Gare à l’écrivain !, Jurek Becker


Gare a l ecrivainPrésentation de l’éditeur :

En pays totalitaire comme dans les sociétés libérales, bien des périls menacent aujourd’hui la « vraie » littérature — celle dont l’impulsion essentielle est, selon Jurek Becker, le besoin de prendre position et donc le besoin de contradiction.

De la censure officielle naguère exercée derrière le rideau de fer à l’autocensure favorisée, à l’Ouest, par l’omnipotence du tout-économique et ses impératifs, Gare à l’écrivain ! dénonce la fragilité de la « chaîne du livre ».

Dans ce texte — à lire d’urgence dans un monde qui pourrait, à terme, voir disparaître l’écrivain et son livre —, Jurek Becker, rétif aux scénarios-catastrophes comme à un périlleux angélisme, nous invite à faire montre d’une vigilance qui pourrait bien être la garantie de notre « capital » le plus précieux.

 

 

Polonais, Jurek Becker s’est installé en République démocratique d’Allemagne en 1945 après avoir survécu à la persécution nazie. En 1977, pour des raisons politiques, il quitte la RDA pour Berlin Ouest.

Au printemps 1989, quelques mois avant la chute du mur, il prononce trois conférences que ce petit opus rassemble.

 

Dans ces trois conférences, Jurek Becker interroge successivement la censure en littérature, l’influence de la littérature, la littérature comme produit de son époque – à chaque fois en général et plus particulièrement en Allemagne de l’Ouest à la fin des années 80.

 

Ce faisant, il questionne le rôle de l’écrivain dans la société, sa nature, le tort de la société envers ses écrivains mais aussi le marché de l’édition et ses impératifs, le culte du livre et l’exigences littéraire en baisse constante. Instructif et bien plus d’actualité qu’il n’y paraît au premier abord.

 

Actes Sud, collection Positions, traduit de l’allemand par Jean-Claude Rambach, 1993, 80 pages, 13, 97 euros

 

Passages choisis :

 

« Il y a d’autres remèdes à l’ennui que les livres, et l’ennui est parfois même, comme vous le savez tous, une conséquence directe de la lecture de livres. » (page 11)

 

« Si vous voulez être écrivain, souffrez de quelque chose, soyez aux prises avec un effroi mortel, dressez vous contre quelque chose, soyez fou de quelque chose. Faute de quoi, vos livres seront condamnés à la médiocrité, il y manquera la fureur, l’inéluctable. » (page 13)

 

« Il est fatigant d’être courageux. » (page 28)

 

« La censure ne fait pas qu’opprimer la littérature, elle est en même temps le plus grand producteur de ce qu’elle a pour fonction d’empêcher. » (page 29)

 

« De même que toute littérature interdite n’est pas réussie, de même toute littérature qui a du succès n’est pas ratée. » (page 35)

 

« Les auteurs doivent se garder d’avoir des prétentions, indépendamment du fait que devoir prendre-garde, c’est une sorte de mort pour l’écrivain. » (page 37)

 

« L’écrivain ne vaut guère plus que son dernier livre. » (page 39)

 

« Les raisons qui poussent les maisons d’édition à accepter un manuscrit se ressemblent de plus en plus. Et ainsi, les maisons d’édition elles-mêmes. » (page 42)

 

« La plupart des livres doivent passer de force dans le chas de l’aiguille que constitue un pronostic favorable de ventes pour avoir le droit d’exister. » (page 43)

 

« Un important préalable à l’écriture a été depuis toujours le besoin de prendre parti. » (page 44)

 

« Pour ce qui est de la précision des information et de la profondeur des impressions, souvent le vécu personnel ne tient pas face de la lecture. » (page 48)

 

« Rien ne met autant la pensée en mouvement que l’exagération. » (page 51)

 

« Prétendre que n’importe quel livre donne lieu de croire d’emblée à un contenu qui impose le respect, c’est de la blague. » (page 60)

 

« La lecture n’est pas un besoin inné chez l’homme. » (page 63)

 

« Lorsque les livres cessent d’être uniques en leur genre, il faut les mettre à la cave. » (page 70)



Fake, Giulio Minghini


FakePrésentation de l’éditeur :

Suite à une rupture douloureuse, un jeune Italien installé à Paris s’inscrit, sur le conseil d’une ancienne maîtresse, sur un site de rencontres fondées sur les affinités culturelles. Il va découvrir une sorte d’univers parallèle, où la prétention intellectuelle est de mise et dont il sera vite le prisonnier. Dans une langue limpide et nerveuse se succèdent des portraits de femmes crus ou poignants, des morceaux choisis, d’une lucidité grinçante ou d’un humour corrosif. Les innombrables faux profils, prothèses identitaires, sorte de double virtuel dont l’existence ne peut qu’être éphémère, fakes, dont le narrateur finira par se servir pour manipuler ses interlocutrices, achèveront d’usurper sa vraie identité. Spectateur impuissant de sa propre perdition, il sera embarqué dans une vertigineuse fuite en avant aux confins du virtuel et du réel. Succession hallucinante de mises en abîme littéraires et virtuelles, ce roman pourrait se lire comme une véritable odyssée contemporaine chorale. À la fois roman picaresque et vibrant «j’accuse» porté au système spectaculaire qui envahit désormais la sphère des sentiments, «Fake» est surtout une chronique politiquement déjantée du nouveau désordre amoureux.

 

On dénombre 100 millions de célibataires en Europe. En France, 12 millions de personnes vivent seules. La moitié d’entre elles s’est déjà connecté à un site de rencontres.

« Exilé érotique », le narrateur a « toujours préféré la fiction à la réalité ». En ligne, il est tout à son aise : sur la toile, ce vaste espace où tous les joueurs avancent masqués, il se vautre dans des sites aux allures de miroirs déformants – sur lesquels, cependant, des modérateurs veillent.

 

La drague sur Internet, c’est un « exercice d’équilibrisme psychique ». On vibre pour des inconnus aussi facilement qu’on les relègue à la catégorie des spams.

Mais à aller toujours plus loin, à vouloir toucher à tout(es), notre pauvre dandy virtuel ne risque-t-il pas de se prendre à son propre piège ? Et de se déconnecter pour de bon du réel ?

 

Fake est un roman de la déshumanisation des relations amoureuses et du marchandage du sexe. La facilité avec laquelle le narrateur obtient et consomme ses rendez-vous fascine autant qu’elle dégoûte. Un concentré de misère sentimentale et sexuelle sur fond de solitude des grandes villes – encore elle-, qui jaillit par salves et laisse des traces sales. Un anti mode d’emploi écrit dans une prose nerveuse, agitée, pressée, où l’on entrevoit parfois, comme une éclaircie, un peu de poésie. L’amour alors n’est pas totalement mort, ose-t-on rêver.

 

Le premier roman de Giulio Minghini est tristement contemporain. Il sonne le glas de l’implication amoureuse et l’entrée dans l’ère du plaisir solitaire à deux. Lucide mais pas désespéré : il reste toujours la possibilité de débrancher.

 

Editions Allia, 2009, 144 pages, 9 euros

 

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Tous les premiers romans

 

 

Messages instantanés :

 

« L’espace est rempli de nos mouvements invisibles. » (page 29)

 

« Devant l’écran, j’apprends les rudiments de l’art de la manipulation, qu’avec le temps j’affinerai jusqu’à la maîtrise. » (page 31)

 

« L’invisibilité réciproque favorise la procréation immodérée de fantasmes. » (page 32)

 

« Le discutable avantage de vivre plusieurs histoires parallèles consiste à n’en vivre aucune pleinement. » (page 55)

 

« L’immense fatigue que représente le fait d’entrer, ne serait-ce que le temps d’une nuit, dans la forêt psychique de quelqu’un d’autre. » (page 58)

 

« Et si chaque nouvelle rencontre n’était exactement que cela, un petit suicide ? Un acte irréfléchi d’abdication de soi ? » (page 63)

 

« L’abondance comme dimension paradoxale de la solitude. » (page 69)

 

« Je peuple ma solitude d’autres solitudes. » (page 71)

 

« Aucune rencontre ne peut se suffire à elle-même. Chacune est le maillon d’une chaîne. Ou le grain d’un chapelet de désespoir. » (page 72)

 

« Des cœurs et des sexes qu’on réchauffe au micro-ondes virtuel des sites de rencontres. » (page 80)

 

« Aucun raffinement intellectuel n’est requis pour pousser la porte d es Chandelles. » (page 82)

 

« Il est plus facile de multiplier le mirage de la découverte, beaucoup plus simple d’exploiter la source intarissable des possibles, plutôt que d’essayer d’épuiser le regard d’un seul être aimé, infiniment proche et lointain. Partie de nous qui nous complèterait en nous transformant. » (page 88)

 

« Pourquoi être soi si l’on peut être un fake ? » (page 128)



Six mois au fond d’un bureau, Laurent Laurent


6 mois au fond d'un bureauPrésentation de l’éditeur :

A force d’être libre, on se réveille un jour avec un désir fou d’activité salariale. On rêve de logistique, d’horaires débordés et de rapports sociaux intimes. C’est ainsi que Laurent Laurent débusque un poste dans une entreprise moderne. Mais faire son chemin dans un tel marigot n’est pas une mince affaire. Il faut dompter les photocopieurs et maîtriser les bruits de couloirs, réfréner d’incontrôlables pulsions sexuelles et imposer une démarche constructive sur les problèmes d’armoires métalliques… La mécanique libérale est fragile… Un grain de sable peut bloquer ses rouages et provoquer une implosion. Ce grain de sable s’appelle Laurent Laurent. Et il est devenu en quelques mois le meilleur cauchemar de son P-DG, M. Falstaff…

 

Réunions servant essentiellement à planifier les suivantes et batailles rangées d’élastiques, objectif zéro-fournitures fixé par la hiérarchie, rien n’est épargné au pauvre Laurent Laurent. Et lorsque le mécontentement se fait sentir parmi les employés revendicatifs, Laurent Laurent décide de prendre la tête du mouvement, se sacrifiant au nom du « dernier arrivé, premier parti ».

 

Parfois facile mais souvent drôle, ce très court roman en forme de farce fait ressortir les aberrations qui régissent les entreprises.

De quoi s’amuser avant la reprise.

 

Seuil, 2001 (et Points, 2003), 125 pages, 10,80 euros

 

Post-it :

 

« Il ne sera pas dit qu’on laisse un Français seul devant une photocopieuse. » (page 32)

 

« Le bureau offrait l’avantage de faire vivre ensemble, par le hasard des CV, des gens qui se seraient repoussés en d’autres circonstances. » (page 54)

 

« L’autocuiseur social était sur le feu et la soupape bouchée. » (page 87)

 

« Une arme était braquée sur les employés à chaque instant. » (page 88)

 

« Gouverner, c’est prévoir ce qui va se passer dans dix ou quinze ans. » (Alain Juppé, cité page 99)

 

« Je suis suspendu comme mes dossiers. » (page 108)



Pourquoi écrivent-ils ?


Il est de retour, Timur Vermes


Il est de retourPrésentation de l’éditeur :

Nous sommes à Berlin en 2011 et il est de retour. Qui ? Hitler. Tout à la fois hilarante et édifiante, une satire virtuose et prophétique sur nos sociétés fascinées par la célébrité et le culte de la personnalité, même si (ou a fortiori ?) ces « people » font, au mieux, preuve d’une bêtise crasse ou, au pire, professent des idées nauséabondes.

Succès inouï en Allemagne, traduit dans trente-cinq langues, bientôt adapté au cinéma, Il est de retour est un véritable phénomène. Entre Chaplin, Borat et Shalom Auslander, une satire aussi hilarante que grinçante qui nous rappelle que face à la montée des extrémismes et à la démagogie, la vigilance reste plus que jamais de mise.

Soixante-six ans après sa disparition, Hitler se réveille dans un terrain vague de Berlin. Et il n’est pas content : comment, plus personne ne fait le salut nazi ? L’Allemagne ne rayonne plus sur l’Europe ? Depuis quand tous ces Turcs ont-ils pignon sur rue ? Et, surtout, c’est une FEMME qui dirige le pays ?
Il est temps d’agir. Le Führer est de retour et va remettre le pays dans le droit chemin. Et pour cela, il lui faut une tribune. Ça tombe bien, une équipe de télé, par l’odeur du bon client alléchée, est toute prête à lui en fournir une.
La machine médiatique s’emballe, et bientôt le pays ne parle plus que de ça. Pensez-vous, cet homme ne dit pas que des âneries ! En voilà un au moins qui ne mâche pas ses mots. Et ça fait du bien, en ces temps de crise…
Hitler est ravi, qui n’en demandait pas tant. Il le sent, le pays est prêt. Reste à porter l’estocade qui lui permettra d’achever enfin ce qu’il avait commencé…

 

- » Et je dois dire aussi qu’en chemin j’avais rencontré plusieurs passants dont l’ascendance aryenne, pour dire les choses avec modération, semblait douteuse sans remonter jusqu’à la quatrième ou la cinquième génération, mais simplement au dernier quart d’heure. »

Il se réveille un matin dans un terrain vague de Berlin soixante-six ans après sa disparition, lui le petit brun moustachu qui amena le monde vers la guerre mondiale. Le monde a bien changé et vit visiblement en paix. Les gens le reconnaissent dans la rue mais le prennent pour un sosie. Sa première rencontre, un kiosquier à journaux, le prend sous son aile, lui le Führer, le guide du peuple allemand. Il découvre la téléréalité et les émissions de divertissement dont il deviendra l’un des personnages préférés. Lui, toujours dans sa folie, est prêt a remettre le monde à feu et à sang. Le peuple sera-t-il prêt à le suivre ?

L’auteur nous livre ici une satire drôle, grinçante, parfois émouvante, qui nous rappelle que face à l’extrémisme et la démagogie, nous devons rester vigilants.

 

[Une fois n'est pas coutume : chronique signée Monsieur]

 

Traduit de l’allemand par Pierre Deshusses

Belfond, mai 2014, 390 pages, 19,33 euros

 

 

 



La battue, Gaël Brunet


La battuePrésentation de l’éditeur :

Le chalet est perdu dans un paysage magnifique, avec le Mont-Blanc à l’horizon. Olivier est né et a grandi là, sur l’exploitation familiale. Pourtant, cela fait des années que ce trentenaire devenu parisien n’est pas revenu au village natal. Mais, cet été-là, sur l’insistance de sa mère et celle de sa jeune compagne, il se décide enfin à renouer les liens avec les siens. Sous l’ombre imposante des montagnes, arriveront-ils à desserrer les tenailles du passé ?

 

 

Olivier n’a plus parlé à son père depuis 17 ans. La chèvre Caramel, qui appartient au trentenaire désormais Parisien, et dont s’occupe le patriarche, est le seul lien qui subsiste entre eux.

La montagne, c’est plus près du ciel et l’on y respire mieux qu’en ville. Mais dans le chalet, l’atmosphère est suffocante des non-dits apparus avec le drame familial qui a creusé entre les membres de la famille d’infranchissables fossés. Marc, l’aîné, et mort accidentellement des années auparavant. L’absent est au cœur de tous les silences ; l’absent prend toute la place.

Le passé est un volcan, explosif et menaçant, dont chacun veille à se tenir éloigné.

 

Comment se faire sa place dans un tandem père-fils si fusionnel ? Comment exister dans l’ombre du frère prodigue ? Comment rompre un silence installé depuis trop longtemps ? Faut-il seulement le rompre ? Autant de questions que pose Brunet dans son deuxième roman. Il dresse le portrait de deux frères aussi dissemblables que le sont les chevreaux, et entraîne le lecteur dans une famille banale qui n’a jamais surmonté la perte de l’un des siens.

 

L’on devine rapidement ce qui va se passer ; mais cela n’empêche pas la tension de s’installer entre les pages et d’aller crescendo. Gaël Brunet dépeint à merveille les atmosphères pesantes, rendant très réaliste ce presque huis clos. Malgré un style parfois ampoulé, les images sont fortes et marquent durablement.

Il campe des personnages attachants, en particulier ce narrateur qu’on a envie de secouer, comme le fait à sa façon sa compagne, plus effacée et moins incarnée.

Et de même que les combats les plus violents peuvent se mener sans que ne coule le sang, la battue ne sera pas forcément celle qu’on croit.

 

La battue a reçu le prix Alain-Fournier 2014.

 

Le Rouergue, collection La brune, 2013, 216 pages, 19 euros

 

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Gaël Brunet flashé

 

Phrases choisies :

 

« Le temps défait les liens, même les plus étroits. » (page 14)

 

« Je vais retrouver la montagne comme on plonge dans un bain d’eau glacée. Sans un bruit, en aveugle, la respiration presque coupée. » (page 15)

 

« J’aurais aimé être l’aîné ou bien fils unique, pour vivre autre chose et ne pas connaître ce rôle du cadet, un rôle de figurant, loin de la lumière et des paires d’oreilles attentives. » (page 76)

 

« Comme si la vie n’était finalement qu’un épuisement des ressources affectives dont chacun semble doté à la naissance. » (page 76)

 

« Nous ne sommes pas venus ici pour en arriver là. » (page 86)

 

« Mon existence ne suffit pas. Et elle ne suffira jamais. Je le sais et cela me dévore. » (page 104)

 

« Je suis né second, dès le départ un handicap dont il est impossible de se défaire, une tare pour la vie. » (page 106)

 

« La souplesse garantit toujours la finesse. » (page 108)

 

« Je ne faisais rien d’autre que cela, rêver et observer le monde autour de moi, attendant en somme que la vie choisisse pour moi. » (page 113)

 

« Pour l’avoir longtemps cherchée, je sais que la fonction reset n’existe pas. On n’oublie jamais. » (page 160)

 

« Dans la vie, il y avait deux espèces bien distinctes : ceux qui apparaissaient toujours sur le papier glacé et puis les autres, derrière les appareils. » (page 169)

 

« J’en suis venu à penser qu’il valait parfois mieux vivre en l’absence de réponses qui peuvent faire plus de mal que de bien. Et avec le temps, on oublie tôt ou tard les questions. » (page 177)

 

« Elle est aujourd’hui mon unique monde connu. » (page 178)

 

« L’hiver ne me semble pas être la seule saison. Au fond de moi, je sais qu’il y a aussi l’été. » (page 184)

 

« Un mouvement, quelques pas sur le quai, deux marches et c’était toute la vie qui changeait. » (page 189)



Le Paris me des kids, Marcella & Pépée


Paris mePrésentation de l’éditeur :

La Tour Eiffel dans tous ses états comme vous ne l’avez jamais vue. Couleurs pop et graphisme dynamique, les deux auteures revisitent l’emblème de Paris. La géante de fer au gris austère s’habille en rouge, en jaune, en bleu. Et se transforme en symbole de gaieté. Paris Me des Kids, un petit livre d’art, de mots et de couleurs à emporter partout… Un livre créatif qui laisse place à l’inventivité des enfants. 

 

 

Des haïkus.

Des tours Eiffel.

Des cœurs.

Des souris.

Un loup et un petit chaperon rouge.

paris-me-pomme-damourDes chats.
Une marelle.

De la poésie.

Des couleurs pastel.

Des gâteaux moelleux.

Des animaux facétieux.

Des mots beaux.

 

Il y a tout cela, et plus encore, dans ce tout petit livre qui s’adresse aux tout petits et raconte un Paris plein de gaieté et de fantaisie.

 

Un Paris qui réveille l’imagination.

 

Un Paris qui me chavire.

 

Editions Les Carnets du Dessert de Lune, février 2014, 32 pages, 8 euros

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Mon nom est Dieu, Pia Petersen


Mon nom est DieuPrésentation de l’éditeur :

Jeune journaliste à Los Angeles, Morgane devrait a priori se méfier de ce SDF dépressif et bougon, peut-être dangereux, qui se place obstinément sur son chemin… Surtout quand il lui annonce qu’il est Dieu et qu’il l’a choisie pour écrire sa biographie ! Contre toute raison, Morgane, résolument incroyante, va se laisser captiver par ce personnage improbable. Un Dieu amer, découragé, qui ne comprend pas pourquoi les hommes se détournent de lui – à l’exception de Jansen, fondateur d’une Église aux allures de secte, qui a décidé d’en faire son icône.

À cette fable, Pia Petersen parvient à donner une étonnante réalité. Comme Morgane, le lecteur finit par se demander s’il n’a pas réellement affaire à Dieu. Et se laisse prendre au miroir d’une fiction qui en dit assez long sur notre modernité si incertaine d’elle-même…

 

Etrange roman que voilà. Le lecteur est sceptique. Dieu, vraiment, sous les allures de ce mendiant ? Un imposteur, oui ! De ce qu’il dit, le lecteur ne croit rien. Tout comme Morgane. Affabulateur. Pourtant, cet homme qui se fait appeler Dieu et qui veut vivre comme un homme pour enfin les comprendre insiste. Reste. Se fait attachant. Devient humain.

 

Et Morgane, qui avait hésité à accepter le projet de biographie par lequel il l’a abordée, propose à celui qui se fait appeler Dieu de s’installer dans le studio en face de son appartement. Pour une durée indéterminée. Alors même qu’elle ne sait pas à qui elle a affaire.

 

Avec un rythme saccadé, Mon nom est Dieu nous en dit finalement plus sur les hommes que sur Dieu. Nos peurs et nos freins, nos faiblesses et nos espoirs. Ce qui nous fait hommes, ce qui en nous parfois confère au divin.

 

Cette fable en forme de roman est aussi celle de la manipulation des hommes par d’autres hommes qui agissent au nom de Dieu.

 

En 300 pages pleines de rebondissements, l’ouvrage de Pia Petersen nous renvoie à nos croyances individuelles.

 

Editions Plon, janvier 2014, 300 pages, 19 euros

 

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Un écrivain, un vrai

Pourquoi écrivez-vous, Pia Petersen ?

Phrases choisies :

 

« Morgane croit au coup de foudre et pense que ça va finir par lui tomber dessus un jour et qu’il faudra qu’elle soit libre ce jour-là. » (page 28)

 

« Ce n’est rien, mourir. Pourtant les gens prennent ça pour de la générosité. » (page 49)

 

« C’est étrange que le monde soit incapable de se passer d’un dieu. » (page 77)

 

« Les livres portent chance. » (page 116)

 

« Ces jouisseurs d’exotisme qui parcourent la planète pour trouver de la pauvreté et du sang afin d’avoir la sensation de vivre. » (page 116)

 

« Elle se trouve ridicule, elle ne croit pas en Dieu et devant elle, Dieu, sans aucun doute. Peut-être qu’il correspond juste à l’idée qu’elle a de lui. » (page 112)

 

« La Bible comme preuve ne suffit pas. » (page 153)

 

« Ce n’est pas une vie au sens propre mais appelons-la ainsi pour simplifier. » (page 157)

 

« Les super-héros paraissent beaucoup plus crédibles que Dieu. » (page 169)

 

« Tout est fondé sur l’idée de la foi et la foi ne s’interroge pas. » (page 170)

 

« Maintenant que j’ai la possibilité de savoir ce qui se passe dans le monde, je peux éteindre les voix dans ma tête. » (page 187)

 

« Il ne faut pas forcément résister. » (page 192)

 

« Elle se dit que c’est inévitable de s’attacher à quelqu’un qui vit sous son toit et tant pis si son nom est Dieu. » (page 207)

 

« La biographie de Dieu. Sujet dépassé, ringard, trop exploité, ou pas. A priori, plus personne ne s’y intéresse, sauf, bien sûr, les croyants mais ils sont tellement aveuglés par leur croyance, ils n’ont pas d’humour alors de toute façon ils n’adhéreront probablement pas à une biographie de Dieu. » (page 233)

 

« Pour qu’il puisse accéder au divin en lui, il doit d’abord être conscient de ce qu’il est. » (page 235)



Surfing, Jim Heimann


cover_va_365_days_surfing_int_1312200951_id_756949Présentation de l’éditeur :

Apportez une touche d’adrénaline à votre quotidien. Avec le calendrier perpétuel TASCHEN Surfing, découvrez chaque jour une photographie ou une illustration vintage qui vous donneront la nostalgie de la culture surf d’antan. Des citations issues du cœur de la culture surf vous changeront les idées en vous emportant bien au-delà de votre bureau. À la fin de l’année, vous n’aurez plus qu’à retourner au début pour laisser déferler l’aventure !

 

 

L’été à portée de main ! Et avec lui le sable, les planches, les cheveux blondis par le sel, les effluves de monoï. Ce calendrier perpétuel, c’est l’esprit du surf du temps des Beach boys. Mais il n’est pas nécessaire d’aimer taquiner la vague pour apprécier les photographies, illustrations et citations de l’ouvrage ; aimer les vacances suffit !

 

Un très bel objet, presque aussi lourd qu’une planche, qui donne envie de plonger… et qui, on le sait déjà, nous aidera à traverser l’hiver.

 

Taschen, 2014, 736 pages, 19,99 euros

 

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La traversée du chien, Pierre Puchot


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Quatrième de couverture :

« Elle se tient là, à trente kilomètres de Paris, cette immense ville-cité de la Grande Borne, fleuron architectural des années 1970, projet unique au monde tombé en lambeaux sous le poids des ans, des absences de politiques publiques et de l’errance sociale. Pourtant, quinze mille personnes y habitent, et la vie y bouillonne.

Pour les beaux yeux d’une jeune journaliste, Bruno, mécano du quartier des Radars, entend ranimer la flamme des origines, les espoirs d’un architecte qui voulait enchanter le quotidien en construisant des nouilles géantes de béton, des pigeons de pierre hauts de deux mètres pour les enfants et des labyrinthes, surtout des labyrinthes, comme autant de lignes de fuites par lesquelles les braqueurs sèment désormais les policiers à travers la cité.

Dans la ville-Basse, quartier pavillonnaire de la Borne, Bruno trouve l’espoir d’une séduction, et d’un accès rapide à sa propre permanence. Mais lorsqu’il s’envole pour Berlin, ville dont les plaies béantes de l’histoire ont façonné une nouvelle douceur de vivre, Bruno perd pied, tout nu sans sa carapace de pâte de verre et de béton. Il échoue finalement à Tunis, ville démembrée qui s’éveille elle aussi à l’histoire, où il s’accomplit le temps d’une révolution. » – Pierre Puchot

 

Ce roman est un petit OLNI. L’on croit lire un roman sur une cité, celle de La Borne, « quinze mille personnes, une presque-ville rattachée à la terre par une longue étendue d’herbe molle, une avancée urbaine irrémédiable, un îlot dans le flot massif de véhicules en perpétuel transit. », et puis ça n’est pas vraiment ça. L’on croit lire une histoire d’amour, d’un amour qui se fonde aussi sur une certaine admiration professionnelle, et puis ça n’est pas vraiment ça. L’on croit lire le récit partial des débuts du printemps arabe, et puis ça n’est pas vraiment ça non plus.

Ou peut-être est-ce tout cela à la fois.

 

Pierre Puchot, en tout cas, nous emmène là où l’on ne s’y attend pas. Journaliste de profession, il fait aussi le récit de la rencontre d’un individu avec un métier. Presque une déclaration d’amour à un art, alors que dehors sonne une déclaration de guerre.

Un premier roman curieux et inclassable, à l’écriture aérée, extrêmement court, très fluide, qui laisse un arrière-goût de pas assez.

 

Editions Galaade, mars 2014, 124 pages, 14 euros

 

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Quatre extraits :

 

« Ça rassure tout le monde de savoir que l’on souffre ailleurs, pas trop près de chez soi mais pas trop loin non plus. » (page 23)

 

« L’architecte a construit une œuvre, un empilement d’œuvres, un musée en plein air, pour nous faire vivre dedans. Mais les pierres, les dalles et les façades en pâte de verre s’usent, comme les gens. » (page 51)

 

« Même en dictature, surtout en dictature, il y a un rapport personnel entre les gens et le chef de l’Etat. Toute la société, tout repose sur cela, sur cette relation à deux. » (page 99)

 

« On dit qu’un chien ne traverse jamais la route tout droit, jamais de la même façon, mais qu’il arrive toujours sur l’autre trottoir. » (page 111)