Déclinaisons de classiques


ultimfond1Ils sont pour l’instant au nombre de quatre : Orgueil et préjugés, Le Rouge et le Noir, Une saison en enfer – Poésies, Illuminations et Le cas étrange du Dr Jekyll et de Mr Hyde.

Quatre classiques, quatre incontournables que les créateurs de la maison d’édition üLtim aiment tellement qu’ils les ont déclinés.

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Pour chacun, une nouvelle édition de l’œuvre (la Saison en enfer que j’ai en main est sublime, et rajouter le plaisir de la vue et du toucher ne fait évidemment qu’augmenter le ultimfond2bonheur de lecture), un carnet et un agenda assortis sont disponibles.

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L’idée de cette création ? « Le livre que nous aimons doit nous accompagner partout. »

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Reste à ne pas se laisser intimider par les objets de papeterie et à oser poser la pointe de son stylo sur leurs pages…

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Des séries qui ressemblent fort à des cadeaux de Noël idéaux pour les amateurs de Jane Austen, d’Arthur Rimbaud, de Stendhal et de Robert Louis Stevenson… et pour les autres aussi !

http://www.ultim-lexperience.fr/

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Orgueil et préjugés : 416 pages, 15 €

Le Rouge et le Noir : 500 pages, 15 €

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Une saison en enfer – Poésies, Illuminations : 128 pages, 10 €

Le cas étrange du Dr Jekyll et de Mr Hyde : 128 pages, 10 €

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Carnets : 128 pages, 10 €

Agendas : 128 pages, 8 €

 

 

 



Dans un livre, j’ai lu que…


dans-un-livre-j-ai-lu-que-_9782746730007Présentation de l’éditeur :

Dans un livre, j’ai lu que le mot « canoë » est arrivé en Europe grâce aux Espagnols. En somme, « canoë » a voyagé en « caravelle »…
Dans un livre, j’ai lu que Cocteau fit rire un auditoire d’Immortels, en déclarant dans son discours de réception à l’Académie française : « Je sais que la poésie est indispensable. Mais je ne sais pas à quoi… »
Dans un livre, j’ai lu que…, ce sont les trésors de lecture d’Eugène, insolites, drôles, érudits… Embarquement pour le pays des mots !
Partagez avec Eugène vos propos trouvailles… Lisez et participez à la suite de l’aventure. Voir modalités du jeu à l’intérieur.

 

Ce petit volume est une compilation d’anecdotes au sujet de la littérature dénichées dans des livres de tous types et de toutes époques. Ces trouvailles ont été proposées par des professionnels de la littérature ou par des amateurs passionnés. Seul critère : l’originalité (au sens que le Larousse donne de l’adjectif original : Qui émane directement de son auteur ou de sa source, qui n’est pas une copie, une reproduction, une traduction, une refonte, etc. ; authentique.)

 

Cela donne un passionnant recueil de découvertes classées selon un subjectif ordre alphabétique de thèmes. Petites et grandes histoires de la littérature, vérités qu’il était nécessaire de rétablir et explications enfin obtenues, anecdotes à produire dans les dîners et leçons de choses… c’est une mine.

A offrir aux amoureux de la littérature et aux autres, pour lire et faire lire toujours davantage.

 

Éditions autrement, mars 2011, pages, 10 euros

 

Quelques découvertes :

 

Dans un livre, j’ai lu qu’on peut avaler une formule magique comme on avale un médicament. Par exemple, des souffrants placent sur leur langue une pierre de jade sur laquelle une formule magique est inscrite. Ils laissent les mots se mélanger à leur salive, qui coule dans l’estomac et de là se répand dans tout le corps.

 

Dans un livre de médecine, j’ai lu que « le placebo est un mensonge qui guérit ». Je me demande s’il ne s’agit pas de la plus belle définition de la littérature.

 

Dans un livre, j’ai lu cette mise en garde d’un professeur de littérature à ses jeunes étudiants : « Si vous croyez avoir inventé quelque chose, c’est que vous n’avez pas encore assez lu. »



Le livre qui console, Marie-Salomé Peyronnel & Joann Sfar


livre-qui-consolePrésentation de l’éditeur :

Le livre qui console est une promenade graphique, joyeuse et poétique aux pays des larmes pour mieux apprendre à les sécher.

 

 

Les larmes couteaux, les larmes qui brûlent, les larmes indélébiles ; les larmes contagieuses, les larmes amoureuses, les larmes malheureuses ; et les larmes de joie, les larmes sans douleur, les larmes qui lavent.

 

En s’appuyant sur un récit personnel, familial, mais aussi sur des cas plus génériques, ou issus de la littérature, en illustrant son propos de citations et en le complétant de listes de musiques ou films qui font passer du rire aux larmes, Marie-Salomé Peyronnel dresse un portrait de ce qui coule de nos yeux.

Tout le monde pleureC’est aussi un bref état des lieux de nos émotions. Il peut s’avérer utile de mettre de mots sur ce qui nous fait flotter à la surface de la vie.

 

Je ne crois pas que ce livre console (il est vrai que notre besoin de consolation est impossible à rassasier) mais il permet de comprendre pourquoi l’on pleure. Et l’on vogue avec délices sur les pages illustrées par Joann Sfar.

 

Flammarion, octobre 2014, 128 pages, 12 euros

 

Combien de larmes« Je ne savais pas

que je pouvais fabriquer

autant de larmes. »,

a écrit Michèle Halberstadt

dans Mon amie américaine.

 

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

Toute la rentrée littéraire 2014



Homme/femme mode d’emploi, Yang Liu


yang_liu_man_woman_va_f_3d_04622_1406171647_id_821489Présentation de l’éditeur :

 

Les pictogrammes astucieux et audacieux de Yang Liu revisitent la vie des hommes et des femmes : leurs rôles, leurs relations et les clichés vieux comme le monde

 

Essayez d’imaginer un contexte où un homme portant une robe paraîtrait aussi normal qu’une femme en pantalon. Où une femme qui s’exhiberait en public ne serait pas sexy, mais aussi inquiétante qu’un exhibitionniste. Où les deux sexes auraient les mêmes chances de réussite et le même statut professionnel.

 

Dans ce premier volume d’une nouvelle série TASCHEN, la célèbre graphiste Yang Liu s’attaque à l’un des sujets les plus anciens, mais toujours aussi brûlant: il et elle. En s’inspirant des expériences, défis et nombreux points de vue des hommes et des femmes qu’elle a observés dans la vie, Yang Lui aborde la vaste et vertigineuse question du genre grâce à d’audacieux pictogrammes binaires.

 

Illustrant toute une série de situations, du bureau à la maison, les dessins de Yang Liu se montrent aussi simples et accessibles par leur forme qu’infinis par les associations, évocations et réponses qu’ils suscitent. En combinant stéréotypes séculaires et divergences d’actualité, cette nouvelle approche des rôles des hommes et des femmes et de leurs relations représente avant tout un effort de synthèse d’un problème éminemment épineux sous une forme graphique amusante et rafraîchissante, qui facilite et éclaire entente et tolérance mutuelles entre les sexes.

 

 

Parfois clichés mais souvent très bien vues, les doubles-pages de la graphiste Yang Liu prêtent à sourire, rire, réfléchir, se révolter, l’absence de commentaire doublant leur force. Un petit livre réussi et efficace, un imagier du sexisme ordinaire dont on voudrait reproduire certaines planches en 4 x 3 – et qu’à défaut, on peut offrir à foison.

 

Taschen, septembre 2014, 128 pages, 12 euros

Le site de l’auteur : http://www.yangliudesign.com/

 

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Le Paris me des kids, Marcella & Pépée


Paris mePrésentation de l’éditeur :

La Tour Eiffel dans tous ses états comme vous ne l’avez jamais vue. Couleurs pop et graphisme dynamique, les deux auteures revisitent l’emblème de Paris. La géante de fer au gris austère s’habille en rouge, en jaune, en bleu. Et se transforme en symbole de gaieté. Paris Me des Kids, un petit livre d’art, de mots et de couleurs à emporter partout… Un livre créatif qui laisse place à l’inventivité des enfants. 

 

 

Des haïkus.

Des tours Eiffel.

Des cœurs.

Des souris.

Un loup et un petit chaperon rouge.

paris-me-pomme-damourDes chats.
Une marelle.

De la poésie.

Des couleurs pastel.

Des gâteaux moelleux.

Des animaux facétieux.

Des mots beaux.

 

Il y a tout cela, et plus encore, dans ce tout petit livre qui s’adresse aux tout petits et raconte un Paris plein de gaieté et de fantaisie.

 

Un Paris qui réveille l’imagination.

 

Un Paris qui me chavire.

 

Editions Les Carnets du Dessert de Lune, février 2014, 32 pages, 8 euros

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Tous les livres jeunesse

 

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Pour savoir où le trouver, cliquez !

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Surfing, Jim Heimann


cover_va_365_days_surfing_int_1312200951_id_756949Présentation de l’éditeur :

Apportez une touche d’adrénaline à votre quotidien. Avec le calendrier perpétuel TASCHEN Surfing, découvrez chaque jour une photographie ou une illustration vintage qui vous donneront la nostalgie de la culture surf d’antan. Des citations issues du cœur de la culture surf vous changeront les idées en vous emportant bien au-delà de votre bureau. À la fin de l’année, vous n’aurez plus qu’à retourner au début pour laisser déferler l’aventure !

 

 

L’été à portée de main ! Et avec lui le sable, les planches, les cheveux blondis par le sel, les effluves de monoï. Ce calendrier perpétuel, c’est l’esprit du surf du temps des Beach boys. Mais il n’est pas nécessaire d’aimer taquiner la vague pour apprécier les photographies, illustrations et citations de l’ouvrage ; aimer les vacances suffit !

 

Un très bel objet, presque aussi lourd qu’une planche, qui donne envie de plonger… et qui, on le sait déjà, nous aidera à traverser l’hiver.

 

Taschen, 2014, 736 pages, 19,99 euros

 

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Bourrasques et accalmies, Sempé


Bourrasques et accalmiesPrésentation de l’éditeur :

Dans Enfances, Sempé s’attardait avec douceur et mélancolie sur le bonheur de l’insouciance. Avec son nouvel album Bourrasques et accalmies, il passe à l’âge adulte et le grand enfant qu’il est s’amuse à en croquer les contradictions.
Entre bourrasques et accalmies donc, on retrouve, éclatante, la poésie de Sempé, ce rire nécessaire qui invite nos esprits (trop) sérieux à poser un regard différent sur le monde, les hommes et soi-même. Une véritable thérapie comme le dit Sempé: «Quand je me suis mis à dessiner, c’était peut-être une sorte de thérapie, j’ai eu envie de dessiner des gens heureux. De faire du dessin humoristique avec des gens heureux. Ce qui est de la folie. Mais c’est mon caractère.»
Cent-vingt petites scènes savoureuses content ces éclaircies pendant la tempête quand chacun tente de maintenir le cap ou de le garder.

 

 

Sempé1Si Sempé ne légende pas toujours ses dessins, c’est parce que le plus souvent ils se passent de commentaires.

Si les personnages ne dialoguent que peu, c’est parce que les rapports humains souvent s’établissent sur des hiatus – et aussi qu’on oublie régulièrement de se taire.

Et si je ne m’étends pas sur ce très bel album grand format, répertorié dans la catégorie humour cependant qu’il est surtout empreint de nostalgie et d’espoir, de rêverie et de fatalité, c’est parce qu’est paru à l’automne un petit essai sur Sempé, dont je parlerai ici même la semaine prochaine, et que je ne saurais dire mieux.

 

Editions Denoël, 2013, 120 pages, 35€

 

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

Quelques enfants, Sempé

Par avion, Sempé

 

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Qui a tué Jacques Prévert ?, Sandra Reinflet


Qui a tué Jacques PrévertQuatrième de couverture :

Je suis passée devant mon école primaire. De l’extérieur, il m’a semblé que des carreaux étaient cassés J’ai escaladé la grille et l’ai retrouvée éventrée. A l’abandon. Au fil des pas, les souvenirs ont ranimé chaque salle, chaque couloir de l’école Jacques Prévert. Vingt ans plus tard, rien n’a changé, ou presque.

 

 

Depuis 2008, l’école primaire par laquelle est passée Sandra Reinflet est désaffectée. De ce lieu initiatique désormais à l’abandon, l’écrivain-photographe a pris des dizaines de clichés. Salles de classe saccagées, murs tagués, vitres brisés, et souvenirs qui se ramassent à la pelle, avec les feuilles mortes jonchant le sol de la cour. Sous la couverture, l’ouvrage hybride, à mi-chemin entre la balade poétique et l’album d’anecdotes, entre le beau livre et le carnet de correspondance (carnet de vie scolaire dit-on), emballé dans son protège-cahier, des textes courts accompagnent les images – et parfois celles-ci prennent toute la place.

 

sandra_reinflet_3Sandra Reinflet rappelle les souvenirs avec une bienveillance qui éloigne définitivement toute nostalgie paralysante ; le passé est passé. Son regard est tendre, et la contemplation tend à la rêverie.

Qui a tué Jacques Prévert ? est le journal d’une part de soi.

 

Un adulte créatif est un enfant qui a survécu. Ce détour par son école primaire semble avoir fait à Sandra Reinflet l’effet d’un bain de jouvence. Ce livre, c’est la confirmation qu’elle ne se trompe pas. C’est rare, ça fait du bien, ça fait se sentir moins seul et ça donne envie de partager.

 

Comme avec son précédent livre, Sandra réussit, en parlant d’elle, à faire s’interroger celui qui tourne les pages. Elle inciterait presque à aller voir ce qu’est devenue son école primaire – et à vérifier qu’on n’a pas tout à fait trahi celle (celui) qu’on était lorsqu’on y apprenait.

 

La Martinière, janvier 2014, 144 pages, 24 €

 

Jusqu’au 19 février 2014, plusieurs photographies issues de l’ouvrage sont exposées à la Bibliothèque nationale de France (quai François Mauriac, 75013) dans le cadre de la Bourse du talent et de la photographie.

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Je t’aime [maintenant]

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La bande-annonce du livre :

Image de prévisualisation YouTube

Les Contes d’Hans Christian Andersen


les-contes-de-hans-christian-andersen-noel-daniel-9783836526777« Une toupie et une balle se trouvaient l’une à côté de l’autre dans une boîte à jouets. « Pourquoi, dit la toupie, ne pas nous fiancer, puisque nous devons passer notre vie ensemble ? » Mais la balle, qui était recouverte d’un beau maroquin et qui n’était pas moins fière qu’une demoiselle de haute volée, ne prit pas la peine de répondre. » (Un couple d’amoureux, page 196)

 

Les contes du « trésor national » danois ne vieillissent pas et en disent plus qu’il n’y paraît sur la société. Vingt-trois contes parmi les plus célèbres de l’inventeur du genre se côtoient dans cette superbe édition qui s’adresse à tous.

 

Lire mon article complet sur MyBoox.

 

Avec sa reliure en tissu et sa couverture aux caractères dorés, ce beau livre à mi-chemin entre l’album jeunesse et l’ouvrage d’art est un parfait écrin pour ces contes d’une grande modernité. On n’est pas loin du cadeau idéal.

 

Les contes de Hans Christian Andersen, édités par Noel Daniel, Taschen, octobre 2013, 320 pages, 29,99 €

 

 

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Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, Stig Dagerman


dagermanPrésentation de l’éditeur :

Depuis la découverte, en 1981, de ce texte où Stig Dagerman, avant de sombrer dans le silence et de se donner la mort, fait une ultime démonstration des pouvoirs secrètement accordés à son écriture, le succès ne s’est jamais démenti. On peut donc, aujourd’hui, à l’occasion d’une nouvelle édition de ce « testament », parler d’un véritable classique, un de ces écrits brefs dont le temps a cristallisé la transparence et l’inoubliable éclat.

 

Ecrit en 1952, deux ans avant que son auteur ne se suicide, ce texte évoque les faiblesses qui nous font hommes, nos limites, notre finitude et le désespoir qui peut découler de leur conscience. Même entouré, l’on est seul alors autant devenir soi pour donner tout son sens au mot vivre.

Ce que Stig Dagerman a parfaitement compris, il n’aura pas réussi à le mettre en pratique, et c’est ce qui rend ce sublime texte, où tout, véritablement tout est d’une infinie justesse, bouleversant et déchirant.

 

Celle qui m’a offert ce petit livre est elle aussi en quête de consolation. Je lui souhaite de la trouver dans des bras aimants ou dans les lignes de tout ce qui reste à écrire.

Ici, ça va mieux.

Merci.

 

traduit du suédois par Philippe BOUQUET

Actes Sud, 1981, 24 pages, 4,10 €

 

A lire aussi sur Sophielit :

Le petit livre des gros câlins, Kathleen Keating

 

Quatre extraits :

 

« Comme je sais que la consolation ne dure que le temps d’un souffle de vent dans la cime d’un arbre, je me dépêche de m’emparer de ma victime.

Qu’ai-je alors entre mes bras ?

Puisque je suis solitaire : une femme aimée ou un compagnon de voyage malheureux. Puisque je suis poète : un arc de mots que je ressens de la joie et de l’effroi à bander. Puisque je suis prisonnier : un aperçu soudain de la liberté. Puisque je suis menacé par la mort : un animal vivant et bien chaud, un cœur qui bat de façon sarcastique. Puisque je suis menacé par la mer : un récif de granit bien dur. » (page 12)

 

« La liberté commence par l’esclavage et la souveraineté par la dépendance. Le signe le plus certain de ma servitude est ma peur de vivre. Le signe définitif de ma liberté est le fait que ma peur laisse la place à la joie tranquille de l’indépendance. » (page 16)

 

« Les possibilités de ma vie ne sont limitées que si je compte le nombre de mots ou le nombre de livres auxquels j’aurai le temps de donner le jour avant de mourir. Mais qui me demande de compter ? » (page 18)

 

« Tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté. » (page 21)