La femme du Soir, Ariane Larsen


 

La femme du Soir, c’est Catherine Rioux, néo romancière, très vite rebaptisée Eva Gérald par Christian Calisson, emblématique éditeur des Editions du Soir, qui compte faire de la jeune première la vedette de la prochaine rentrée littéraire.

 

Pour s’assurer de son succès, l’éditeur pousse la naïve demoiselle dans les bras de quelques journalistes influents, tandis que celle-ci, qui n’a d’yeux que pour celui qui la fait retravailler son roman, se désespère…

 

Ariane Larsen connaît bien le milieu de l’édition, c’est certain. Elle s’amuse, dans ce roman érotique, à se moquer des auteurs prêts à tout pour exister autant que des critiques qui profitent du petit pouvoir que leur confère leur statut et des éditeurs qui manipulent à leur guise leurs poulains.

[attention, hein, j'ai bien dit roman érotique ; un vrai, pas un ersatz ; c'est-à-dire que l'auteur n'y va pas par 50 chemins, qu'il n'y a pas de nuance et que c'est noir, ou blanc, mais pas gris]

 

Cette vision peu habituelle et très décomplexée de Saint-Germain-des-Prés est délicieuse. On reconnaît ça et là des figures, des maisons, des comportements tout sauf fictifs.

Quant au reste – que la plupart des échanges s’y terminent à l’horizontale – chacun jugera de la possible distance avec la réalité…

 

Un extrait :

(copié sur le savoureux blog d’Aymeric Patricot, La littérature sous caféine, qui profite de la lecture de ce roman [et d’autres] pour s’interroger sur le vocabulaire érotique)

 

« Le début du repas fut un peu ennuyeux. Philippe ne trouvait rien à dire à la jeune femme, l’envie de faire l’amour le rendait singulièrement muet, presque idiot. Eva Gerald avait bien lu Passion, le dernier livre de Philippe mais ne savait quoi lui dire et redoutait que de ne parler que de celui-ci fasse deviner à l’auteur qu’elle n’avait vraiment lu que celui-là. Du reste, elle n’avait pas détesté ce roman, récit d’une passion très intellectuelle et très physique entre un architecte et une paysagiste qui partaient s’aimer et discuter au Sahara – une destination plutôt singulière pour deux professionnels de l’aménagement de l’espace. Finalement tout en mangeant quelques sushis, elle lui demanda des éclaircissements sur les passages concernant le bouddhisme et certains symboles chinois dont le héros semblait féru. En lui répondant Michel Philippe trouva l’occasion de parler de sexe, une façon de préparer le terrain pour la suite… » (page 51)


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