La rentrée littéraire d’Harold Cobert


HaroldCobert

Harold Cobert est l’auteur du Reniement de Patrick Treboc (2007), d’Un hiver avec Baudelaire (2009), de L’Entrevue de Saint-Cloud (prix du Style 2010), de Dieu surfe au Pays basque (2010), du Petit éloge du charme (2012), d’Au nom du père, du fils et du rock’n’roll (2013).

Son dernier livre, Jim (éditions Plon), est paru en septembre 2014.

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Harold Cobert © Bruno Klein 

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.Comment vivez-vous cette rentrée littéraire ? 


En fait je ne fais pas partie de la rentrée littéraire. Je suis sorti un peu en décalé, le 25 septembre, c’est-à-dire hors de la course aux grands prix d’automne – car c’est cela, la rentrée littéraire, les grands prix d’automne.

 

Qu’en attendez-vous ?

Rien de particulier, puisque je ne suis pas dans la course aux prix !

 

Que lisez-vous en ce moment ? 

Rien. Pour la première fois de ma vie, je suis incapable de lire. Cela fait plus d’un mois que ça dure, et j’espère que cette incapacité va bientôt prendre fin ! Mais j’ai très envie de lire Charlotte de David Foenkinos. Je suis persuadé que c’est son meilleur roman.

 

Cobert

Vous intéressez-vous à la rentrée littéraire en tant que lecteur ?

Non. Mon amour de la littérature ne connaît pas les saisons. 

 

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La rentrée littéraire 2013

La rentrée littéraire 2012

La rentrée littéraire 2011

La rentrée littéraire 2010



Y comme Romy, Myriam Levain & Julia Tissier


Y comme RomyPrésentation de l’éditeur :

Romy Idol, presque 30 ans, presque un mec, presque un boulot

Ma vie amoureuse est à l’image de ma vie professionnelle, c’est-à-dire extrêmement précaire. J’enchaîne les CDD, voire les stages – rien qui puisse, en tout cas, aboutir à un CDI. J’ai quand même une relation stable : celle que j’entretiens avec mon portable – sans parler de mon chat Jean-Paul Sartre, mais ça ne compte pas vraiment, désolée, Jean-Paul.
Je m’appelle Romy, je suis un pur produit de la génération Y et je vais vous raconter ma vie.

 

Romy a grandi en jouant aux pogs, en regardant les Tortues Ninja et en chattant sur MSN bien avant l’arrivée de Facebook. À presque trente ans, elle vit dans un studio, à défaut de pouvoir se payer un appartement d’« adulte », et papillonne de soirée en soirée avec sa B.F.F. Sonia à la recherche du grand amour… ou au moins de quoi égayer ses nuits.

Mecs, boulot, famille, quotidien : Romy, c’est nous en pire.

 

Pas évident de faire partie de la génération Y, dit-elle.

Romy se débat comme elle peut avec son quotidien de Parisienne en quête du job de rêve et de l’homme idéal (et vice versa) qui rendront sa vie enfin digne d’être vécue.

En attendant, elle va de rencards foireux en nuits de mauvaise baise, elle subit ses parents qui n’ont pas osé faire leur crise d’adolescence avant d’avoir atteint la cinquantaine, elle essaye des maillots de bain qui ne vont jamais et connaît plus d’une traversée du désert (de toutes natures), elle applaudit avec plus ou moins de conviction au soi-disant bonheur que ses copines lui envoient au visage, elle compte les points et fait des bilans– bref, en attendant la grande vie elle vit, et elle ne nous en épargne rien.

 

C’est drôle, très drôle, et moins léger que les illustrations colorées de Louison ne le laissent supposer de loin. C’est une Joséphine qui n’a pas encore rencontré l’Homme et dont les chroniques permettent de pointer des sujets tellement vrais.

 

Romy, c’est presque nous. Et c’est pour ça qu’on la kiffe !

 

Illustré par Louison

Editions Robert Laffont, octobre 2014, 224 pages, 14,50 €

 

 

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L’écrivain à l’épreuve du quotidien #3 : Le temps libre, c’est l’écriture


SA-lecrivain-a-lepreuve-du-quotidienL’écrivain à l’épreuve du quotidien, c’est le titre de l’une des rubriques que je propose désormais sur la plateforme Les Nouveaux Talents.

 

Un écrivain ne devrait pas faire les courses… il faut pourtant bien qu’il mange ! Dans cette rubrique, rencontre avec des écrivains qui se livrent sur la place de l’écriture dans le quotidien… et la place du quotidien dans l’écriture !

 

 

Salariée à temps partiel, Claudine Aubrun met son temps libre à profit pour écrire, et s’échappe parfois plusieurs mois durant dans des résidences d’écrivains. Mais avant d’en arriver là, elle a bataillé pour s’octroyer les heures que réclamaient ses livres. Rencontre avec un écrivain qui depuis dix ans construit sa vie autour de l’écriture. 

 

 

Dégager quelques heures pour mes livres a longtemps été pour moi une obsession

 

23-portrait_claudine_aubrun_c-Loïc-le-LouetEcrire demande du temps et ce temps est peu ou mal payé. C’est une situation cruelle. Dégager quelques heures pour mes livres a longtemps été pour moi une obsession. J’ai écrit mes premiers livres de cinq à sept, mais le matin. Il faisait nuit. J’avais sommeil. Puis, ma journée de mère de famille, de travailleuse commençait. Je devais me coucher tôt pour tenir le coup. Je m’imposais de travailler dix heures par semaine. Puis, j’ai commencé à publier, les trente-cinq heures sont arrivées, j’ai négocié un temps partiel avec mon employeur. J’ai enfin écrit à la lumière du jour. Maintenant, j’ai moins d’obligations familiales, je travaille le weekend, les vacances. Mon temps libre, ma liberté, c’est l’écriture. J’ai eu la chance de vivre et travailler à deux reprises dans des résidences d’écrivains. La première, je n’ai sans doute pas plus écrit que dans mon quotidien. Par contre, j’ai pris du recul. J’ai réfléchi à ce métier, à ma façon de l’aborder, à ce que je voulais écrire. Pour la deuxième, j’ai mis ce temps à profit pour avancer sur plusieurs projets… (lire la suite)

 

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L’écrivain à l’épreuve du quotidien #1 : Conjuguer les écritures et les contraintes

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L’amour et les forêts, Eric Reinhardt


REINHARDT Eric COUV L'amour et les forêtsPrésentation de l’éditeur :

À l’origine, Bénédicte Ombredanne avait voulu le rencontrer pour lui dire combien son dernier livre avait changé sa vie. Une vie sur laquelle elle fit bientôt des confidences à l’écrivain, l’entraînant dans sa détresse, lui racontant une folle journée de rébellion vécue deux ans plus tôt, en réaction au harcèlement continuel de son mari. La plus belle journée de toute son existence, mais aussi le début de sa perte.

Récit poignant d’une émancipation féminine, L’amour et les forêts est un texte fascinant, où la volonté d’être libre se dresse contre l’avilissement.

 

Un pervers narcissique ; un manipulateur, peut-être à son insu même ; mais finalement un criminel, coupable des souffrances qu’il procure, qu’il en soit ou non responsable. Cet homme, c’est celui de la vie de Bénédicte Ombredanne, son époux et le père de ses enfants. Celle-ci, faute de s’aimer assez pour oser croire mériter mieux, l’a suffisamment côtoyé pour se retrouver totalement prise à ce piège insoupçonnable par le monde autour.

Parfois il suffit d’un homme pour ouvrir les yeux sur ceux qui ont précédé. Parfois il suffit d’une étreinte pour admettre qu’autre chose existe et décider que l’on ne veut plus se laisser traiter de la façon dont on est traitée.

Bénédicte Ombredanne donc fera sa rencontre salvatrice – ou pas. Son dédommagement pour le sacrifice auquel elle a consenti, le cadeau qu’elle se fait prendra l’apparence d’un amant vivant dans les bois. Et de ce bonheur, comme du malheur qui le précède et en découle, elle fera le récit à cet écrivain dont elle aime tant les livres.

 

L’écriture d’Eric Reinhardt est une vague qui emporte et ne laisse pas de répit avant d’avoir recraché son lecteur incrédule et sonné sur la plage redevenue calme. Si le personnage de l’écrivain y est très présent, trop peut-être, puisqu’il n’est qu’un prétexte au propos, l’ensemble est cependant fascinant, foisonnant, et dramatique dans ce qu’il démontre : une réalité tangible où les prédateurs portent des masques d’individus irréprochables qui leur permettent de sévir en toute impunité.

 

Un roman fort, marquant, dont on ne sort pas indemne.

 

Comme les forêts, l’amour est profond, se peut pénétrer, l’on peut s’y engloutir, s’y dissimuler. Mais il arrive parfois que la forêt soit si touffue qu’on ne puisse jamais en sortir vivante – et que nulle part l’on n’y trouve trace d’amour.

 

Gallimard, août 2014, 368 pages, 21,90 euros

 

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Passages choisis :

 

« J’ai compacté toutes les idées que j’avais, j’ai injecté dans l’organisme de ce roman vorace l’ensemble de mes carnets, mes sensations fondatrices, mes pensées les plus précieuses, toute ma substance intime, tout ce par quoi, depuis l’adolescence, je me sens écrivain ? » (page 29)

 

« Normalement, ce qu’on acquiert dans ses rêves, on le perd au réveil, malgré tous les efforts que l’on peut faire pour conserver dans ses mains le profit de ses pérégrinations oniriques. » (page 74)

 

« Notre vie est bel et bien le ciel des événements désagréables qu’on est amené à affronter, qui n’en sont que le sol, la terre, et les cailloux : les champs de bataille. » (page 124)

 

« Quel bonheur que d’écrire, quel bonheur que de pouvoir, la nuit, souvent la nuit, s’introduire en soi et dépeindre ce qu’on y voit, ce qu’on y sent, ce qu’on entend que murmurent les souvenirs, la nostalgie ou le besoin de retrouver intacte sa propre grâce évanouie, évanouie dans la réalité mais bien vivante au fond de soi, vivante au fond de soi et éclairée au loin comme une maison dans la nuit, une maison vers laquelle on laisse guider ses pas, seul, conduit par la confiance, l’inspiration, ses intuitions renaissantes, par le désir de rejoindre cet endroit qu’on voit briller au loin dans les ténèbres, attirant, illuminé, en sachant que c’est chez soi, que c’est là que se trouve enfermé, au fond de soi, ce qu’on a de plus précieux, son être le plus secret. » (pages 202-203)

 

« Les mots sont si gentils, étonnamment dociles et bienveillants, ils se laissent si facilement entrevoir et cueillir, je les ordonne sur le papier à la faveur de phrases que je trouve belles, qui se révèlent spontanément au fur et à mesure que j’avance, révélant à moi-même mon propre corps empli de sensations et de forces. Elles se révèlent à moi, ces phrases, comme un paysage le long d’un chemin, il me suffit d’ouvrir les yeux, les phrases sont là dans mes pensées et je les note, je les laisse s’inscrire d’elles-mêmes sur la page, il me suffit d’être en alerte, disponible, toute entière tournée vers ce qui se passe en moi quand je marche et écris, quand je marche en moi-même et laisse tomber les mots de cette cueillette sur le papier, comme si j’étais de nouveau la jeune fille que j’ai été jadis, pleinement dans mon corps, pleinement dans la langue, pleinement dans les mots, pleinement dans mon être : car je ne suis jamais autant moi-même et dans mon être, et dans ma vérité, qu’à travers les mots, les phrases, les livres, les grands auteurs et leur génie de la verbale et tranchante fulgurance. » (pages 203-204)



Autour de moi, Nathalie Seroux


Autour de moiPrésentation de l’éditeur :

Un premier imagier photo pour les tout-petits qui leur donne à voir le monde à portée de main.

Ce très beau travail photographique de Nathalie Seroux offre une vision personnelle et sensible de l’environnement immédiat de l’enfant et renouvelle le genre littéraire qu’est l’imagier : voici un ouvrage pour apprendre aux tout-petits à nommer les objets, découvrir le monde et s’éveiller chaque jour un peu plus. Tous les thèmes de son quotidien sont présents: les différentes pièces de la maison, les objets qui les meublent, la nourriture, le jardin, les jouets, la musique, les couleurs… et beaucoup de tendresse pour montrer le quotidien du tout-petit !

La photographe crée des images simples et épurées en jouant avec la lumière, les matières, l’harmonie des couleurs chatoyantes. Ses objets et instants saisis dégagent une grande vitalité et se laissent nommer avec évidence.

Un imagier à feuilleter dans l’ordre ou au hasard, pour s’amuser à tisser des liens entre les images, les mots et le monde.

 

Le monde que présente Nathalie Seroux est coloré et poétique, lumineux et malicieux. Son univers est riche, son œil observateur et précis, son objectif tendre et… très subjectif.

 

Pourquoi ne pas habituer au plus tôt les enfants à la réalité plutôt qu’à sa retranscription/transformation/édulcoration ? C’est la question qui s’impose aux adultes face à cet imagier superbe et pas comme les autres. Car Autour de moi est un bel objet qui pèse son poids d’émotion. Entre les pages, et par la magie des associations que propose Nathalie Seroux, un petit supplément d’âme…

 

Inattendu et plein de vie.

 

De la Martinière jeunesse, septembre 2014, 14,90 euros

 

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La rentrée littéraire de David Foenkinos


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David Foenkinos est l’auteur de quinze livres.

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Le dernier d’entre eux, Charlotte, qui retrace la vie de Charlotte Salomon, est paru en cette rentrée littéraire chez Gallimard.

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David Foenkinos (c) Catherine Hélie 

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Comment vivez-vous cette rentrée littéraire ? 

DavidLa publication de Charlotte est ma sixième rentrée littéraire. J’ai eu ainsi l’occasion d’expérimenter tous les cas de figure de la rentrée. Je suis heureux de l’accueil réservé à Charlotte. Cela a été une grande joie de découvrir Charlotte à la première place du classement des libraires organisé par Livres Hebdo.

 

Qu’en attendez-vous ?

Depuis des années, j’essaye d’écrire ce livre, motivé aussi par mon envie de faire découvrir Charlotte Salomon. Les lecteurs s’emparent du livre et veulent connaître son oeuvre. C’est ce que j’attendais le plus : partager mon admiration, la communiquer. Et faire en sorte qu’elle revienne au premier plan artistique. Je viens d’obtenir qu’à Villefranche-sur-mer, il y ait une plaque devant la maison où elle était réfugiée. Et il y aura une exposition en mai prochain.

 

Que lisez-vous en ce moment ? 

Je lis le livre de Christophe Donner sur Rassam, Berri, Pialat. C’est la plongée dans une époque fascinante, sûrement révolue.

 

Vous intéressez-vous à la rentrée littéraire en tant que lecteur ?

Bien sûr, il y a de nombreux auteurs que j’aime. J’ai déjà lu de nombreux livres. J’ai particulièrement aimé le livre de Catherine Cusset, dont j’aime l’écriture de l’intime. Le dernier livre de Serge Joncour est aussi particulièrement réussi, avec une structure surprenante ; on change de registre sans cesse, c’est une prouesse. 

 

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Trois enfants du siècle, Cyril Massarotto


Trois enfants du sièclePrésentation de l’éditeur :

Trois enfants du siècle pris au piège de leurs antagonismes et de leurs désirs

France a vingt ans, elle est belle et vit dans le XVIe. Sur les Champs-Élysées, elle fait la connaissance de Salim, une « racaille ». Elle l’invite à une soirée où elle doit retrouver Matthias, fervent adhérent d’un groupuscule d’extrême droite.

La rencontre entre les deux jeunes hommes est explosive. Surtout lorsqu’ils se rendent compte que pour France, il n’est pas question de faire un choix : elle veut coucher avec eux deux, ensemble, sinon rien. Un périlleux ménage à trois commence.

Salim et Matthias parviendront-ils à passer outre leurs convictions, leurs idées reçues, leur méfiance ? Et France, que veut-elle exactement ?

Dans ce roman au ton résolument provocateur, Cyril Massarotto dresse le tableau d’une société traversée par des aspirations contraires. Un texte ancré dans une réalité brute, décrite sans fard.

 

Le septième roman de cet écrivain à succès est court, cru, violent, percutant. Il fait s’alterner les voix de trois personnages que tout oppose a priori, des personnages au caractère caricatural renforcé par leurs différences de phrasé, de vocabulaire. Ils existent pourtant, ces personnages, la nature est pleine de caricatures ; la littérature cependant a ce pouvoir, sinon ce devoir, de se détacher de la réalité pour mieux nous y ramener.

 

Cyril Massarotto décrit sans tenter d’expliquer et c’est tout à son honneur. Son roman est tristement fascinant et se dévore. On n’aurait pas détesté toutefois qu’il délaisse l’oralité pour tendre davantage vers le romanesque. Son propos n’en aurait été que plus fort.

 

XO Editions, septembre 2014, 192 pages, 16,90 euros

 

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Dieu est un pote à moi

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La rentrée littéraire de Véronique de Bure


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Éditrice, Véronique de Bure est l’auteur d’Un retraité et d’Une confession (Stock). Elle a également co-écrit Retrouver Estelle avec Eric Mouzin (Stock).

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Son nouvel ouvrage, J’ai mis mon fils chez les cathos, un témoignage, paraît aux éditions Belfond en cette rentrée littéraire. 

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Comment vivez-vous cette rentrée littéraire ? 

C’est ma première rentrée littéraire puisque mes précédents ouvrages sont sortis respectivement en mai (Une confession) et en mars (Un retraité). Je trouve que faire paraître un livre début septembre est très difficile puisqu’on se trouve emporté par la déferlante des romans de fin août, grosses pointures et primo-romanciers confondus, et que l’on sait, dès le départ, que très peu de titres survivront à l’avalanche, la plupart étant voués à disparaître dans la coulée. C’est encore plus dur lorsque, s’agissant d’un récit, un témoignage classé dans la catégorie « essais et documents », votre livre se trouve sortir le même jour que celui d’une ex-première dame blessée !

 

Qu’en attendez-vous ?

DeBureA dire vrai, lorsque j’ai su que mon livre allait paraître, non pour ses qualités littéraires ou romanesques, bien sûr, mais pour cause de rentrée scolaire (le thème en est l’école), le 4 septembre, j’ai tout de suite décidé de ne pas en attendre grand-chose… Travaillant dans l’édition, je pense être lucide. Pourtant, c’est plus fort que soi, on espère toujours un miracle. Et heureusement d’ailleurs, sinon on arrêterait d’écrire et, surtout, de publier !

 

Que lisez-vous en ce moment ? 

Je suis plongée dans le James Salter, Et rien d’autre. Juste avant, pas très en avance dans mes lectures, je venais de terminer Un bon fils de Bruckner, que j’ai beaucoup aimé. Ah, j’ai lu aussi le dernier Amélie Nothomb. J’avais cessé de la lire depuis un moment, le dernier que j’avais apprécié – et même adoré – étant Métaphysique des tubes, mais Le Masque et la plume ayant parlé de Pétronille comme d’un « très bon cru », j’ai voulu tenter à nouveau. J’avoue avoir été déçue… Hier, une amie m’a offert le dernier Dany Laferrière, au si joli titre L’Art presque perdu de ne rien faire. Je n’ai encore jamais lu cet auteur, j’ai hâte de le découvrir enfin. Il est donc le prochain sur ma liste.

 

Vous intéressez-vous à la rentrée littéraire en tant que lecteur ?

Oui, bien sûr. Je suis particulièrement attentive aux parutions d’août et septembre et je lis peut-être plus que le reste de l’année les critiques littéraires. Je crois qu’il y a un côté compétition qui m’amuse assez. Chaque rentrée, j’achète quelques-uns des titres mis en avant, et je ne peux m’empêcher de suivre les empoignades des grands prix d’automne ! Pour autant, je ne lis pas systématiquement les ouvrages primés, j’ai trop souvent été déçue.

 

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Homme/femme mode d’emploi, Yang Liu


yang_liu_man_woman_va_f_3d_04622_1406171647_id_821489Présentation de l’éditeur :

 

Les pictogrammes astucieux et audacieux de Yang Liu revisitent la vie des hommes et des femmes : leurs rôles, leurs relations et les clichés vieux comme le monde

 

Essayez d’imaginer un contexte où un homme portant une robe paraîtrait aussi normal qu’une femme en pantalon. Où une femme qui s’exhiberait en public ne serait pas sexy, mais aussi inquiétante qu’un exhibitionniste. Où les deux sexes auraient les mêmes chances de réussite et le même statut professionnel.

 

Dans ce premier volume d’une nouvelle série TASCHEN, la célèbre graphiste Yang Liu s’attaque à l’un des sujets les plus anciens, mais toujours aussi brûlant: il et elle. En s’inspirant des expériences, défis et nombreux points de vue des hommes et des femmes qu’elle a observés dans la vie, Yang Lui aborde la vaste et vertigineuse question du genre grâce à d’audacieux pictogrammes binaires.

 

Illustrant toute une série de situations, du bureau à la maison, les dessins de Yang Liu se montrent aussi simples et accessibles par leur forme qu’infinis par les associations, évocations et réponses qu’ils suscitent. En combinant stéréotypes séculaires et divergences d’actualité, cette nouvelle approche des rôles des hommes et des femmes et de leurs relations représente avant tout un effort de synthèse d’un problème éminemment épineux sous une forme graphique amusante et rafraîchissante, qui facilite et éclaire entente et tolérance mutuelles entre les sexes.

 

 

Parfois clichés mais souvent très bien vues, les doubles-pages de la graphiste Yang Liu prêtent à sourire, rire, réfléchir, se révolter, l’absence de commentaire doublant leur force. Un petit livre réussi et efficace, un imagier du sexisme ordinaire dont on voudrait reproduire certaines planches en 4 x 3 – et qu’à défaut, on peut offrir à foison.

 

Taschen, septembre 2014, 128 pages, 12 euros

Le site de l’auteur : http://www.yangliudesign.com/

 

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La rentrée littéraire de Jennifer Murzeau


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Jennifer Murzeau a publié un premier roman, Les Grimaces, chez Léo Scheer en 2012.

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Son deuxième roman, Il bouge encore, paraît en cette rentrée littéraire chez Robert Laffont.

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Comment vivez-vous cette rentrée littéraire ? Qu’en attendez-vous ? 

Je la vis bien! C’est une première pour moi. Je me sens chanceuse de faire partie des auteurs qui publient à cette période. Il y a une espèce de mystique autour de cet événement et il est naturel pour un auteur de nourrir dans un petit coin de Murzeausa tête de grands espoirs en termes de reconnaissance, de visibilité. Et en même temps il y a la crainte de faire un bide complet au contraire, de ne susciter que silence et indifférence qui pique. Je vacillais entre ces deux extrêmes pendant le mois d’août. Le jour de la sortie du livre, un article est paru dans le Monde. J’ai défailli de bonheur. Je doute souvent. Et quand un livre s’échappe pour devenir public, c’est pour moi un moment étrange où je peux attendre des autres de valider sa valeur. Alors là, la journaliste qui a écrit ce papier, Esther Attias, m’a envoyée aux anges! Mais je tâche de me détacher de cette attente. C’est d’autant plus salutaire qu’exister médiatiquement en tant que jeune auteur n’est pas simple. Alors si on attend un papier par jour pour se convaincre qu’on a bien fait d’écrire un livre, on s’expose à un grand malheur ! Aujourd’hui je suis simplement heureuse que ce livre existe, qu’il soit en librairie. J’espère qu’il sera lu et que le bouche à oreille fonctionnera. J’ai déjà quelques retours de lectures qui me touchent. C’est un roman dans lequel j’ai consigné des considérations qui me tenaient à cœur, un regard sur l’époque que je souhaite partager aussi largement que possible. Et puis il marque un progrès dans mon écriture, il me semble, elle est plus affirmée, plus décomplexée. La conception de ce second roman a définitivement assis ma volonté de bâtir une carrière littéraire, a affermi ma foi dans cette entreprise, malgré les doutes qui peuvent surgir ensuite et dont je parlais plus haut.

Je me réjouis à l’idée de participer à des événements lors desquels on rencontre les lecteurs. Je fais des dédicaces en librairies et participerai à des salons littéraires cet automne (Besançon, Toulon, Ozoir la Ferrière). J’aime beaucoup prendre part à ces manifestations, c’est très joyeux de découvrir le travail des autres auteurs et de parler de ce qu’on écrit dans ces conditions.

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Que lisez-vous en ce moment ? Vous intéressez-vous à la rentrée littéraire en tant que lecteur ?

En ce moment je lis ceux que j’appelle mes collègues de rentrée littéraires, Arnaud Gonzague et Olivier Tosseri qui ont publié leur premier roman chez Robert Laffont eux aussi. Il s’appelle Le bal de hommes et immerge avec beaucoup de réalisme dans le gay Paris des années 30. On y suit un inspecteur de la brigade des mœurs chargé d’élucider une sombre histoire de trafic d’aphrodisiaques hautement illégal. Je viens de le commencer. L’écriture et la narration sont très maitrisées.

Je m’intéresse à ce qui sort à la rentrée littéraire bien sûr. Je lis beaucoup d’auteurs morts, et la rentrée est justement l’occasion de découvrir ou de suivre des plumes vivantes. Je n’ai pas encore fait mon marché mais compte lire bien vite L’amour et les forêts d’Eric Reinhardt, l’un de mes auteurs préférés dont j’ai lu et aimé tous les livres.

 

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