La comtesse de Ricotta, Milena Agus


Présentation de l’éditeur :

La splendeur ancienne n’est plus, le palazzo familial se délabre, la plupart des appartements ont été vendus et les trois sœurs se partagent ceux qui restent. Seule l’aînée, Noemi, rêve de reconquérir le faste perdu et de restaurer la demeure sur les hauteurs de Cagliari. Les deux autres s’accommodent de la déchéance. Le sujet sur lequel en revanche toutes les trois s’accordent est l’amour imparfait. Toujours imparfait. Pour Maddalena, qui s’adonne avec persévérance à une sexualité fiévreuse, le désir d’enfant n’est pas satisfait. Pour Noemi, l’objet de l’amour est fuyant et dédaigneux. Quant à la plus jeune, la fragile comtesse de Ricotta, on dirait que la vie entière lui échappe. Comme les objets de ses mains maladroites. Comme l’étrange petit garçon qu’elle élève seule. Mais peut-être que l’espoir se cache tout près, juste de l’autre côté du mur… Milena Agus nous emporte à nouveau dans son univers si particulier où se côtoient désenchantement et magie lumineuse.

 

Il flotte dans ces pages un parfum de fin d’après-midi dans les ruelles étroites des villes qui bordent la Méditerranée. Une vague de mélancolie réchauffée par le soleil qui a tapé de toute sa force. Un mélange de modernité et de désuétude. Ici, les portables côtoient les services en porcelaine ancienne. A l’ombre des persiennes, on respecte certains rites de séduction aussi bien que l’on baise à la hâte.

 

On trouve dans ces pages des réflexions sur le sens de la famille et de la reproduction, sur l’amour et la féminité, sur la façon de trouver sa place dans un monde où la comparaison à ses pairs est inévitable et constante. La plume de Milena Agus oscille en permanence entre légèreté et densité, dans un numéro d’équilibrisme rondement mené qui met en scène trois femmes-monde dans les rôles principaux.

« Voilà pourquoi Maddalena n’est pas contente. Parce que le présent n’existe pas s’il n’y a pas de futur. » (page 62)

 

Il y a quelque chose de Véronique Ovaldé dans l’atmosphère presque magique, bien que cadrée dans un univers à la réalité très palpable, de ce roman d’une grande fraîcheur qui flirte avec le conte.

« Au fond, la seule bonne idée, c’est celle du suicide. Dommage que ce soit l’hiver, elle ne peut pas s’exercer à la noyade en mer. » (page 108)

 

Il y a dans ces pages, surtout, de la poésie et de la vie. De la lumière, des odeurs, et toutes les couleurs de l’Italie. « La comtesse de Ricotta », en peinture, serait un splendide tableau impressionniste. 

« Elle se dit que rouler en Vespa avec le voisin, c’est vraiment très près de ce qu’on appelle le bonheur, en tout cas elle a l’impression d’être une femme normale, comme celles qu’elle regarde passer à moto depuis le trottoir, serrées contre leur homme. Elle se sent appartenir au système-monde et c’est magnifique. » (page 89)


3 comments on “La comtesse de Ricotta, Milena Agus

  1. hmm!! il me fait de plus en plus envie ce petit livre!!!

  2. Pingback: Grand Prix littéraire de l’Héroïne Madame Figaro 2012 | Sophielit

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