Kiffer sa race, Habiba Mahany


Présentation de l’éditeur

« Dans cette tour verticale, nous avons grandi les unes sur les autres jusqu’à ce qu’Adam, le fils tant désiré, naisse. Les darons ont fêté l’événement pendant une semaine. On s’entassait Linda et moi dans une chambre minuscule quand il se prélassait dans une pièce royale. Nous, filles, savions où était notre place… Allez, je vous mène en bateau. Vous croyez sérieusement que ma vie, c’est ce ramassis de clichés ? »

Argenteuil. En cette rentrée scolaire, Sabrina, brillante élève d’une classe de première, a bien du mal à se concentrer. Outre les embrouilles avec un frère qui joue au petit chef, le comportement mystérieux de sa sœur depuis son retour du bled, et la trahison de sa meilleure amie, c’est surtout la rencontre avec Alphonse, un jeune homme aussi troublant que doué, qui va la faire vaciller… Et grandir. Sous de faux airs âpres, cette chronique pleine d’humour et de tendresse brosse le portrait d’une génération fragile et généreuse.

 

Sabrina raconte donc les petits et les grands événements qui viennent bouleverser son quotidien.

On le lâche pas le premier roman d’Habiba Mahany. Le style est très accessible, les chapitres s’enchaînent à un rythme haletant, et on vit le temps de ces 250 pages avec cette grande adolescente dotée d’une sacrée personnalité.

 

« Les livreurs de pizzas, c’est des dingues de dingues, c’est pas possible. On dirait que les keums, ils se suicideraient pour arriver à l’heure chez le client. Et que je grille un feu, un stop, et que je monte sur le trottoir et que je zigzague. Résultat, Bernard, il est mort pour une pizza chaude. Rien que de le dire, ça me glace. » (page 74)

 

Dans « Kiffer sa race », Habiba Mahany pose aussi un regard lucide et plein d’autodérision sur la banlieue. Sa vision est sans concession – mais positive. Et les clichés ont la vie dure.

 

Qu’ils soient drôles ou pleins de failles, les personnages que met en scène l’auteur sont diablement attachants. Il y a de l’humour à chaque page, et des jolies phrases que l’on prend plaisir à relever.

 

« Si c’est ça l’intégration, raser les murs et porter des noms de Français moyens, je préfère être désintégrée sur-le-champ. » (page 11)

  

De l’humour, et de l’émotion aussi. De la vie, en fait. Et de quoi kiffer sa race

 

« Ici, lire c’est au mieux un devoir d’école, au pire une punition, alors pour aimer ça, il faut vouloir se faire remarquer. Moi j’explique, la littérature, c’est pas un truc de riche, le savoir, c’est pas un domaine réservé. C’est pas parce qu’on nous a mis dans un ghetto qu’il faut qu’on se contente de ce qu’on a. Zola, Balzac, Hugo, ces noms qui effraient, ils ont écrit sur les pauvres de leur époque. Et nous, qui on a, hein. Si on se donne pas la peine de parler, personne nous écoutera. » (page 38)

 

Lattès, 2008, 250 pages, 15 euros


2 comments on “Kiffer sa race, Habiba Mahany

  1. Je connais l’auteur, charmante, à force de la voir sur les salons, mais je n’ai lu d’elle que La petite Malika, écrit avec son frère.

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