Tendez-nous la main, Abdel Belmokadem


Abdel Belmokadem est un enfant du Mas du Taureau, le quartier de Vaulx-en-Velin devenu en octobre 1990 le théâtre des plus importantes violences urbaines qu’ait connues la France depuis la guerre. A l’époque, Abdel Belmokadem a 22 ans. Il débute une carrière de boxeur professionnel. Pendant les émeutes, il se sert de sa position pour s’interposer entre la police et les jeunes.

Sa vocation de médiateur est née.

Il sera un an plus tard le premier médiateur nommé dans le cadre de la politique de la ville, avant de devenir conseil municipal et de créer sa propre structure de médiation et d’insertion de jeunes en difficulté dans les zones urbaines sensibles. Il a fait recruter et former des milliers de personnes en dix ans.



Ca nous apprendra à naître dans le Nord, Amandine Dhée & Carole Fives


Présentation de l’éditeur

Les tribulations de deux auteures au caractère bien trempé, aux prises avec une commande d’écriture à quatre mains sur un quartier à l’histoire ouvrière en berne.

On s’amuse des rendez-vous ritualisés qu’elles se fixent dans tous les cafés du coin pour y faire le point sur l’avancée de leurs investigations. Un comique de situation largement exploité dans leurs échanges à bâtons rompus autour d’une histoire en train de s’écrire, de personnages en mal de dramaturgie, ou encore de conflits d’égo…

Les difficultés de l’exercice de la commande sont traitées au fil de dialogues doux amers vivifiants qui nous invitent dans l’envers du décor.



Mon tour de France des blogueurs, Anna Sam


 

Anna Sam, l’ex-caissière la plus célèbre de France, est une bloggeuse de la première heure : son blog est devenu le livre à succès que l’on sait.

Toujours active sur le net, elle est allée rencontrer des bloggeurs et des bloggeuses plus ou moins connus de la blogosphère, et qui s’intéressent à des sujets variés : BD, cuisine, vins, web, rencontres dans le métro, vie professionnelle au féminin…

Histoire de voir ce(ux) qui se cache(nt) derrière les interfaces.

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Par exemple, saviez-vous qu’à l’origine la créatrice de Papilles & Pupilles, venue du monde de la finance, a créé son blog cuisine en raison des allergies alimentaires de ses enfants (pour que cuisiner « sans » ne soit pas cuisiner « triste » ?)

Ou que le blog Gersicotti ? Gersicotta !, en dépit de sa consonance italienne, parle… du Gers ?



Bonjour, Anne, Pierrette Fleutiaux


 

« Entre les années 1974 et 1990, j’ai été très proche d’Anne Philipe.

Elle était la femme qui avait vécu aux côtés d’un acteur célébrissime, dans une aura étincelante de succès, d’engagement intellectuel et politique, d’amour et de tragédie. C’était aussi l’écrivain dont le livre Le Temps d’un soupir avait bouleversé des centaines de milliers de gens de par le monde. Elle était ethnologue, romancière, éditrice, grande voyageuse et reporter. Ce livre raconte comment ma vie s’est tressée avec la sienne, dans un de ces compagnonnages secrets qui nous font devenir ce que nous sommes.

Il n’est pas commémoration mais intimité intérieure avec une présence. Il s’agit de faire droit à cette dette fondamentale que nous avons envers ceux qui ont laissé empreinte en nous, et qui est liée à la valeur de l’existence. Anne Philipe avait une vingtaine d’années de plus que moi. Elle a changé ma perception de la vie.



Une année avec mon père, Geneviève Brisac


« Rester avec mon père, rester ainsi ensemble, à l’abri du temps, le plus longtemps possible, c’est ce que je crois être mon devoir. » (page 148)

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Ainsi, la narratrice va rester aux côtés de son géniteur pendant un an, quatre saisons qui ne ressembleront à aucunes autres.

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Quatrième de couverture :

Après un terrible accident de voiture, un homme rentre chez lui. Ayant échappé de peu à la mort (sa femme, elle, a disparu dans l’accident), il lui faut maintenant tout réapprendre. Sa fille, jour après jour, l’accompagne, et tente de tenir la main de cet homme intraitable.

Inquiète ou joueuse, sa voix décrit les quatre saisons de ce retour à la vie.

Elle raconte son histoire, celle d’un Français, juif laïque et républicain, né à la fin des années 20, amoureux des paysages de son enfance qu’il ne concevait pas de défendre autrement que les armes à la main. La guerre, la politique, le travail, les femmes, il a tout vécu sans jamais s’expliquer. Et il n’a pas l’intention de commencer.

Lumineux, cocasse, bouleversant, ce livre est tout entier du côté de la vie. L’écriture engage avec la mort une course de vitesse, et rien ne dit qu’elle n’en sortira pas gagnante. Chacune – et chacun – y reconnaîtra l’essence même de ces liens si précieux qui se tissent entre les pères et les filles.

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Ce roman, que l’on devine très vite relever du récit, aurait pu être dur, difficile, douloureux – ou larmoyant – au vu du sujet. Il n’est est rien. Les mots de Geneviève Brisac sont justes et doux, son regard est très affectueux, drôle parfois aussi.

Il émane de cette année infiniment de tendresse. Car, naturellement, la fin amène à revenir sur le passé, et vient l’heure de la nostalgie, de la mélancolie, des remords et des regrets évoqués en pointillés.

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« Pourquoi avons-nous quitté les chemins sablonneux, les larges avenues délicieuses et sûres des grandes écoles de commerce et d’industrie, pourquoi ne sommes-nous pas trilingues, et bien mariées, quel caillou pointu a roulé sous la carriole de nos destins ? » (page 79)

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« Les promenades que nous détestions enfants ont des charmes qu’on n’aurait jamais imaginés, et une douceur irremplaçable. » (page 154)

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Il y a aussi les perceptions croisées des membres de la famille sur le rôle de l’écrivain ou ses caractéristiques supposées qui sont exposées par touche – faisant partie du décor.

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« Debout sur un tabouret, Dante filme. Le filmeur est un témoin et un voleur, comme l’écrivain. […] Ses images remplacent ma mémoire. » (pages 38-39)

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« Ta mère avait raison, murmure mon père, la littérature durcit le cœur, les écrivains sont des monstres d’indifférence. » (page 134)

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L’on sait bien, pourtant, où tout ça va finir – et quand. Il n’empêche, on a envie de savourer chaque phrase, de la conserver, de retarder la fin, de lutter contre le rythme entraînant qui nous emporte, sans qu’on l’ait voulu. Il restera de cette lecture comme des cartes postales, des photos jaunies, des souvenirs conservés dans de la ouate. Et l’impression d’avoir partagé une tranche de vie familiale, une part d’intimité filiale, sans indiscrétion.

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« Une année avec mon père » est un livre important.



Mes chères études, Laura D.


 

Quatrième de couverture :

« Je m’appelle Laura, j’ai 19 ans. Je suis étudiante en langues vivantes et je me prostitue pour payer mes études. Je ne suis pas toute seule dans ce cas. Il paraît que 40’000 autres étudiantes font comme moi. Tout s’est enchaîné dans une logique bizarre, sans que je me sois vraiment rendu compte que je tombais. Je ne suis pas née avec une petite cuillère en argent dans la bouche. Je n’ai jamais connu le luxe et l’aisance mais jusqu’à cette année, je n’ai jamais manqué de rien. Ma soif d’apprendre, mes convictions m’ont toujours fait penser que mes années d’étudiantes seraient les plus belles, les plus insouciantes. Je n’aurais jamais pensé que ma première année à l’université se transformerait en un véritable cauchemar.



Franck, Anne Savelli


Présentation de l’éditeur :

Franck est né en 1968. Enfance et famille d’accueil dans le Nord. Apprenti en pâtisserie à Paris. Puis Gare du Nord, Jourdain, Oberkampf, Les Halles, la vie dans les squats, les bars, les halls de gare, les stratégies pour faire la manche, la réalité de la marge. Après c’est Fleury-Mérogis, le quotidien de la cellule et du parloir, Béthune ou Lille, les maisons d’arrêt, le juge, le tribunal. 

La narratrice de ce récit est la femme qui a aimé Franck, qui l’a soutenu, l’a visité en prison, a été le témoin de son errance et de sa chute. Celle qui a pris le métro, le bus, le train, voyagé des journées entières pour trente minutes de parloir, celle qui a réuni les papiers, fait des colis, déjoué les tracas avec l’AP (Administration pénitentiaire), celle qui a eu peur, qui a attendu, espéré. De ville en ville, de rues en montées d’escaliers



Un tocard sur le toit du monde, Nadir Dendoune


Nadir Dendoune, journaliste du 93 aussi fier de son origine que de son héritage franco-algérien, est le premier Algérien à avoir atteint le sommet de l’Everest – le 25 mai 2008.

Il n’en est pas à sa première aventure : en 1993, il a effectué un périple de trois mois à bicyclette à travers l’Australie (où il restera vivre quelques années, et dont il acquerra même la nationalité) ; en 2001, c’est cette fois un tour du monde à vélo en solitaire contre le sida.

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Nadir Dendoune est par ailleurs engagé (dans son discours – il n’a de carte nulle part) ; on lui doit quelques tribunes sur Rue89, et des initiatives telles que la « Journée sans immigrés » (qui a eu lieu le 1er mars 2010) ou la protection, avec d’autres « boucliers humains », d’un site d’épuration d’eau à Bagdad.

Lorsqu’il s’attaque au « toit du monde », il n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un professionnel de la montagne. Mais il donne le change, s’inventant pour l’occasion un CV d’alpiniste



A la conquête des femmes, David Frappart




Adolfo Kaminsky, une vie de faussaire, Sarah Kaminsky


Adolfo Kaminsky a eu une vie incroyable, œuvrant dans la clandestinité pour aider les victimes de toutes les causes qui lui semblaient justes, pendant plus de trente ans.

Cela a commencé avec la Seconde Guerre mondiale et la fabrication de fausses cartes d’identité pour les juifs menacés d’arrestation. Adolfo Kaminsky, argentin et juif, a alors dix-sept ans, il est teinturier en Normandie.

« Rester éveillé. Le plus longtemps possible. Lutter contre le sommeil. Le calcul est simple. En une heure, je fabrique trente faux papiers. Si je dors une heure, trente personnes mourront… » 

Rescapé du camp de Drancy, Adolfo Kaminsky poursuit ses activités après la guerre, ne se fiant qu’à ses idéaux et refusant toute rémunération. L’Algérie, la Grèce, l’Amérique du Sud, l’Espagne… En 1971, il raccrochera son costume de faussaire pour démarrer une vie d’homme libre.

 

La vie d’Adolfo Kaminsky est un roman, mais sa fille Sarah, la dernière de cinq enfants nés de deux mariages différents, en a fait un témoignage.

C’est passionnant – notamment les techniques de falsification, les secrets d’inviolabilité percés à jour après des essais de collage ou des expériences de chimie, de même que ces causes qui, mises bout à bout, forment une partie de l’histoire de France, d’Europe, du monde occidental.

 

Ce qui m’a frustrée, c’est que j’aurais voulu mieux connaître la vie de l’homme, au-delà de son métier, et les interférences de son métier sur sa vie. Ces aspects ne sont que survolés, une ligne pour une relation amoureuse, une autre pour deux enfants. On a du coup l’impression qu’Adolfo Kaminsky enchaine les conquêtes, alors qu’elles sont en fait séparées par des mois, parfois des années. Il aurait peut-être fallu que le livre fasse deux fois, trois fois plus de pages. Vu l’intérêt du sujet, je pense que cela se serait lu aussi bien.