La Folie Verdier, Michel Quint


Résumé :

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Paraîtrait que le château Verdier est hanté.

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Moi, je m’en moque, le bâtiment est immense, le parc gigantesque, il y a même une jolie folie dans le fond. Je vais en faire un sublime hôtel de luxe. Dans ce polar qui mêle la petite histoire à la grande, Michel Quint (Effroyables jardins, Avec des mains cruelles) nous montre à quel point les murs ont une mémoire.

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Par folie, comprendre ces bâtisses qu’on trouve notamment dans le nord de la France, souvent transformées en lieux accueillant des activités culturelles. Mais vous le saviez, hein ?



Seul à savoir, Patrick Bauwen


Ce roman, c’est un peu « Facebook m’a tuer » (puisque le nom « Mon iPhone m’a tuer », qui serait ici encore plus juste, est déjà pris par le fameux blog consacré au livre et au numérique).

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Marion, étudiante en médecine, a 20 ans lorsque son amoureux Nathan disparait. 15 ans plus tard, un mystérieux individu qui demande à être son ami sur Facebook la lance sur les traces – en forme de mortel jeu de piste – de celui qu’elle n’a jamais oublié.

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Présentation de l’éditeur

« Je sais ce qui est arrivé à Nathan.

Voulez-vous jouer avec moi ?

Signé : Le Troyen. »

Un message mystérieux sur Facebook et le passé de Marion resurgit.



Le paradoxe des méduses, Franck Nicolas


 

Le Telo Martius, un chalutier voguant vers la Corse, fait naufrage. 

A son bord, comme sur la plupart des bateaux de ce type, une salle de jeux, et des joueurs qui pour rien au monde ne maquerait l’opportunité de s’adonner à leur vice offerte par la traversée.

Mais le Telo Martius n’arrivera jamais à destination, et le naufrage ne semble pas être un accident…

 

« Le paradoxe des méduses » est un roman policier, pas de doute : des gendarmes maritimes, des cadavres, une enquête, et



Coup de fourchette, Nicolas d’Estienne d’Orves


Ils sont trois chefs, Paul Boujut, Noël Duchon et Alex Robicasse. 54 étoiles à eux trois.

Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.

Ils sont réunis à l’occasion des funérailles de Fourchette, le plus éminent critique gastronomique de France, qui aura réussi à conserver l’anonymat jusque dans son cercueil.

A Fourchette, les trois chefs doivent leur gloire, mais aussi le début de leur perte



Les Visages, Jesse Kellerman


Ethan Muller est un galeriste newyorkais trentenaire. Un jour, il découvre une impressionnante collection de dessins représentant des visages. Ceux-ci sont numérotés de telle sorte qu’une fois réunis, ils forment un immense tableau.
L’exposition est un succès, que le mystère qui entoure l’auteur des dessins, un dénommé Victor Cracke, ne fait qu’accroitre. De son côté, Ethan enquête sur l’artiste. Car les cinq visages du premier dessin sont ceux de cinq enfants morts ou disparus des années plut tôt…

Voilà un policier comme je les aime, moi qui n’aime pas les policiers. Ici, pas de course-poursuite ni de sang (enfin, il y en a bien trois gouttes ça et là, sous le pansement d’Ethan après son agression nocturne et au centre du dessin n°1), pas d’étalage d’armes à feu ni de sirènes qui retentissent à tout bout de champ. Le narrateur nous présente son univers, sa galerie, ses relations particulières avec son père, Marylin, sa petite-amie cougar, son flirt du moment avec Samantha.

L’enquête se mêle à tout cela, et, au fur et à mesure que l’on avance dans ce (gros) roman, les retours en arrière se multiplient. Les fondations de la famille Muller, la naissance de Victor Cracke… Le rythme des flash-back augmente pour mieux entraîner le lecteur vers la chute.

Dans un style agréable, avec un coup de chapeau aux dialogues particulièrement réussis, l’auteur s’amuse de ce qu’il est en train de faire – écrire un roman policier -, s’excuse de ses maladresses, reconnaît certains clichés, créant une familiarité avec le lecteur. Le personnage d’Ethan est aussi intéressant qu’attachant. Les 480 pages sont autant de bons moments.

Ces Visages promettent un bel avenir littéraire à leur auteur – du sérail – qui signe ici son premier opus.



Sauver sa peau, Lisa Gardner


Celle qui doit sauver sa peau, c’est Annabelle Granger. Trentenaire qui a passé son enfance à fuir, avec ses parents, et à changer d’identité, elle tente de se construire avec l’absence parentale et l’incompréhension de ce que la famille a fui ainsi.
Un jour, sur le site de l’ancien hôpital psychiatrique de boston, une chambre souterraine est découverte. Elle contient six cadavres de petites filles momifiées, et l’une d’elle, identifiée grâce à son médaillon, est… Annabelle Granger.
Dès lors, tout s’accélère. Annabelle va trouver la police, et ensemble, pour des raisons différentes, ils tentent d’élucider se premier mystère. Ils vont surtout très vite s’apercevoir que la menace plane encore, plus proche que jamais…

Je me suis fait avoir. Tout de suite, avant la fin du premier chapitre je crois. J’ai été happée par l’intrigue, et en connaître le dénouement est devenu la chose la plus importante. Normal, j’imagine, pour un roman classé « spécial suspense », très bien vendu aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne…
Il n’y a pas de mauvais flic, on sait tout de suite qui sont les gentils et qui sont les méchants, et on ne revient pas là-dessus. Ce qui en fait un texte facile à appréhender, d’autant plus qu’il est écrit dans un style familier courant chez les auteurs de romans policiers, mais qui passe ici mieux qu’ailleurs. Qui se dévore, donc.
Il n’empêche, à partir du deuxième tiers, je déconseille de le lire juste avant de s’endormir…



Le Touriste, Olen Steinhauer


Le « Touriste », c’est l’espion Milo Weaver, en 2001, au moment de l’attaque des tours jumelles. Il est alors à Venise, avec une collègue, sur la piste d’un russe douteux. Il trouve le russe, et aussi une femme enceinte, prête à accoucher.Six ans plus tard, Milo est devenu cadre au siège de la CIA. Il vit à Brooklyn avec sa femme Tina et leur fille Stephanie.
C’est alors que son passé le rattrape, lorsque sa collègue de l’époque est soupçonnée de trahison et que le Tigre, tueur que Milo a poursuivi des années durant, se rappelle à son bon souvenir. Milo est contraint de reprendre du service. On n’oublie jamais complètement qu’on a été Touriste, c’est-à-dire agent ultra secret (puisque la CIA cache à toutes les autres administrations l’existence de cette part de son activité) ; les réflexes sont là, qui ne demandent qu’à être réveillés.
Le périple de Milo le mènera à Paris, à Genève, à Francfort.

Ce roman regorge de détails, de rebondissements, de traîtres et de surprises. Les ficelles sont fines, le suspens haletant du début à la fin. Fausses identités, accointances, défiance et artifices…

Je suis entrée immédiatement dans l’univers proposé par Olen Steinhauer, ses personnages plus vrais que nature, attachants à souhaits, ce mélange entre vie quotidienne et stratégie internationale, cette traque à un rythme effréné par delà les continents -et ce Tourisme tellement plausible qu’on en vient à douter.

Exception faite de la trop grande propension du traducteur à utiliser « avoir été » en lieu et place d’ « être allé », j’ai également aimé l’écriture, accessible mais pas naïve, les dialogues justes et les descriptions diablement efficaces.Au final, ce polar est un puzzle dont le lecteur assemble les pièces avec un ravissement d’autant plus grand que son auteur ne le prend pas pour un idiot. Cette subtilité garantit la satisfaction.

Olen Steinhauer est encensé par la critique, qui le rapproche de Robert Littell ou John Le Carré. « Le Touriste » sera prochainement porté à l’écran avec George Clooney dans le rôle titre. Un extrait est disponible ici.

Et coup de cœur, je tenais à le signaler, pour l’objet que constitue ce livre : extérieur comme intérieur, c’est un plaisir à la vue et au toucher. Une fois n’est pas coutume, un peu de pub pour les Editions Liana Lévi, à qui l’on doit l’objet.



Sonate de l’assassin, Jean-Baptiste Destremau




Fakirs, Antonin Varenne


Voici un roman encore plus noir que sa couverture.
Entre Paris et la Corrèze, on plonge dans un univers glauque, sale, torturé.
Les personnages sont marginaux – et quand ils ne le sont pas, ils sont seuls. Tous. Ils ne sont pas attachants, on les veut même le plus loin possible de soi.

Mais l’intrigue est fascinante. Les ficelles de ce polar sont invisibles à l’œil nu, les destinées s’imbriquent à merveille.

Et puis surtout, il y a l’écriture d’Antonin Varenne. Une espèce de familiarité qui autorise l’humour – le sarcasme. Et qui fait que l’on n’est pas si mal, finalement, dans cet univers nocturne, souterrain et masqué.
La plume et le sens de l’intrigue, ne sont-ce pas là les qualités que l’on attend d’un auteur de policiers ?



Enfant 44, Tob Rob Smith


Enfant 44 se passe en Russie après la Seconde Guerre Mondiale. Leo, un officier du MGB (ancêtre du KGB) enquête sur un meurtrier en série qui prend pour cible les enfants. Dans une atmosphère glaciale, où la froideur des températures extrêmes de Russie est accentuée par les pressions du régime soviétique, Leo et son épouse Raïssa mènent une enquête compliquée par le contexte politique – bientôt, Staline meurt.

Le climat de défiance est tel que les suspicions sont partout, y compris au sein du couple Leo-Raïssa. Au fur à mesure, on découvre que cette union est moins simple qu’il n’y paraît, tout comme l’histoire familiale de Leo.

L’ambiance est oppressante, le suspens parfois à la limite du soutenable. Il s’agit d’un premier roman, dont les droits ont déjà été acquis par Ridley Scott qui compte l’adapter au cinéma. On imagine ce que pourra donner à l’écran la retranscription de cette atmosphère déjà parfaitement rendue à l’écrit, où l’horreur et l’intimidation ont parfaitement leur place.

Les personnages, dotés d’un grand sens du politique et d’un instinct de survie exacerbé par leur condition, sont fascinants. Ce roman, dans sa catégorie, est du grand art, qui démontre de la part de Tob Rob Smith une parfaite maitrise de sa technique et qui en fait un auteur à suivre.

Cet ouvrage de près de 400 pages m’a été proposé dans le cadre du Prix des Lectrices de Elle 2010.