Un jeune homme reprend conscience. Autour de lui gisent ses camarades d’infortune. L’histoire se passe de nos jours, dans un pays qui n’est pas nommé. A quelques mètres, une voiture, une Skoda – elle aussi victime du raid aérien. A l’intérieur, un bébé respire encore. Après quelques hésitations, l’homme prend l’enfant dans ses bras et part sur la route.
Notre monde et sa violence. Mais aussi, le lien qui se crée entre un jeune homme et un enfant. La beauté de la vie contre l’absurdité de la mort.
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Le sujet est dur. Les éléments extérieurs ne sont que violence, dureté, aridité. La guerre, les armes, les viols, la mort. Même la terre est desséchée, le paysage dévasté. Parce qu’il trouve le bébé, et pour lui, Stjepan, le jeune héros âgé de tout juste vingt ans, choisit la vie – il ne sait pas encore à quel prix. L’enfant, prénommé Skoda comme la voiture dans laquelle il a été trouvé, devient le centre de gravité de l’existence de Stjepan.
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« Ce n’est pas le temps qui crée les liens, ce sont les événements. » (page 86)
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L’écriture d’Olivier Sillig, parfaitement maitrisée, est à la fois froide comme les soldats, incisive comme les kalachnikovs, neutre comme le décor et tendre comme le lien qui se tisse très vite entre le jeune homme et le bébé.
S’il n’est fait aucune mention de lieu ni de date, c’est pour mieux dire que l’horreur de ce qui se passe dans les pages de Skoda pourrait se dérouler partout, et n’importe quand. Et si la mort y est omniprésente, la vie et la chaleur humaine, même éphémères, y tiennent une place telle qu’elles pansent les plaies avec douceur.
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« Les cigales, on les entend tout le temps mais c’est rare qu’on les croise. On les côtoie sans les connaître, comme beaucoup de gens ou de groupes de gens, même proches. » (pages 10-11)
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Ce tout petit livre est une fable dont la portée est universelle. Ce tout petit livre rappelle que l’instinct de vie est plus fort que tout.
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Ce billet a aussi été publié il y a quelques jours sur le site La Cause Littéraire pour lequel je fais des chroniques.





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5 Comments, Comment or Ping
Je dois bientôt le lire et j’ai hâte de me frotter à cette plume (au départ, j’étais plus que réticente.)
septembre 30th, 2011
Pourquoi étais-tu réticente ? A cause du sujet ?
septembre 30th, 2011
Quel magnifique roman ! Un coup de coeur !
octobre 4th, 2011
@Noukette : quant à moi, j’attends ton avis sur « Dans ma peau »!
octobre 4th, 2011
Reply to “Skoda, Olivier Sillig”