Les romans n’intéressent pas les voleurs, Alain Rémond


« Parler des livres, c’est parler de soi, finalement. C’est parler de sa vie. » (page 39)

 

« On n’écrit pas contre ses lecteurs. On leur écrit à eux. En prenant le risque de ne pas les toucher. Ou, au contraire, de trop les toucher. » (page 158)

 

Présentation de l’éditeur :

Son métier, aux éditions Hurtebise, c’est de « mettre en forme » les romans des autres. Essentiellement, en l’occurrence, les innommables salades de Bannister, le best-seller maison. Qui produit à la chaîne des romans vaguement politiques, vaguement policiers, vaguement sentimentaux et totalement nuls. C’est à lui, Jérôme, de leur donner du ton, du style, de les faire tenir debout.
Mais sa vraie passion, à Jérôme, c’est Santenac. L’auteur génial et météorique de trois livres, au début des années 1960, racontant des histoires de famille. Trois livres et puis plus rien : Santenac, soudain, a disparu, plus personne ne l’a jamais revu.
Avec Jean-Paul, son ami d’enfance devenu journaliste, Jérôme n’a qu’une idée en tête : retrouver Santenac. Et lire les livres qu’il a forcément écrits, au fin fond de sa retraite. Justement, ce matin-là, alors qu’il vient de prendre livraison du nouveau manuscrit de ce crétin de Bannister, Jérôme reçoit un coup de téléphone de Jean-Paul : il a retrouvé Santenac, il sait où il se cache. Ils vont tout de suite partir, quelque part dans un coin perdu de l’Aveyron, pour enfin réaliser leur rêve. Santenac, pour l’un et l’autre, est beaucoup plus qu’un simple écrivain. Ses livres sont une question de vie ou de mort. Surtout pour Jérôme, qui y trouve ce qu’il n’a jamais eu : une famille. Car les livres, c’est la vie. Et lire, c’est vivre. Mais le rideau va se déchirer. Santenac n’est peut-être pas à la hauteur du rêve. À la hauteur de la passion des livres…

 

Avec cette histoire d’adulation pour un monstre sacré de la littérature en forme de roman d’aventures, Alain Rémond nous entraîne de Paris au centre de la France à un rythme trépidant. Impossible de terminer un chapitre sans avoir envie de se plonger dans le suivant.

Mais malgré le ton léger de l’auteur, qui rend la lecture extrêmement facile, le propos n’est pas qu’optimiste : Alain Rémond dit à quel point la réalité peut se révéler décevante pour qui a beaucoup rêvé et trop fantasmé. Il dit à quel point on se fabrique une image des gens que l’on admire ; il dit leur difficulté, parfois, à n’être que des hommes quand on a voulu faire d’eux des héros. L’admiration peut être un fardeau pour celui qui en est l’objet.

 

Jérôme, le héros-narrateur de « Les romans n’intéressent pas les voleurs », est particulièrement attachant – et les personnages qu’il côtoie le sont tout autant.

En prime, l’auteur nous offre un aperçu de l’envers du décor de certains succès commerciaux de l’édition et de belles réflexions sur la lecture, le métier de libraire, le rapport aux livres et aux lecteurs.

 

Ce roman est un berlingot à la framboise – comme le nom de la collection de Stock dans laquelle il est paru en 2007.

Drôle, tendre, délicieux, avec des pointes d’acidité… et un goût qui reste longtemps.

 

 

200 pages, 16 €

 

 

« Vos lecteurs ne sont pas une clique. Vous n’avez pas le droit de les traiter de clique. Que vous le vouliez ou non, vous avez changé la vie de vos lecteurs. Car lire, c’est vivre. S’ils se demandent si vous, vous avez mis votre vie dans vos livres, en leur en veuillez pas. Ne m’en veuillez pas. Lire, c’est vivre. Ecrire, c’est vivre. Ce qui compte, c’est que, par vos livres, par la vie de vos livres, vous nous avez aidés à vivre, nous, vos lecteurs. Cela s’appelle, je crois, la littérature. Selon moi, on n’écrit rien en méprisant ses lecteurs. » (pages 157-158)

 

« C’est toujours mystérieux, quand on se retrouve immédiatement en sympathie avec des gens qu’on connaît à peine. En une soirée, on se dit tout, comme si on était des amis d’enfance. » (pages 110-111)


2 comments on “Les romans n’intéressent pas les voleurs, Alain Rémond

  1. Tu me donnes très envie de le lire !!! J’aime beaucoup Alain Rémond et je suis nostalgique de ces chroniques télé qu’il faisait paraître dans Telerama il y a plusieurs années.

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