Le peuple des tunnels, Astrid Fontaine


Le peuple des tunnelsNul besoin de rappeler ici ma passion pour le métro. Je me suis donc précipitée sur Le peuple des tunnels, un lourd volume (900 grammes !) paru en début d’année.

 

Astrid Fontaine, ethnologue et archéologue de formation, y brosse le portrait de ces hommes et femmes qui ont évolué dans les souterrains parisiens du Nord-Sud, surnom de la Société du chemin de fer électrique souterrain Nord-Sud de Paris, la compagnie privée qui a construit et exploité trois lignes du métro de Paris entre 1902 et 1931.

 

Son ouvrage est fascinant. Il regorge de documents iconographiques, photos d’époque, illustrations, archives improbables, reproductions de courriers, de papiers d’identités… Cela va de la radiographie du poignet de l’employé qui a eu un accident de travail à la revue de presse du « dossier Paul Nolo », empTunnels 1loyé criminel, en passant par cette consigne illustrée datant de 1939 : « Si vous ne pouvez quitter une zone dangereuse, jetez-vous à plat ventre dans l’angle du tunnel. » [consigne toujours d'actualité, me souffle mon conducteur de métro préféré]

 

Le peuple des tunnels lève le voile sur un univers oublié et fait la démonstration que la grande Histoire n’est que la somme des petites qui la composent.

 

 

Gingko Editeur, janvier 2013, 400 pages, 25 euros

 

Un article sur le site de la RATP, qui a participé à l’édition de l’ouvrage

 

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Petit éloge du charme, Harold Cobert


Présentation de l’éditeur

« Il a du charme » concède-t-on quand on ne peut pas dire de quelqu’un qu’il est beau tout en lui reconnaissant un certain attrait. Mais quand on nous somme de nous expliquer, voilà que l’on bafouille. Qu’est-ce que le charme au juste ? Qu’est-ce qui le distingue de la beauté, de la séduction – notions élevées au rang d’impératifs catégoriques modernes – mais aussi de l’aura ou de son voisin linguistique, le charisme ? Tel est le charme : multiple, fuyant, se soustrayant sans cesse à l’analyse.

Le romancier Harold Cobert a relevé le défi. S’appuyant sur l’étymologie, la philosophie, l’histoire et la littérature, il examine tous les aspects de cette notion volatile dans un style aérien, ludique et bien sûr, charmant.

 

Cerner ce qui ne se peut toucher du doigt, définir ce qui accepte tant d’interprétations… Le pari était osé, le résultat ne déçoit pas. Le charme nous concerne tous, et Harold Cobert s’emploie ici à l’aborder d’une bien jolie façon. Plusieurs, en fait : la beauté, le mystère, la séduction, l’érotisme, la transgression… tout ce qui est charmant, et tout ce qui fait le charme.

« Le charme, comme tout ce qui échappe, est mystérieux. Le mystère, comme tout ce qui intrigue, charme. Tous deux attirent d’une manière irrésistible, non par ce qu’ils dévoilent, mais par ce qu’ils dissimulent. Tous deux sont fils de l’ombre. » (page 49)

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Truffé de références, cet essai n’en est pas moins très accessible, et on y retrouve avec bonheur la plume entraînante du romancier.

Le mot est facile, mais c’est la vérité : voilà une lecture dont on ressort charmé(e).

Lire le premier chapitre sur le site de l’éditeur

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[Et dans le Figaro Madame, Harold Cobert a prouvé qu'il avait en matière de blogs des goûts... charmants !]

voir ci-contre/cliquer sur l’article pour l’agrandir

 

François Bourin Editeur, octobre 2012, 124 pages, 14 euros



Marc Beltra – roman autour d’une disparition, Mathieu Simonet & Françoise Olivès


Présentation de l’éditeur :

« En décembre 2003, Marc Beltra a disparu à la frontière du Brésil, du Pérou et de la Colombie. Une instruction a été ouverte en France. La brigade criminelle du Quai des Orfèvres est allée sur place plusieurs fois. Je suis l’avocat de la famille. Le dossier a été clôturé récemment, sans qu’on sache ce qui s’est finalement passé. La mère du garçon m’a demandé d’écrire ce livre – en me laissant carte blanche – pour qu’on n’oublie pas son fils. Ce roman sortira le jour anniversaire de Marc (et pour les 10 ans de sa disparition). » (Mathieu Simonet)

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A l’été 2003, Marc Beltra, étudiant de 19 ans, s’est envolé pour la Colombie, ce pays où il y a deux disparitions en moyenne par jour. Aux grandes vacances, il décide de se rendre en Amazonie afin d’y faire des photos d’enfants pour un concours de l’Unicef.

Dans son sac, un livre au titre prémonitoire : Disparu (ou Perdu) en Amazonie.



Louis de Funès – Regardez-moi là, vous !, Sophie Adriansen


Pour les fêtes, nous avons eu droit, comme chaque année, à quelques rediffusions de ses films les plus cultes : Les Aventures de Rabbi Jacob, Le Corniaud… Ca n’est pas fini. Car nous célébrons en ce mois de janvier 2013 le trentième anniversaire de la mort de Louis de Funès, qui rendit son dernier soupir le 27 janvier 1983.

 

Je signe pour l’occasion une biographie axée sur trente rencontres importantes dans la vie et la carrière de Louis de Funès – une façon différente de parler d’un homme et d’un acteur sur lequel on pense tout savoir… peut-être à tort.

 

Il y a trente ans, Louis de Funès nous quittait. Trente ans déjà, trente ans seulement.

Le roi du rire conserve une place à part dans nos cœurs : malgré le temps qui passe, il reste un de nos acteurs de légende préférés.

 

Bourvil, Jean Carmet, Michel Galabru, Jean Lefebvre, Daniel Gélin, Jean Gabin, Yves Montand, Jean Marais, Coluche, Pierre Mondy, Michel Serrault, Jean-Claude Brialy, Bernard Blier, Mireille Darc, Mylène Demongeot, Claude Gensac ont été ses inoubliables partenaires à l’écran– et pour certains d’entre eux, de vrais camarades.

Gérard Oury, Georges Lautner, Claude Zidi, Robert Dhéry, Sacha Guitry, Pierre Tchernia, Michel Audiard, Claude Autant-Lara, Edouard Molinaro, Claude Sautet lui ont façonné des rôles mythiques.

Leonor de Funès, sa mère, Jeanne de Maupassant, son épouse, Patrick et Olivier, ses fils, ont été les piliers d’une vie privée qu’il a veillé à protéger au maximum.

 

Dans cette biographie, Sophie Adriansen revisite le parcours de Louis de Funès à travers trente rencontres particulièrement marquantes et propose des lectures étonnantes et inédites de plus de trente films qui nous en disent chacun un peu plus sur l’homme qu’il était.

C’est Louis de Funès comme vous ne l’avez jamais vu.

C’est Louis de Funès comme vous ne l’avez jamais lu.

 

Editions Premium, 18 janvier 2013, 304 pages, 16,90 €

Découvrir le sommaire > c’est là.

M’écouter lire un extrait > sur le site MyBoox.

A voir aussi > la folle semaine.

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On en parle déjà :

    • « Cette biographie par touche a quelque chose du story-board : chaque point de vue est un arrêt sur image, sur une perception particulière. [...] Avec cet ouvrage, c’est tout le cinéma français d’après-guerre qui nous ouvre les portes de ses studios et de ses loges. »  (Des galipettes entre les lignes)
    • « Cela se lit comme un roman, par entrées successives où chaque témoignage recueilli nous offre une approche différente de Monsieur De Funès. » (Les lectures de Martine)

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Bande annonce :



Je t’aime maintenant, Sandra Reinflet


 

A l’aube de ses trente ans, Sandra Reinflet, qui avait déjà recueilli les témoignages de 81 femmes nées comme elle en 1981, s’est lancée sur la piste de ses amours passées.

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Pour chacun d’eux, elle a sélectionné un moment en particulier, avant de partir à la recherche de l’être qui a traversé sa vie.

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Quête risquée, car faire revivre le passé peut se révéler dangereux – et de la flamme si vive, il ne reste souvent que les cendres.



Le grand livre des listes, Arnaud Demanche & Stéphane Rose


Arnaud Demanche (dialoguiste et auteur pour la télévision, notamment pour Nicolas Canteloup) et Stéphane Rose (journaliste, écrivain et directeur de collection aux éditions La Musardine) sont, avec Frédéric Royer, à l’origine des Gérard du cinéma, des Gérard de la télévision et des Gérard de la politique.

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C’est le même humour décalé et absurde que l’on retrouve dans ce petit livre qui se dévore.

A cela s’ajoute cette manie plus actuelle que jamais de faire des listes.

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Le résultat est jubilatoire. Ironie et jeux de mots, épinglages en règle et curiosités géniales, comique de répétition ou humour en-dessous de la ceinture…



R comme Rue, collectif ASERC


« Vous les avez probablement rencontrés au détour d’une rue, sous un porche ou sur un banc, solitaires, jeunes ou moins jeunes, parfois accompagnés d’un ou plusieurs chiens ou bien en groupe, souvent bruyant, vous faisant presser un peu le pas, vous laissant perplexes… Que font-ils ? Pourquoi en sont-ils arrivés là ? Ont-ils une histoire ? Comment vivent-ils ? Où dorment-ils ? »

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La rue, ce sont rarement ceux qui y vivent ou y ont vécu qui s’expriment à son sujet.

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Ce petit recueil est le fruit d’une année de témoignages. Un soir par semaine, à Cognac, hommes et femmes sont venus dans un lieu d’accueil raconter un peu de leur expérience. Plus d’une soixantaine ont tenu à participer.



Tendez-nous la main, Abdel Belmokadem


Abdel Belmokadem est un enfant du Mas du Taureau, le quartier de Vaulx-en-Velin devenu en octobre 1990 le théâtre des plus importantes violences urbaines qu’ait connues la France depuis la guerre. A l’époque, Abdel Belmokadem a 22 ans. Il débute une carrière de boxeur professionnel. Pendant les émeutes, il se sert de sa position pour s’interposer entre la police et les jeunes.

Sa vocation de médiateur est née.

Il sera un an plus tard le premier médiateur nommé dans le cadre de la politique de la ville, avant de devenir conseil municipal et de créer sa propre structure de médiation et d’insertion de jeunes en difficulté dans les zones urbaines sensibles. Il a fait recruter et former des milliers de personnes en dix ans.



La lutte des classes, Claire Berest


La lutte des classes est sous-titrée « Pourquoi j’ai démissionné de l’Education nationale ».

C’est un petit livre en deux parties, vif et percutant.

Dans la première partie, Claire Berest, qui a démissionné après une année de stage et cinq semaines en tant que titulaire, raconte ses désillusions et son combat quotidien pour faire cours dans le collège de ZEP où elle a été affectée. Morceaux choisis.

 

« J’essayais chaque matin d’être en avance, non par patriotisme scolaire, mais pour me laisser le temps de revêtir l’armure psychologique indispensable, aménager le délai nécessaire pour trouver du courage voire un peu d’allant.

Je vivais un paradoxe intéressant : la terreur et le soulagement.



Grandir à Lyon, Jocelyne Fonlupt-Kilic


 

On connaissait la collection « Nous, les enfants de… », qui invite à se replonger dans les 18 premières années d’une classe d’âge. Toujours aux éditions Wartberg, Jocelyne Fonlupt-Kilic (« Nous, les enfants de 1950 ») propose de revisiter une jeunesse ancrée dans une époque et une région.

 

Nous voici donc à Lyon dans les années 1960 et 1970.

 

Porté par le ton léger et entraînant, on plonge dans une histoire individuelle qui devient, par la plume de l’auteur et la conception habile de l’ouvrage, celle de toute une génération. C’est que les souvenirs sont collectifs !