Drôles de familles !, Sophie Adriansen & Claudine Aubrun


Droles de familles_couvL’Enigme des vacances est une collection qui fait carton plein auprès des enfants (et de leurs parents) depuis plus de dix ans.

 

J’ai écrit un roman, Le souffle de l’ange, paru sous ses couleurs en 2013.

 

En 2014, voici Drôles de familles !, premier hors-série de cette collection. Claudine Aubrun et moi avons imaginé les péripéties de sept étonnantes familles à travers les âges. Sept familles, sept époques, et sept aventures : fêter Halloween à la préhistoire, passer des vacances dans un camping où l’on vit à la mode des Indiens d’Amérique, trouver de vrais aliments pour le réveillon lorsqu’on vit dans le futur et dans l’espace…

 

De l’humour et du suspense, des exercices pour avancer dans la lecture et réviser son programme de l’année, selon le principe de la collection, mais aussi, en nouveautés, des grands jeux et des pages d’activités pour impressionner les parents. Car il s’agit d’un hors-série « spécial jeux » plein de surprises !

 

Une famille préhistorique fête Halloween, une famille du Moyen Âge convertie au végétarisme, une famille royale prête à tout pour remporter la fève de la galette des rois, une famille pirate en vacances à la neige, une famille vampire à une soirée pyjama, une famille de nos jours qui choisit une formule de camping originale, une famille du futur en recherche de vrais aliments pour son réveillon. Prenez 7 familles, 7 époques, secouez le tout… et vous obtiendrez de drôles d’histoires…

 

Editions Nathan, collection L’énigme des vacances

du CM2 à la 6ème (10-11 ans)

avril 2014

194 pages

7,99 €

http://www.lenigme.com/

 

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Dossier océan, Claudine Aubrun


couv-dossier_oceanQuatrième de couverture :

Ce jour de juin, il n’y a presque personne sur cette plage des Landes, un groupe de surfeurs, quelques pêcheurs, de rares promeneurs. Et deux pieds qui dépassent d’un parasol rouge… Comme à son habitude, Brune a sorti son téléphone pour faire des photos du paysage. Rien de compromettant a priori. Mais, en fin de journée, elle apprend qu’une femme a été étranglée dans les dunes. Plongées au cœur de l’enquête, Brune et sa famille vont se retrouver confrontées à leur passé. Quels liens avaient-elles avec cette femme ? Son oncle est arrêté. Un mystérieux agresseur la traque. La police s’intéresse de très près à ses photos. Pour comprendre ce qui s’est joué autrefois sur cette plage, la jeune fille devra démêler les fils reliant tous les personnages de son « dossier Océan ».

 

« Vous ne gagnez rien en vous taisant. », dit le flic à Brune.

« Vous ne gagnez rien à ne pas collaborer. Vous avez même beaucoup à perdre. »

Mais Brune ne parle pas. Elle ne parle plus. Elle s’exprime par l’image. Les dessins. Les photos qu’elle prend pour mieux reproduire les détails. Et le silence ouvre la porte à toutes les éventualités…

 

Dossier Ocean AubrunIl faudra bien pourtant que la vérité éclate. Qu’elle soit dite. La vérité, et les vérités de l’histoire de Brune et de sa famille. Il faudra bien que la lumière soit faite sur cette obscure affaire de meurtre qui vient assombrir le début de saison d’une station balnéaire sans histoire.

Entre fausses pistes et rebondissements, Claudine Aubrun mélange les cartes d’un jeu dangereux. Les héros, très vite attachants, sonnent particulièrement justes.

 

Et l’océan bordé par les pins des Landes devient un personnage à part entière.

Du noir dans le bleu.

 

Un roman court et efficace, plein de suspens et d’émotion.

 

Le Rouergue (collection DoAdo noir), février 2014, 107 pages, 9,70 euros

 photos (c) Claudine Aubrun

 

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Monsieur Stan n’a qu’à bien se tenir

 

Trois passages :

 

Dax 065« - Fais taire ta colère, Brune, je sais ce que c’est, crois-moi, ça ne mène nulle part.

Ma colère, je n’avais pas envie de la faire taire. Elle me nourrissait, elle nourrissait mes dessins, faisait exploser des couleurs violentes. » (page 21)

 

« Je suis remontée dans ma chambre dès son départ. J’ai branché le disque dur externe à mon ordinateur. J’ai ouvert le dossier OCEAN puis le fichier OCEAN sous ciel plombé. J’ai fait défiler la série complète. Toutes les photos étaient d’assez bonne qualité. Dans le lot, cinq images auraient pu intéresser Javier et mon agresseur. » (page 50)

 

« J’étais à la limite. A la limite du défendu mais à la limite tout de même. » (page 96)



Hit parade des chansons qu’on déteste, Claudine Desmarteau


hit-parade-des-chansons-qu-on-deteste-de-claudine-desmarteau-924197032_MLOn a tous dans le cœur… une chanson qu’on déteste. Plusieurs même. De ces titres incontournables, entendus et entendus encore, mais définitivement associés à de mauvais souvenirs.

 

Claudine Desmarteau en a sélectionné 19. En quelques mots bien sentis et une situation chaque fois croquée avec ironie, elle nous présente son album de ces tubes pop insupportables – les siens, mais aussi les nôtres. Car nous aussi, on a fait semblant de s’amuser avec des gens qui nous emmerdaient sur « Alexandrie, Alexandra » ; nous aussi, on a subi Pascal Obispo s’assumant « Fan » au rayon charcuterie d’un hypermarché hyper glauque ; nous aussi, on a vomi pendant que PaAlexandrie-claudine-desmarteautrick Hernandez répétait «Born, born to be alive ».

 

C’est le meilleur du pire et c’est hilarant.

 

On pourra même compléter la liste…

(cliquer sur les images pour les agrandir)

 

 

http://www.desmarteau.fr/

 

Editions Sarbacane, 2012, 40 pages, 15,50 €

 

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

Troubles, Claudine Desmarteau

 

 

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Le garçon en pyjama rayé, John Boyne


pyjama rayeL’extrait :

« - Si c’est la campagne, comme tu dis, où sont les animaux ? Si c’était une ferme, il devrait y avoir des vaches, des cochons, des moutons et des chevaux, dit Bruno. Sans oublier des poulets et des canards.

- Et il n’y en a pas, reconnut doucement Gretel.

- Et si on faisait pousser des choses à manger, comme tu le prétends, poursuivit Bruno qui s’amusait comme un fou, alors le sol serait plus joli. Je ne vois pas ce qu’on pourrait faire pousser dans cette poussière.

Gretel regarda à nouveau et acquiesça, car elle n’était pas assez bête pour prétendre avoir raison envers et contre tout quand il était évident que la discussion lui donnait tort.

- Alors, ce n’est pas une ferme, dit-elle.

- Non, approuva Bruno.

- Ce qui signifie que ce n’est pas la campagne.

- Non, dit Bruno.

- Ce qui signifie que nous ne sommes pas dans notre maison de vacances, conclut-elle.

- Je ne crois pas.

Bruno s’assit sur son lit avec l’envie fugace que Gretel vienne le prendre dans ses bras et lui dise que tout irait bien, qu’ils finiraient par aimer cet endroit tôt ou tard et ne voudraient jamais plus revenir à Berlin. Mais Gretel resta à la fenêtre, et, cette fois, elle ne regarda pas les fleurs, ni la bordure, ni le banc avec sa plaque, ni la haute barrière, ni les poteaux télégraphiques en bois, ni les rouleaux de fil de fer barbelé, ni le sol nu au-delà, ni les baraquements, ni les petits bâtiments, ni les nuages de fumée. Elle regarda les gens.

- Qui sont tous ces gens ? demanda-t-elle à voix basse, comme si la question ne s’adressait pas tant à Bruno qu’à quelqu’un d’autre, une personne susceptible de lui apporter une réponse. Et que font-ils là ? » (pages 39-40)

 

Comment faire pour parler de ce roman sans révéler son mystère – et ce qui fait sa puissance ? La quatrième de couverture même s’y refuse, qui indique : « Vous ne trouverez pas ici le résumé de ce livre. On dira simplement qu’il s’agit de l’histoire du jeune Bruno que sa curiosité va mener à une rencontre de l’autre côté d’une étrange barrière. Une de ces barrières qui séparent les hommes et qui ne devraient pas exister. »

 

Le garçon en pyjama rayé est la rencontre de deux garçons de neuf ans dans des circonstances terribles qu’on ne tarde pas à découvrir. Deux garçons dont chacun, persuadé d’être du mauvais côté de la barrière, envie l’autre…

Cet inoubliable roman est publié dans une collection jeunesse, mais il s’adresse à tous, et résonne peut-être même davantage chez le lecteur adulte.

 

 

Traduit de l’anglais par Catherine Gibert

A partir de 12 ans

Folio junior, 2006, 205 pages, 6,45 €

 

 

Des phrases :

 

« Nous n’avons pas le luxe de penser. Certaines personnes prennent toutes les décisions pour nous. » (page 20)

 

« La guerre n’est pas un sujet de conversation. » (page 70)

 

« Où était la différence exactement ? se demandait Bruno. Et qui avait décrété que les uns porteraient un pyjama rayé et les autres un uniforme ? » (page 98)

 

« L’essentiel dans l’exploration est de savoir si la découverte que l’on fait en vaut la peine. Certaines découvertes sont des choses intéressantes qui se trouvent là, simplement, occupées à leurs propres affaires, en attendant d’être découvertes, comme l’Amérique. Et parfois, ce sont des choses qu’il vaudrait mieux laisser à leur place, comme une souris morte derrière un placard. » (page 111)

 

« Il y a beaucoup de garçons de ton côté ? demanda Bruno.

- Des centaines, répondit Schmuel.

Bruno écarquilla les yeux.

- Des centaines ? répéta-t-il stupéfait. C’est affreusement injuste. De mon côté de la barrière, il n’y a personne avec qui jouer. Personne.

- Nous ne jouons pas, dit Schmuel. » (page 125)

 

« Avec un bon costume, tu entres dans ton rôle. » (page 193)



Max, Sarah Cohen-Scali


MaxPrésentation de l’éditeur :

« 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais règnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans Loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler ! »

Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich.

Une fable historique fascinante et dérangeante qu’on ne peut pas lâcher.

Une lecture choc, remarquablement documentée, dont on ne sort pas indemne.

 

 

Ce livre est deux choses : un vrai grand roman, avec des personnages forts, et un document historique d’une grande précision sur ce Lebensborn, une des atroces traductions de la volonté de quelques hommes de sélectionner certains de leurs semblables et de supprimer les autres – finalement assez peu abordé en littérature, et dont l’existence n’a été qu’une rumeur jusque dans les années 70.

 

Au fil de quatre grandes parties, Sarah Cohen-Scali fait parler Max. Une petite décennie de vie qui commence in utero. L’auteur ne nous épargne rien des ambitions du garçon, jeunes mais déjà démesurées, ni des obstacles qui se dressent sur sa route vers un aryanisme idéal. Et quand le garçon se lit d’amitié avec un jeune juif de son âge, les choses prennent une drôle de tournure…

 

Publié dans la collection « Scripto » destinée aux 13 ans et plus, indiqué en particulier à partir de 15 ans, ce roman est en réalité, de par sa valeur documentaire et son apport historique, un ouvrage tout public – adulte, entends-je.

 

La voix du narrateur n’est pas sans évoquer celle du jeune Oskar dans Le Tambour (Die Blechtrommel, 1979), le film adapté du roman éponyme de Günter Grass. Et comme la voix d’Oskar qui fait éclater les vitres, celle de Max est inoubliable.

 

Prix Sorcières 2013, catégorie Romans ado

Gallimard Scripto, 2012, 480 pages, 15,90 euros

 

Deux passages :

 

« Nous, les bébés, avons été vêtus de barboteuses une pièce, courtes, bouffantes au niveau des cuisses, avec des manches ballon et un col Claudine. Un petit drapeau noir et rouge du Reich a été planté au pied de chacun de nos berceaux. » (page 62)

 

« J’ai quatre ans maintenant. […]

Mon diagnostic racial est excellent, même s’il n’est pas encore définitif. Beaucoup de traits physiques ne sont pas encore marqués chez l’enfant en bas âge comme moi et il faut attendre un stade de développement plus avancé. Néanmoins, tous les espoirs sont permis. […]

Une gueule d’ange. Un ange aryen. » (pages 124-125)



Tes seins tombent, Susie Morgenstern


Tes seins tombentPrésentation de l’éditeur :

« Elle a treize ans. Bientôt elle s’évaporera dans la nuit, dans les boîtes, avec une bande, avec un mec ! Est-ce qu’elle va boire de l’alcool ? Est-ce qu’elle va fumer ? Oh ! Dieu de miséricorde ! Est-ce qu’elle connaît l’existence des préservatifs ? Est-ce qu’elle va réfléchir ? Peut-on lui faire confiance ? Comment puis-je lui inculquer tous les dangers en une semaine ? » Une grand-mère et sa petite-fille de treize ans en vacances. Elles partagent la même petite chambre, la moitié du lit, mais pas la parole. Chacune est une énigme pour l’autre, le monde des ados face aux inquiétudes du temps qui passe… Un monologue tendre et drôle sur la force du lien entre générations.

 

Sous le soleil brûlant, l’adolescente curieuse de l’empreinte du temps sur le corps de sa grand-mère et la grand-mère emplie d’amour et de fierté à l’égard de sa descendance se parlent peu. Les vacances en Corse sont l’occasion pour la femme qui a vécu et la presque femme de mesurer l’étendue de ce qui les sépare. Entre elles deux, le champ des possibles.

 

Susie Morgenstern a écrit ce petit livre pour expliquer la vieillesse aux adolescents. Sa chronique intergénérationnelle est rafraîchissante comme un bain de mer et lucide comme la vue par temps clair. On y croise des personnages forts, dont les âges divers sont des traits de caractères plutôt que des barrières. Et au détour d’une page, la rencontre avec Stephen Hawking, ce physicien multi médaillé atteint de sclérose latérale amyotrophique.

 

Un roman qui donne envie de combler le fossé générationnel, et de partager ses secrets avec sa grand-mère. Qui peut tout comprendre, bien sûr, puisqu’elle aussi est passée par là.

 

Actes Sud junior, collection « D’une seule voix », avril 2010, 88 pages, 7,80 €

 

Quelques phrases :

« La définition même d’une sorcière est pour moi celle qui a pris ses distances de l’amour physique. » (page 21)

 

« Elle a treize ans. Bientôt elle s’évaporera dans la nuit, dans les boîtes, avec une bande, avec un mec ! Est-ce qu’elle va boire de l’alcool ? Est-ce qu’elle va fumer ? Oh ! Dieu de miséricorde !  Est-ce qu’elle connaît l’existence des préservatifs ? Est-ce qu’elle va réfléchir ? Peut-on lui faire confiance ? Comment puis-je lui inculquer tous les dangers en une semaine ? » (pages 34-35)

 

« Je ne suis qu’un immense regret. » (page 48)

 

« Je suis le témoin consterné des surprises que nous prépare le corps. » (page 52)



La Boîte aux histoires de Marie Tibi


adrienLa Boîte aux histoires, c’est une collection imaginée par Marie Tibi : des livres à double entrée, proposant la même histoire en anglais et en français. Les trois premiers titres sont parus ces derniers mois.

 

Adrien, le héros d’Adrien et le stylo magique, est persuadé que ses parents ne s’intéressent plus à lui depuis que son petit frère est là. Alors il décide tout bonnement de quitter la maison. Une jolie histoire qui traite de la jalousie qui arrive en même temps que le bébé quand la famille s’agrandit.julia-fr

 

 

Julia et le lutin d’eau met en scène une petite fille qui ne voit pas l’intérêt qu’il y a à prendre un bain quotidien. Jusqu’à ce qu’un lutin d’eau lui parle par le pommeau de douche et que Julia se trouve entraînée dans de folles aventures…

 

Un coup de cœur pour L’histoire d’Adèle la coccinelle : l’insecte rouge à pois noirs a perdu un des points qu’elle avait sur le dadele-2os… Elle se lance à sa recherche et ça chante, ça danse, ça rime. On voudrait presque qu’Adèle ne retrouve jamais son point manquant pour prolonger l’enchantement !

 

L’histoire d’Adèle la coccinelle, Marie Tibi (texte) et C. Cilia (illustrations), à partir de 4 ans, 12 €

Adrien et le stylo magique, Marie Tibi (texte) et C. Cilia (illustrations), à partir de 6 ans, 13 €

Julia et le lutin d’eau, Marie Tibi (texte) et C. Cilia (illustrations), à partir de 6 ans, 13 €

 

Pour commander : le site de la Boîte aux histoires

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Le souffle de l’ange, Sophie Adriansen


Le souffle de l'angeIl y a un an, je découvrais « L’énigme des vacances », cette collection à succès des éditions Nathan, alternative aux traditionnels cahiers de vacances autrement plus amusante. Quoi de mieux, en effet, que de lire pour réviser le programme de l’année avant de passer dans la classe supérieure ?

 

J’ai la joie d’être l’une de deux nouveautés 2013 (et le 36ème titre) de cette collection.

 

Le souffle de l’ange est un roman destiné aux collégiens de 12-13 ans, une aventure qui met en scène Amanda, une adolescente qui passe la fin de l’été chez Mamyta et Papyjo :

« Amanda, en vacances chez ses grands-parents, découvre dans les environs un château à l’abandon. Le bruit court qu’il serait hanté et qu’intérieurun trésor y serait caché. Bravant les menaces d’un homme qui protège jalousement le château, Amanda se lance sur la piste du trésor. C’est sans compter sur sa bonne étoile ou plutôt sur son ange gardien, Maximilien… »

 

Cette histoire d’ange gardien est truffée de questions de français, maths, physique-chimie, SVT, histoire et géographie imaginées par Karine Juillien, enseignante, et complété d’un mémo pour parfaire les révisions. Le tout est illustré par la talentueuse Juliette Fournier.

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Qui a dit que les révisions des vacances devaient forcément être une corvée ?

 

Editions Nathan, collection L’énigme des vacances

de la 5ème à la 4ème (12-13 ans) 

avril 2013

120 pages

6,99 €

http://www.lenigme.com/



Troubles, Claudine Desmarteau


troublesPrésentation de l’éditeur :

«Trop de monde. Trop de fumée. Trop d’alcool. Trop de gens défoncés qui te marchent sur les pieds en titubant. Lassitude. Fatigue. Envie de tout lâcher, de me laisser porter par les ondulations des corps qui gesticulent autour de moi.»

De soirées au goût amer de bière, en fêtes au goût âpre de vodka, une bande de lycéens traîne la mélancolie de ses dix-sept ans.

Dans un monde qui vacille, Camille cherche son salut dans la force de son amitié pour Fred et dans sa passion pour le cinéma.

 

La vie de Camille se partage entre le lycée, où ce qui se passe entre les cours est évidemment bien plus important que ce qui se passe pendant, et son domicile, où ses parents se séparent mais, faute de moyens, décident de continuer à vivre sous le même toit. Camille passe son temps avec Fred, mais Fred est de plus en plus porté sur la fumette, il prend de plus en plus de risques, et cela ne plaît pas trop à Camille, qui n’aspire rien d’autre qu’au calme et à la discrétion.

Alors que l’amitié de Camille pour Fred prend des contours étranges, Camille met en parallèle la vraie vie et celle que raconte le cinéma, bien loin de sa classe de première, le cinéma qui est aussi son rêve d’avenir. Se faire des films.

Jusqu’au week-end où tout bascule… Et là, il faudra bien affronter la (terrible) réalité.

 

Troubles est un roman très rythmé, constitué majoritairement de dialogues qui font entrer d’emblée dans l’univers des protagonistes et les préoccupations de leur âge. Dans les beaux discours comme dans les non-dits, les failles, les angoisses et les doutes se font jour. Au récit du quotidien de Camille se mêlent ses ressentis sur les films que l’ado regarde – ces pages sont autant d’invitations à (re) découvrir ces grands moments du septième art – et auxquels Camille se raccroche.

Claudine Desmarteau réussit l’exploit de ne jamais indiquer au lecteur si Camille, qui narre l’histoire, est un adolescent ou une adolescente (exercice plus complexe qu’il n’y paraît, je m’en rends compte avec ces quelques lignes), rendant plus opaque et plus marquante encore cette plongée en eaux troubles.

 

A partir de 13 ans

Albin Michel Wiz, août 2012, 192 pages, 12 euros

 

Morceaux choisis :

 

« Faut choisir ce qu’on veut être dans la vie. Un cabri qui prend le risque de se faire dévorer par l’ours, ou un aigle qui zieute tellement bien tous les dangers d’en haut qu’il atterrit jamais. Il est condamné à voler tout seul. Tu crois que tu préfères être l’oiseau ? Réfléchis bien. » (page 8)

 

« Au mois de juin, on passera le bac de français et l’an prochain, l’examen qui mettra fin à nos vies de lycéens. Et après ? C’est maintenant qu’il faut commencer à y penser. On nous le répète assez. Et ça nous angoisse assez. » (page 29)

 

« En grandissant, on apprend à devenir faux cul. » (page 50)

 

« Le cerveau, c’est comme la forêt amazonienne. Moi j’ai pas envie de rester toute ma vie à me faire chier dans un petit pré carré. Je veux explorer des zones obscures. » (page 125)

 

« A vrai dire, je le sens moyen, ce week-end. C’est le côté colo, qui me chiffonne. Pour un peu, je leur ferais faux bond… Mais j’ai pas envie de me faire traiter d’autiste, une fois de plus. Pas envie non plus qu’ils passent deux jours à s’éclater sans moi, je l’avoue. Alors je fais semblant d’avoir hâte, tout en espérant une tempête, la veille du départ, qui couche des troncs d’arbres sur des centaines de kilomètres de voies ferres entre Saint-Lazare et Lisieux. » (page 148)



La chemise d’une femme heureuse, Susie Morgenstern


La chemise d'une femme heureuseLa chemise d’une femme heureuse, c’est ce dont a besoin la reine Annabellastella pour sortir de sa mélancolie. Le roi Georgieporgie XIII, son époux, dont le seul but est de voir la reine retrouver le sourire, se met en quête de ce vêtement rare…

 

Tandis que le roi fouille le palais, puis le royaume, à la recherche de la chemise préconisée par le sage, la reine découvre le plaisir grâce aux pâtisseries et autres confiseries du chef pâtissier Puttershissel. Elle grossit et on la croit enceinte : mais elle refuse depuis toujours que le roi la touche, et cela ne pourra changer tant qu’elle ne sera pas heureuse…

 

La chemise d'une femme heureuse_dosComme bien des livres pour enfants, cet album est à double lecture. Tandis que les enfants se réjouiront des péripéties du roi Georgieporgie XIII, des découvertes pâtissières de la reine Annabellastella, des illustrations chantantes de Batia Kolton et des chansons colorées de Rachel Pignot (sur des textes de Susie Morgenstern et des musiques de Louis Dunoyer de Segonzac), les adultes se délecteront de cette réflexion sur le désir en forme de conte et du parti que prend l’auteur pour la raconter aux plus jeunes.

 

Le livre s’accompagne d’un CD. La voix de l’auteur s’accorde à merveille avec son histoire. Un très bon point aussi pour les onze délicieuses chansons qui la ponctuent.

 

Actes Sud Junior, 2011, 42 pages et un CD, 20 euros

 

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