Pourquoi les ours ne portent-ils pas de slip?, The Oatmeal


Les oursPrésentation de l’éditeur :

Matthew Inman est le fondateur d’un univers riche et complet, « The Oatmeal », entièrement dédié à l’absurdité de la vie moderne, comme ont pu le faire les Monty Python dans les années 70. Inman est donc un auteur multimédia dont la principale expression passe par le net et l’édition de livres. Pour les deux, le résultat est définitif : 2,8 millions de fans sur Facebook, 438 000 followers sur Twitter, et ses livres précédents, comme « How To Tell If Your Cat Is Plotting To Kill You », ont été N°1 sur les listes des best-sellers du New York Times.

Matthew Inman utilise lâchement et systématiquement les animaux et leur vie sauvage pour mieux se moquer de notre propre vie et de ses codes parfois étranges. En petites saynètes qui peuvent aller de une à dix pages, il porte un œil critique et méchant sur notre société, plus particulièrement celle des jeunes, les modernes, les geeks, les hipsters, les nerds, etc. C’est souvent bête, mais c’est toujours drôle, c’est l’humour d’aujourd’hui tout de suite…

 

 

Pourquoi les ours ne portent-ils pas de slip ?, c’est un peu l’art de répondre à des questions qu’on ne se pose pas mais qui, dès lors qu’elles existent, se révèlent indispensables (leur réponse, surtout). ours_planche-2

The Oatmeal traque, en planches, en ligne et en anglais, l’absurdité du quotidien. Une sélection de planches variées est proposée ici, aux longueurs, propos, niveaux de traduction et d’humour (plus subjectif) inégaux. The Oatmeal est un geek, un vrai, et ses planches consacrées à Internet/à l’informatique en général se révèlent parmi les plus tordantes, y compris pour les non geeks.

Mais tout le monde peut y trouver son compte, et ce qui est drôle est très drôle, férocement drôle.

Et comme des images valent mieux qu’un trop long discours, ci-dessous quelques morceaux choisis…

 

Attention, en dépit du dessin gentil en couverture, ce n’est absolument pas pour les enfants.

 

Hugo & Desinge, janvier 2015, 160 pages, 14,95 euros

 

Le site de The Oatmeal

 

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Voyage au bout du livre #4 : L’accompagnement éditorial, du manuscrit à l’objet-livre


SA-voyage-au-bout-du-livreVoyage au bout du livre, c’est le titre de l’une des rubriques que je propose désormais sur la plateforme Les Nouveaux Talents.

 

De l’éditeur au traducteur en passant par les animateurs d’atelier d’écriture, la rubrique Voyage au bout du livre est un patchwork de tous les métiers qui accompagnent le manuscrit jusqu’à ce qu’il devienne un livre.

 

 

L’accompagnement d’un texte commence dès sa version manuscrite mais va bien au-delà du seul travail éditorial. Rencontre avec Claire Besset, une jeune éditrice qui a fait de l’accompagnement des auteurs et de leur production son métier, et qui livre avec son expérience une boîte à outils pour les écrivains débutants. 

 

 

L’éditeur, c’est celui qui est à l’écoute

Claire BessetEn littérature, ou en tout cas, dès lors qu’on a affaire à un auteur (c’est différent, naturellement, lorsqu’on publie des livres pratiques ou du scolaire), c’est essentiellement un travail d’accompagnement. Il y a bien sûr tout le travail sur le texte, qui est une matière d’autant plus brute que l’auteur est inexpérimenté, et sur tous les à-côtés (couverture, quatrième, promotion, surtout si l’on travaille avec une petite maison d’édition), mais aussi le travail avec l’auteur, le lien qu’on va nouer avec lui. L’auteur, et le romancier en particulier, est souvent affectivement très attaché à son travail ; bien souvent il en a bavé pour produire son récit et parfois, ça peut être un peu difficile d’entendre qu’il faut changer tel ou tel passage. L’éditeur, c’est donc celui qui est capable de… (lire la suite)

 

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Voyage au bout du livre #1 : L’éditeur, passeur professionnel

Voyage au bout du livre #2 : L’atelier d’écriture, aiguillon pour l’imagination

Voyage au bout du livre #3 : Le traducteur, garant de la vérité du texte

Tous les articles de la rubrique « Les Nouveaux Talents »



Et je danse, aussi, Anne-Laure Bondoux & Jean-Claude Mourlevat


Et je danse, aussiPrésentation de l’éditeur :

 

La vie nous rattrape souvent au moment ou l’on s’y attend le moins.

Pour Pierre-Marie, romancier à succès (mais qui n’écrit plus), la surprise arrive par la poste, sous la forme d’un mystérieux paquet expédié par une lectrice. Mais pas n’importe quelle lectrice ! Adeline Parmelan, « grande, grosse, brune », pourrait bien être son cauchemar… Au lieu de quoi, ils deviennent peu à peu indispensables l’un à l’autre. Jusqu’au moment ou le paquet révèlera son contenu, et ses secrets…

Ce livre va vous donner envie de chanter, d’écrire des mails à vos amis, de boire du schnaps et des tisanes, de faire le ménage dans votre vie, de pleurer, de rire, de croire aux fantômes, d’écouter le Jeu des Mille Euros, de courir après des poussins perdus, de pédaler en bord de mer ou de refaire votre terrasse.

 

Ce roman met en scène la correspondance de Pierre-Marie Sotto, prix Goncourt en panne d’écriture, à qui écrit Adeline, une lectrice qui en sait sur lui plus que d’autres. Dans cet « espace de liberté totale » qu’est la correspondance entre deux êtres qui ne se sont jamais rencontrés, toutes les confidences trouvent leur place. L’écriture, et l’envoi de courriers électroniques à l’aveugle, permet aussi d’ouvrir des portes insoupçonnées. Bientôt, un lien extrêmement fort se crée. « Je n’écrirai jamais aussi bien qu’à vous, je le sais » écrit Adeline à Pierre-Marie.

 

A leur échange viennent se greffer les interventions de l’éditeur de Sotto, et de quelques-uns de ses amis et proches. Mais les personnages de ce « conte électronique » pourraient bien se trouver dépasser par leur propre imagination… « Ce que tu as enterré dans ton jardin ressortira dans celui de ton fils », dit un proverbe arabe. Ce qui est enterré finit en effet toujours par sortir de terre…

 

Ce roman est né d’un échange épistolaire entre deux écrivains qui n’avaient rien prémédité. N’ayant pas établi de construction pour ce projet qui n’en était pas un, ils ne savaient pas où tout cela allait les mener. Le lecteur non plus ne le sait pas – sauf qu’il ne peut s’empêcher d’avancer et d’avancer encore pour le découvrir. Car un suspens évident apparaît au fil des courriers qui narrent surtout le quotidien des protagonistes.

 

 « Aucun risque que vous puissiez me voir ; je peux donc me montrer. »

 

Et je danse, aussi pose de subtiles questions sur l’écriture, le rapport aux lecteurs, mais surtout la transformation de nos vies rendue possible par la protection de l’écran.

Un roman positif, moins léger qu’il n’en a l’air, entraînant et très habilement mené.

 

Fleuve Editions, mars 2015, 288 pages, 18,90 euros

 

Entre les lignes :

 

« Même si on ne rattrape jamais le temps perdu, on peut décider de ne plus en perdre. » (page 15)

 

« Il existe de par le monde quantité d’écrivains dont le seul tort est de n’avoir jamais rien écrit. » (page 21)

 

« Le lecteur se contrefiche de la réalité, il veut juste que cela l’intéresse. » (page 36)

 

« Aucun risque que vous puissiez me voir ; je peux donc me montrer. » (page 41)

 

« Il n’y a que les fous pour se croire raisonnables. » (page 78)

 

« Les parenthèses nous offrent quelque chose en plus tandis que les points de suspension nous en privent. » (page 85)

 

« Je veux savoir, mais j’ai peur que savoir me tue. » (page 151)

 

« La différence entre l’amour et le meurtre ? Il n’y en a pas. Dans les deux cas, la même question se pose : que faire du corps, après ? » (page 175)

 

« Je suis le jardin où maman a enterré des choses. » (page 193)

 

« Nous ne sommes pas les héros de notre propre histoire. » (page 226)

 

« Les héros ne sont pas raisonnables. » (page 227)

 

« Une douleur se partage-t-elle ? » (page 239)



Pourquoi écrivez-vous, Grégoire Thonnat ?


Gregoire Thonnat

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Passionné d’histoire, Grégoire Thonnat et l’auteur de la Petite histoire du ticket de métro (éditions Télémaque, 2010) et de plusieurs quizz historiques et thématiques parus aux éditions Pierre de Taillac : Le petit quizz de la Grande Guerre (2013), Le petit quizz de la marine (2015) et tout récemment Le petit quizz de Versailles (2015).

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Pourquoi écrivez-vous ?

Deux choses m’animent :

 

Partager un savoir, une expérience et bien souvent une émotion. Depuis que je suis enfant, j’ai la passion de l’Histoire, la grande comme la petite. J’adore les biographies et les témoignages et aussi les anecdotes historiques qui bien souvent éclairent les grands personnages et les grands événements qui font l’HisThonnattoire.

 

Pour les rencontres avec les autres. Faire des livres m’offre de belles rencontres aussi bien avec des personnalités de tous types qu’avec des gens inconnus. Beaucoup des plus belles rencontres que j’ai pu faire (après celle avec ma femme !), je les dois aux livres sur lesquels j’ai travaillé.

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

Est-ce que je suis apte à donner des conseils ? De plus, je ne me considère pas du tout comme un écrivain mais plutôt comme un essayiste. Avoir la volonté d’écrire et d’être publié est une démarche tellement personnelle… La seule chose à dire, c’est que lorsque l’on a cette envie en soi il faut se donner les moyens et y aller à fond. Quand vous avez la « passion », les gens en face de vous le ressentent.

 

 

Précédent rendez-vous : Sophie Noël

Prochain rendez-vous : Alain Wagneur

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Le petit quizz de la Grande Guerre

Petite histoire du ticket de métro parisien

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Le petit quizz de la Grande Guerre, Grégoire Thonnat


QUIZZ

« A travers son petit format et l’originalité de sa présentation à travers les questions qu’il pose, c’est le plus grand et le plus terrible pan de l’histoire de France et des Français que ce quizz éclaire. » déclare en quatrième de couverture Jean-Jacques Becker, professeur  à l’université Paris X- Nanterre et président d’honneur du centre de recherche de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne.

 

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Publié à l’occasion du centenaire de la guerre de 14-18, ce petit livre contient 100 questions fondamentales sur la Première Guerre mondiale – et autant de réponses, évidemment. Données chiffrées, rappels géographiques, éléments

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politiques, figures marquantes, précisions sémantiques, faits généraux et anecdotes sont rassemblés dans ces pages et font de l’objet un accessoire idéal pour l’apéro.

 

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Quelques repères chronologiques, culturels (avec une sélections de lieux à visiter, de films à voir et de livres à lire) et anecdotiques (les 10 choses qui n’auraient peut-être pas vu le jour sans la Grande Guerre) complètent le tout. De quoi achever de réviser ses connaissances sur le sujet.

 

Ce livre au format de poche est un succès commercial : plus de 25.000 exemplaires vendus. Fort de ce succès, l’auteur, Grégoire Thonnat, à qui l’on devait déjà un ouvrage sur le ticket de métro parisien, vient de publier deux nouveaux quizz, sur la marine française et sur le château de Versailles.

 

quizz GG69Le quizz est à feuilleter ici

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Editions Pierre de Taillac, octobre 2013, 152 pages, 4,99 euros

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Le blog du quizz :

http://lepetitquizzdelagrandeguerre.blogspot.fr/

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Avant d’être écrivain #4 : Des histoires écrites pour ses filles devenues des livres pour tous les enfants


SA-avant-detre-ecrivain-1024x302Avant d’être écrivain, c’est le titre de l’une des rubriques que je propose sur la plateforme Les Nouveaux Talents.

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Tous les chemins mènent à l’écriture ! Cette rubrique propose d’explorer les trajectoires individuelles d’écrivains pour mieux démontrer qu’il n’y a ni parcours type, ni de bagages obligatoires. Car, pour copier Simone de Beauvoir : on ne naît pas écrivain, on le devient.

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L’été de ses seize ans, Marie Tibi a travaillé dans une librairie, rêvant de voir un jour son nom sur la couverture d’un livre. Devenue mère au foyer, elle a fait de son rêve une réalité l’année de ses 53 ans. A un âge où d’autres songent à ralentir le rythme, elle commence sa carrière d’auteur jeunesse et multiplie les projets et collaborations. Rencontre avec une obstinée qui a fini par provoquer sa chance.

 

Un rêve d’enfance que le temps ne chasse pas

Marie Tibi 1Je suis née en 1959 en Algérie de parents « pied-noir », professeurs de lettres. J’ai donc été baignée très tôt dans la littérature, ils m’ont donné le goût de lire, ils m’ont transmis la saveur des mots et la curiosité d’apprendre.

En 1962, ma famille quitte l’Algérie pour la France. Mon premier job d’été, l’année de mes 16 ans, fut dans une librairie. J’écrivais déjà des poèmes, des nouvelles, des histoires… Je regardais les rayons de livres et rêvais d’avoir un jour mon nom sur l’un d’eux. Même un tout petit, même un pour les petits. Ce rêve ne m’a jamais quittée… (lire la suite)

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Avant d’être écrivain #3 : Du bourdonnement des agences de pub au bureau en solo

Avant d’être écrivain #2 : De l’analyse financière à l’écriture

Avant d’être écrivain #1 : Des chiffres aux lettres

La petite poule moustachue, Marie Tibi & Nathalie Janer

La boîte aux histoires de Marie Tibi

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Chevalier de l’ordre du mérite, Sylvie Testud


Chevalier ordre meriteQuatrième de couverture :

Dès que je passe la porte de notre appartement, je me transforme. Sans plus aucune coquetterie, je retire mes escarpins, je jette mes vêtements dans la panière à linge sale. Je m’attache les cheveux sur le sommet du crâne, remonte mes manches, et c’est parti pour le rodéo de l’ordre et de la propreté. Une chorégraphie d’un genre peu sexy, à laquelle je ne renonce que tombante de sommeil. Pauvre Adrien : il vit avec une mégère. L’image n’est pas folichonne. C’est au bureau qu’ils vivent avec moi. Bien habillée, maquillée, coiffée. Pourquoi je me transforme ? Pourquoi je n’arrive pas à suivre le mode de vie d’Adrien ? Pourquoi ça ne tourne pas plus… plus… plus carré ? S. T.

 

Sybille Mercier est toquée d’ordre, obsédée par l’organisation, control freak. Le premier à en faire les frais est son compagnon. Adrien est heureusement doté d’un redoutable sens de l’humour. « Tu crois qu’on va arriver les premiers ? » demande-t-il en voyant sa douce courir dans les rayons de la supérette avec son chariot.

 

Mais les tâches domestiques sont bientôt la cause de toutes leurs disputes. Sybille a besoin d’une aide ménagère pour sauver son couple. Elle fait passer un casting de femmes de ménage et trouve la perle qu’elle cherchait. Dès lors, elle se sent comme une touriste chez elle. Est-ce la fin des problèmes ? Ou le début de la folie ?

 

C’est frais et drôle. Rythmé et visuel. Son héroïne est attachante autant qu’énervante. Les dialogues sont jubilatoires, Sylvie Testud révélant un véritable talent en la matière.

Alors on passe sur les petits défauts de forme (la ponctuation est catastrophique, l’orthographe du prénom de l’héroïne varie…) et l’absence de style – et on attend d’en voir, un jour, une adaptation cinématographique.

 

Car Chevalier de l’ordre du mérite est un scénario prêt-à-filmer plutôt qu’une œuvre romanesque.

 

Le livre de poche, 2012, 232 pages, 6,60 euros

 

Bribes :

 

« Il pleuvra si j’oublie mon parapluie. » (page 20)

 

« Je ne possède aucun objet de valeur, ils me sont tous précieux. » (page 92)

 

« On peut dire tout et son contraire sur un même fait, une même personne. » (page 134)

 

« Les soucis m’amusaient presque. » (page 205)

 

« On agit sur moi sans que j’agisse sur personne. » (page 227)



Pourquoi écrivez-vous, Sophie Noël ?


Noel

Auparavant directrice d’école, Sophie Noël est l’auteur de nombreuses nouvelles, souvent primées.

Elle écrit une série jeunesse, Mahaut du Fargis, dont les deux premiers tomes (Le Mystère de la grotte au diable et L’Armée des rats) sont parus en 2013 et 2015 aux éditions Les 2 encres.

Maman de deux filles adoptées en Haïti, elle raconte ses péripéties de maman adoptante sur le blog http://mamancommelesautres.blogspot.fr

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Sur ce même sujet, elle a écrit un album et un roman jeunesse, L’enfant du séisme, paru en avril 2015 chez Oskar éditeur.

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Pourquoi écrivez-vous ?

Je me suis longtemps interdit d’écrire, ou en tout cas d’aller au bout d’une histoire. Je laissais partout des bribes d’écriture : des notes dans un carnet, des anecdotes dans des cahiers, des romans inachevés, des nouvelles non corrigées.

Il faut dire que mes références littéraires ne me laissaient pas le choix : Zola, Proust, Mishima, Garcia Marquez, Auster (désolée, il n’y a pas de femmes, j’en suis la première meurtrie…). Impossible de concurrencer de tels écrivains : autant ne rien faire !

J’avais la velléité de commencer, mais ne tenais pas la distance. Et puis, finir, c’est toujours triste : finir un livre, finir un bon pot-au-feu, finir une histoire d’amour, finir une vie… Je reculais l’échéance, malgré l’envie, et continuais à écrire de l’inachevé.

Et puis, comme on se couche sur le divan d’un psychiatre et que tout coule sans effort, un jour, une porte s’est ouverte sur un nouveau monde, qui a autorisé mes mots et mes histoires à aller jusqu’au bout d’eux-mêmes. Je suis entrée dans la véritable écriture par les contes, là où les débuts et les fins sont ce que l’on veut, où les personnages SNoelpeuvent être sans nuances comme nos fantasmes, où les allégories adoucissent la réalité. Je me suis aperçue qu’écrire, c’était mentir pour dire la vérité. C’était trouver son propre exotisme. Un acte de création sublime qui cristallise les chimères éparses de notre inconscient.

Alors, j’ai osé.

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

Celui-ci : oser.

 

 

Précédent rendez-vous : Marie-Sabine Roger

Prochain rendez-vous : Grégoire Thonnat

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L’enfant du séisme

Toutes les réponses à « Pourquoi écrivez-vous ? »



L’enfant du séisme, Sophie Noël


seismePrésentation de l’éditeur :

 

Flore, fillette adoptée en Haïti, vit en France avec ses parents. Elle attend avec impatience l’arrivée de sa petite sœur Alexandra. À seize mois, celle-ci a déjà toute sa place dans le cœur de sa famille. Née à Port-au-Prince, comme Flore, elle n’est séparée d’eux que par douze heures de vol et un ultime coup de tampon. Mais le dossier d’Alexandra, comme celui des autres enfants de son orphelinat, se perd dans le séisme du 12 janvier 2010. Devant le blocage de l’administration, les parents de Flore passent à l’action. Ce roman, c’est aussi l’histoire vécue par l’auteur, Sophie Noël et ses proches, l’adoption d’une enfant haïtienne durant la période du terrible tremblement de terre en 2010.

 

 

Ce petit roman parle d’Haïti et du séisme qui secoue l’île en 2010. Il parle du dénuement des enfants et de la terre qui tremble.

Mais il parle aussi de la terre familiale qui tremble quand s’annonce l’arrivée de l’enfant né loin. Qui tremble surtout que l’enfant n’arrive pas comme prévu.

 

Avec humour et tendresse, s’inspirant de son histoire personnelle, Sophie Noël raconte les espoirs et les craintes, les efforts déployés, l’énergie dépensée par une famille au complet, qui embarque dans son tourbillon les proches, les amis… Et des démarches qui vont jusqu’à écrire au président de la République. « Carrément. », commente Flore, l’aînée.

 

Flore veut bien que sa petite sœur arrive pour être comme son amie Madeleine, dont la maman a le ventre rond. Flore veut bien que sa petite sœur arrive si c’est la condition pour que ses parents redeviennent calmes et rigolos, comme avant.

 

Sophie Noël raconte du point de vue de l’enfant adoptée ce qu’est être une « fille de cœur », grandie à des kilomètres de sa « maman de ventre ». C’est juste, instructif, tout sauf larmoyant, et ça permet de lever le voile sur le tabou de l’adoption tout en évoquant à hauteur de fillette les rouages qui rendent possible la naissance de tant de familles.

Un très joli petit roman à lire à partir de 9 ans.

 

Oskar édition, avril 2015, 56 pages, 6,95 €

 

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Trois phrases :

 

« C’est ainsi que je suis née dans leur cœur. » (page 8)

 

« Il ne m’était jamais venu à l’esprit qu’on puisse ne pas avoir à manger ni à boire. » (page 27)

 

« Le temps a mis du temps à passer. » (page 35)



Pourquoi écrivez-vous, Marie-Sabine Roger ?


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Née en 1957 à Bordeaux, Marie-Sabine Roger est l’auteur de nombreux romans en littérature jeunesse et en littérature générale. Parmi ces derniers, ont notamment été publiés aux éditions du Rouergue La tête en friche (2009), Vivement l’avenir (2010), Bon rétablissement (2012). Son dernier roman en date, Trente-six chandelles, est paru en janvier 2015, toujours au Rouergue.

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Pourquoi écrivez-vous ?

La question que je me poserais plus volontiers serait plutôt « Pourquoi est-ce que je n’écrirais pas? », sachant le plaisir et la liberté que j’y trouve.

Pour moi, écrire, c’est me donner le luxe de vivre plusieurs vies, de voyager sans quitter mon bureau (même s’il m’est souvent arrivée de voyager aussi « pour de vrai »).

Je ne vous ferai pas le coup de « la bouteille jetée à la mer », parce qu’un roman, ce n’est pas une seule bouteille qui contient un message, c’est autant de bouteilles qu’il y aura de lecteurs. Et le message enfermé n’attend pas de réponse, au sens propre. Il attend un regard. Et les lecteurs sont parfois loin, très loin, très souvent anonymes.

Pourtant il y a un peu de ça, dans le fait de jeter des mots sur une page blanche, sur un écran d’ordinateur.

J’écris pour moi, bien sûr, très égoïstement, mais j’espère toujours que j’aurai des complices, des compagnons de route, ici ou là.

D’autres que moi pour rire, s’émouvoir, s’indigner, réfléchir, s’attendrir. Vivre, en fait.

La rencontre avec les lecteurs, lorsqu’elle a lieu, c’est exactement ça. J’ai soudain en face de moi des gens qui font partie de ma bande, qui ont trouvé mes bouteilles, qui ont lu les messages, et qui s’en sont servi pour repeindre leur horizon, pendant une heure ou deux, pendant un jour ou deux.

Eux et moi, nous partageons désormais les mêmes personnages, nous avons en commun leur histoire, car je ne me sens pas plus propriétaire de mes héros que mes lecteurs ne le sont. Sans doute moins, même. Je n’ai même pas le sentiment d’avoir réellement « inventé » ces personnages. Ils sont venus vers moi, un jour, ils ont commencé à me raconter leur histoire, et plutôt que de les écouter, seulement, je me suis mise à ma table et j’ai écrit, sous leur dictée ou presque.

RogerJe suis la première lectrice des romans que j’écris, et si les personnages ne me touchent pas, le travail s’arrête.

J’ai besoin de nouer des liens forts avec eux, de me sentir concernée par ce qui les concerne.

Dit comme ça, on peut s’inquiéter de mon équilibre. Mais j’ai toujours parlé de mes personnages comme s’ils étaient vivants, car pour moi, réellement, ils le sont, tout le temps de l’écriture. Ensuite, ils sont comme de vieux amis que j’aurais un beau jour perdus de vue, et ils vont raconter leur vie chez tous ceux qui auront la curiosité d’ouvrir le livre et de tourner les pages. Ce miracle de la lecture, nous le partageons, tous autant que nous sommes, et d’un bord à l’autre du monde, nous, l’immense peuple des lecteurs, des rêveurs.

Je me sens lectrice avant tout. Et si j’ai commencé un beau jour (c’était un très beau jour) à écrire, c’était peut-être par crainte (absurde) de manquer un jour de lecture, comme un gourmand, une gourmande, feraient leurs propres confitures, pour le côté rassurant, la certitude de ne jamais tomber en panne de goûter.

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

… D’ouvrir leurs yeux et leurs oreilles?… Et de savoir être patient.
A mon sens, écrire ne demande pas d’être bardé de diplômes, ni même d’être un grand lecteur. Écrire demande avant tout et surtout d’être curieux de la vie, des gens Roger2autour de soi, du monde environnant. Ce n’est pas pour rien que ce métier commence vraiment – la plupart du temps – à l’âge adulte. Parfois même très tard dans l’existence.
Pour écrire, il faut avoir du grain à moudre, il faut avoir vécu. Rien n’empêche de commencer à écrire très jeune, d’ailleurs ce n’est pas un choix, c’est un besoin, parfois très impérieux. Mais l’écriture se nourrit de ce que nous sommes, de notre vécu, même lorsque nous ne parlons pas de nous.
Plus nous vivons, plus nous avons vécu de situations diverses, plus nous avons de choses à raconter.
Ce qui fait la véracité, l’authenticité d’une scène, d’un dialogue, c’est toute notre expérience de la vie, parce qu’elle sert de fondation à nos histoires, même les plus délirantes.
Mon conseil, ce serait d’écrire dès que l’on ressent le besoin de le faire.
Mais également de ne jamais écrire « pour » être publié, ni « pour » un lectorat. Ne pas se censurer, ne pas se formater, en se demandant qu’est-ce qui fera pleurer ou rire le lecteur, car « Le » lecteur n’existe pas.
Demeurer le seul juge de son propre travail, tout le temps de l’écriture, me semble la garantie d’un travail honnête, exigeant, sans complaisance, et qui ne sera pas perverti par le souci de plaire ou de ne pas déplaire, ni affaibli par une critique trop précoce, qui serait faite sur un travail qui n’est pas encore abouti.
Et puis, se dire en permanence qu’écrire « bien » n’a aucun intérêt.
Ce qu’il faut, c’est écrire « juste ». En tout cas, il faut le tenter.

 

 

Précédent rendez-vous : Alexandre Grondeau

Prochain rendez-vous : Sophie Noël

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Trente-six chandelles

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