Come prima, Alfred


comeprima« Je m’appelle Fabio Foscarini, et je n’ai pas revu mon pays depuis tellement longtemps que je ne sais même plus si c’est moi qui l’ai quitté ou si on m’en a chassé… » (page 167)

 

Giovanni et Fabio sont frères. Après des années de séparation, ils font ensemble la route depuis la France, où Fabio s’est exilé, vers l’Italie, leur pays natal, où planent les souvenirs d’enfance et où errent les fantômes du passé…

 

Il y a dans les pages de ce très bel album toute la difficulté qu’on éprouve à resserrer des liens distendus. Toute la difficulté qu’on peut éprouver à aimer quand on a choisi très tôt de ne compter sur personne. Tout l’amour que le temps enfouit mais qui ne demande qu’à ressurgir. Une certaine idée de la fraternité. Ce qui nous pousse à faire les choix que l’on fait.

Toutes les lumières de l’Italie, aussi. Et beaucoup d’émotion.

 

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« J’attendais le départ. Depuis toujours j’attendais… Et puis un jour c’était là. Maintenant. Je savais pas vers quoi j’allais, mais je savais déjà que je voulais pas rater ça. Un bateau plein de promesses… Je m’y suis engouffré sans attendre personne. » (page 93)

 

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Cet album a reçu le prix du meilleur album au festival international de bande dessinée d’Angoulême 2014. Pas par hasard.

Editions Delcourt, octobre 2013, 224 pages, 25,50 euros

 

Une interview de l’auteur, le début de l’album à feuilleter… Il y a plein de choses à découvrir sur le site de l’éditeur.

 

Une bande-annonce a même été réalisée :

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A nous deux, Paris !, Jean-Paul Nishi


a-nous-deux-paris-picquierA nous deux, Paris ! est l’irrésistible journal d’un dessinateur japonais débarqué dans la capitale. Employé dans un magasin d’alimentation japonaise dans le quartier de l’Opéra, il observe le comportement des Français en général – et des Parisiens en particulier – et nous livre un portrait de nous drôle, touchant et parfois stupéfiant.

 

Des considérations linguistiques aux particularités de prononciation, des traditionnelles bises (une habitude révolutionnaire pour les Japonais) aux immeubles sans rideaux aux fenêtres, qui laissent voir la vie des Parisiens à tous les étages, des rapports hommes-femmes aux réflexions plus globales sur les différences culturelles, on se régale de ces planches dans lesquelles il y a tant de nous.

 

Editions Philippe Picquier, 2012, 196 pages, 14,90 euros

Traduit du japonais par Corinne Quentin

 

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Kiki de Montparnasse, Catel & Bocquet


KikiDeMontparnassePrésentation de l’éditeur :

Kiki de Montparnasse, née Alice Prin au tout début du XXe siècle, fut l’une des figures les plus marquantes de la vie artistique parisienne de l’entre-deux guerres, lors des Années Folles. Égérie et amie de très nombreux artistes – Modigliani, Duchamp, Desnos, Picasso, Cocteau, Aragon, bon nombre des surréalistes –, Kiki fut la muse et l’inspiratrice de créateurs devenus depuis des signatures majeures de l’art moderne, comme Foujita et Man Ray. C’est cette existence hors norme, retracée à travers la plupart des épisodes-clés d’un parcours de vie trépidant, que racontent avec passion Catel et José-Louis Bocquet, dans un album ambitieux qui est autant l’évocation d’une époque que le magnifique portrait d’une femme libre. Plus de trois cent planches de création exigeante et généreuse, Kiki 1910en hommage à l’art sous toutes ses formes.

 

Des mêmes Catel & Bocquet, j’ai lu et adoré, en 2012, Olympe de Gouges ; j’ai même donné ma voix à cet album dans le cadre du Grand Prix de l’héroïne madame Figaro, qui en a été lauréat dans la catégorie Biographies.

 

Ils mettent ici en scène Alice Prin, qui deviendra rapidement Kiki, personnalité remarquable et remarquée, au destin pas seulement  heureux mais riche d’expériences et de rencontres.

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« Jamais Kiki ne fera la même chose trois jours d’affilée, jamais, jamais, jamais ! »

 

Autour d’elle évoluent, reléguées à des rôles de second plan voire à de la figuration, les principales figures artistiques de l’entre-deux-guerres.

 

Quoique restant en surface des choses (et donnant, du coup, envie de se plonger dakiki-man-rayns d’autres documents sur cette époque), cet album se dévore.

Il est aussi une fresque, une revue en noir et blanc du Paris des années folles, assortie des notices biographiques des principaux personnages croisés par l’héroïne

 

Cet album a obtenu le Grand prix RTL 2007.

 

Casterman Ecritures, 2007, 380 pages, 20 euros

 

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Il était une fois une princesse, Luluinthesky


Présentation de l’éditeur :

 

 

 

 

 

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Voici une princesse étonnante, à la fois ancrée dans son époque (la nôtre), romantique, rêveuse, féministe, nourrie aux personnages de Walt Disney… Et comme toute princesse qui se respecte, elle cherche son prince charmant. Mais, comme toujours quand on a une idée précise de ce que l’on cherche, on risque la déception…



Le canon graphique, Russ Kick


Voici un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié), un de plus.

Le canon graphique est un album de 500 pages constituant un pont entre la bande dessinée et la littérature très classique.

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Ce premier tome (car c’est le début d’une série qui en comptera trois) est consacré à la littérature de l’antiquité à la fin du XVIIIème siècle : les grandes épopées anciennes, Gilgamesh, L’Odyssée, L’Enéide, l’adaptation de pièces de la Grèce antique comme Médée d’Euripide ou Lysistrata d’Aristophane, des interprétations des textes sacrés (l’Ancien Testament, l’Apocalypse de Jean, le Tao Te King de Lao Tseu), des poèmes soufis de Rûmî, l’épopée sanskrite du Mahâbhârata , le texte mythologique maya Popol-Vuh, mais aussi les grands textes asiatiques (Le Dit

du Genji, des poèmes de l’âge d’or de la littérature chinoise, Le Livre des morts tibétain, des pièces du théâtre Nô japonais…), La légende de Beowulf, Les Mille et Une Nuits, La Divine Comédie de Dante, les Contes de Canterbury de Chaucer, Le Paradis perdu de Milton, et jusqu’aux Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos…



Un été au Cap-Ferret, Fabienne Legrand


L’été se termine, les vacances sont déjà loin… Le moment est idéal pour ouvrir cet album.

 

Avec son trait assuré et ses couleurs féminines, Fabienne Legrand brosse le portrait d’une héroïne aussi insupportable qu’attachante en vacances, comme tous les ans, au Cap-Ferret (« son » Ferret, donc).

 

On se délecte de cette sélection de situations parmi les plus amusantes et décalées du quotidien de cette population à part qui fréquente le Cap-Ferret et pour laquelle l’auteur, dont le vécu et le sens de l’autodérision transparaissent, a beaucoup de tendresse.



Paul au parc, Michel Rabagliati


Paul au parc, c’est surtout Paul aux scouts – mais c’est au parc que tout commence, et que tout finit.

 

Un album dans la droite lignée de ce à quoi nous avait habitués Michel Rabagliati.

 

Un album pour découvrir Paul, héros anonyme, ou prolonger le plaisir de passer quelques heures dans sa vie.

 

Un album d’une densité et d’une émotion tellement rares qu’il vient se placer en très, très bonne position dans mon Panthéon BD.

 

Pour mieux connaître Paul : c’est là.



Le pont des arts, Catherine Meurisse


« Sur une rive, la littérature, sur l’autre, la peinture. Entre les deux, un pont qu’empruntent les écrivains et les peintres, fascinés par la beauté d’une toile de l’un, puisant l’inspiration dans un roman de l’autre. Voici quelques petites histoires de grandes amitiés entre les arts. »

 

Ainsi Catherine Meurisse présente-t-elle cet album qui met en scène les peintres et écrivains qu’elle chérit – son musée idéal, en somme – et nous conte avec fantaisie les histoires de grands romans français et de toiles emblématiques.

En couverture, Picasso s’est fait chiper son pinceau par Proust. Le ton est donné.



Portugal, Pedrosa


Simon est auteur de bandes-dessinées – enfin, en théorie, car l’envie de « faire des livres » l’a quitté. Il se rend au Portugal, invité dans le cadre d’un festival de BD.

Le Portugal, c’est là que se trouvent les racines familiales de Simon.

Ce voyage va déclencher l’introspection de Simon : pourquoi son grand-père a-t-il quitté le pays sans jamais y revenir ? Pourquoi lui-même n’est-il pas retourné depuis si longtemps sur ces terres au parfum d’enfance ?

 

Cyril Pedrosa met en planches et en bulles les questionnements existentiels, et somme toute très banals, de son héros. Ses cases sont pleines d’invisibles émotions.



Olympe de Gouges, Catel & Bocquet


Présentation de l’éditeur :

De Montauban en 1748 à l’échafaud parisien en 1793, quarante-cinq ans d’une vie féminine hors normes, et l’invention d’une idée neuve en Europe : la lutte pour les droits des femmes.
Née dans une famille bourgeoise de province, sans doute fille adultérine d’un dramaturge à particule, Marie Gouze dit Olympe de Gouges a traversé la seconde moitié du XVIIIe siècle comme peu de femmes l’ont fait. Femme de lettres et polémiste engagée, elle se distingue par son indépendance d’esprit et l’originalité parfois radicale de ses vues, s’engageant pour l’abolition de l’esclavage et surtout pour les droits civils et politiques des femmes. Opposée aux Robespierristes et aux ultras de la Révolution, elle est guillotinée pendant la Terreur.