Pourquoi écrivez-vous, Eric Valmir ?


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Éric Valmir est journaliste (Partout ailleurs sur France Inter) et écrivain. Il a publié en 2005 un premier roman, Toute une nuit (Robert Laffont), suivi d’un livre d’entretiens sur la religion et d’un ouvrage sur l’Italie.

Magari, son deuxième roman, est paru aux éditions Robert Laffont en août 2012.

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Pourquoi écrivez-vous ?

Écrire apaise. Très loin du mythe qui sous-entend que la souffrance génère l’inspiration, je puise une grande sérénité dans le travail d’écriture. C’est un besoin, une urgence, une vitalité du quotidien que l’on peut assimiler à une pratique sportive. Après quelques exercices, le corps apparaît détendu.

Or, chercher les mots, construire les situations, assembler les idées éclaircit la journée et facilite la respiration. Je ne pourrais vivre sans. Dans cette première approche, la pensée d’être publié ou lu n’est jamais présente à l’esprit. La seule préoccupation est d’élever un niveau d’exigence par rapport à soi-même. Ecrire, c’est un rapportValmir 1 à l’imagination, à la création, à l’esthétique, à l’élévation. Ensuite, on laisse l’encre sécher dans un carnet, les documents Word macérer dans un ordinateur, on écrit ailleurs et puis le temps passant, on revient sur ces textes. A cet instant, nous voilà lecteur et seuls les défauts apparaissent à la lueur. Il faut s’y atteler. C’est de la sueur, mais aussi une des phases les plus intéressantes. Le premier jet n’est que jaillissement avec toutes les imperfections qu’il suppose. La réécriture polit, modèle, façonne. Elle requiert distance et concentration. C’est ici qu’on va puiser au fond de soi les ressources qu’on ne soupçonne pas toujours. Se dépasser, être son premier critique, le plus intransigeant qui soit. Se dire sans cesse que la marge de progression est encore immense, et continuer sur ce chemin avec cette part de doute qui loin de paralyser libère les énergies.

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

Valmir 2Je suis bien mal placé pour donner un conseil et je ne crois pas qu’il existe d’aspirant écrivain. Aspirer à écrire, c’est la première étape. Concrétiser cette envie consiste à taper sur son clavier et se laisser guider par l’instinct. C’est un exercice solitaire. Dans ce registre, il n’existe aucune règle. Chaque histoire, chaque expérience sont différentes.

 

 

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Magari, Eric Valmir


MagariPrésentation de l’éditeur :

Quand Lorenzo sort de chez lui ce matin-là, flottent sur Rome toutes les promesses de l’été. Nous sommes le 19 juin 2001. Silvio Berlusconi est redevenu quelques jours plus tôt chef du gouvernement. Pour la plus grande joie de ses tifosi, l’AS Roma vient de remporter le troisième scudetto de son histoire. Et Lorenzo est heureux : certainement pas à cause du retour aux affaires du Cavaliere – la politique, il en a soupé. Peut-être même pas grâce à la victoire de son équipe, et Dieu sait pourtant s’il a rêvé de revivre une telle liesse… Non, Lorenzo est heureux parce que Francesca l’aime. Parce que, dans quelques mois, naîtra leur premier enfant, une fille, il en est certain. Parce que, à l’abord de la trentaine, l’ombre du petit garçon naïf et malhabile, celle de l’adolescent irrésolu ballotté par tous les vents contraires, n’est plus si lourde à porter. Aujourd’hui, sa vie a un axe, un socle, une direction. Alors, il traverse la rue sans faire attention. Et ne voit pas la voiture qui surgit au même moment…

Étendu sur le bitume, Lorenzo remonte le fil de sa vie. Celle d’un jeune Romain qui a grandi écartelé entre l’intransigeance d’un père communiste ultra militant, les migraines d’une mère rongée par un drame familial et l’amour d’un grand-père cachant tant bien que mal son passé mussolinien. Un parcours chaotique marqué par ce sentiment d’incertitude, de désirs, de rêves enfouis et aussi de résignation qu’exprime le mot « magari » (« si seulement… »), comme un état d’âme qui se décline à l’infini.

 

Ce roman, le deuxième d’Eric Valmir, commence par une explication du mot « magari », Inch’Allah italien intraduisible en français :

« Magari est une richesse de la langue italienne qui ne peut se traduire par un seul mot.

C’est un sentiment d’incertitude, de désirs, de rêves cachés, mais qui peut aussi porter en lui la négation et la résignation. Le célèbre dictionnaire franco-italien de Raoul Boch en propose plusieurs définitions: si seulement, j’aimerais bien, qu’il plaise à Dieu, quand bien même, ça ne viendra pas mais attendons quand même, sans doute, probablement, peut-être pas…

Magari, c’est un état d’âme qui se décline à l’infini. » (page 11)

 

 

Éric Valmir a été correspondant de Radio France à Rome pendant cinq ans. Ce séjour prolongé lui a fourni la matière de Magari, grande fresque de l’histoire récente de l’Italie portée par la voix de Lorenzo, né au début des années 70, passionné de football que son père, un communiste très militant, tente désespérément d’intéresser à la politique. Lorenzo grandit pendant les années de plomb, s’habituant comme il peut aux fusillades et aux attentats.

Son père et sa mère s’affrontent à propos du passé mussolinien du grand-père : pour le père, c’est une raison pour que Lorenzo n’aille plus chez son papi adoré en Ombrie ; pour la mère, son propre père est avant tout un bon grand-père dont elle ne veut pas priver son fils – et réciproquement.

Tandis que tout est politique, que tout est combat pour les parents de Lorenzo, les rapports de l’enfant à son grand-père sont basés sur des choses simples – les légumes, les oiseaux, la nature.

C’est malgré ce tiraillement que Lorenzo tente de se construire.

 

Magari commence au début des années 2000. Lorenzo vient de se faire renverser par une voiture. Allongé au sol, il déroule le fil de ses souvenirs. Son modèle, son référent, c’est Pinocchio, qui s’en sort toujours. Comme lui ?

 

Avec talent, Eric Valmir raconte l’histoire d’un pays, sur une période donnée – trois décennies environ – par le prisme des souvenirs d’une seule famille. Long de près de 400 pages, son ouvrage est un livre plein d’images et une plongée en profondeur dans la société italienne de la fin du XXème siècle. C’est enfin le roman d’apprentissage d’un héros attachant et inoubliable.

 

Mention spéciale au récit (véridique), impossible à lâcher, des dernières très longues heures d’Alfredo Rampi, ce petit garçon tombé dans un puits près de Rome en 1981, et qui n’a pas été sans m’évoquer l’agonie d’Omayra Sanchez, cette Colombienne de treize ans prisonnière de la boue après l’éruption du volcan Nevado del Ruiz en 1985, et qui est morte elle aussi « en direct » sur les écrans du monde entier.

 

Editions Robert Laffont, août 2012, 384 pages, 20 euros

 

 

Quelques citations :

 

« Les gens sont toujours en train d’imaginer le pire devant un corps étendu au sol. Ce raisonnement ne tient pas debout. A ras de terre, les perspectives ne sont pas aussi mauvaises qu’on le pense. » (page 17)

 

« Toi aussi, tu devrais avoir des pensées fortes auxquelles t’accrocher quand les autres essaient de faire du mal. Un personnage, un poète, un dieu. Tu dois bien avoir quelque chose en tête qui te fasse tenir ?

Bien sûr. Pinocchio, qui s’en sort toujours à la fin. Mais ça, je ne pouvais pas l’avouer à Youness. » (pages 58-59)

 

« Les rivières sont comme les hommes. Elles subissent le temps, ses accidents, ses épreuves et ses erreurs de parcours. » (page 62)

 

« La famille, c’est sacré, paraît-il. En regardant celles qui vivent dans le quartier, à Rome, je me dis que ça doit être vrai. Il y a des cris, des embrassades, des rires, de la musique.

Chez nous, on ne s’embrassait pas, ça gueulait politique et j’étais toujours tenu à l’écart. » (page 71)

 

« Un but de la Roma est toujours une revanche sur le quotidien qui nous écrase. » (page 132)

 

« J’ai demandé à Youness ce qu’était un communiste. Il m’a expliqué que c’étaient les types qui se battaient contre les fascistes. Alors, j’ai pensé que mon père devait effectivement être communiste même si je ne comprenais pas vraiment ce que cela signifiait. » (page 138)



Génération H, Alexandre Grondeau


generation-hPrésentation de l’éditeur :

Sacha, Jo et leurs amis appartiennent à la Génération H. Amateurs de skunk, de double zéro, de pollen, de charasse ou d’aya, ils passent leurs journées à fumer des deux ou trois-feuilles, à tirer des bangs, à se faire tourner des shiloms et des pipes en tout genre. 
Un été au milieu des années 90, la petite bande part sur la route explorer toutes les facettes d’un nouveau style de vie alternatif qui s’offre à elle dans un road trip haschisché et musical. Allant de festivals underground en free parties, de sound systems en soirées improbables pour bons beaufs de base, ils parcourent une France enfumée traversée par un vent de liberté qui balaie tout sur son passage. En stop ou à pied, portés par le son des nouvelles musiques urbaines qui explosent (hip-hop, techno, ragga dancehall…), ils font les quatre cents coups, enchaînent les rencontres inattendues, les expériences mystiques et amoureuses, découvrent les joies de la vie de nomade, surmontent mille et une galères, en usant et abusant des spécialités cannabiques locales. Guidés par leur soif de vivre à cent à l’heure, et grâce à leur amitié indéfectible, ils brûlent leur jeunesse comme un spliff de weed et écrivent l’histoire d’une nouvelle France où la consommation de haschisch et d’herbe se généralise et s’intègre totalement à sa culture.
La Génération H a enfin son roman. Faites tourner.

 

Ce roman n’est pas moralisateur – au contraire. Il fait l’apologie de la défonce (douce) comme mode de vie, il la rend synonyme de liberté. Il prend cependant une allure sociologique en brossant le portrait d’une génération qui a trente ans aujourd’hui et n’a pas nécessairement abandonné la weed – pas nécessairement non plus envie de grandir.

Génération H_dos

 

Alexandre Grondeau, dont c’est le deuxième roman, est maître de conférences en géographie à l’université d’Aix-Marseille. Egalement critique musical, spécialiste des musiques jamaïcaines, il est passionné par les mouvements underground et la contre-culture. Pas besoin de creuser davantage pour comprendre que la génération qu’il dépeint est la sienne…

 

Un road trip à l’écriture soignée qui plaira particulièrement aux adulescents et aux nostalgiques des festivals et autres free parties.

Un très bon point pour la longue (et géniale) playlist qui termine l’ouvrage.

 

D’ailleurs, depuis la sortie du livre, un certain nombre d’artistes ont composé des morceaux en écho au roman, comme ici Yaniss Odua qui met du soleil sur ce blog.

 

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http://www.generation-h.fr/

La Lune sur le toit, février 2013, 320 pages, 18 euros

 

Trois phrases :

 

« La vie peut commencer et finir dans un nuage de fumée haschischée. » (page 9)

 

« Le meilleur moyen de troubler une amitié masculine forte est d’introduire une variable féminine. » (page 31)

 

« Si Rimbaud et Verlaine avaient eu vingt ans en 1995, ils auraient été travellers et deejays, têtes chercheuses d’existence sur les routes de France et d’Europe, aspirants poètes la tête dans les étoiles, le cœur dans les machines et les platines rythmant les nuits et les journées des teknivaliers. »



Pourquoi écrivez-vous, Sonia David ?


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Sonia David est journaliste et romancière.

Elle fait également partie de l’aventure dEcritureFactory.

Son premier roman, Les petits succès sont un désastre, est paru en 2012 aux éditions Robert Laffont.

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Pourquoi écrivez-vous ?

Sans réfléchir, ma première réponse serait indéniablement « J’écris pour ne pas être obligée de vivre ».

DDavidans le désordre, j’ajouterais : Parce que tout le reste me parait du remplissage. Parce que je ne suis (un peu) bonne qu’à ça. Parce que sinon, à quoi bon ?

Et, enfin : Pour connaître la suite de l’histoire.

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

Lire, lire, lire, lire, lire. Ecrire, écrire, écrire. Gommer, gommer, gommer.

Maintenant, si je dispose d’encore un peu de place, je voudrais recopier ce petit texte de l’écrivain espagnol Javier Cercas, encadré au-dessus de mon bureau :

David2«Dans son dernier livre, Enric Soria raconte qu’il y a quelques années, lorsqu’un journaliste a demandé à Marcel Reich-Ranicki ce qu’était pour lui un écrivain, le redouté ponte de la critique littéraire allemande lui a répondu : « Quelqu’un pour qui l’écriture est plus difficile que pour les autres.» A mon avis, c’est une réponse parfaite. Tout écrivain sérieux fait face à un paradoxe : plus il écrit, plus cela devient facile pour lui ; mais plus il devient facile pour lui d’écrire, plus la facilité devient pour lui suspecte, jusqu’à ce qu’il découvre enfin que c’est elle, la facilité, le pire ennemi de son travail. Lorsque quelque chose sort d’un premier jet, ce n’est pas bon ; lorsqu’une phrase sonne comme de la littérature, pire encore : la littérature, c’est précisément ce qui ne sonne pas comme de la littérature. Ecrire est un métier étrange. Fondamentalement, il consiste à se compliquer la vie. Pour l’apprendre, il faut l’oublier chaque jour.»

 

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[Il y a un mois...] Festival Encres vives à Provins : littérature et création


Provins est une charmante petite ville de 12 000 habitants, à 77 kilomètres à l’est de Paris, connue pour ses vestiges du Moyen-Âge qui lui valent d’être inscrite depuis 2001 au patrimoine mondial de l’humanité. Une fois par an, la cité fait un bond dans le passé et se pare de couleurs médiévales. Mais ce n’est pas ce qui nous intéresse ici.

 

Provins1Une fois par an aussi, lorsque le printemps pointe son nez, a lieu le salon du livre. Lorsqu’il a été imaginé par la dynamique association Encres Vives, il était très modeste : quelques tentes plantées dans un village voisin. Avec le temps, la manifestation a pris de l’ampleur : le salon attirant chaque année plus de visiteurs que la précédente, les auteurs se passant le mot quant à la bonne humeur sous lesdites tentes, bientôt les tentes se sont trouvées trop petites pour accueillir tout le monde et il a fallu déménager.

 

Le salon est devenu festival et se tient désormais au centre culturel Saint-Ayoul où il reçoit quelque quatre mille visiteurs au cours d’un week-end très festif. Il est précédé en fin d’hiver d’évènements culturels (spectacles, projections de films, débats…) dont les acteurs se retrouvent souvent aussi au salon du livre.

 

Le salon en lui-même réunit des écrivains répartis selon quatre thématiques : littérature générale, polar, bande dessinée, littérature jeunesse. Un parrain médiatique (cette année, Patrick Poivre d’Arvor), de très jolis noms (Irène Frain, Valérie Tong Cuong, Mercedes Deambrosis, Viviane Moore…), des stars bien connues du jeune public (Geronimo Stilton, Maureen Dor, Sophie Forte…), des auteurs publiés depuis moins longtemps mais déjà auréolés de distinctions prestigieuses (Christophe Carlier, Prix du premier roman 2012, Arthur Dreyfus, Prix Orange du livre 2012…), d’autres à la production plus confidentielle mais que les visiteurs retrouvent avec le même plaisir d’année en année… Car là est la clé de l’ambiance chaleureuse qui fait le succès du salon du livre de Provins : si les visiteurs reviennent, les auteurs aussi, et il règne entre les murs du centre culturel une délicieuse impression de familiarité.

 

Le festival est également marqué par des animations en tous genres : ateliers pour les plus petits, conférences, spectacles ou projections au petit théâtre situé au sein même du centre culturel.

 

Provins2Les ateliers donnent le sourire à toute la famille, le petit théâtre ne désemplit pas. Cette année, la conférence sur les tueurs en série donnée par Stéphane Bourgoin, expert en la matière, a passionné l’assistance.

 

Samedi soir, Mathieu Simonet, à qui a été donnée en 2013 la traditionnelle carte blanche à un écrivain, a mis en scène un concert littéraire : chansons de Clarika, de Benoît Rault (composées uniquement à partir de phrases de romans) et de l’écrivain Arthur Dreyfus (qui se produisait pour la première fois), lectures de lettres écrites par les lycéens de Provins à Marc Beltra, cet étudiant disparu en Amazonie il y a dix ans et à propos de qui Mathieu Simonet a fait un livre, projection d’un film mêlant photos et voix des mêmes lycéens autour de ces lettres, adaptation en langue des signes d’une nouvelle érotique, lecture par Judith Magre d’un passage d’un roman de Nicolas Clément à paraître… Une soirée d’une grande diversité, riche en émotions, et un spectacle finalement inclassable, une expérience, jusqu’à sa toute fin – chaque spectateur est reparti avec une lettre différente donnée par un lycéen à la sortie de la salle.

 

C’est aussi cela, le festival Encres vives : beaucoup de liberté, une belle place accordée à la création, et une exigence artistique qui ravit visiteurs et intervenants.

 

affiche Provins 2013Le dimanche, la convivialité se double des liens créés, d’une manière ou d’une autre, lors du spectacle. On partage plus encore que la veille autour d’intérêts communs. Les visiteurs n’hésitent pas à revenir, car la plupart des écrivains sont conviés pour une seule journée. Les plateaux ainsi renouvelés, la nouveauté se mêle à l’habitude. François Alquier, l’animateur du salon, passe de table en table, micro à la main, pour des interviews express : le projecteur se pose ainsi sur chaque invité, pour le bonheur des lecteurs.

 

Lorsque le week-end s’achève, personne ne l’a vu passer. On repart avec qui des livres dédicacés, qui des impressions de lecture, qui des contacts pour après. On repart avec des souvenirs, des sourires, du soleil à l’intérieur. C’est beau ce que les livres permettent, ce qu’ils transmettent, dans un sens comme dans l’autre. C’est sur les salons que cela prend tout son sens.

 

S’il fallait caractériser le salon du livre de Provins en deux mots, je retiendrais convivialité et fidélité. D’ailleurs, j’ai déjà prévu d’y retourner en 2014.

 

Sophie Adriansen

 

Crédit photos : Luc Doyelle http://www.luc-doyelle.com/

Un compte-rendu en images chez François Alquier



Entre les murs, François Bégaudeau, Laurent Cantet & Robin Campillo


entrelesmurs scenarEntre les murs était d’abord un livre de François Bégaudeau (Verticales, 2006), basé sur par son expérience d’enseignant au collège Mozart, un établissement parisien classé en zone d’éducation prioritaire. Il a valu à son auteur de recevoir le Prix France Culture-Télérama tout juste créé.

 

Entre les murs a été porté à l’écran en 2008 par Laurent Cantet, et récompensé par la palme d’or à Cannes la même année.

 

Entre ces deux versions, le scénario, étape peu lue par les non professionnels du cinéma et pourtant moins élitiste qu’il n’y paraît, tout comme le théâtre publié en volume.

 

Dialogues, didascalies, indications scéniques, variantes et autres libeentrelesmursrtés par rapport au texte original… on plonge dans les coulisses du tournage et on devient assistant réalisateur sans quitter son canapé.

 

Dans ce bel album qui rend accessible cette forme d’écriture qu’est le scénario, la salle de classe devient sous nos yeux plateau de cinéma. Une façon passionnante de redécouvrir, au choix, le livre, le film, les deux.

Silence, moteur, on tourne !

 

Eleves acteurs

 

 

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.Entre les murs poche

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Quatrième de couverture :

De son expérience de professeur de français, François Bégaudeau a tiré un roman, en forme de journal de bord offensif, sur la vivacité du langage et les stratégies d’un enseignant qui veut transmettre les valeurs de l’école républicaine à des élèves ne comprenant pas toujours le sens de ce qu’ils apprennent. De son côté, Laurent Cantet voulait depuis longtemps réaliser un film sur l’école. «J’ai rencontré Laurent, on a sympathisé. Je crois qu’il a senti que mon livre pouvait lui fournir le matériau nécessaire au film qu’il souhaitait faire : pas de grandes idées sEntreLesMursG2ur l’école, mais des faits. Laurent m’a proposé qu’on écrive le scénario à trois avec Robin Campillo. On a très vite trouvé comment fonctionner : on choisirait les adolescents qui joueraient les élèves, puis on les ferait travailler tous les mercredis après-midi pendant un an pour apprendre à les connaître, tester les situations, voir si on arrivait à recréer une ambiance de classe. C’est un film destiné à tous ces gens qui prétendent juger la jeunesse en deux trois aphorismes, façon Tous des petits imbéciles qui ne savent jouer qu’aux jeux vidéo. Ils ne sont pas plus cons que les autres, et sans doute plus finauds que moi à leur âge.»

 

Gallimard, 2008, 168 pages avec photographies couleur, 15 euros

 

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Pourquoi écrivez-vous, Tristane Banon ?


Banon_Gala.fr © Prisma Presse

Tristane Banon est journaliste et romancière. Elle a notamment publié J’ai oublié de la tuer (Anne Carrière, 2004), Daddy Frénésie (Plon, 2008), Le bal des hypocrites (Au Diable Vauvert, 2011).

Le début de la tyrannie, son dernier roman, est paru en février 2013 aux éditions Julliard.

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Pourquoi écrivez-vous ?

Il y a plein de raisons pour écrire, mais pas une ne suffit vraiment à expliquer ce qui nous pousse à nous mettre à la table sans plus compter les jours ni les heures. Il y a quelque chose de l’ordre de la perdition là-dedans, quelque chose qui a rapport avec le sens aussi, même si ces deux idées peuvent paraître diamétralement opposées. BanonÉcrire, pour moi, c’est se perdre dans une quête de sens sans fin. Chercher à répondre à l’éternelle question du Pourquoi? Je crois qu’à la fin d’une carrière d’auteur, on ne sait toujours pas « pourquoi? », mais on a dessiné quelque chose qui se substitue à la réponse. Après il y a aussi chez moi la volonté de faire le fusain d’une époque, d’un temps, de mon temps. J’aime cette idée du roman contemporain, encré (sic) dans le réel, comme une photographie fantasmée de la société de son auteur. J’adore cette idée que, peut-être, dans trente ans, dans cinquante ans, dans cent ans, mes petits-enfants ou même arrière petits-enfants, en vidant le grenier, tomberont sur l’un de mes romans et se diront « alors ça ressemblait à ça la vie du temps d’la vieille ! » J’aime peindre des histoires en plongeant mes doigts dans les gros pots de peinture que me fournit la vie. C’est un terreau fertile, après il faut y planter quelque chose de joli à regarder et tâcher d’avoir la main verte… Je ne suis pas toujours certaine d’y parvenir, mais c’est comme le jardinage : c’est 90% de patience et de travail, mes espoirs de progression sont infinis!

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

De conchier souverainement la culture de l’immédiateté dont nous gave la télévision et la publicité !! Évidemment, c’est un peu brutal comme façon de l’exprimer, et pas tant que ça dans mon vocabulaire, mais c’est tellement vrai. Se dire que l’on va écrire, se donner le temps de ça, mettre une partie de sa vie entre parenthèse pour raconter des histoires, c’est suspendre l’horloge avec un retour sur investissement proche du zéro absolu. Celui qui écrit pour la notoriété, la gloire, l’argent ou la reconnaissance, celui-là eBanon2st déjà mort. Ces choses arriveront peut-être un jour, ou peut-être jamais, et ça n’est pas toujours l’important. Ce qui doit exister c’est le bonheur d’avoir écrit ce que l’on voulait, exactement ce que l’on avait dans la tête, sans soucis de ce qu’en penseront les autres et encore moins de si ça « marchera » ou pas. Ce moment où, auteur, on regarde son manuscrit en se disant « C’est exactement le livre que je voulais écrire », ce moment nous fait roi du monde ! Mais je vous le dis tout net : c’est une impression qui ne dure que quelques secondes ! (rires)

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Prochain rendez-vous : Sonia David



Le début de la tyrannie, Tristane Banon


le-debut-de-la-tyrannie-tristane-banon-9782260020615Présentation de l’éditeur :

«Il faut faire vite, agir avant que la mort ne nettoie tout sur son passage. La mort, c’est le karcher des vivants. Alors il n’y a qu’un bref instant pour l’honnêteté, un vide entre maintenant et plus tard. C’est le seul moment de vérité entre une mère et sa fille, après commence la légende.»

 

La mère d’Alice est morte. Alice qui a tant souffert de l’intrusion de sa mère dans son quotidien, Alice dont la liste de reproches à sa mère est interminable se retrouve désemparée. Une maison avec un mur en moins. Et ces reproches, elle les exprime à chaud, avant que les bons souvenirs n’aient chassés au loin les mauvais, se remémorant en particulier les derniers temps de sa mère, ce voyage à Cuba qu’Alice avait organisé comme une ultime bulle d’air plutôt que comme une convalescence – le crabe dévore la mère.



L’Envolée des livres de Châteauroux, 4 & 5 mai 2013


Chtx 2013 - CopieJ’ai une affection particulière pour L’Envolée des livres. Châteauroux, j’y ai des attaches familiales, et ce salon, j’y allais par plaisir, en visiteuse, avant d’être publiée.

Il a ainsi fait l’objet d’un billet en 2010 et en 2012, tandis qu’en 2011 j’avais profité du salon pour « flasher » tout un tas d’auteurs (18 en tout)….

 

Cette année, le salon se tiendra à nouveau dans le splendide cadre du couvent des Cordeliers, et à nouveau j’y signerai mes ouvrages – au nombre de 7, désormais.

France Bleu Berry

Parmi eux, mon Louis de Funès sera en bonne place, et j’en dirai quelques mots ce vendredi 3 à 16h sur les ondes de France Bleu Berry (95.2 à Châteauroux), dans l’émission de Thierry Chareyre.

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Signatures donc, mais pas que.

 

Dimanche 5 à 16h30, j’anime une rencontre sur le thème « Souvenirs de famille » à l’espace Jean-Charles de Fontbrune. Autour de la table, quatre invités : Serge Joncour, Sandra Reinflet, Tristane Banon et Eric Valmir.

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Du côté des dédicaces, sous le parrainage de Daniel Picouly, sont annoncés entre autres Sébastien Acker, Jérôme Attal, Lilian Auzas, Tristane Banon, Alma Brami, Patricia Darré, Mercedes Deambrosis, Bertrand Guillot, Stéphanie Hochet, Krystel Jacob, Serge Joncour, Virginie Jouany, Kévin Juliat, Erwan Larher, Maryline Martin, Stéphane Michaka, Marc Molk, Eric Naulleau, Sophie Noël, Sandra Reinflet, Jean Rouaud, Sandrine Roudeix, Fanny Salmeron,
(liste complète – plus de 160 auteurs en tout, excusez du peu !)
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Horaires du salon (entrée libre) :

Samedi : 14h-19h
Dimanche : 10h-19h
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Rodolphe Macia et François Alquier n’en sont pas cette année.
Alors forcément, ils font la gueule…
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Pourquoi écrivez-vous, David Foenkinos ?


David_Foenkinos (c) Gala

David Foenkinos, né en 1974, est romancier. Il est l’auteur de quatorze livres (dont La délicatesse, Les souvenirs, Bernard), traduits dans une trentaine de langues et couronnés de nombreux prix, ainsi que d’une pièce de théâtre.

En 2011, il a porté à l’écran La délicatesse.

Son dernier roman, Je vais mieux, est paru en janvier 2013 chez Gallimard.

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Pourquoi écrivez-vous ?

Après une très longue hospitalisation à l’âge de 16 ans, tout a changé pour moi. Je me suis mis à lire, à écrire. J’avais la nécessité d’exprimer ce que je ressentais. Je me suis mis à peindre, puis j’ai fait des études de musique, mais petit à petDavidit, il est devenu évident pour moi que j’attendais tout des mots. Au départ, je ne savais que écrire. J’enchaînais des phrases, par nécessité, par obsession. Cela a duré 10 ans avant de publier mon premier roman à 26 ans. Depuis je n’ai jamais passé une journée sans écrire. J’ai toujours des phrases en tête. C’est difficile de savoir pourquoi on écrit, car je ne crois pas que ce soit un choix. C’est une nécessité du corps. Je ne peux pas m’en passer.

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

C’est difficile de donner un conseil, car c’est différent selon chacun, selon notre rapport à l’inspiration, et aux mots. Il n’y a pas de chemin défini. Il faut que cela soit une obsession. Il faut aussi une forme d’acharnement.

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Précédent rendez-vous : Clément Bénech

Prochain rendez-vous : Tristane Banon