Ben est amoureux d’Anna, Peter Härtling


Ben est amoureux d AnnaPrésentation de l’éditeur :

Si être amoureux, c’est penser tout le temps à la fille qu’on aime au point d’en avoir mal au ventre, alors c’est sûr, Ben est amoureux d’Anna. Il décide de lui écrire une lettre. Mais Anna ne répond pas. Elle ne dit rien. Ben ne comprend pas pourquoi…

 

Avec beaucoup de finesse, Peter Härtling dresse le portrait de deux êtres sensibles, très différents, issus de milieux et de cultures presque opposés, et que l’école va rassembler. Il raconte ce que c’est que d’être amoureux quand on va bientôt avoir dix ans. Et comment on l’exprime, alors qu’il y a le monde autour – les camarades prompts à se moquer, la famille prompte à désapprouver…

 

Une lecture rafraîchissante sur les premiers émois. Il n’est jamais trop tôt pour connaître ces sentiments forts qui font se sentir vivant – même si en grandissant on croit l’amour réservé aux adultes.

 

Un petit roman qui rappelle aussi, si besoin est, qu’en amour, on est toujours deux…

 

 

Traduit de l’allemand par Antoine Berman, illustré par Rosy

6-9 ans

Pocket jeunesse, 1995, 144 pages, 5,30 euros

 

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Autour de moi, Nathalie Seroux


Autour de moiPrésentation de l’éditeur :

Un premier imagier photo pour les tout-petits qui leur donne à voir le monde à portée de main.

Ce très beau travail photographique de Nathalie Seroux offre une vision personnelle et sensible de l’environnement immédiat de l’enfant et renouvelle le genre littéraire qu’est l’imagier : voici un ouvrage pour apprendre aux tout-petits à nommer les objets, découvrir le monde et s’éveiller chaque jour un peu plus. Tous les thèmes de son quotidien sont présents: les différentes pièces de la maison, les objets qui les meublent, la nourriture, le jardin, les jouets, la musique, les couleurs… et beaucoup de tendresse pour montrer le quotidien du tout-petit !

La photographe crée des images simples et épurées en jouant avec la lumière, les matières, l’harmonie des couleurs chatoyantes. Ses objets et instants saisis dégagent une grande vitalité et se laissent nommer avec évidence.

Un imagier à feuilleter dans l’ordre ou au hasard, pour s’amuser à tisser des liens entre les images, les mots et le monde.

 

Le monde que présente Nathalie Seroux est coloré et poétique, lumineux et malicieux. Son univers est riche, son œil observateur et précis, son objectif tendre et… très subjectif.

 

Pourquoi ne pas habituer au plus tôt les enfants à la réalité plutôt qu’à sa retranscription/transformation/édulcoration ? C’est la question qui s’impose aux adultes face à cet imagier superbe et pas comme les autres. Car Autour de moi est un bel objet qui pèse son poids d’émotion. Entre les pages, et par la magie des associations que propose Nathalie Seroux, un petit supplément d’âme…

 

Inattendu et plein de vie.

 

De la Martinière jeunesse, septembre 2014, 14,90 euros

 

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Le Paris me des kids, Marcella & Pépée


Paris mePrésentation de l’éditeur :

La Tour Eiffel dans tous ses états comme vous ne l’avez jamais vue. Couleurs pop et graphisme dynamique, les deux auteures revisitent l’emblème de Paris. La géante de fer au gris austère s’habille en rouge, en jaune, en bleu. Et se transforme en symbole de gaieté. Paris Me des Kids, un petit livre d’art, de mots et de couleurs à emporter partout… Un livre créatif qui laisse place à l’inventivité des enfants. 

 

 

Des haïkus.

Des tours Eiffel.

Des cœurs.

Des souris.

Un loup et un petit chaperon rouge.

paris-me-pomme-damourDes chats.
Une marelle.

De la poésie.

Des couleurs pastel.

Des gâteaux moelleux.

Des animaux facétieux.

Des mots beaux.

 

Il y a tout cela, et plus encore, dans ce tout petit livre qui s’adresse aux tout petits et raconte un Paris plein de gaieté et de fantaisie.

 

Un Paris qui réveille l’imagination.

 

Un Paris qui me chavire.

 

Editions Les Carnets du Dessert de Lune, février 2014, 32 pages, 8 euros

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Cet été-là, Jillian Tamaki & Mariko Tamaki


Cet été-làPrésentation de l’éditeur :

Rose et Windy se connaissent depuis l’enfance. Elles se retrouvent chaque été au lac Awago où leurs familles louent des cottages. Cet été là, elles ont 13 ans et 11 ans et demi, passent leurs journées à se baigner, à faire des barbecues en famille et regardent des films d’horreur en cachette. Mais surtout, elles partagent les mille questions de l’entrée dans l’adolescence. Une étroite différence d’âge, suffisante à cet étape charnière pour que leurs préoccupations diffèrent : Rose suit avec beaucoup d’intérêt les démêlés d’un groupe d’ados plus âgés, Windy aime encore jouer. Chacune d’elle se débat en parallèle avec ses problématiques familiales. Une plongée toujours fine et juste dans l’adolescence.

 

Ce qui se passe pendant les étés adolescents reste gravé à jamais. Dans ce très bel album, tout en langueur, en douceur, en légèreté et en profondeur aussi, deux attachantes héroïnes à la croisée des âges et des chemins composent comme elles le peuvent avec ce qui leur arrive. On les accompagne avec délice le temps d’un été en pente douce.

 

L’ambiance estivale est palpable jusque dans le rythme du récit, et ce roman graphique réveille chez le lecteur les parfums et les souvenirs de ses propres vacances au bord de l’eau – et peu importe qu’elles se soient déroulées loin d’Awago.

 

Un objet d’une grande justesse et d’une belle sensibilité ; des pages pleines d’émotion à lire, de préférence, au cœur de l’été.

 

traduit de l’anglais par Fanny Soubiran

Editions Rue de Sèvres, 2014, 320 pages, 20 €
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Drôles de familles !, Sophie Adriansen & Claudine Aubrun


L’Enigme des vacancesDroles de familles_couv est une collection qui fait carton plein auprès des enfants (et de leurs parents) depuis plus de dix ans.

 

J’ai écrit un roman, Le souffle de l’ange, paru sous ses couleurs en 2013.

 

En 2014, voici Drôles de familles !, premier hors-série de cette collection. Claudine Aubrun et moi avons imaginé les péripéties de sept étonnantes familles à travers les âges. Sept familles, sept époques, et sept aventures : fêter Halloween à la préhistoire, passer des vacances dans un camping où l’on vit à la mode des Indiens d’Amérique, trouver de vrais aliments pour le réveillon lorsqu’on vit dans le futur et dans l’espace…

 

De l’humour et du suspense, des exercices pour avancer dans la lecture et réviser son programme de l’année, selon le principe de la collection, mais aussi, en nouveautés, des grands jeux et des pages d’activités pour impressionner les parents. Car il s’agit d’un hors-série « spécial jeux » plein de surprises !

 

Une famille préhistorique fête Halloween, une famille du Moyen Âge convertie au végétarisme, une famille royale prête à tout pour remporter la fève de la galette des rois, une famille pirate en vacances à la neige, une famille vampire à une soirée pyjama, une famille de nos jours qui choisit une formule de camping originale, une famille du futur en recherche de vrais aliments pour son réveillon. Prenez 7 familles, 7 époques, secouez le tout… et vous obtiendrez de drôles d’histoires…

 

Editions Nathan, collection L’énigme des vacances

du CM2 à la 6ème (10-11 ans)

avril 2014

194 pages

7,99 €

http://www.lenigme.com/

 

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Dossier océan, Claudine Aubrun


couv-dossier_oceanQuatrième de couverture :

Ce jour de juin, il n’y a presque personne sur cette plage des Landes, un groupe de surfeurs, quelques pêcheurs, de rares promeneurs. Et deux pieds qui dépassent d’un parasol rouge… Comme à son habitude, Brune a sorti son téléphone pour faire des photos du paysage. Rien de compromettant a priori. Mais, en fin de journée, elle apprend qu’une femme a été étranglée dans les dunes. Plongées au cœur de l’enquête, Brune et sa famille vont se retrouver confrontées à leur passé. Quels liens avaient-elles avec cette femme ? Son oncle est arrêté. Un mystérieux agresseur la traque. La police s’intéresse de très près à ses photos. Pour comprendre ce qui s’est joué autrefois sur cette plage, la jeune fille devra démêler les fils reliant tous les personnages de son « dossier Océan ».

 

« Vous ne gagnez rien en vous taisant. », dit le flic à Brune.

« Vous ne gagnez rien à ne pas collaborer. Vous avez même beaucoup à perdre. »

Mais Brune ne parle pas. Elle ne parle plus. Elle s’exprime par l’image. Les dessins. Les photos qu’elle prend pour mieux reproduire les détails. Et le silence ouvre la porte à toutes les éventualités…

 

Dossier Ocean AubrunIl faudra bien pourtant que la vérité éclate. Qu’elle soit dite. La vérité, et les vérités de l’histoire de Brune et de sa famille. Il faudra bien que la lumière soit faite sur cette obscure affaire de meurtre qui vient assombrir le début de saison d’une station balnéaire sans histoire.

Entre fausses pistes et rebondissements, Claudine Aubrun mélange les cartes d’un jeu dangereux. Les héros, très vite attachants, sonnent particulièrement justes.

 

Et l’océan bordé par les pins des Landes devient un personnage à part entière.

Du noir dans le bleu.

 

Un roman court et efficace, plein de suspens et d’émotion.

 

Le Rouergue (collection DoAdo noir), février 2014, 107 pages, 9,70 euros

 photos (c) Claudine Aubrun

 

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Monsieur Stan n’a qu’à bien se tenir

 

Trois passages :

 

Dax 065« – Fais taire ta colère, Brune, je sais ce que c’est, crois-moi, ça ne mène nulle part.

Ma colère, je n’avais pas envie de la faire taire. Elle me nourrissait, elle nourrissait mes dessins, faisait exploser des couleurs violentes. » (page 21)

 

« Je suis remontée dans ma chambre dès son départ. J’ai branché le disque dur externe à mon ordinateur. J’ai ouvert le dossier OCEAN puis le fichier OCEAN sous ciel plombé. J’ai fait défiler la série complète. Toutes les photos étaient d’assez bonne qualité. Dans le lot, cinq images auraient pu intéresser Javier et mon agresseur. » (page 50)

 

« J’étais à la limite. A la limite du défendu mais à la limite tout de même. » (page 96)



Hit parade des chansons qu’on déteste, Claudine Desmarteau


hit-parade-des-chansons-qu-on-deteste-de-claudine-desmarteau-924197032_MLOn a tous dans le cœur… une chanson qu’on déteste. Plusieurs même. De ces titres incontournables, entendus et entendus encore, mais définitivement associés à de mauvais souvenirs.

 

Claudine Desmarteau en a sélectionné 19. En quelques mots bien sentis et une situation chaque fois croquée avec ironie, elle nous présente son album de ces tubes pop insupportables – les siens, mais aussi les nôtres. Car nous aussi, on a fait semblant de s’amuser avec des gens qui nous emmerdaient sur « Alexandrie, Alexandra » ; nous aussi, on a subi Pascal Obispo s’assumant « Fan » au rayon charcuterie d’un hypermarché hyper glauque ; nous aussi, on a vomi pendant que PaAlexandrie-claudine-desmarteautrick Hernandez répétait «Born, born to be alive ».

 

C’est le meilleur du pire et c’est hilarant.

 

On pourra même compléter la liste…

(cliquer sur les images pour les agrandir)

 

 

http://www.desmarteau.fr/

 

Editions Sarbacane, 2012, 40 pages, 15,50 €

 

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Troubles, Claudine Desmarteau

 

 

fan-claudine-desmarteauBorn to be alive-claudine-desmarteau



Le garçon en pyjama rayé, John Boyne


pyjama rayeL’extrait :

« – Si c’est la campagne, comme tu dis, où sont les animaux ? Si c’était une ferme, il devrait y avoir des vaches, des cochons, des moutons et des chevaux, dit Bruno. Sans oublier des poulets et des canards.

- Et il n’y en a pas, reconnut doucement Gretel.

- Et si on faisait pousser des choses à manger, comme tu le prétends, poursuivit Bruno qui s’amusait comme un fou, alors le sol serait plus joli. Je ne vois pas ce qu’on pourrait faire pousser dans cette poussière.

Gretel regarda à nouveau et acquiesça, car elle n’était pas assez bête pour prétendre avoir raison envers et contre tout quand il était évident que la discussion lui donnait tort.

- Alors, ce n’est pas une ferme, dit-elle.

- Non, approuva Bruno.

- Ce qui signifie que ce n’est pas la campagne.

- Non, dit Bruno.

- Ce qui signifie que nous ne sommes pas dans notre maison de vacances, conclut-elle.

- Je ne crois pas.

Bruno s’assit sur son lit avec l’envie fugace que Gretel vienne le prendre dans ses bras et lui dise que tout irait bien, qu’ils finiraient par aimer cet endroit tôt ou tard et ne voudraient jamais plus revenir à Berlin. Mais Gretel resta à la fenêtre, et, cette fois, elle ne regarda pas les fleurs, ni la bordure, ni le banc avec sa plaque, ni la haute barrière, ni les poteaux télégraphiques en bois, ni les rouleaux de fil de fer barbelé, ni le sol nu au-delà, ni les baraquements, ni les petits bâtiments, ni les nuages de fumée. Elle regarda les gens.

- Qui sont tous ces gens ? demanda-t-elle à voix basse, comme si la question ne s’adressait pas tant à Bruno qu’à quelqu’un d’autre, une personne susceptible de lui apporter une réponse. Et que font-ils là ? » (pages 39-40)

 

Comment faire pour parler de ce roman sans révéler son mystère – et ce qui fait sa puissance ? La quatrième de couverture même s’y refuse, qui indique : « Vous ne trouverez pas ici le résumé de ce livre. On dira simplement qu’il s’agit de l’histoire du jeune Bruno que sa curiosité va mener à une rencontre de l’autre côté d’une étrange barrière. Une de ces barrières qui séparent les hommes et qui ne devraient pas exister. »

 

Le garçon en pyjama rayé est la rencontre de deux garçons de neuf ans dans des circonstances terribles qu’on ne tarde pas à découvrir. Deux garçons dont chacun, persuadé d’être du mauvais côté de la barrière, envie l’autre…

Cet inoubliable roman est publié dans une collection jeunesse, mais il s’adresse à tous, et résonne peut-être même davantage chez le lecteur adulte.

 

 

Traduit de l’anglais par Catherine Gibert

A partir de 12 ans

Folio junior, 2006, 205 pages, 6,45 €

 

 

Des phrases :

 

« Nous n’avons pas le luxe de penser. Certaines personnes prennent toutes les décisions pour nous. » (page 20)

 

« La guerre n’est pas un sujet de conversation. » (page 70)

 

« Où était la différence exactement ? se demandait Bruno. Et qui avait décrété que les uns porteraient un pyjama rayé et les autres un uniforme ? » (page 98)

 

« L’essentiel dans l’exploration est de savoir si la découverte que l’on fait en vaut la peine. Certaines découvertes sont des choses intéressantes qui se trouvent là, simplement, occupées à leurs propres affaires, en attendant d’être découvertes, comme l’Amérique. Et parfois, ce sont des choses qu’il vaudrait mieux laisser à leur place, comme une souris morte derrière un placard. » (page 111)

 

« Il y a beaucoup de garçons de ton côté ? demanda Bruno.

– Des centaines, répondit Schmuel.

Bruno écarquilla les yeux.

– Des centaines ? répéta-t-il stupéfait. C’est affreusement injuste. De mon côté de la barrière, il n’y a personne avec qui jouer. Personne.

– Nous ne jouons pas, dit Schmuel. » (page 125)

 

« Avec un bon costume, tu entres dans ton rôle. » (page 193)



Max, Sarah Cohen-Scali


MaxPrésentation de l’éditeur :

« 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais règnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans Loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler ! »

Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich.

Une fable historique fascinante et dérangeante qu’on ne peut pas lâcher.

Une lecture choc, remarquablement documentée, dont on ne sort pas indemne.

 

 

Ce livre est deux choses : un vrai grand roman, avec des personnages forts, et un document historique d’une grande précision sur ce Lebensborn, une des atroces traductions de la volonté de quelques hommes de sélectionner certains de leurs semblables et de supprimer les autres – finalement assez peu abordé en littérature, et dont l’existence n’a été qu’une rumeur jusque dans les années 70.

 

Au fil de quatre grandes parties, Sarah Cohen-Scali fait parler Max. Une petite décennie de vie qui commence in utero. L’auteur ne nous épargne rien des ambitions du garçon, jeunes mais déjà démesurées, ni des obstacles qui se dressent sur sa route vers un aryanisme idéal. Et quand le garçon se lit d’amitié avec un jeune juif de son âge, les choses prennent une drôle de tournure…

 

Publié dans la collection « Scripto » destinée aux 13 ans et plus, indiqué en particulier à partir de 15 ans, ce roman est en réalité, de par sa valeur documentaire et son apport historique, un ouvrage tout public – adulte, entends-je.

 

La voix du narrateur n’est pas sans évoquer celle du jeune Oskar dans Le Tambour (Die Blechtrommel, 1979), le film adapté du roman éponyme de Günter Grass. Et comme la voix d’Oskar qui fait éclater les vitres, celle de Max est inoubliable.

 

Prix Sorcières 2013, catégorie Romans ado

Gallimard Scripto, 2012, 480 pages, 15,90 euros

 

Deux passages :

 

« Nous, les bébés, avons été vêtus de barboteuses une pièce, courtes, bouffantes au niveau des cuisses, avec des manches ballon et un col Claudine. Un petit drapeau noir et rouge du Reich a été planté au pied de chacun de nos berceaux. » (page 62)

 

« J’ai quatre ans maintenant. […]

Mon diagnostic racial est excellent, même s’il n’est pas encore définitif. Beaucoup de traits physiques ne sont pas encore marqués chez l’enfant en bas âge comme moi et il faut attendre un stade de développement plus avancé. Néanmoins, tous les espoirs sont permis. […]

Une gueule d’ange. Un ange aryen. » (pages 124-125)



Tes seins tombent, Susie Morgenstern


Tes seins tombentPrésentation de l’éditeur :

« Elle a treize ans. Bientôt elle s’évaporera dans la nuit, dans les boîtes, avec une bande, avec un mec ! Est-ce qu’elle va boire de l’alcool ? Est-ce qu’elle va fumer ? Oh ! Dieu de miséricorde ! Est-ce qu’elle connaît l’existence des préservatifs ? Est-ce qu’elle va réfléchir ? Peut-on lui faire confiance ? Comment puis-je lui inculquer tous les dangers en une semaine ? » Une grand-mère et sa petite-fille de treize ans en vacances. Elles partagent la même petite chambre, la moitié du lit, mais pas la parole. Chacune est une énigme pour l’autre, le monde des ados face aux inquiétudes du temps qui passe… Un monologue tendre et drôle sur la force du lien entre générations.

 

Sous le soleil brûlant, l’adolescente curieuse de l’empreinte du temps sur le corps de sa grand-mère et la grand-mère emplie d’amour et de fierté à l’égard de sa descendance se parlent peu. Les vacances en Corse sont l’occasion pour la femme qui a vécu et la presque femme de mesurer l’étendue de ce qui les sépare. Entre elles deux, le champ des possibles.

 

Susie Morgenstern a écrit ce petit livre pour expliquer la vieillesse aux adolescents. Sa chronique intergénérationnelle est rafraîchissante comme un bain de mer et lucide comme la vue par temps clair. On y croise des personnages forts, dont les âges divers sont des traits de caractères plutôt que des barrières. Et au détour d’une page, la rencontre avec Stephen Hawking, ce physicien multi médaillé atteint de sclérose latérale amyotrophique.

 

Un roman qui donne envie de combler le fossé générationnel, et de partager ses secrets avec sa grand-mère. Qui peut tout comprendre, bien sûr, puisqu’elle aussi est passée par là.

 

Actes Sud junior, collection « D’une seule voix », avril 2010, 88 pages, 7,80 €

 

Quelques phrases :

« La définition même d’une sorcière est pour moi celle qui a pris ses distances de l’amour physique. » (page 21)

 

« Elle a treize ans. Bientôt elle s’évaporera dans la nuit, dans les boîtes, avec une bande, avec un mec ! Est-ce qu’elle va boire de l’alcool ? Est-ce qu’elle va fumer ? Oh ! Dieu de miséricorde !  Est-ce qu’elle connaît l’existence des préservatifs ? Est-ce qu’elle va réfléchir ? Peut-on lui faire confiance ? Comment puis-je lui inculquer tous les dangers en une semaine ? » (pages 34-35)

 

« Je ne suis qu’un immense regret. » (page 48)

 

« Je suis le témoin consterné des surprises que nous prépare le corps. » (page 52)