Extraball

à lire dès aujourd’hui sur le site D-Fiction, une interview réactualisée, ainsi que des fragments inédits des Successions que les lecteurs ne trouveront pas dans le roman.

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Dans la poche

Le Réprouvé sortira au format poche, chez J’ai Lu, le 31 août 2011.

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« Succession » : nf, Mention apposée sur une œuvre pour indiquer qu’elle provient d’un legs

Mon troisième roman, intitulé Les Successions, dont on peut d’ores et déjà lire un extrait ici, paraîtra chez l’Éditeur, le 25 août 2011.

Résumé :

« Ne pouvant peindre comme son père, Pascal Klein est devenu marchand d’art. Mais la réussite matérielle n’est rien en comparaison de l’œuvre avortée. La vocation paternelle, la frustration filiale, viendraient-elles de cette toile, peinte par Marc Chagall en 1929 et soustraite par la guerre au royaume de l’enfance ? Le tableau, né dans le rêve, orne la chambre, passe de mains en mains et traverse les époques. Contre toute attente, l’objet manquant est ce lien qui noue les générations. Pascal part donc à la recherche de l’image, comme à la découverte de ses propres racines, et l’enquête sur la spoliation juive devient quête existentielle.

Saga familiale et fresque historique, Les Successions est avant tout une réflexion romanesque sur l’histoire de l’art et le rôle des images ».

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Mnêsis

On se souvient de ce que l’on a écrit, avec une forme d’appréhension cognitive proche de l’hypermnésie. Une simple virgule que l’on change de place et c’est tout le paysage mental qui s’en trouve ébranlé.

Au contraire, je ne garde absolument aucun souvenir des heures et des jours passés à écrire. Je ne saurais dire ce que j’ai fais durant tout ce temps, comment je m’y suis pris, ou même décrire les émotions qui m’ont traversé. Le texte est finalement la seule preuve tangible, tout ce qui reste de cette activité, à la fois finalité et témoignage de sa propre réalisation.

Dans Le Créateur, d’Albert Dupontel, le protagoniste, auteur de théâtre, s’enivre, puis se réveille au matin et découvre les pages écrites sur son ordinateur durant la nuit. Il est véritablement son premier lecteur.

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Jet lag

Le décalage éditorial n’est pas celui de l’avion de ligne qui survole les océans et laisse le voyageur avec le sentiment d’avoir  sauté un repas. Les livres paraissant plusieurs années après avoir été écrits, il s’agit pour le moins d’une distorsion égale à celle de la lumière stellaire parvenant sur la terre. Du fait de la distance, il arrive que les étoiles meurent avant d’être aperçues. Il en va de même pour certains livres. Les émotions qui ont présidé à leur écriture ont parfois disparues depuis longtemps lorsqu’ils deviennent enfin accessibles.

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Échec

« Je suis un poète raté. Peut-être tous les écrivains veulent-ils écrire d’abord de la poésie, constatent qu’ils ne le peuvent pas et essaient ensuite les nouvelles, la forme la plus exigeante après la poésie. Et, échouant à cela aussi, c’est alors qu’ils se lancent dans l’écriture de romans. »

 

William Faulkner, entretien accordé à la Paris Review en 1956.

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L’Équipage

Retrouvez-moi, à la librairie l’Équipage, le 21 avril à partir de 20H30, en compagnie d’Émile Brami et David Alliot, pour une soirée consacrée notamment à Louis Ferdinand Céline.

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Ma réalité…

On me demande souvent si ce que j’écris est autobiographique. La bonne réponse (entendez par là « commerciale » est oui). Pour être tout à fait honnête, je ne comprends vraiment ni le sens, ni même l’intérêt de cette question.

Dans ce que j’écris, tout est vrai, absolument. Je n’ai pas dit, « tout est réel ». La vérité est un concept philosophique et la réalité, un ensemble de perceptions subjectives.

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Accidere

Alors que le monde retient son souffle devant les images toujours plus hypnotiques de la NHK et que la sidération spectaculaire semble à son comble, j’assiste avec mes contemporains au surgissement imprévisible et mécanique décrit par Paul Virilio, non plus le fait accompli de l’attentat dont on surprend seulement les conséquences, non plus l’accident technologique soustrait au regard et perçu a posteriori comme un rêve déjà évanescent, mais bien le crescendo cinématographique de la catastrophe imminente, seule preuve tangible finalement d’une « réalité » toujours plus fuyante. L’Occident, de son œil unique et froid, contemple maintenant ses œuvres, avec un sentiment d’inachevé que je qualifiais déjà dans OMICRoN de « puissant désir de mort ».

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Un homme

Il est toujours délicat de fournir des commentaires et je ne crois pas que l’auteur puisse faire exister son œuvre par l’explication. Bien que notre époque soit celle du mode d’emploi, et non plus de l’esthétique, la Littérature résiste encore un peu, parfois, timidement, à cette contamination venant des arts plastiques. J’éprouve tout de même l’envie, par vanité peut-être, de clarifier une phrase, une seule, la première du Réprouvé.

S’agissant d’un protagoniste écartelé entre deux identités, l’une juive, l’autre chrétienne, il me semblait que le tout début du livre devait, avant toute autre chose, refléter, absolument, cette bipolarité. Or, cette simple phrase « C’est un homme », incipit au vocabulaire et à la grammaire neutres est tout aussi bien le « Ecce homo » (« voici l’homme ») de Ponce Pilate à propos de Jésus, que le « Se questo è un uomo » (« si c’est un homme ») de Primo Levi, le rescapé d’Auschwitz. On voit ainsi comment les mots les plus anodins sont en réalités les plus chargés d’intertextualité.

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