5 questions à Nicolas d’Estienne d’Orves


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Nicolas d’Estienne d’Orves est né en 1974.

Journaliste, chroniqueur et critique musical, il a écrit des romans (dont « Othon », prix Roger-Nimier 2002), des essais et des nouvelles.

Son dernier Opus, «Coup de Fourchette », vient de sortir aux Editions du Moteur.

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http://www.neoneo.fr/

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1. VOUS ET la lecture ?

Je lis peu lorsque je suis à Paris : comme je vais à l’opéra trois fois par semaine, mes soirées sont occupées ; et quand j’écris, lire autre chose me pirate l’esprit. Je me rattrape l’été, période dont je profite pour lire ou relire des classiques, la Pléiade ou Simenon. Pour les romans récents, je laisse le temps faire son travail : s’ils sont toujours là au bout de quelques années, c’est qu’ils valent le coup que je les lise. Je fais le pari de la durée comme preuve de qualité.

J’aime les livres d’occasion, les bouquinistes, l’odeur de poussière qui émane des pages. Il y a un rapport charnel, tactile, sensuel même avec le livre. C’est pour ça que le livre électronique, sûrement très pratique pour les éditeurs, me fout les jetons. Je suis un vieux con, j’aime écrire sur les livres, jouer avec, corner les pages. Pourtant, je numérise la musique, les films [pas si vieux con alors, ndlr]. Mais lire sur un support électronique, c’est comme regarder une pièce de théâtre à la télé. On perd toute la saveur. Tourner les pages, consulter les tranches alignées dans sa bibliothèque, cela fait partie du plaisir de la lecture.

2. VOUS ET les livres ?

Le dernier livre que j’ai lu est Le chemin des écoliers, de Marcel Aymé. Le prochain sera un des tomes de Tout Simenon chez Omnibus, j’ai la série complète à portée de main en permanence.

Je ne lis pas plus les ouvrages primés que ceux dont tout le monde parle.

Pour avoir passé treize ans dans le milieu littéraire, je dirais que les prix font surtout plaisir aux auteurs. En tant que lecteur, cela n’est pas un critère, mais pas un repoussoir non plus. L’éditeur peut être un critère déterminant, les prix, non. Une exception tout de même : le prix Nobel, critère d’ennui.

3. VOUS ET l’écriture ?

Mon écriture obéit à un rituel précis, très codifié.

C’est notamment aux Etats-Unis, où je passe tous mes étés, dans une petite maison non loin de la frontière canadienne, au bord du Saint-Laurent, que je prends les notes qui vont faire naitre le schéma d’un texte. J’écris dans des cahiers qu’on ne trouve qu’aux Etats-Unis, puis je mets cela en forme avec le clavier.

Pour un roman, je séquence l’intrigue comme un film, je détaille le plan chapitre par chapitre, je construis une bible des personnages. C’est ce premier travail que je soumets à l’éditeur.

Si l’idée lui plait, je m’y mets, un chapitre par jour, chaque fois de 6h à 10 ou 11h du matin, avec au moins deux litres de thé. Autant de jours qu’il y a de chapitres, qu’il y en ait 10 ou 100. Je ne relis pas ce premier jet tant qu’il n’est pas terminé. Ensuite, je reprends le tout et je réécris. Enfin, j’imprime mon texte et je le corrige à la main, avec le stylo à encre violette que l’on m’a donné à l’époque de mes premiers livres.

Tous ces rituels permettent de me rassurer, de cadrer une activité pour laquelle je suis seul maître à bord. Et j’ai toujours besoin de savoir que ce que j’écris est attendu par l’éditeur. Le contrat est ma carotte. J’ai toujours fonctionné comme ça, depuis mon tout premier texte, qui était une nouvelle de 50 pages.

4. VOUS ET Internet ?

Sur mon blog, je reprends mes articles et chroniques pour le Figaro, des actus, mes humeurs. Entre ça et Facebook, où je publie les liens vers mon blog et (encore) mes actus, je passe beaucoup de temps sur Internet.

Le blog est à la fois une base de données complète, appréciée notamment de mes amis à l’étranger, et une vitrine. Se rendre visible est aujourd’hui indispensable.

De façon plus générale, Internet, bien utilisé, est la clé de la liberté, de l’indépendance. Envoyer un papier au journal sans sortir de chez moi, ou depuis ma maison de vacances aux Etats-Unis, c’est génial !

Une fois par mois, je fais une rapide recherche pour voir ce qu’on a dit de moi, de mes œuvres, sur la toile. Il y a des billets géniaux, et d’autres faits de haine pure. Les commentaires ont l’avantage de ne pas être corsetés comme dans la presse écrite. Je trouve que cette liberté de ton est très saine. Le droit à l’injure, je suis pour.

5. VOUS ET vos projets ?

Je me plongerai cet été dans l’écriture de mon prochain roman, un thriller historique qui paraîtra chez XO en mars 2011. D’ici là, sortira en novembre chez Actes Sud une biographie d’Offenbach.

Mes projets plus immédiats tournent autour de l’opéra, de l’andouillette et de mon petit garçon.


5 comments on “5 questions à Nicolas d’Estienne d’Orves

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