La part de l’autre – Eric Emmanuel Schmitt

Cela fait de nombreuses années que je veux lire La Part de l’autre d’Eric-Emmanuel Schmitt. De multiple raisons, dépendantes ou non de moi, ont fait que je repoussais toujours cette lecture. Et puis le mois dernier, au Salon du Livre, j’ai investi le stand du livre de poche avec Marion et j’ai enfin craqué !

J’avais toujours entendu dire que c’était un roman où l’auteur imagine un monde où Hitler aurait été admis aux Beaux-arts de Vienne. En fait ce n’est pas cela, ou plutôt, ce n’est pas que cela puisqu’il s’agit de deux récits en parallèle : la véritable vie d’Hitler et celle qu’il aurait pu avoir. Une opposition entre deux personnages, celui qui va devenir le dictateur connu de tous et un étudiant en peinture qui ne supporte pas la vue d’une femme posant nue. Un parallèle donc entre le gentil et le méchant, entre « Adolf H. » et « Hitler ».

La partie « réelle » est vraiment très documentée et pourrait être considérée comme une biographie de l’auteur de Mein Kampf. Certains passages sont sans doute romancés, notamment concernant les sentiments du personnage mais E.E. Schmitt le dit lui-même dans son « journal » présent à la fin de l’ouvrage, les recherches ont été longues !

Dans la partie vraiment romancée sur ce qu’aurait pu être la vie d’Hitler, je regrette que Schmitt ne se soit pas plus étendu sur le monde et la géopolitique dans lequel vit le personnage. Dans les 2 parties, le roman est vraiment axé sur la personne d’Hitler, mais si dans le cas du « réel », l’histoire, la politique et la guerre constituent sa vie, c’est loin d’être le cas de l’autre côté.

Ce roman fait réfléchir, dans la mesure où Schmitt cherche à montrer que tout le monde est maitre de ses choix, que tout le monde à une part obscure en lui. Sans chercher à comprendre ou excuser le dictateur, il souhaite plutôt montrer que peut être qu’un autre aurait pu faire la même chose. La seconde guerre mondiale n’est peut-être due qu’à une succession de mauvais choix.

Si vous aimez les romans historiques et tout ce qui concerne cette période, je vous le conseille, j’y ai appris beaucoup de choses !

Les piliers de la terre – Ken Follett

Il y a encore deux mois, je n’avais encore jamais entendu parler des Piliers de la terre. Enfin plus exactement, j’en avais déjà entendu parler mais je confondais avec les Enfants de la terre, de Jean M. Auel, une fresque préhistorique que j’avais tentée de lire il y a longtemps et qui ne m’avait pas passionnée plus que ça. Et c’est en me promenant dans le rayon livre d’une grande enseigne que j’ai enfin découvert la différence et que je me suis dit que ça pourrait être intéressant à lire. Et justement, un mois plus tard, lors de notre swap, Miss Alfie m’a permis de le découvrir. Et comme je suis plutôt amatrice de romans historiques, je me suis lancée dans les 1050 pages, format poche !

Cette fresque historique mélant religion, politique, et histoires familiales se déroule sur une soixantaine d’années dans l’Angleterre moyenâgeuse, plus exactement au XIIème siècle ! Vous vous doutez qu’il est assez compliqué de résumer toutes ces pages en quelques lignes ! Je résumerai donc ainsi : il s’agit du récit du destin croisé de différents personnages : Tom le bâtisseur et sa famille (Agnès, Ellen, Jack, Alfred…), le prieur Philip, le comte de Shiring et ses enfants Aliena et Richard, et les pires ennemis – entre autres – de tout ce petit monde, Waleran Bigod et William Haleigh.

L’histoire débute alors que Tom, maçon de son état, n’a plus de travail. Son rêve de toujours étant de construire une cathédrale, il profite donc de cette occasion pour partir sur les routes avec sa femme, enceinte, et ses deux jeunes enfants, à la recherche du chantier de sa vie. Bien sûr, au fil des pages, deux camps se profilent, les petites gens qui tentent de lutter contre la pauvreté et la guerre contre les puissants qui se croient tout permis. Au fil des pages, les trahisons sont multiples et on ne sait pas toujours qui sont les gentils et qui sont les méchants.

Malgré le nombre important de pages, je n’ai pas trouvé qu’il y avait beaucoup de longueurs et le rythme est rapide avec des intrigues qui s’enchainent et de nombreux dialogues ! Et ça, j’adore ! Pour autant, les descriptions sont précises et je pense que c’est cela qui rend les personnages attachants ou au contraire détestables. Je peux vous que si je croise un jour William Haleigh, ça va être sa fête! Il faut dire aussi que certaines scènes sont très cruelles et regorgent de nombreux détails, plus atroces les uns que les autres qui ont fait que j’ai dû, une ou deux fois, faire une pause dans la lecture pour reprendre mon souffle et mes esprits.

Quand j’ai commencé la lecture, beaucoup m’ont dit, « tu verras, tu trouveras que la fin arrive trop vite ». J’avoue qu’à ce moment-là, j’étais septique devant le pavé mais finalement, c’est vrai, j’ai vu la fin arriver beaucoup trop rapidement. Et j’ai vécu un enfer quand j’ai dû interrompre malgré moi ma lecture, 28 pages avant la fin !

Au final, j’ai adoré ce roman et j’ai hâte de découvrir la suite, les autres Ken Follett (tous plus gros les uns que les autres) et la série télévisée inspirée du livre. Je remercie une fois encore ma croqueuse de livres préférée pour cette découverte et j’espère que mon roman historique lui plaira tout autant !