Les désarrois de l’élève Törless, Robert Musil


Ceci est le premier roman de l’allemand Robert Musil (1880-1942), qu’il écrivit à tout juste 25 ans. Véritable roman d’apprentissage, il dépeint l’éveil du jeune Törless, élève interne du plus prestigieux collège de la vieille Autriche, qui fait la fierté de ses parents. Dans la confidentialité de l’internat, Törless apprend les rapports humains, brutaux et cruels, sentimentaux et charnels, et acquiert peu à peu une conscience. L’écriture recherchée de Musil nous permet de vivre les sarcasmes avec Törless, de comprendre la pression qu’il subit. Ce roman analyse avec précision cet âge où l’on est soit victime soit bourreau, et auquel tout est possible. De la grande littérature introspective.



Ethel et Ernest, Raymond Briggs


Le dessinateur anglais Raymond Briggs raconte ici l’histoire de ses parents, qui traversent les décennies jalonnées par le progrès et les évènements de l’Histoire. Ethel et Ernest se rencontrent en 1928, et ne se quitteront plus jusqu’à leur fin. Si les dessins n’ont rien d’extraordinaires (j’ai même un peu de mal, j’avoue, avec ce style presque naïf), l’histoire est rythmée, on partage les espoirs et les désillusions du couple et on voit grandir leur fils unique qui, au grand désespoir de ses parents, choisit de faire une école d’art.

Humour anglais, émotion et nostalgie sont au rendez-vous.

Cet album est paru dans la collection jeunesse, pourtant il a un charme que même les adultes savent apprécier. A chaque âge, on en aura une lecture différente.



Les tribulations d’une caissière, Anna Sam


Le titre est suffisamment parlant, je crois. Anna, après des études littéraires, fera huit ans de caisse. Tout y passe, les clients, bien sûr, les patrons et les autres caissiers, le tapis roulant, les soldes et les fêtes de Noël, etc. Le tout avec une pointe d’humour et une touche de lucidité. Je me suis demandé, une fois la lecture finie, pourquoi j’avais acheté et lu ce livre ; et pourquoi il avait si bien marché, aussi (en même temps, j’ai moi aussi contribué à son succès, à ma minuscule échelle). Car si l’idée de départ peut être intéressante, le produit fini est… navrant.

Au format blog (à l’origine de l’histoire) était parfait pour le sujet, voilà que maintenant, après le livre, il est aussi adapté en BD… Pardon Anna, mais je reste sceptique – et déçue.



Et de deux !


J’aime ces coups de téléphone dont on comprend dès la première seconde qu’ils sont annonciateurs d’une bonne nouvelle. Et ça a à nouveau été le cas hier.

Me voici l’un des 5 lecteurs du jury du Prix Carrefour du premier roman, aux côtés de 5 auteurs dont Romain Sardou, qui préside le jury. Une deuxième mission de jurée pour cet été… Ca commence bientôt, et surtout ça commence par un portrait de chaque juré dans le magazine Carrefour Savoirs… Les photos sont au programme du week-end !



Sex toys forever, Bertrand Ferrier et Stéphan Lévy-Kuentz


Ce livre, très glamour d’apparence, préfacé par Catherine Millet, contenant une interview de Nathalie Rykiel, se veut la bible des sex toys. Et c’est sûr qu’il y en a un paquet, des plus évidents aux plus surprenants – parfois, des objets bien connus dont l’usage aura été détourné. Ils sont regroupés en grandes catégories : habillants, comestibles, jeux… Les photos sont belles, et les commentaires pleins d’humour, même si l’ensemble manque un peu… de corps. Un livre à feuilleter à deux !



Les yeux jaunes des crocodiles / La valse lente des tortues, Katherine Pancol




Sainte Futile, Alix Girod de l’Ain


Alix Girod de l’Ain (AGA) écrit dans Elle.
Dans son roman rigolo, Pauline Orman-Perrin (POP) est journaliste pour Modelles – toute ressemblance avec un personnage existant serait purement fortuite, cela va sans dire.
Elle est habituée aux futilités qui sont son quotidien, et dont les noms sont d’ailleurs pour la plupart inchangés dans le livre. Un jour, elle a un accident bête : une armée de bouteilles d’eau lui tombent dessus alors qu’elle faisait une pause au water bar de chez Colette. Elle a une apparition, mi-Dieu, mi-Karl Lagerfeld. Ce la remue tellement qu’elle décide de changer sa façon de vivre, de ne plus rien écrire de perfide. Son mari et ses enfants doivent s’habituer, ses patronnes ne verront plus forcément d’un bon œil leur collaboration, sans parler de la famille de sud-américains que Pauline recueille chez elle et de Germaine, l’aide aux mourants qu’on lui impose. Ce joyeux bordel nous fait passer un excellent moment de détente.



Génération 69, Laurent Guimier et Nicolas Charbonneau


Qu’on ne s’y trompe pas : ce livre parle de ceux nés cette année-là, pas d’un tête-à-queue. Ecrit par deux journalistes, sous-titré « Le trentenaires ne vous disent pas merci » (oui, car il est paru en 2005), cet ouvrage dépeint une génération coincé entre les baby-boomers et leurs enfants, qui savent très bien où ils vont. Famille, médias, politique, travail, culture et vie de couple, les auteurs font part, au nom de leurs jumeaux, de leur indignation d’être délaissés, et de leur droit à exister. Qu’on leur accorde bien volontiers, d’ailleurs.

Un ouvrage qui se lit, mais qui ne marque pas.



Puisque rien ne dure, Laurence Tardieu


Geneviève et Vincent se sont aimés passionnément pendant quinze ans ; ils ont eu une fille Clara. Mais voilà, un jour Clara n’est pas rentrée de l’école et, quelques mois plus tard, l’amour de ses parents a volé en éclats, incapable de résister à cette douleur. Vincent a tenté d’oublier ce passé. Pourtant Geneviève, gravement malade, demande à le revoir une dernière fois. Vincent doit affronter ce qu’il a mis tant d’années à enfouir au plus profond de lui.

 

L’écriture de Laurence Tardieu est sobre, le récit se déroule en trois temps (Vincent en 2005, Geneviève en 1990, Geneviève et Vincent ensemble, lors de leurs tristes retrouvailles). Il se lit très vite, mais reste un moment en mémoire.



Harmattan, le vent des fous, Christian Cailleaux


Aujourd’hui, une petite bande dessinée de rien du tout…
Un jeune newyorkais pauvre convainc un concitoyen, cadre dynamique, de l’aider à récupérer un trésor qui l’attend depuis trois cents ans en Afrique.
Cette BD en noir et blanc est la rencontre de l’ombre et de la lumière. Les images jouent sur les contrastes, alternant le gris de New-York dans la première partie et la lumière de l’Afrique dans la seconde, les émotions et la violence, les cheveux blonds et les cheveux noirs.
Elle se lit très vite, comme une brève nouvelle illustrée.
Le blog de l’auteur ici.