5 questions à Jean-Sébastien Hongre


Hongre

 

Jean-Sébastien Hongre est originaire de la Picardie.

Entrepreneur sur internet, adepte du poker, il signe avec « Un joueur de poker » (Anne Carrière) son premier roman.

Il était hier l’invité de Monique Atlan dans l’émission „Dans quelle étagère“ (voir la vidéo).

 

 

1. Vous et la lecture ?

Je ne me souviens plus la première fois que j’ai cédé à la tentation d’une consommation excessive, probablement durant l’adolescence car on aime alors ce qui brouille les sens. Peu à peu ma consommation est devenue régulière. En ces âges là, on ne se cherche pas de logique ni de cohérence, alors il est assez naturel que je me sois laissé tenter par toutes sortes de genres. On s’est inquiété autour de moi, peut-être à cause des couvertures de SAS de l’inoubliable collection Gérard de Villiers qui laissaient présager un développement hormonal précoce. Mais très vite les noms d’Asimov, puis de Stendhal, de Zweig ont rassuré. J’ai tout de même réalisé que je serais à vie un de ces drogués qui ne s’en reviennent jamais tout à fait à la vie réelle.

J’ai connu quelques rechutes, d’intenses périodes de lecture, notamment le week end, des vacances entières pendant que d’autres usaient leurs corps au sport ou au soleil, des nuits à m’en priver de sommeil… Je me suis abandonné à quelques excès ; la découverte d’un auteur et j’étais embarqué dans toute son œuvre durant 15 jours, quitte à le relire ensuite. Cela s’est passé ainsi pour un des mes auteurs phares, Dostoïevski, j’avais 25 ans, le choc fût puissant.

J’essaye désormais de me tenir à un usage contrôlé de 5 à 10 romans par mois mais je dois bien vous avouer que je craque souvent…

Très vite s’est d’ailleurs posée la question du stockage, du rangement, de l’ordre à donner à toute cette masse de lecture. Ma bibliothèque est organisée par niveau successif : en haut les maîtres (les Russes car mes préférés, les classiques, les philosophes…), en dessous quelques aspirants qui pourraient le devenir (Yourcenar, Kundera, Houellebecq, Cioran, …) puis d’autres prometteurs (Gaudé, Joncour, Baccelli …).

Enfin viennent les lectures en cours, celles qui monteront peut-être d’un cran. Les autres iront se reposer de mon regard (ou reposer mon regard) dans des rayonnages inaccessibles, voir cachés, et certains seront évacués dans les obscurités de ma cave.

Parfois je jette, c’est vrai, et c’est arrivé il y a quelques années pour un Goncourt qui m’a semblé une escroquerie sans nom. Depuis je me méfie un peu des prix littéraires, surtout les plus prestigieux. En général, cette appréhension ne me déçoit jamais.

L’objet livre devient mien, il doit devenir mien. Nos rapports sont des rapports d’êtres « vivants », des rapports physiques : je l’annote, le tord, le plie, l’écorne, lui verse du café pour le réveiller, lui fait goûter un peu de mon dîner, partage un bain avec lui le cas échéant, l’abandonne quelques heures au soleil écrasant à l’ombre d’une piscine ou au froid glacial d’une terrasse d’hiver. Le temps d’une lecture, nous vivons un peu ensemble.

Voilà pourquoi il m’est délicat de les prêter. Et puis, dans l’état où nous nous mettons, on n’en voudrait pas.

Pour le numérique, pourquoi pas. Mais le café renversé sur l’iPad, pas sûr que ca fonctionne longtemps.

2. Vous et les livres ?

 J’ai récemment découvert Françoise Xenakis au salon de Limoges. Elle était ma voisine et j’ai rencontré une femme exceptionnelle, vive, brillante. J’ai lu « Regarde, nos chemins se sont fermés » et je le conseille comme un beau roman sensible.

Sinon je lis en ce moment « Martin Eden » de Jack London et j’ai en attente quelques ouvrages d’auteurs croisés aux salons de Limoges, Paris et St Quentin, notamment Yasmina Khadra qui m’a fait une dédicace très amicale, Bénédicte Desforges, Mercedes Deambrosis, Philippe Delepierre, Xavier Milan ou encore Michèle Halberstadt : lectures de vagabondages à venir.

J’ai aussi à cœur de relire du Balzac et « Crimes et châtiments » qui me semblent d’une modernité étonnante (car enfin, Raskolnikov se dénoncerait-il de nos jours ?). De temps en temps, je relis aussi les passages annotés d’un roman pris au hasard…

3. Vous et l’écriture ?

Je me sens bien novice et « jeune » écrivain pour répondre à ces questions. Disons que mon rythme dépend de la phase d’écriture. En amont, je note peu, le roman se met plutôt en place progressivement dans mon esprit, le schéma, les personnages doivent naître en moi avant que je me sente prêt à démarrer. Puis j’écris à la main et réécris sur ordinateur. Ensuite s’enchaîne les mille et une relectures, corrections.

Pour « Un joueur de poker », ce travail a été particulièrement intense car je voulais donner beaucoup de rythme au texte et cela nécessite un travail mot à mot, un exercice de concision.

Sinon, j’écris indifféremment le matin et le soir. En réalité cela dépend de ce que je dois écrire et de mon emploi du temps bien trop chargé…Certaines heures me paraissent plus propices à certains passages.

4. Vous et Internet ?

J’ai créé un site, et un groupe Facebook qui compte plus de 3000 amis ! Des bloggeurs m’ont contacté (livreaddict.com) et ont organisé des lectures. Après deux mois, le « buzz » semble s’enclencher et les retours de lecteurs en direct grâce à Facebook sont une vraie joie, une satisfaction, non pas narcissique, mais plutôt le sentiment que l’œuvre vit.

Notamment j’ai pu suivre une discussion en ligne entre bloggeurs qui s’écharpaient gentiment sur leur jugement concernant Pascale, la femme d’Antoine (le personnage principal de mon roman). Sous mes yeux, mes personnages vivaient aux yeux des lecteurs, ils laissaient le champ libre à l’interprétation. Pascale, une calculatrice ? Une femme dominatrice et machiavélique ? Ma réponse d’auteur me semblait évidente. Mes lecteurs m’ont montré que le texte m’avait dépassé…

Je crois beaucoup à Internet pour permettre à des romans de vivre sans être trop dépendant des media traditionnels difficiles d’accès car embouteillés de toute évidence.

C’est aussi grâce au bouche à oreille que j’ai sans doute été remarqué par Monique Altlan pour l’émission « Dans quelle étagère » qui a retenu mon ouvrage et l’a présenté hier 16 juin (France 2) !

5. Vous et vos projets ?

Chuuuut…. Mais oui, bien sûr, un autre livre, un autre roman, je ne saurais m’en passer, c’est une impérieuse nécessité intérieure. Il y a tant à raconter et j’ai si peu de vie, pour en vivre plusieurs.


3 comments on “5 questions à Jean-Sébastien Hongre

  1. Bravo pour le blog…
    Moi aussi je crois beaucoup à internet et à des gens qui écrivent … je crois au livre numérique, à l’indépendance de l’écriture…

    je vous propose de découvrir le blog de Camille et son site :
    http://unefemmequiecrit.blogspot.com
    ou http://www.unefemmequiecrit.com

  2. Pingback: Salon du livre de Provins, 13 & 14 avril 2013 | Sophielit

  3. Pingback: Un père en colère, Jean-Sébastien Hongre | Sophielit

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