La Ballade de Lila K, Blandine Le Callet


A une époque où le livre papier est considéré comme dangereux par le gouvernement, la jeune Lila se construit au gré des rencontres dans le Centre où on l’a placée après qu’on l’ait enlevée à sa mère.

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Cette époque, c’est le début du XXIIème siècle – pas si loin de nous, donc. Tout est filmé, enregistré, chacun est surveillé en permanence (l’analyse d’urines est obligatoire chaque matin, comme le port d’un implant contraceptif). 

Le vibromasseur est un appareil d’usage commun, que l’on remet à chaque jeune dès sa puberté.

Les rides sont bannies, les injections bienvenues.

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Chacun dispose d’un grammabook sur lequel il lit diverses données en y insérant des lamelles (pour manipuler les quelques livres n’ayant pas encore été numérisés, le port des gants est obligatoire). L’une des quatre tours de la Grande Bibliothèque a été détruite au cours d’émeutes, à la fin du XXIème siècle…

Et Lila n’est pas arrivée au Centre par hasard : elle a subi des violences inénarrables, et le traumatisme psychologique est bien là (« Entre moi et mon corps, je ne voyais pas le rapport » page 21). Sa mère est pourtant son obsession – retrouver son nom, et la retrouver. Lila est entourée d’individus bienveillants qui vont lui permettre de grandir, mais aussi de personnalités avant tout respectueuses des règles établies par le Ministère. Il faudra savoir déjouer les pièges de la surveillance pour permettre à Lila d’avancer…

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Après sa très remarquée « Pièce montée », Blandine Le Callet signe un nouveau chef-d’œuvre, dans un registre très différent. Dans un futur proche en forme de prophétie, l’amour et les émotions se mêlent à une enquête tout en douceur pour former un roman d’initiation riche, rythmé et délectable.

Le sujet de départ n’est pas drôle, mais l’auteur en fait une ballade enchanteresse. La quantité de détails figurant dans ces 400 pages sur le mode de vie de nos semblables dans une centaine d’années est fascinante de réalisme (et un peu effrayante, aussi, du coup). La réflexion sur l’avenir du livre, dans laquelle l’auteur prend clairement parti, ouvre également des perspectives.

Bref, un coup de cœur pour ce texte et un coup de chapeau à Blandine Le Callet, qui, c’est certain, ne restera pas « l’auteur d’ « Une pièce montée » ».

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« - Tu vois, avec un grammabook, on n’a qu’un écran vierge sur lequel vient s’inscrire le texte de ton choix. Un livre, lui, est composé de pages imprimées. Une fois que le texte est là, on ne peut plus rien changer. Les mots sont incrustés à la surface. Tiens, touche.

J’ai posé la main sur la feuille. J’ai palpé, puis j’ai gratté les lettres, légèrement, de l’index. M. Kauffmann disait vrai : elles étaient comme prises dans la matière.

- Ca ne peut pas s’effacer ?

- Non, c’est inamovible. Indélébile. Là réside tout l’intérêt : avec le livre, tu possèdes le texte. Tu le possèdes vraiment. Il reste avec toi, sans que personne ne puisse le modifier à ton insu. Par les temps qui courent, ce n’est pas un mince avantage, crois-moi, a-t-il ajouté à voix basse. Ex libris veritas, fillette. La vérité sort des livres. Souviens-toi de ça : Ex libris veritas. »

(page 59)


22 Comments, Comment or Ping

  1. Je crois qu’il me plairait bien, celui-ci !

    août 30th, 2010

  2. il me tente bien aussi!!!!

    août 30th, 2010

  3. sophielit

    Je n’ai qu’un conseil : foncez (dès mercredi) !!

    août 30th, 2010

  4. Une pièce montée était remarquable, et là l’auteur semble avoir changé complètement de thème, mais pas son talent! Noté!

    août 31st, 2010

  5. Très envie de le lire !

    septembre 2nd, 2010

  6. cline

    Alors, seulement un livre de science-fictions? La réflexion sur notre société est-elle intéressante? En tous les cas, merci de ce billet, de ce conseil.
    cline
    mon blog de lecture : lachambredeslivres.over-blog.com
    à bientôt

    septembre 8th, 2010

  7. sophielit

    Ca n’est pas qu’un livre de science-fiction… Et surtout, cette science fiction est finalement tellement proche de nous… Vraiment, je recommande ce roman à tous ceux qui aiment les livres !

    septembre 11th, 2010

  8. Il me fait très envie !

    septembre 14th, 2010

  9. Delphine Gondamin

    Alors, là chapeau ! Sophie.
    Le paragraphe avec lequel tu termines ta critique est une perle à lui seul.
    Donner ton impression et laisser la place à la plume de l’écrivaine signifie que tu es sacrément admirative du second roman de Blandine le Callet et que ton admiration est trop contagieuse pour que l’on puisse passer à côté de ce roman.

    octobre 1st, 2010

  10. Yep, il est sur ma pile !

    octobre 2nd, 2010

  11. Mon billet est en ligne…j’ai adoré!

    octobre 13th, 2010

  12. colette

    Un livre extraordinaire , réel ; à recommender ; en parler ; à offrir

    janvier 30th, 2011

  13. j’ai bien aimé ce roman futuriste. Quelle vie pour Lila qui après le placard connait le pensionnat et l’hôpital psychiatrique,La liberté n’existe pas dans ce monde sécuritaire. Je ne regrette pas de l’avoir lu

    février 19th, 2011

  14. sophielit

    Si le trait ici est gros, se pose toutefois cette question : la liberté existe-t-elle jamais ?

    février 21st, 2011

  15. Je viens de le terminer il y 3 minutes, j’ai adoré !

    mars 16th, 2011

  16. sophielit

    Je ne suis pas étonnée :) )

    mars 16th, 2011

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