Bohème, Olivier Steiner


Bohème raconte une passion épistolaire moderne entre deux hommes d’âge et de condition différents. Bohème est un premier roman servi par une écriture époustouflante. Bohème est un concentré de perles littéraires. En voici une sélection.

 

 

« Quelqu’un qui me dit « je me sens coupable », j’ai envie de l’envoyer à la messe ou sur le divan, en revanche quelqu’un qui me dit qu’il a honte, qu’il ressent une forme de honte, j’ai envie de lui sourire tendrement et de lui dire : « Toi, je te reconnais ». » (page 28)

 

« Nous nous sommes dit que nous nous aimions donc normalement l’histoire est finie, il n’y a plus rien à ajouter. Comment survivre ? Comment poursuivre ? Les corps manquent. Pour continuer il faudrait un obstacle. » (page 39)

 

« Proust m’a musclé, entraîné, armé. La littérature est un art martial. » (page 41)

 

« Je voudrais que cet amour naissant soit une donnée objective, je voudrais avoir la preuve qu’il se passe quelque chose de neuf. » (page 51)

 

« Nous fonçons vers la seconde suivante. Et si nous nous arrêtons, nous tombons. Peut-être que l’important est de ne pas s’arrêter ? » (page 55)

 

« Vous êtes ma bohème, ma part manquante, ma liberté, mon contraire indissociable. » (page 65)

 

« Il n’y a pas de rapport sexuel. Il n’y a que de la baise. Chacun jouit dans son coin et voilà tout. On fait semblant de partager, on fait semblant de faire attention à l’autre mais c’est de la comédie. Même quand on embrasse, on ne fait que branler sa bouche avec celle de l’autre. Parce que ça fait du bien, parce qu’on a l’impression qu’on n’est pas vraiment seul ? Mais la seule chose qu’on veuille, c’est se branler dans l’autre ou sur l’autre. Il y a toujours un manque et une imposture. Ce manque, parce que la nature a horreur du vide, on veut le combler à tout prix avec du faux ciment : « l’amourre ». C’est pour ça qu’on l’a inventé. Pour combler. Pour compliquer. C’est utilitaire et ça ne sert à rien. L’amour est répugnant parce qu’il est superflu. » (page 87)

 

« Les gens qu’on aime, on a toujours l’impression d’être tellement en-dessous de leur vérité… » (page 102)

 

« Sommes-nous déjà allés virtuellement vers des hauteurs telles que le réel ne pourra nous en déloger ? » (page 123)

 

« Depuis vous je suis entier, réuni, réconcilié. » (page 130)

 

« L’amour ravive en nous des parcelles que nous croyions mortes. » (page 139)

 

« Un seul souvenir magnifique suffit pour aimer à jamais. » (page 143)

 

« La fébrilité de l’amoureux, l’angoisse de l’amant, la douleur de l’absent. Je chemine sur ces trois territoires qui sont autant de pièges que de raisons de vivre. » (page 152)

 

 « C’est la supériorité de la chanson populaire, tout dire de façon si simple. » (page 180)

« Le feu n’est pas le feu tant qu’il ne nous a pas brulés. » (page 223)


3 comments on “Bohème, Olivier Steiner

  1. J’ai très très envie de le lire, merci pour les citations !

  2. Pingback: 5 & 6 avril : salon du livre de Provins 2014 | Sophielit

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