Et toi, t’es qui ?, Mat Hild


La typographie, le graphisme et le bleu ne laissent aucun doute : c’est de Facebook qu’il s’agit ici.

Mat Hild, 28 ans, dont on a pu lire un texte dans le dernier numéro du magazine Raise, est agrégée de lettres modernes et docteur en langue et littérature françaises.

Elle a un profil sur Facebook depuis le 9 décembre 2007 (moi, je viens de vérifier, depuis le 18 octobre 2007 – tant que ça !).

 

« Chaque profil Facebook était un roman latent.», écrit Ariel Kenig dans Le miracle paru ce début d’année. Et sur Facebook, chacun est sinon un héros, du moins un véritable personnage.

 

L’auteur de ce petit livre bleu « n’a jamais rien inventé. ». On le croit aisément. Car on connaît tous un sous-marin, un ex, un pokeur frénétique, un dragueur, un voisin d’enfance, un intello, un rigolo, un polémiste, un



Tangente vers l’est, Maylis de Kerangal


Présentation de l’éditeur :

«Ceux-là viennent de Moscou et ne savent pas où ils vont. Ils sont nombreux, plus d’une centaine, des gars jeunes, blancs, pâles même, hâves et tondus, les bras veineux le regard qui piétine, le torse encagé dans un marcel kaki, allongés sur les couchettes, laissant pendre leur ennui résigné dans le vide, plus de quarante heures qu’ils sont là, à touche-touche, coincés dans la latence du train, les conscrits.»
Pendant quelques jours, le jeune appelé Aliocha et Hélène, une Française montée en gare de Krasnoïarsk, vont partager en secret le même compartiment, supporter les malentendus de cette promiscuité forcée et déjouer la traque au déserteur qui fait rage d’un bout à l’autre du Transsibérien. Les voilà condamnés à fuir vers l’est, chacun selon sa logique propre et incommunicable.

 

 

Dès les premiers mots, on est embarqués. Cette traversée du continent à bord d’un train mythique, ce sera aussi la nôtre, Maylis de Kerangal en a décidé ainsi. Et l’auteur ne lâchera pas son lecteur avant l’arrivée au point qu’elle aura déterminé comme tel.



Bordel foot


Le lancement de l’Euro est le 8 juin prochain. Le nouveau numéro de la revue Bordel (Stéphane Million Editeur) est pour l’occasion consacré au ballon rond.

 

Je fais partie de la top team, aux côtés d’auteurs aussi remarquables que Jérôme Attal, Mathias Malzieu, Christophe Rioux, Fanny Salmeron et Pierre Vavasseur (entre autres), avec une nouvelle intitulée « Frapper fort » dans laquelle il est question de… design de maillot.

 

Un recueil à conseiller aussi (surtout ?) à ceux pour qui le Championnat d’Europe UEFA de football 2012 est un non évènement, et disponible dès à présent en librairie – ou à commander depuis le site de l’éditeur : http://stephanemillionediteur.com/collections/bordel

D’autant que si la compétition footballistique s’arrête le 1er juin, ce recueil, lui, a vocation à rester durablement dans votre bibliothèque



L’orchestre vide, Claire Berest


 « Il m’avait rencontrée, et nous sentions tous les deux que cela était irrémédiable. » (page 28)

Au hasard d’un festival, Alma fait la connaissance de John, leader d’un groupe de rock. Il lui demande de le suivre et, sans trop savoir pourquoi, comme par défaut – ou défi ? – elle accepte. Cela implique de s’envoler pour l’autre côté de l’Atlantique, et de vivre par, pour, dans la musique.

« La musique devint les jours, la conversation, le repos, l’angoisse. » (page 82)

 

Vivre sur la route, aussi. Car après le studio, la vie se résume à la tournée. Et le confinement, la proximité extrême se meut en road-trip, transit permanent.

« La route est belle, mais le fait de n’habiter nulle part pose la question de l’existence elle-même. » (page 140)



Raise magazine


 

Présenté comme un « magazine photo », Raise, que j’ai découvert via son n°11 en kiosque depuis avril, en contient un certain nombre, séries tour à tour étonnantes, fascinantes, dérangeantes ou jubilatoires – mais pas seulement : car le travail des 7 photographes présenté ici est chaque fois précédé d’un texte signé d’un auteur différent.

Parmi eux, on retrouve Hafid Aggoune, Mat Hild ou encore Pierre Noirclerc.

 

S’y ajoutent des interviews (dont celles de Julie Ferrier et du groupe AIR), quelques idées shopping en lien avec les séries photo, (presque) pas de pub et la traduction en anglais de l’ensemble des textes.



Bon rétablissement, Marie-Sabine Roger


A l’hôpital, les journées ont un « compte d’heures dix fois supérieur aux journées du dehors », et les nuits sont « longues comme des cours de philo ». Jean-Pierre Fabre, miraculé après être tombé dans la Seine, repêché par un inconnu sans savoir véritablement comment il s’est retrouvé dans l’eau, est « le bassin de la chambre 28 » dans ce lieu où les patients sont qualifiés par leurs maladies. De sa chambre, « devenue le salon où l’on cause », de son lit où il est cloué, il dépeint un quotidien dont il chasse l’ennui à grands coups d’humour.

 

« Il entre, dit bonjour, me demande :

- Je ne vous dérange pas trop ?

Si je lui réponds que j’allais justement sortir, ça le fait rire. » (page 32)



Yes, you Cannes, Marie-Laurence de Rochefort


Quatrième de couverture :

Pauline, 35 ans, attachée de presse d’un film en compétition au festival de Cannes : le rêve ! Ses copines sont malades de jalousie. Ce qu’elles ne savent pas, c’est qu’il y a parfois un fossé entre rêves et réalité !
Fraîchement célibataire, un futur ex petit ami qui la fait tourner en bourrique, une « copine » boulet capricieuse et pot de colle, un planning de fou que viennent sans cesse perturber des imprévus en tous genres, une jeune première adorable mais complètement à côté de la plaque, une chienne Wendy aussi glamour que ridicule indissociable de sa maîtresse, égocentrique et hystérique, la star Antonella Patsi… C’est ce que Pauline aura à gérer pendant onze journées survoltées, au rythme des strass, des bulles et des nuits blanches



Ladurée : L’art de recevoir, Vincent Lemains & Michel Lerouet


Un coffret aux couleurs reconnaissables entre mille, dix petits livres à l’intérieur : petit-déjeuner, pique-nique chic, déjeuner en famille, brunch, goûter, dîner de gala ou en amoureux…

Toutes les occasions de se retrouver autour d’une table sont là, ainsi qu’un carnet d’adresses en prime.

 

Chaque fois, recettes, conseils et menus pour que la table soit aussi belle que bonne en toutes circonstances et qui que soient les convives.

 



Grand Prix littéraire de l’Héroïne Madame Figaro 2012


Ma vie précaire, Elise Fontenaille


 

La narratrice quitte son appartement parisien. Ses enfants, grands, ont volé loin du nid depuis un moment. Elle est livrée à elle-même.

 

Le roman s’ouvre sur la dispersion des bibliothèques de la narratrice, que celle-ci observe à distance avec intérêt. Contre toute attente, voir ces livres, autant d’anciens fétiches, faire le bonheur de tierces personnes la remplit de joie. La fin des besoins matériels et le détachement sont en marche.

 

« J’avais enfin quitté la marchande de sommeil, et trouvé pour quelques jours refuge à Vincennes, non loin de la tour où le marquis de Sade passa quelques années chez un ami d’ami parti en voyage, mais décidément Paris m’était impossible :