Maus – Art Spiegelman

Tout amateur de BD a entendu parlé de Art Spigelman car il a reçu le Grand prix du festival d’Angoulème en 2011, il a présidé ce même festival en 2012. Mais Art Spiegelman est surtout le seul auteur de BD à avoir reçu le prix Pulitzer ! C’était en 1992 et c’était pour Maus ! Personnellement j’en avais beaucoup entendu parlé, sans jamais m’y pencher. Je l’ai finalement lu pendant une soirée de baby-sitting, la famille étant en possession de l’intégrale.

Maus c’est l’histoire de Vladek – le père d’Art Spiegelman – rescapé d’Auschwitz, raconté par un fils en quête de découvertes et de vérités sur la période la plus sombre de notre histoire contemporaine. Maus ne met pas en scène des hommes mais des souris – les juifs – , des chats – les allemands – et d’autres animaux. L’histoire relate l’histoire de la famille d’Art Spiegelman de 1936 à 1950, de la montée du nazisme à la fuite hors d’Europe en passant par la peur, la fraude, la déportation et les retrouvailles entre survivants.

Ce récit mêle l’Histoire passée et l’histoire présente, celle du temps de l’écriture et du récit (dans les années 1980). On y trouve deux combats pour survivre de la part du père. Celui qu’il a mené dans les années 40 contre les allemands et celui qu’il mène contre la maladie alors qu’il raconte son histoire à son fils.

Le noir et blanc n’est pas ma tasse de thé mais je suis au-dessus de mes a priori pour cet ouvrage car le dessin n’est pas le plus important. Il n’est là que pour illustrer le récit et ne parle pas de lui même. Notamment parce que les personnages étant des animaux il n’est pas facile de les identifier sans le texte.

Un petit bémol pour moi, c’est la manière de raconter du père, et ses tournures de phrases à l’envers du type « Passer la frontière, une fortune ça coûtait« . Mise à part cela, c’est une BD que je recommande car elle raconte l’Histoire sans fioriture, sans mensonge, comme le fait Primo Levi dans Si cet un homme.

Si vous avez déjà lu Maus, vous pouvez découvrir Meta Maus où Art Spiegelman relate comment il a écrit Maus, et répond à toutes les questions que l’on se pose sur cet ouvrage.

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22 thoughts on “Maus – Art Spiegelman

  1. C’est sympa d’aller faire du baby-sitting et de pouvoir lire du Maus. Une famille qui a bon goût. Comme le dit Noukette, c’est un incontournable. Je n’ai pas encore lu Meta Maus, j’aimerais bien, même si j’avais déjà trouvé que Maus était déjà un peu Meta dans son genre.

    • Je choisit pas n’importe qui quand je fais les babysittings ! :) Et effectivement, on en apprend déjà beaucoup sur l’écriture dans Maus ! Je n’ai pas plus de détails sur Meta Maus, je ne sais pas s’il vaut le coup ou non ! On va aller fouiller les blogs des copinautes !

  2. Superbe témoignage sur la Shoah, sur la culture et les traditions juives, les relations père – fils… Les dialogues du père me déstabilisent souvent (lu plusieurs fois ^^) et me font toujours penser au personnage de Yoda ^^ Même sagesse, même humilité

  3. Vladek sage et humble, avec son racisme à peine voilé, on repassera :D
    C’est l’un des points forts, Art Spiegelman a montré son père tel qu’il était, sans fioriture. Ni un salaud, ni un héros, juste un homme qui a survécu avec sa face sombre.

    Et pour les phrases, c’est juste que Vladek parlait assez mal l’anglais ^^

  4. Maus, c’est un univers hors de tout raconté par un homme vieillissant, ramasseur de bouts de ficelles et de clous (pas trop) rouillés, à un fils culpabilisé par le suicide de sa mère (ceci n’apparaît pas dans Maus, mais dans une publication antérieure) qui craint de voir partir son père sans avoir rien appris sur leur vie pendant la guerre.
    Spiegelman, le jeune, ne se comprendra lui-même tout à fait qu’à la fin du transfert de cet héritage, dont chaque fibre de son être était porteuse sans qu’il le sache consciemment.
    Le silence de ses parents durant toutes ces années, le suicide de sa mère, autant de cris muets qi’il ne parviendra à entendre qu’au travers de cette curieuse analyse où un père parle à son fils.

  5. Racisme à peine voilé, ok… d’un autre côté, vu l’épreuve qu’il a traversée, on ne peut pas réellement lui en tenir grief me semble. Alors oui, pour moi il y a de la sagesse contenue dans les propos de cet homme. Il transmet cette histoire, à son niveau et à sa manière

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