une fiction aux marges du fantastique, une méditation sensuelle sur le sang et l’écriture, la peau et la mémoire, les traces et l’oubli. »

 

Par la voix de son narrateur, l’auteur nous entraîne dans l’univers des tatouages. Dans cette fiction teintée de noir, le tatoueur s’immisce dans la vie de ses clients comme l’encre se répand sous leur peau. A moins que ce ne soit la perception du client qui change dès que sa peau est tatouée ?