Bohème, Olivier Steiner


Bohème raconte une passion épistolaire moderne entre deux hommes d’âge et de condition différents. Bohème est un premier roman servi par une écriture époustouflante. Bohème est un concentré de perles littéraires. En voici une sélection.

 

 

« Quelqu’un qui me dit « je me sens coupable », j’ai envie de l’envoyer à la messe ou sur le divan, en revanche quelqu’un qui me dit qu’il a honte, qu’il ressent une forme de honte, j’ai envie de lui sourire tendrement et de lui dire : « Toi, je te reconnais ». » (page 28)

 

« Nous nous sommes dit que nous nous aimions donc normalement l’histoire est finie, il n’y a plus rien à ajouter. Comment survivre ? Comment poursuivre ? Les corps manquent. Pour continuer il faudrait un obstacle. » (page 39)



Salon littérature et cinéma à Coulommiers


Tendez-nous la main, Abdel Belmokadem


Abdel Belmokadem est un enfant du Mas du Taureau, le quartier de Vaulx-en-Velin devenu en octobre 1990 le théâtre des plus importantes violences urbaines qu’ait connues la France depuis la guerre. A l’époque, Abdel Belmokadem a 22 ans. Il débute une carrière de boxeur professionnel. Pendant les émeutes, il se sert de sa position pour s’interposer entre la police et les jeunes.

Sa vocation de médiateur est née.

Il sera un an plus tard le premier médiateur nommé dans le cadre de la politique de la ville, avant de devenir conseil municipal et de créer sa propre structure de médiation et d’insertion de jeunes en difficulté dans les zones urbaines sensibles. Il a fait recruter et former des milliers de personnes en dix ans.



Le Parrain, l’album officiel, Jenny M. Jones


Il y a 40 ans sortait sur les écrans ce qui allait devenir un monument cinématographique : le Parrain, de Francis Ford Coppola, avec Marlon Brando dans le rôle principal.

Cet album anniversaire est en passe de devenir un objet aussi culte que le film auquel il rend hommage : on y retrouve le scénario intégral, colonne vertébrale de l’ouvrage, mais aussi un focus détaillé sur la distribution, le making-of du film et les coulisses du tournage (des blagues aux négociations de Francis Ford Coppola en passant par les remplacements des acteurs), les scènes coupées au montage, le tout largement illustré de photos du film et du tournage.



Les petits succès sont un désastre, Sonia David


Montmartre. Un bistrot, le Papillon, une bande d’amis formée autour de ce lieu qui en est le point de départ et de ralliement. « Pour vivre heureux, vivons nombreux ! ». Rose, la narratrice observe ce foisonnement de vie, cherche à mieux cerner les héros de son quotidien et raconte les aventures statiques de ce joyeux groupe dont elle est à la fois participante et spectatrice.

Entre eux, ils ne parlent « que du présent, choisissant de ne pas évoquer notre « avant » », une nouvelle tournée est la « fuite en avant favorite ».

« Nous passions notre vie à nous jurer de garder pour nous des secrets que nous ne manquions pas de répéter aux autres, en leur faisant jurer, à leur tour, de ne les répéter à personne. »



La lutte des classes, Claire Berest


La lutte des classes est sous-titrée « Pourquoi j’ai démissionné de l’Education nationale ».

C’est un petit livre en deux parties, vif et percutant.

Dans la première partie, Claire Berest, qui a démissionné après une année de stage et cinq semaines en tant que titulaire, raconte ses désillusions et son combat quotidien pour faire cours dans le collège de ZEP où elle a été affectée. Morceaux choisis.

 

« J’essayais chaque matin d’être en avance, non par patriotisme scolaire, mais pour me laisser le temps de revêtir l’armure psychologique indispensable, aménager le délai nécessaire pour trouver du courage voire un peu d’allant.

Je vivais un paradoxe intéressant : la terreur et le soulagement.



Grandir à Lyon, Jocelyne Fonlupt-Kilic


 

On connaissait la collection « Nous, les enfants de… », qui invite à se replonger dans les 18 premières années d’une classe d’âge. Toujours aux éditions Wartberg, Jocelyne Fonlupt-Kilic (« Nous, les enfants de 1950 ») propose de revisiter une jeunesse ancrée dans une époque et une région.

 

Nous voici donc à Lyon dans les années 1960 et 1970.

 

Porté par le ton léger et entraînant, on plonge dans une histoire individuelle qui devient, par la plume de l’auteur et la conception habile de l’ouvrage, celle de toute une génération. C’est que les souvenirs sont collectifs !



Prix des lecteurs de l’Express 2012


Présidé par Régis Jauffret, le jury du Prix des lecteurs de L’Express 2012

- dont je faisais partie – a récompensé hier soir

Bon rétablissement

de Marie-Sabine Roger

(mon coup de coeur parmi la sélection)



La Maternité, Mathieu Simonet


 

La mère de l’auteur est en fin de vie. Atteinte d’un cancer du sein puis des os, elle refuse certains traitements et s’entête dans son addiction au tabac et à l’alcool. L’auteur l’accompagne comme il le peut vers la mort.

 

« On prend un café près de la gare de Clamart, à trois cents mètres de chez maman. Elle dort sans doute. C’est le milieu de l’après-midi. J’hésite à aller la voir. Je me dis que la mort, ça doit ressembler à ça : être tout près de quelqu’un et ne pas pouvoir le voir. » (page 66)

 

Par cercles concentriques, par petites touches, Mathieu Simonet dresse un état des lieux non pas de la mort mais de ses effets sur nos vies.



Sophie au Flore, Sylvie Bourgeois


Sophie, quarantenaire chouchou des amatrices de chick-litt, nous avait fait découvrir les coulisses du Festival de Cannes. La voici qui quitte sa province (Annecy) et son homme (Sylvain) pour enfin faire quelque chose de sa vie. C’est forcément à Paris que ça se passe. Sophie débarque à Saint-Germain-des-Prés, pétillante et déterminée.

« Si elle ne connaît pas son poids avec précision, elle n’arrive pas à s’inscrire dans l’espace. […] ‘Tant que je suis mince, la vie vaut la peine d’être vécue !’ » (page 33)

 

De rencontres improbables en projets avortés, d’heureuses surprises en coups de cœur, Sophie se construit en quelques semaines un nouvel univers dont le Café de Flore est l’épicentre.