Trêve des confiseurs


Les fêtes sont là, l’occasion d’un mini-bilan.

 

2009 a vu la création de ce blog, et tout est allé très vite : 4.000 visites en 4 mois, 6.500 visites en 6 mois, et voilà qu’on frôle les 10.000 visites en 8 ! La barre devrait être franchie d’ici à fin décembre. Il y a eu les jurys Carrefour et Elle (toujours en cours), on a parlé de ce blog sur France Culture en juin, dans Carrefour Savoirs en août, une de mes critiques a été reprise dans Elle en décembre.

 

Et parmi les visiteurs, il y a des auteurs. Eric Marchal, Maud Lethielleux, Loïc Dauvillier et tout récemment Thomas Clément ont laissé des commentaires sur les notes qui concernent leurs livres. D’autres ne laissent pas de trace mais me disent avoir lu mes mots, comme Jean-Baptiste Destremau, Thierry Bizot ou Romain Sardou.

 

Avec cette 214ème note, la dernière de l’année, ce blog annonce une trêve. La trêve des confiseurs, ça vous dit quelque chose ?

Rendez-vous l’année prochaine, donc, et d’ici là, bonnes fêtes à tous !



Je suis l'homme dans la cabine, Louis-Simon Ferrat




En décembre, il tombe de la neige et…


… des bouquins !

Les trois livres du mois du Prix des Lectrices ELLE 2010 sont arrivés cette semaine : le roman est celui de Camille de Villeneuve, Les insomniaques, le policier celui de Lisa Gardner, Sauver sa peau, et le document Les enfants de Staline, d’Owen Matthews.

Un peu comme un passage du Père Noël avant l’heure.

J’ai suspendu toutes les lectures en cours pour attaquer Les insomniaques… et les 600 pages ne devraient pas poser trop de problème !



Merci, les livres


Une fois n’est pas coutume, cette note ne parlera qu’aux Parisiens – mais de naissance, d’adoption tout autant que de passage.

Le concept-store Merci, donc la presse s’est beaucoup fait l’écho depuis son ouverture au printemps, possède en vitrine un café-librairie. Des rayonnages de livres du sol au plafond, dans un endroit très lumineux, meublé dans le goût bobo chic de l’endroit. Un carte de thés, café, chocolat, grignotages… sympathique (bien qu’un peu chère).

Mais les livres… rien que pour l’impression de bien-être que l’on ressent à passer un moment aussi bien entouré… Et il est possible de repartir avec : chacun d’entre eux porte une pastille correspondant à son prix, fonction de son état – car ils ont tous été lus au moins une fois !

Alors, vous cherchez encore où vous poser ce week-end pour souffler cinq minutes en plein dans votre course frénétique aux derniers cadeaux de Noël ? Ne cherchez plus !

 

Merci, 111 boulevard Beaumarchais, 75 003 Paris.

 

PS : si vous avez trois secondes plus, poussez à l’intérieur du magasin, ne serait-ce que pour apercevoir, tout de suite à droite en entrant, une pile verticale haute de… 6 mètres (ou 8 ? ou plus ?) du roman Merci de Daniel Pennac – merci, Gallimard.



Mauvaise fille, Justine Lévy


Après Rien de grave, impossible de manquer le nouveau Justine Lévy. On l’a vu partout cette rentrée, il était même dans la première sélection pour le Goncourt

Sa filiation et ses anciennes amours ne doivent pas être étrangères à tout cela. Cela dit, et bien que l’on retrouve complètement la « patte » Justine Lévy, cet opus se révèle plus agréable à lire que le précédent.

 

On est en présence des mêmes personnages. Louise/Justine, abandonnée pour une future première dame dans Rien de grave, subissant un avortement, son nouvel amoureux Pablo. Ici, Louise est enceinte, et au même moment le cancer de sa mère reprend de plus belle. Elle mourra avant d’avoir vu naître sa petite-fille – peut-être même avant d’avoir appris que sa fille était enceinte.

Cet étrange concours de circonstance provoque une tempête intérieure chez Louise. Se peut-il qu’il ne doive y avoir qu’une mère à la fois ? Etait-il inéluctable que sa mère parte pour que sa fille voie le jour ? S’y mêle un mélange d’amour et de rejet pour l’enfant qu’elle porte.

 

Le tout se lit très vite. J’ai pour ma part préféré les questionnements sur le rapport de Louise à sa fille que sur celui de Louise à sa mère… mais tout est lié de façon inextricable. Et ce roman est une suite qui peut s’appréhender de façon déconnectée avec l’ouvrage précédent.

Bref, on a fait plus gai, mais, pour le plaisir de se laisser emporter dans ses phrases à rallonges ou ses dialogues ciselés, cela vaut le coup de lire la prose de cette Mauvaise fille.



Mauvaise fille, Justine Lévy


Après Rien de grave, impossible de manquer le nouveau Justine Lévy. On l’a vu partout cette rentrée, il était même dans la première sélection pour le Goncourt

Sa filiation et ses anciennes amours ne doivent pas être étrangères à tout cela. Cela dit, et bien que l’on retrouve complètement la « patte » Justine Lévy, cet opus se révèle plus agréable à lire que le précédent.

On est en présence des mêmes personnages. Louise/Justine, abandonnée pour une future première dame dans Rien de grave, subissant un avortement, son nouvel amoureux Pablo. Ici, Louise est enceinte, et au même moment le cancer de sa mère reprend de plus belle. Elle mourra avant d’avoir vu naître sa petite-fille – peut-être même avant d’avoir appris que sa fille était enceinte.

Cet étrange concours de circonstance provoque une tempête intérieure chez Louise. Se peut-il qu’il ne doive y avoir qu’une mère à la fois ? Etait-il inéluctable que sa mère parte pour que sa fille voie le jour ? S’y mêle un mélange d’amour et de rejet pour l’enfant qu’elle porte.

Le tout se lit très vite. J’ai pour ma part préféré les questionnements sur le rapport de Louise à sa fille que sur celui de Louise à sa mère… mais tout est lié de façon inextricable. Et ce roman est une suite qui peut s’appréhender de façon déconnectée avec l’ouvrage précédent.

Bref, on a fait plus gai, mais, pour le plaisir de se laisser emporter dans ses phrases à rallonges ou ses dialogues ciselés, cela vaut le coup de lire la prose de cette Mauvaise fille.



Influenza d’Eric Marchal, lauréat du Prix Carrefour du premier roman : interview et points de vue


Toujours dans le numéro de décembre (il faut dire qu’il est deux fois plus gros que les autres !), Carrefour Savoirs revient sur le roman primé : sur deux pleines pages s’étale l’interview d’Eric Marchal, auteur primé et heureux.

En guise de conclusion, chacun des 10 membres du jury 2009 s’exprime sur l’ouvrage. Ma note complète est d’ailleurs toujours disponible ici.

J’en profite pour rappeler à ceux qui ne l’auraient pas vu qu’Eric a laissé un long – et très personnel – commentaire à la suite de ma note sur la soirée.

Et en bonus, la dédicace d’Eric lors de la soirée de remise du prix.

Dire qu’il faut attendre février pour découvrir, toujours chez Anne Carrière, la suite d’Influenza – les ombres du ciel



Un compte-rendu en images du Prix Carrefour du Premier roman 2009


C’est dans les pages du numéro de décembre de Carrefour Savoir que ça se passe : les délibérations d’abord, la remise du prix ensuite, la soirée enfin. Je n’ai pu les feuilleter sans  un soupir de nostalgie… De si bons moments… Des gens tellement charmants… Des rencontres chaleureuses autant qu’enrichissantes…

Je suis d’autant plus ravie que l’aventure se prolonge en 2010 avec le comité de présélection de ce même prix.

Retrouvez avec mes précédents posts ma version du déjeuner-débat et de la soirée au studio Harcourt.



Le Touriste, Olen Steinhauer


Le « Touriste », c’est l’espion Milo Weaver, en 2001, au moment de l’attaque des tours jumelles. Il est alors à Venise, avec une collègue, sur la piste d’un russe douteux. Il trouve le russe, et aussi une femme enceinte, prête à accoucher.Six ans plus tard, Milo est devenu cadre au siège de la CIA. Il vit à Brooklyn avec sa femme Tina et leur fille Stephanie.
C’est alors que son passé le rattrape, lorsque sa collègue de l’époque est soupçonnée de trahison et que le Tigre, tueur que Milo a poursuivi des années durant, se rappelle à son bon souvenir. Milo est contraint de reprendre du service. On n’oublie jamais complètement qu’on a été Touriste, c’est-à-dire agent ultra secret (puisque la CIA cache à toutes les autres administrations l’existence de cette part de son activité) ; les réflexes sont là, qui ne demandent qu’à être réveillés.
Le périple de Milo le mènera à Paris, à Genève, à Francfort.

Ce roman regorge de détails, de rebondissements, de traîtres et de surprises. Les ficelles sont fines, le suspens haletant du début à la fin. Fausses identités, accointances, défiance et artifices…

Je suis entrée immédiatement dans l’univers proposé par Olen Steinhauer, ses personnages plus vrais que nature, attachants à souhaits, ce mélange entre vie quotidienne et stratégie internationale, cette traque à un rythme effréné par delà les continents -et ce Tourisme tellement plausible qu’on en vient à douter.

Exception faite de la trop grande propension du traducteur à utiliser « avoir été » en lieu et place d’ « être allé », j’ai également aimé l’écriture, accessible mais pas naïve, les dialogues justes et les descriptions diablement efficaces.Au final, ce polar est un puzzle dont le lecteur assemble les pièces avec un ravissement d’autant plus grand que son auteur ne le prend pas pour un idiot. Cette subtilité garantit la satisfaction.

Olen Steinhauer est encensé par la critique, qui le rapproche de Robert Littell ou John Le Carré. « Le Touriste » sera prochainement porté à l’écran avec George Clooney dans le rôle titre. Un extrait est disponible ici.

Et coup de cœur, je tenais à le signaler, pour l’objet que constitue ce livre : extérieur comme intérieur, c’est un plaisir à la vue et au toucher. Une fois n’est pas coutume, un peu de pub pour les Editions Liana Lévi, à qui l’on doit l’objet.



Le prince de Central Park, Evan H. Rhodes


En plein New-York, Jay-Jay, un enfant de onze ans lutte pour sa survie. Orphelin, battu par sa mère adoptive alcoolique, il décide de s’enfuir en supprimant toute trace de son existence. Il trouve refuge dans le poumon vert de la ville, Central Park. Il y construit une cabane qui le protège des autres, dans un grand chêne. Chaque jour, il part explorer son nouvel environnement, devenu terrain d’aventures. Celui-ci est loin d’être sans danger : s’il y a des écureuils, on y trouve aussi des hommes qui rappellent que New-York est tout proche. , comme Elmo, le jeune drogué qui a pris Jay-Jay en grippe.

Destiné aux adolescents, ce roman, qui a reçu un accueil enthousiaste à sa parution en 1975, se lit avec plaisir à tout âge. Le jeune héros lutte contre le froid, la faim et les agressions. Il fait preuve de courage et d’imagination.

Les adolescents aimeront la cabane et les animaux, les adultes la capacité de Jay-Jay à s’adapter et sa détermination à détruire les dossiers scolaires ou médicaux qui font de lui un enfant connu de l’administration, persuadé qu’il est que le fait de brûler les papiers suffira pour que le monde extérieur l’oublie.