Un roman d’apprentissage: Diane Lanster, de Jean-Didier Wolfromm (1941-1994), un article de Philippe Baudry

Chers lecteurs, Philippe Baudry, lecteur de ce blogue, mais également mon ami, est passionné de littérature. Il a bien voulu écrire quelques mots sur ce roman mythique d’une époque « Diane Lanster » (1978) que j’ai lu, bien sûr, jeune homme.

Diane Lanster c’est d’abord un nom, un nom de femme, de jeune fille, une image, une apparition, un rêve. Le roman se présente comme une longue lettre qui lui est adressée, à la fois récit et interpellation, passant souvent de la troisième à la deuxième personne. Un récit véhément et passionné dont on perçoit vite la dimension tragique, mélodramatique. Thierry le narrateur, l’auteur de la lettre, et Diane Lanster sont étudiants en arts et préparent des concours. Ils entreront à l’école des Arts Déco. Et puis il y a Nadine et Noël.

Thierry depuis longtemps se sent différent, atteint de naissance par une maladie de peau qui le couvre de tâches de couleur sur tout le corps; et puis il a eu la polio à 7 ans et il lui en reste des séquelles. Il marche à 18 ans avec une canne et ses mains sont maladroites; il est cependant devenu, avec beaucoup de volonté, un bon dessinateur et ambitionne une carrière artistique. Il ne supporte pas les attentions dont il est l’objet et redoute par-dessus tout ce qui pourrait de près ou de loin ressembler à de la pitié.

Le cours préparatoire qu’il rejoint est mixte. Il a un jeune frère et l’univers féminin lui est encore largement inconnu. Diane Lanster sera pour lui une compagne serviable dont il finira par accepter la présence à ses côtés car elle ne le ménage pas et ne considère pas ses handicaps comme autre chose qu’une réalité purement matérielle. Elle se place toujours près de lui pendant les cours et l’assiste pour ce qu’il ne peut faire lui-même. Cette jeune fille grande et très belle l’attire et l’intrigue. Pourquoi est-elle avec lui?

Elle l’introduit dans son intimité familiale, vient lui rendre visite quand il est malade, l’invite pour des vacances dans la maison de famille sur la Côte d’Azur. Elle lui présente son amie Nadine jeune comédienne, son exact opposé, une extravertie sans complexes au moins apparents. Et par Nadine, Thierry retrouve son ami d’enfance Noël avec lequel elle vit.

Ce roman d’apprentissage raconte d’abord la fascination et l’amour fou d’un jeune homme pour une jeune femme.

Le jeune homme part de l’idée que Diane Lanster ne peut réellement s’intéresser à lui, mais par étapes, le mystère de la personnalité de son amie se dissipe, ou plus exactement Thierry apprend à vivre avec une femme. Elle devient plus quotidienne et le seul vrai mystère, au-delà de sa radicale différence, reste son intérêt pour lui. Diane Lanster lui sert de révélateur, il se découvre grâce à elle. Finalement les péripéties de cette histoire cruelle n’ont pas de réelles importances. C’est l’histoire toujours recommencée de sa propre découverte grâce à l’autre, l’inaccessible, qui vous fait exister et pour une seconde fois vous donne la vie.

Ce contenu a été publié dans Les ensablés, littérature 1914-1970, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

* Copy This Password *

* Type Or Paste Password Here *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>