A la folle jeunesse, Ann Scott


 Présentation de l’éditeur

 

« C’est le dernier jour, mais je ne le sais pas encore. Exactement comme au moment où a été pris ce Polaroïd. Je dois avoir dix ans, mes yeux sont plissés de fureur parce qu’on me force à me tenir face au soleil ou parce que je n’existe qu’en photo ; le tee-shirt bleu ciel des Dents de la mer ne me rappelle rien, le banc de sable qu’on devine flou derrière non plus, et du jour où cette photo a été prise, je ne sais que ce qu’on m’en a dit : qu’après l’avoir éventée pour la faire sécher, au lieu de l’empocher comme n’importe quel parent, ma mère me l’a tendue comme si elle ne voyait vraiment pas quoi en faire. Maintenant je la regarde sans me reconnaître tant je n’ai aucun souvenir d’avoir été aussi déterminée, aussi certaine, à cet âge, de ce que j’étais et de ce que je refuserais de devenir, et je finis par penser que si je dois quelque chose à quelqu’un, c’est à cette gamine énervée qui ne fixait pas sa mère mais un point déjà bien au-delà. »



Pas son genre, Philippe Vilain


« Le proviseur du lycée Gambetta m’avait permis de regrouper mes cours sur trois jours – du lundi au mercredi- en échange de quoi je devais renoncer aux meilleures terminales, les Scientifiques (S) et les littéraires (L), réservées aux collègues locaux. Me restaient donc les Economiques et Sociales (ES) et les Techniques (STG) : les premiers ne travaillaient pas la philosophie, les seconds la travaillaient trop studieusement ; les premiers, arrogants petits-bourgeois, méprisaient les seconds, enfants des classes laborieuses, qu’ils exploiteraient plus tard, et considéraient que la philosophie ne leur serait d’aucune utilité pour intégrer une école de commerce ; les seconds, sages et appliqués, s’étaient convaincus depuis des générations de prolétariat de leur infériorité sur les premiers et que la philosophie ne leur permettrait pas de restaurer ce sentiment.



Les Champs de Paris, Yann Suty


Présentation de l’éditeur :

Les Champs de Paris, c’est un bar où se retrouvent régulièrement Freddy et Cortès, amis de longue date que tout oppose. Freddy gagne bien sa vie, il est beau et il a une petite amie magnifique, Anna. Cortès, lui, n’a rien d’un don Juan et, malgré des études de biologie, il enchaîne les boulots alimentaires. En plus, il est fou amoureux d’Anna. Alors qu’il avait l’habitude d’évoluer dans l’ombre de Freddy, Cortès décide de prendre enfin les choses en mains.

Les Champs de Paris, c’est un bar que Vanessa a découvert. Depuis un grave accident de voiture dont elle est la seule rescapée, elle s’est prise de passion pour le bodybuilding. Cortès, son frère, et Freddy la taquinent souvent à ce sujet. Désormais, sa musculature a de quoi effrayer les hommes. Sauf l’écrivain Yann Suty, qui s’intéresse à la discipline qu’elle pratique.



Prix littéraire Rive Gauche à Paris 2011


Saviez-vous qu’il y a plus de 3.000 prix littéraires en France ? Celui-ci, créé au printemps 2011, sera décerné le 1er juillet prochain… Et j’en suis (après tout, ça faisait bien quelques mois que je n’avais pas participé à un jury !).

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Créé par la romancière Laurence Biava en partenariat avec l’Auberge de Venise (Paris 14e), où il sera attribué, le prix Rive Gauche à Paris se propose de couronner l’auteur d’un roman ou d’une nouvelle reflétant l’élégance, l’esprit, le style et l’art de vivre de la Rive Gauche ou bien sa “mélancolise”, telle qu’Alain Souchon la dépeint dans sa chanson Rive Gauche à Paris.



Je pars à l’entracte, Nicolas d’Estienne d’Orves


Présentation de l’éditeur

Amis dès l’enfance, Nicolas (l’expéditeur) et Nicolas (le destinataire) ont formé un duo inséparable durant presque trente ans… Jusqu’à ce que la mort les sépare. Depuis, le silence a englouti une longue conversation à bâtons rompus, celle de deux jeunes potaches adeptes des quatre cents coups, à peine entrés dans l’âge d’homme.

Comment vivre avec la disparition de son double ? Comment exister sans celui qui a été un miroir et une référence ? Comment lui pardonner son départ délibéré ? Lorsqu’un deuil est impossible, toutes les émotions se succèdent dans une sarabande infernale : révolte, affection, colère, jalousie, exaspération, désespoir… En brossant le portrait de celui avec qui il a vécu son parcours initiatique fondateur, l’auteur s’adresse donc à un absent, mais aussi au scandale de cette absence.