Il n’y a pas d’affaire Macé-Scaron ?

On 26 août 2011, in Rédaction, by Actualitté

Comment ça, pas d’affaire Macé-Scaron ? Comment ça, on peut prôner l’intertextualité pour se défendre d’avoir été pris la main dans le pot de cookies – no offense, Alain ? Comment ça, on pourrait écouter Pierre Assouline défendre le directeur du Magazine littéraire sans se sentir pris d’un haut-le-coeur ? Mais non !

Il n’y a pas d’affaire Macé-Scaron, c’est entendu. En tout cas, pas dans le sens où il existe une affaire Clearstream. Il n’y a qu’un auteur qui a pompé des bouts de textes, a reconnu avoir fait une connerie, et finalement, s’est rattrapé en se revendiquant de Barthes et de l’intertextualité, de l’innutrition que nous opérons tous : manger un texte et le recracher.

Il n’y a donc pas d’affaire Macé-Scaron. Juste un type bien placé, dans le monde journalistique, et dont on dit facilement que c’est un homme de pouvoir. « Il a le numéro de portable de tout le monde, mais personne n’a le sien », nous confiait dernièrement un journaliste.

Alors, il n’y a pas d’affaire Macé-Scaron. Et la messe est dite ? Évidemment, puisque le Baron Assouline a pris officiellement sa défense dans Le Monde et que là, c’est parole d’évangile.

Tiré de la défense et illustration d’Assouline :

Il cite Montaigne et ses quelque quatre cents emprunts à Plutarque avant de rejeter des deux mains le moindre soupçon de plagiat. D’autant qu’il rend hommage à Bill Bryson et ses chroniques américaines dans le corps même de son texte. Ce qui reviendrait à tendre une verge pour se faire battre s’il n’avait pas eu la conscience tranquille. Après tout, Michel Houellebecq n’avait pas agi autrement en recopiant des pages d’une encyclopédie interactive dans La Carte et le Territoire, sans même prendre la peine de citer sa source, et cela n’avait guère posé de problème. Or la justification littéraire de Macé-Scaron est parfaitement identique à la sienne ; sauf que Houellebecq, lui, peut tout se permettre : son cynisme, son sens de l’autodérision et son statut de « grand écrivain » le protègent.

Ita missa est, une fois de plus, et désormais on ne pourra plus trouver qu’un texte ressemble à s’y méprendre à un autre, ni murmurer le mot de plagiat sans que l’on se fasse taxer d’impétrant ou de je ne sais quoi ? Parce que l’intertextualité excuse tout, et que voilà, il est possible de revendiquer un hommage, sous la forme de réutilisation grossière – quand elles vous sont mises sous le nez, parce qu’il fallait tout de même les trouver…

Eh bien, que l’on ne se prive plus. Tout est permis, non ? Mais que l’on soit clair : je n’ai rien ni pour, ni contre Joseph Macé-Scaron. À la rigueur, je m’en fous même un peu beaucoup à la folie passionnément pas du tout.

Mais comme le disait La Fontaine, « Selon que vous serez puissant ou misérable… »

C’est un puissant ou un misérable, Houellebecq ?

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4 Responses to Il n’y a pas d’affaire Macé-Scaron ?

  1. D. Godin dit :

    En conclusion du billet de Sébastien Fontenelle (Politis), on comprend mieux pourquoi Assouline se mouille pour Macé-Scaron :
    http://www.politis.fr/-Sebastien-Fontenelle,060-.html

  2. [...] l'accusation de plagiat contre Macé-Scaron en une …nouvelobs.comLe Monde -TF1 -Actualitté.com -Actustar.com80 autres [...]

  3. [...] dû le faire 4 ou 5 fois ! XD ) Quelques liens donc, ce dimanche :Littéraire d’abord :Il n’y a pas d’affaire Macé-Scaron chez Actualitté – ou comment être chaque jour un peu plus dégoûté par le monde de [...]

  4. Dieu niche dans les détails dit :

    Et c’est ainsi que Houellebecq est grand, pour plagier Assouline, lui qui ne se prive ( jamais) de plagier, heu… de rendre hommage, comme il dit, avec force citations.