Prix Rive Gauche à Paris 2012 : première sélection


Le Prix littéraire Rive Gauche à Paris emprunte son nom au titre de la chanson d’Alain Souchon, Rive Gauche afin de couronner l’auteur d’un roman ou d’une nouvelle reflétant l’élégance, l’esprit, le style et l’art de vivre de la Rive Gauche ou bien sa mélancolise tel que l’auteur la dépeint dans sa chanson.

Le Prix Rive Gauche à Paris couronnera un roman dont l’auteur n’a pas eu de prix ni de distinction littéraire au cours des 6 derniers mois. Le lauréat est élu par un Collège de 24 membres, composé essentiellement de personnes appartenant au milieu littéraire (écrivains, journalistes, critiques, libraires). Le Prix Rive Gauche à Paris sera décerné le vendredi 29 juin 2012 à l’Auberge de Venise, partenaire Officiel du Prix.



La comtesse de Ricotta, Milena Agus


Présentation de l’éditeur :

La splendeur ancienne n’est plus, le palazzo familial se délabre, la plupart des appartements ont été vendus et les trois sœurs se partagent ceux qui restent. Seule l’aînée, Noemi, rêve de reconquérir le faste perdu et de restaurer la demeure sur les hauteurs de Cagliari. Les deux autres s’accommodent de la déchéance. Le sujet sur lequel en revanche toutes les trois s’accordent est l’amour imparfait. Toujours imparfait. Pour Maddalena, qui s’adonne avec persévérance à une sexualité fiévreuse, le désir d’enfant n’est pas satisfait. Pour Noemi, l’objet de l’amour est fuyant et dédaigneux. Quant à la plus jeune, la fragile comtesse de Ricotta, on dirait que la vie entière lui échappe. Comme les objets de ses mains maladroites. Comme l’étrange petit garçon qu’elle élève seule. Mais peut-être que l’espoir se cache tout près, juste de l’autre côté du mur… Milena Agus nous emporte à nouveau dans son univers si particulier où se côtoient désenchantement et magie lumineuse.

 



Un meeting, Sophie Adriansen


Présentation de l’éditeur

Elle comme lui s’apprêtent à voter pour la première fois. Alors ils ont décidé de faire le tour des candidats. Tous, même De Beer. De Beer, l’extrémiste, le xénophobe, le leader charismatique au discours vénéneux. Pourquoi fascine-t-il toujours plus de fidèles ? Est-il comme ils l’imaginent ? Ou pire ? De ce meeting angoissant, où se mêlent la peur et le dégoût, ils ne vont pas revenir indemnes.

 

2002 a été un choc. J’ai mis des années à écrire sur ce que j’avais ressenti.

Ce court roman, qui parait exclusivement au format numérique, sort aujourd’hui aux éditions StoryLab. Trois jours après que l’extrême-droite ait obtenu un score exceptionnel, tristement exceptionnel, au premier tour des élections. Les contours s’estompent, l’extrême est plus souriant, le voisin lui ressemble de plus en plus. J’ai peur, j’écris. Dans écrire il y a crier ; chacun lutte avec ses moyens, on ne peut voter qu’une seule fois.

 

http://www.storylab.fr/Collections/Urban-Stories/Un-meeting

 

« On dit entre-deux-tours comme on dirait entre-deux-guerres »

Extraits

De l’automne au printemps, ils se sont approchés de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel politique, du rose au bleu en passant par le vert et le rouge et le blanc. Manquait à leur palette cette teinte tellement extrême qu’elle en devient brune, presque noire – car là où elle jaillit il n’y a plus de couleurs, plus de contraste, juste une saturation maximale de l’obscurité.

[...]

Ariane et Nicolas prennent bien soin de rester au cœur du mouvement, de ne pas se laisser déporter, de ne pas se rendre accessibles aux caméras et aux micros qui traînent là, avides de mots gais, d’expressions réjouies, de visages où se reflètent la confiance, la fierté, avides d’enthousiasme et de partage d’espoirs.

 



Pertes humaines, Marc Molk


Ceci est un inventaire.

Page après page, fiche après fiche ainsi que l’auteur désigne ces courts chapitres, sont brossés les portraits d’êtres plus ou moins chers, plus ou moins proches, qui pour une raison ou une autre sont sortis de la vie de Marc Molk.

 

Davantage que l’individu, c’est la relation de l’auteur avec lui qui est présentée, analysée de façon volontairement non objective.

 

Chaque fiche est assortie de données quantitatives – le coefficient de perte, la part de responsabilité de l’auteur et ses chances de renouer – comme pour mieux hiérarchiser des conditions de rupture ou de désagrégation qui échappent à toute logique (ou pas).



Aux livres, etc.


En ces temps de campagne, voici deux manifestes à se procurer d’urgence pour penser à l’endroit.

 

 



Les dents de ma mère, Amandine Cornette de Saint Cyr


« Bonjour, je m’appelle Anne. J’ai vingt-sept ans et je suis accro à ma mère. Dès la conception, j’ai vécu la dépendance en me shootant au cordon et, à la naissance, en me soulant à ses mamelles, à raison de dix tétées par jour. Sevrée une première fois, j’ai replongé en sniffant son foulard, puis j’ai continué en me piquant aux câlins, aux bisous, aux caresses, aux « je t’aime » jusqu’à l’overdose. J’ai bien essayé de décrocher, mais à force de pourvoir à tous mes besoins, elle m’en a empêchée. » (pages 36-37)

Anne aurait effectivement besoin d’un groupe de parole pour exposer son problème. Mais elle n’en dispose aussi pas, aussi c’est seule avec elle-même qu’elle tente courageusement de se sortir des griffes – et des dents – de sa génitrice. Or, si la promesse est belle et le prince charmant, il n’est finalement pas certain que le jeu en vaille la chandelle : « Comment peut-il espérer que je troque l’amour éternel d’une mère contre celui, précaire, d’un homme ? » (pages 135-136)



Les séparées, Kéthévane Davrichewy


Présentation de l’éditeur :

Quand s’ouvre le roman, le 10 mai 1981, Alice et Cécile ont seize ans. Trente ans plus tard, celles qui depuis l’enfance ne se quittaient pas se sont perdues.

Alice, installée dans un café, laisse vagabonder son esprit, tentant inlassablement, au fil des réflexions et des souvenirs, de comprendre la raison de cette rupture amicale, que réactivent d’autres chagrins. Plongée dans un semi-coma, Cécile, elle, écrit dans sa tête des lettres imaginaires à Alice.

Tissant en une double trame les décennies écoulées, les voix des deux jeunes femmes déroulent le fil de leur histoire. Depuis leur rencontre, elles ont tout partagé



L’Envolée des livres 2012, Châteauroux les 14 et 15 avril


Ce week-end se tient à Châteauroux (36), dans le cadre magnifique du Couvent des Cordeliers, le formidable salon qu’est « L’Envolée des livres » – Envolée à laquelle j’ai déjà participé en 2011, après y être allée en visiteuse en 2010.

 

Au programme cette année : des tables-rondes, des conférences, un atelier d’écriture, des rencontres… et quelque 130 auteurs en dédicace, parmi lesquels on trouvera David Foenkinos, Philippe Jaenada, Serge Joncour, Sébastien Acker, Ariane Charton, Bertrand Guillot, Eloïse Lièvre, Jérôme Attal, Krystel Jacob, Stéphane Nolhart, Carole Zalberg… et moi !

 

J’y signerai Je vous emmène au bout de la ligneSanté (Six façons de le dire) et le « petit dernier », ancré localement, Trois années avec la SLA (cf. l’article ci-dessous).



3 ans !


Mon blog fête cette semaine ses trois années d’existence.

3 ans !

L’occasion de parler chiffres à cette adresse d’ordinaire réservée aux lettres. J’en ai choisi 3 emblématiques de ces 3 premières années d’aventure.

 

En 3 ans, « Sophielit » a en effet comptabilisé :

 

742 billets publiés

Et des centaines de très belles découvertes littéraires

 

1997 commentaires approuvés

Et des échanges enthousiasmants, parfois prolongés #IRL

 

1 place parmi les 10 finalistes du Grand Prix des Blogueuses ELLE 2011 en catégorie littérature

Et un soutien impressionnant de la part de vous tous



Seins et œufs, Mieko Kawakami


Dans ces pages, trois femmes : Natsu, la narratrice trentenaire et célibataire, qui réside à Tokyo, raconte le bref séjour chez elle de sa sœur aînée Makiko, quarante ans, venue pour une augmentation mammaire, accompagnée de sa fille Midoriko, douze ans.

Makiko, mère célibataire, amaigrie par son rythme de vie éreintant et son travail épuisant, est obsédée par ses seins plus plats que jamais depuis la naissance de sa fille. L’opération de la poitrine lui apparaît comme la solution à tous ses problèmes.

Natsu s’interroge sur les réelles motivations de sa sœur, qu’elle semble soudain voir avec des yeux neufs.

Midoriko, enfin, est tellement perturbée par tout cela qu’elle en a perdu la parole : elle ne s’exprime désormais plus que via son cahier de conversation.