Pastel fauve, Carmen Bramly


Ma curiosité quant à « Pastel fauve » était essentiellement liée à l’âge de l’auteur. Carmen Bramly, comme son héroïne, a 15 ans, et une ascendance qui a très certainement favorisé le fait de faire lire ce que d’autres, au même âge, conservent précieusement dans un carnet fermé d’un petit cadenas. Elle est la benjamine de cette rentrée littéraire, une caractéristique non négligeable pour sortir du lot parmi plus de 700 romans.

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Présentation de l’éditeur : 

« Je regarde ma montre, essayant de me perdre dans le mouvement des secondes. Je ne serai pas en avance. Cinq ou dix minutes de retard. Pierre commencera à s’impatienter et n’en sera que plus heureux de me revoir. Je marche de long en large, m’affale sur mon lit, me relève et continue de faire les cent pas. Puis je retourne dans la salle de bain me mettre une goutte de parfum et du rouge à lèvres, que j’enlève aussitôt. Ça fait trop femme, je le remplace par du gloss.

Dans la salle de bain, mes parents se préparent à leur tour. J’aime entendre le bruit du rasoir de mon père et le pschitt de l’eau de Cologne que maman vaporise dans son soutien-gorge, puis le son émis par ses lèvres lorsqu’elle répartit le rouge dont elle les a enduites. 

L’extrême attention que je prête depuis toujours à ces sons à peine perceptibles a fini par me doter d’une ouïe presque animale. 
Nouveau coup d’œil à ma montre. C’est le moment. J’embrasse mes parents, leur souhaite par avance une bonne année, une bonne santé, toutes ces conneries qu’on se dit le 1er janvier. Ils me recommandent de bien me couvrir. Je fais oui de la tête, tout en enfilant une petite veste en coton léger. Dehors, une bourrasque de froid piquant vient me fouetter le visage, propageant à tout mon corps, en onde de choc, une nuée de frissons. J’enfourche mon vélo et pédale le plus vite possible. » 

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C’est la dernière nuit de l’année. Sur l’île de Bréhat, Paloma, quatorze ans, rejoint Pierre, son ami d’enfance, pour fêter le nouvel an. Ils ne se sont pas vus depuis un an, l’adolescente s’est transformée et les rapports sont à réinventer.

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Ce roman reflète on ne peut mieux les ambivalences qui sont le lot de l’adolescence – c’est le titre du roman, expliqué en page 14 : « quoique je ne sache pas, ce soir, si je préfère les tons pastel ou les couleurs fauves. »

Ce roman est frais, il évoque avec sensibilité les sujets qui sont les plus importants à l’adolescence – l’amour, les copains, la musique, la mort. En termes de construction, il n’a rien à envier à des romans plus adultes ; et les dialogues, comme la dramaturgie, sont parfaitement maitrisés.

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C’est exactement le type de textes que j’aimais lire à l’adolescence ; c’est aussi le type de texte que j’aurais aimé écrire, à cet âge-là. Peut-être parce que j’ai ressemblé à l’héroïne de « Pastel fauve » : « J’ai vingt ans dans ma tête, certainement pas quatorze en tout cas. Je ne crois pas penser comme une ado de base. Et si j’ai l’air frais, mignon, heureux, c’est pour me protéger. » (page 70)

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Carmen Bramly fait surtout preuve d’une grande lucidité (« A moins que l’amour ne soit pas un rapport de force. », page 147). Le deuxième roman est en cours et, si la plume de son auteur se bonifie avec le temps comme certains bons crus, cela promet de grands moments de lecture.

« J’espère qu’écrivain sera mon métier… », confie la lycéenne, avec une humilité touchante.

http://www.dailymotion.com/video/xeqlgc


9 Comments, Comment or Ping

  1. J’ai bien envie de le lire !

    novembre 2nd, 2010

  2. Ouch 15 ans ! Je suis impressionnée, elle a l’air de faire preuve d’une maturité hors du commun.

    novembre 2nd, 2010

  3. Encore une publication sans intérêt. Triste époque.
    De vrais écrivains crèvent de faim tandis que des livres comme celui-ci polluent les gondoles.
    Les quelques lignes offertes en apéritif ne nous démontre tout de même pas une pénétration de l’âme, des sentiments….

    A part que cette fille ait 15 ans, quid?

    Finalement sur une échelle de 5, combien?

    Pikkendorff

    novembre 2nd, 2010

  4. Et bien sur la brave petite a écrit toute seule, le soir dans le noir….
    Et bien sur le fait que papa soit édité chez JC Lattes ,n’a rien à voir avec un coup marketing!

    novembre 2nd, 2010

  5. sophielit

    @ Pikkendorf : c’est bien pour ça que j’insiste sur le fait qu’elle a 15 ans, ça remet les choses en perspective. L’intérêt du livre prend tout son sens quand on connaît l’âge de son auteur.
    Evidemment, l’environnement dans lequel elle a baigné (baigne encore) a du jouer… Mais je n’ai pas de doute quant au fait qu’elle l’ait écrit elle-même, seule.

    novembre 2nd, 2010

  6. Je n’avais pas adoré (suis trop vieille, probablement ;-) , mais je dois reconnaître qu’une telle plume aussi jeune est prometteuse !

    novembre 14th, 2010

  7. sophielit

    Scoop : Carmen Bramly répondra demain lundi aux questions de mon blog…

    novembre 14th, 2010

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